‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 92 sur 92 · TEINTURES BLEUES J · texte numérisé non relu

TEINTURES BLEUES J

dans le commerce sous deux états diffërens : en pain ou petits èubes et en drapeau.

Le tournesol en drapeau se prépare au village de. Grand • Gallangues, près Montpellier, en imprégnant des chiffons de suc de croton tinctorium , plante annuelle et herbacée , et les exposant , dans des cuves , aux vapeurs ammoniacales que laisse exhaler un mélange d'urine putréfiée et de chaux. Les chiffons, verts d'abord, prennent une teinte bleu-violet qui devient plus intenise par de nouvelles immersions dans le suc de la plante et leur exposition aux vapeurs alcalines. Le tour* nesol en drapeau est employé pour teindre en bleu le papier à sucre, colorer extérieurement les fromages de Hollande, etc. Les auteurs ne sont point d*accord sur la plante qui sert à obtenir le tournesol en pain. Suivant les uns, il se fait avec le lichen roccella des Canaries ou du Cap-Vert ^ suivant d'au* très, avec le roccella tinctoria et le ceanora tartarea / suivant d'autres encore, avec le lichen parellus. Ce qui paraît certain, c'est que toutes les plantes propres à la fabrication de l'orseille sont susceptibles de fournir le tournesol en pain. Il y a même une grande analogie entre la préparation de l'un et celle de l'autre. En effet, pour se procurer celui-ci, on pulvérise la plante bien séchée, on la mêle avec la moitié de son poids de cendres gravelées , et on ajoute assez d'urine au mélange pour le mettre en pâte molle. Il entre peu-à-peu en fermentation. Alors on l'arrose de temps en temps avec une nouvelle quantité d'urine, jusqu'à ce que la pâte ait pris d'abord une couleur pourpre, puis une nuance bleu foncé. Lorsqu'elle est en cet état, on la pétrit avec plus ou moins de craie qui lui donne la consistance plastique, on la moule et on la fait sécher à l'ombre.

La matière colorante du tournesol n a point encore pu être isolée : elle est très altérable. En s'y unissant, les acides les plus faibles la rendent rouge, et les alcalis bleue. Sa couleur naturelle est le violet foncé; car cette teinte est celle que prend une infusion de tournesol quon rougit par l'acide sulfurique ou chlorhydrique, et qu'on neutralise ensuite par le carbonate de chaux. Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Conservée dans des flacons fermés , la solution aqueuse finit par se décolorer ; l'acide sulftlreux , les hypo-suifites , le proto-chlorure d'étain, l'hydrate de protoxide de fer, etc. , produisent cet, effet presque instantanément : dans tous les cas , la couleur bleu violet reparaît promptement par le contact de l'air ou de l'oxigène. Il y a donc d'abord aésoxigenation, puis réoxigénation^ phénomène que nous présente l'indigo, etc, d'une manière si remarquable.

670 BiAnËRSS COLORANTES.

Le tournesol est employé comme réactif pour reconsaitiE les acides et les alcalis. A cet effet , l'on prépare deux sorts de papiers dans les laboratoires ^ l'un qui est bleu violet, a

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Thydriq., ^ ^^ ^p.-

violacé, en ajoutant un peu plus d'acide & l'infusion. Le p I I mier indique les acides en passant du bleu au rouge, et le k- I ^ oond les alcalis en passant du rouge au blea.

Teinture en noir et en gris»

afiSp. La matière colorante de cette teinture est un composé de peroxide de fer, d'acides tannique et gallique ; eUeest insoluble dans l'eau. Sa couleur naturelle est d'un gris violet : elle ne semble noire qu'autant cpi'elle est concentrée : par conséquent, en fixant une grande quantité de cette matière soi les étottes, elles paraîtront noires y et en en fixant de moins en moins , elles passeront du gris violet le plus brun jusqu'au plus clair. Que l'on tienne pendant deux heures i partie de coton dans iS parties d'eau bouillante , à laquelle on auia ajouté I de partie de noix de galle en poudre et autant de cam-

Eéche ; qu'on plonge ensuite le coton pendant deux à trois eures dans un bain presque bouillant, formé de i5 parties d'eau et de i partie de pyro-lignite de fer, et l'on obtiendra un noir foncé. En employant deux fols moins de noix de galle, de campêche et de pyro-lignite , il en résultera du gris. Dans la teinture noire en grand, on commence d'abord par donner un pied de bleu à la laine , au coton et au lin que l'on veut teindre ; puis on les combine avec le principe astringent provenant d'une substance Quelconque , et enfin on les passe dans un bain formé de sulfate de fer , de vert*de-gris et de campêche. Quant à la soie , elle ne reçoit jamais de pied de bleu.

Teinture en couleurs composées.

2640. Nous ne décrirons point d'une manière particulière

plonger le corps colorans , ou quelquefois dans un seul formé de diverses matières colorantes : c'est ainsi que tous les verts se font , en passant les fils ou les tissus d'abord dans un bain bleu, et ensuite dans un bain jaune.

Le violet; le pourpre, le colombir uiâie^ le lilas, les

TEmrOaE en COtJLEtms COBIPOSÉES. 671

nuances pensée, mauve, et beaucoup d'autres se préparent en Bxant sur Tëtoffe une plus ou moins grande quantité de bleu pt de rouge;, le coquelicot, le brique, le capucine, l'aurore, les mordorés, les cannelles , etc. , en l'imprégnant de rouge et le jaune.

Telles sont les différentes notions que nous nous sommes proposé de donner sur l'art de la teinture ; ceux qui voudront en avoir de plus précises et de plus étendues devront consulter les ouvrages qui traitent particulièrement de cet art , et »urtoutles ouvrages de MM. Berthollet et GhaptsJ.

FIN BU QUATRiiME VOLUME.

^1 THB NEW YORK PUBUC UBRARY

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