‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 2)Chapitre 91 sur 92 · TEINTURES ROUGES; «SS · texte numérisé non relu

TEINTURES ROUGES; «SS

ch^Ue , des précipités violets , taqdis que le bi-chlorare d'étain y produit des précipités rouges, etc., etc.

a6ii. La cochenille est principalement employée pour teindre la laine et la soie en écarlate , en cramoisi , et en couleurs qui se rapprochent plus ou moins de celles-ci : c'est aussi avec la cocneniUe qu'on prépare le carmin et la laque carminée.

2161 a. La teinture écarlate s'exécute en deux opérations : la première s'appelle bouillon , et la seconde rougie. Supposons qu'il s'agisse de teindre 5o kilogrammes de drap , on versera 800 à 900 kilogrammes d'eau et 6 kilogrammes et dfsmi de crème de tartre dans une chaudière d'étain ou de cmvre étamé. Lorsque la liqueur sera parvenue à la température de 5o® , on l'agitera pour dissoudre la crème de tartre; on y ajoutera 2 hectogrammes et demi de cochenille en poudre , et , un moment après , 6 kilogrammes et demi de dissolution d'étain très limpide. Alors il faudra y plonger le drap , le faire circuler rapidement pendant deux ou trois tours, ralentir le mouvement , laisser le drap dans la teinture bouillante pendant deux heures , le retirer du bain, l'éventer, le laver à la rivière, et procéder à la seconde opération.

Cette opération se fait en prenant à-peu-près autant d'eau que pour l'opération préc^ente , la versant dans la chaudière, la chauffant jusqu'à ébullition, y projetants kil., 75 de cochenille pulvérisée et tamisée , agitant fortement le bain , y ajoutant, au bout d*une demi-heure, 3 kilogrammes de solution d'étain (i), le rafraîchissant au point seulement de l'empêcher de bouillir, puis y plongeant le drap , y faisant circuler celui-ci comme la première fois , le laissant dans le bain non bouillant pendant une demi-heure , ou plutôt jusqu'à ce que l'on ait obtenu la teinte que l'on désire , le retirant , l'éventant et le faisant sécher.

Pour donner plus de feu et de vivacité à l'écarlate , on lui communique une teinte jaunâtre en ajoutant une certaine quantité de fustet ou de curcuma au premier bain.

!i6i3. Le second bain on rougie qui a servi à teindre n'est pas épuisé de matière colorante lorsqu'on en retire le drap. On peut s'en servir pour obtenir les nuances capucine, cassis ,

(i) Pour préparer la dissolution d'étaio, il faut prendre, par exemple, S gram- .mes d'acide azotique à 3o degrés, x gr. de se) ammouiac et i gr. d'étain d'Angleterre oudeMalaea; faire d'abord dissoudre le sel dans Pacide, y ajouter i'étain en gre* Daille,et étendre la dissolution d'un quart de son poids d'eau. ÏI existe encore plusieurs moyens de se procurer le chlorure d'étain ; mais comme ils ne sont pas aussi sûrs cpie celui-ci, nous les passerons sous silence.

GB4 MATritRES GOLO&AnTES.

orangé , jonquille , couleur d^or , de cerise 9 de chair , de cfaah mois, etc. , en y ajoutant des quantités variables de fiutet , de chlorure dVtain on de crème de tartre.

a()i4. L*érarlate paraît être une combinaison de laine, de matière colorante, de matière animale, d'acide tartrique, lie chlorure d'( tain et de peroxide d'étain. Ce n'est pas InutiK nient que Ton a divise en deux parties l'opération par laquelle on la prépare : si Ton faisait bouillir ensemble tous les corps 4|ui entrent dans la composition de cette teinture, on n'obtiendrait qu'une nuance peu foncée.

301 5. Lorsque Ton traite à plusieurs reprises du drapécaihte (v«r IVau bouillante, il prena d'abord une couleur cramoisie, il tinit ^>ar devenir couleur de chair. La combinaison qui con- >tilue i\varlate est donc altérable par Peau ; elle l'est aussi par > -« jik'jilis et le savon : ces substances la font passer sur-V . liAmp .lu cramoisi • même à la température ordinaire; mais ^ u ^vut Li ramener au rouge en la mettant en contact avec les

i^*/. ^ iMi » d'après cela , qu'on peut teindre en cramoisi les . .^p» ô« À teints en écarlate, et qu'à cet effet il suffit de les .'.s,/,i\ *>Ar un alcali : Tammoniaque est celui qui réussit le .'Y>r«.\ i^ mnient encore aux mêmes résultats en se servant .-. «'.-r .-.^sj^lution bouillante d'alun. Toutefois l'on n'emploie ï»..,-.v .-:!• ;\rvv\xl^^ que dans le cas où la couleur écarlate n'est .■.fc% :v .»i- Wr.s toute autre circonstance, on teint directement . .•- *<t '.•.■> .^i5\ . eu taÎMut bouillir le drap dans le bain de tein- . V . ,-. ^v.v.txvkiui ce bain pour chaque partie de drap, par . V. V. .\\' , wîc i > À jo parties d'eau, de 7 de partie d'altm, de

... x'.v iv..- xL' t.trtre , de -\ de cochenille^ et d'une très petite » a A ' ' L . ». .' xte o î *sv^l u i ion irétain .

'V'io. \a \.u\\w o-ir minée, dont la teinte est toujours plus

. .. ' '.,■ .L'» \'.oU*ite, jHUi s'obtenir comme tontes les autres la-

.. J.V3 ^>67\ utii'uv vaudrait cependant en faire la prépara-

'. '-•a eu li^iiiMt de l'alumine en gelée avec une décoction de

•«.Ulu-llc : U laque aurait une teinte rouge beaucoup plus

hlllc.

(^>u lui ciu eatiuiu, les uns le préparent en versant une ceri aiif (.[uauiitO de >olution d'alun dans une décoction de cocheiiillcj d'uuii'ci \euUul qu'au lieu d'alun on emploie de l'oxaî l'- aeiJe de ^KHa^se ; quelques-uns conseillant d'ajouter à la ^l«'n)clion uu pt.u dWvrco aaw^^wr et 'I" «rraine de chouan, -•fin d«j jaunir It'gèivnieut le carmf i donner plus de

i ' ij . Dans tous les cas, le carmin qi e est un composé

I npliî rl<: l'acide du sel <[ue l'on er "mine et de ma-

ii^-rc '. aussi , pour en faii jouter un acide

TEINTUEES ROUGES. 6Bk

qndooiiqiie & la dëooction de cochenille, et en obtient^onnne assez grande quantité quand la décoction est faite avec de Peau alcaline.

MM. Pelletier et Caventou ont trouvé celui du commerce falsifié; il contient ordinairement du cinnabre. {^Journal de Pheurmade^ t. iv, p. ipS.)

2617. I>epuis quelque temps , Pon a tenté de remplacer la cochenille par le lae^lake et le lac-dye; il paraît que les résultats que Ion a obtenus sont avantageux. Nous avons déjà parlé de ces deux substances; mais nous devons ajouter ici , d'après M. Edward Banckroft, que le lac-lake s'obtient eh pulvérisant la laqué en bâton (2470), la traitant à plusieurs reprises par d'assez grandes quantités d'eau bouillante chargée de soude, et mêlant ensuite de Talun avec les différentes liqueurs réunies. Celles-ci contenant non-seulement le principe colorant , mais encore de la résine , il s'ensuit que le précipité que produit l'alun, et qui est le lac-lake même , est composé de matière colorante , de matière résineuse et d'alumine. La matière résineuse en forme à-peu-près le tiers , et l'alumine le sixième. L'on y trouve en outre de la matière végétale provenant de l'écorce mucilagiueuse d'un arbre de l'Inde connu dans le pays sous le nom de lodu , et de plus du sable et d'autres matières terreuses , que les manufacturiers y ajoutent, pour en augmenter le poids.

Quoique le lac-dye ressemble beaucoup au lac-lake , sa pré-

•ed'

de Chim^ et de Phys^^ t. m, page. 2^5.)

2618. Orseille. — L'orseille est une pâte d'un rouge violet. On en distingue deux espèces principales : V orseille de //i^r qu'on appelle encore orseille des ileSy orseille des Canaries^ orseille a herbe; et V orseille de terre ou orseille d^ Ausfergrve^ orseille de Lyon. La première est la plus estimée; elle se prépare avec le lichen roccella qui croît sur les rochers voisins de la mer, aux Canaries, au Cap-Vert, etc.; la deuxième s'obtient, non comme on le croyait autrefois avec le lichen parellus ou parelle, mais avec le variolana orcina qui, suivant l'état où il est, prend le nom de Varennje^ de pucelle^ Atparelle maîtresse; 2 avec le variolaria dealbatay 3^ avec le variolaria aspergilla; 4^ avec le lichen corallinus. C'est sur les montagnes d'Auvergne , des Alpes, de la Lozère , des Pyrénées , qu'on récolte ces sortes de cryptogames.

ouivant M. Robiquet, le variolaria dealbata est formé d'orcène , de varîolarin y fFune matière grasse , résineuse , blanche

656 MATIÈRBS GOLO^^NTBS.

et cristalline^ de chlorophylle , (Tune substance azotée ^ £uft brun rougedircy de gomme j de tissu organique j d'oxalate de chaux. .

La préparation de Torseille est compliquée et très longue. En Auvergne, les plantes s<mt mises d'abord en contact arec un peu plus que leur poids d'urine pendant plusieurs jours, en ayant soin d'agiter le mélange de temps à autre. On y ajonte alors de la cbaux éteinte et tamisée, environ 5 pour i oo du poids des planteff , plus un peu d*acide arsénieux et u alun; on brasse le tout très souvent. Au bout de 48 beures, la fermentation s'établit dans toute la masse. Si elle n'était point assez forte, il suffirait d'y ajoutei^ une petite quantité de cbaux pour la rendre pins active. A dater de cette époque, il ne faut plus que remuer la masse plusieurs fois par jour, par exemple de 2 en 2 beures, le 5* jour; de 3 en 3 heures, le 6*^; de 4 en 4 beures, le 7^; pois de 6 en 6 beures, pendant les i5 jours suivans. Dès le 8^ jour, la couleur est déjà assez belle; mais elle n'est bien vive qu'au bout du 2121 ou 2i3®. A cette époque, on abandonne encore la matière à elle-même 7^8 jours, de sorte que ce n'est qu'au bout d'un mois que le travail est terminé et que l'orseille peut être mise en tonneau.

Il est impossible de dire précisément ce qui se passe dans cette opération; mais il est évident, d'après ce que nous avons vu (a 374), que l'ammoniaque développée dans l'urine putréfiée, par l'addition delà chaux, a principalement pour objet de colorer en rouge violet, sous l'influence de l'air, l'orcinc et l'érétlirine que peuvent contenir les plantes dont on se sert. Guidé par cette observation, il est probable qu'on parviendra à simplifier la fabrication de Torseille. Déjà même on assure que certains fabricans ont substitué l'emploi de l'ammoniaque à celui de l'urine pourrie et de la cbaux, et qu'ils se procurent ainsi de l'orseille beaucoup plus riche en couleiir. (Voyez le Mémoire de M» Cocq sur ta fabrication de Vorseille^ Atm. de Chim.j 1.XXXI; celui de M. Hendde^ Journal de Pindustrielynovembre 1828; les Observations de M. Robiquet^ Àrm. de CHùn, etde Phj's.j xlii, 236.)

L'orseille communique promptement sa couleur, à yéau, i Palcool, à l'ammoniaque. L'infusion aqueuse est d*un crampisi qui tire sur le violet. Conservée dans un vase fermé et bien plein, elle se décolore en quelques jours, mais elle reprend promptement la teinte qui lui est propre, au contact de l'air. C'est pourquoi, lorsqu'on se sert d'orseille pour ciolorer l'esprit-de-vin, et qu'on construit ensuite des thermomètres avec ce liquide, il perd sa teinte si l'instrument a été pui^ë d'air.

Les acides donnent à l'infusion d'orseille une couleur rouge; les alcalis la font vu-er au violet. L'alun y fonuè un précij»té

TElilTURÉS 3AX5mS. 6Bt

d'un rottge-bmn; la dissolution d'ëtain, un prëcipltë rougeâtre qui se dépose diflScilement : dans les deux cas, la liqueur filtrée reste colorée, la première en rouge-jaunâtre, la seconde en rouge faible.

L'orseille s'emploie ordinairement en teinture pour nàbdifier, rehausser les autres couleurs et leur donner de l'éclat. Rarement on l'emploie seule, parce que si les teintes qu'elle donne ont beaucoup de briUant , elles manquent de solidité. Voilà ce que l'on remarque dans les violets qu'on obtient en teignant la soie , d'abord au bain d'orseille, puis i la cuve d'indigo. La couleur est très belle, mais elle passe fa* cilement.

Teinture en Jaune.

. 2619. La gaude, le quercitron, le bois jaune et le cbromate 4e plomb sont les quatre substances dont on se sert le plus souvent pour teindre en jaune. Dans quelques circonstances, l'on lait encore usage du curcuma, du fustet, de la graine. d'Avignon, du rocou, de l'acide azotique, etc.

^620. Gaude (reseda luteola). — La gaude est une plante qui croît spontanément dans nos pays, ainsi que dans presque toutes les contrées de l'Europe.

Parvenue à sa maturité, on l'arracbe, on la fait sécher et on la met en bottes : c'est sous cet état qu'elle est employée. Les "ieinturiers préfèrent celle qui est cultivée et dont les tigeis sont très fines : elle est plus riche en matière colorante que l'autre. "Toutes les parties de la plante ne sont point également abondantes en cette matière. D'après M. Roard, les capsules en contiennent plus que les tiges, et la racine en contient à peine.

La matière colorante jaune de la gaude a été nommée lutéoUne par M. Chevreul. Elle se dépose, accompagnée de di- "verses autres matières, en abandonnant au refroidissement la décoction faite avec une partie de feuilles terminales et de capsules de gaude et 10 parties d'eau. On l'obtient par subli-r mation cristallisée en aiguilles transparentes et d'un jaune léger. Elle est très peu soluble dans l'eau.

Une décoction de gaude bien chargée a une couleur jaune tirant sur le brun; en l'étendant d'eau, elle s'éclaircit et tire un peu sur le vert. Les acides oxalique et acétique en affaiblissent la teinte; l'acide azotique et les alcalis la foncent au

nié jger ^ ^ Loniaqûe, un dépôt abondant

a'oxaiate de chaux; le sulfate de fer peroxidé^ \ai!^ ^ox^&^^x^

Tft £aième édition, V-^

G58 MATlkRES COLORANTES.

en brun ollvulr^ j puis à la longue un précipité brun Uès peu considérable^ enfin la colle de poisson, un l^er trouble*

La gaude est employée pour teindre en jaune franc et solide la soie, la laine et le coton*^ on en fixe la matière colorante par Talun, ou du moins ce n'est que dans les manufactures de toiles peintes qu'on la fixe par l'acétate d'alumine. Que Ton fasse bouillir a parties de gaude pendant dix minutes dans 3o à 4o parties d'eau; qu'on passe le bain à travers une toile serrée, et qu'ensuite on y plonge pendant un miart d'heure, à la température de 3o à ^5 degrés, une partie de soie alunéeaTec de Falun bien pur, on obtiendra un jaune très beau et très intense. En substituant à la soie du coton décreusé et alimé, et prolongeant davantage l'immersion, l'on obtiendra également un très beau jaune; mais, pour peu qu'on ajoute de sulfate de fer au bain, la soie et le coton prendront une couleur olive. On s'y prendrait de la même manière pour teindre la laine, si ce n'est que le bain de teinture pourrait être presque bouillant.

Les couleurs de gaude sont très solides : on en tire un grand parti en teinture*

2621. Quercitron. — Le quercitron est l'écorce du quercm nigra. C'est à Banckroft que nous en devons la connaissance. Avant de le réduire en poudre, on doit toujours séparer Fépiderme brunâtre qui le recouvre. Il est bien plus riche en matière colorante que la gaude. Cette matière est de plusieurs sortes* L'une est jaune : c'est la couleur principale 5 elle forme des cristaux nacrés pendant la concentration à une douce chaleur de la décoction ou de Tinfusion de quercitron; M. Chevreul; qui cependant ne la regarde pas comme pure, lui a donné le nom de quercitrin. Les autres sortes de principes colorans sont, d'après le même chimiste, une substanoe brune et une substance rouge, lesquelles proviennent peut-être de l'action de l'air sur le quercitrin*

La décoction de i partie de quercitron dans 10 parties d'eau est d'un rouge orangé-brun, d'une saveiu: amère et astringente, d'une réaction acide sur le papier de tournesol. Les eaux dé baryte , de strontiane , de chaux , y produisent des flocons abondans d'un jaune rouge. La potasse et l'ammoniaque en foncent la couleur. L'acide sulfurique étendu , l'acide oxalique, l'acide acétique en afiaiblissent, au contraire, la teinte. L'acide azotique à 34° y forme des flocons d'un jaune roux,solubles en beau rouge brun dans un excès d'acide. L'alun ne la trouble que légèrement; le sulfate de peroxide de fer la colore en vertj le proto-chlorure d'-' " ' ^'acétate de ploml^ y occasionnent des précipités roui

Le qu^citron peut servir à teindre en jaune la laîne^ la soie et les in^tières ligneQ$.e^j ic^p^dafit ijl n^st fipi^re e^loy^l

Spe pour la teinture des tpi}e§, JSa çpulew d^vii^^t roux plf^ acilement que celle de la gaude.

On obtiendra un jauup assez beau en traitant uue partie de

?ueFcitron par iS à 90 parties d'eau à la tempërajtor^ ide 5oà o de^és, passant la dissolution à travers un tamis fin au bout de 10 à 12 minutes, et y plongeant peujdant le même espa^ de temps et à laméoiç température, ^o parties d^ laip^ imprégnée d'alun et de chlorure d'étain. ti alun^ge se fait à la manière ordinaire, siée n'e$t qu'on ajoute au)>ain une quantité de cblonire d'étain égale au quart de ce qu'on emploie d'aluUf ^22. Bois jaune. — Ce bois e^ celui du moru^ tinctorU^^

Slante de la ramille des orties* On nous l'euvoie du Br^ésil et es Antilles, sous formue de grosses bucbes. Il doit être Jûom-' S acte, et autant que possible d'iwe couleur jaune sans m^Wge e rouge; mais ifarnve souvent que l'on trouve dans son intérieur une matière pulvérulente jaune ou d'un bjaoc tirant sur la couleur de chair, et une matière rouge dont Ta^pect est résineux.

Une décoction faite avec i partie de bois jauue et 10 parties d'eau, entretenue bouillante pendant un qgyart d'heiire^ estd'un orangé vif, tant qu'elle est chaude : elle se trouble peu-à-pieu par le refroidissement et prend m^ teifitç d'un jaune orangé. Filtrée alors et abai^dounée qudques jours à elle-m^e, elle laisse déposer une substance jaune, cristallisée confusément, que M* Ohevreul désigue sous le ^u>m de m^rin , et qui paraît être principalement formée de la piatière coloirante jaune du bois.

J^a décoction de bois jaune est légèrement as^ugent^ et amère.Le contact dugaz pxigène )a p^'end sougeâtre. Les alc^s la font passer au rouge-oraugé bfWLHi^erdâ^^* I^es axÂdes éteudus en affaiblissent la teif^ et la t»wbleut légèrement; quelques-uup seulement fo^ excçptiou : tel est Facid^ ^tique , qui au contraire Péclaircirait si efte était trouMe* Le protor chlorure d'étain y produit un {urécipitéd'uu beau jaw^; l'alun^ un précipité serin; l'acétate de plomb, un précjpité jau^e orangé; Facétate de cnivpce, un précipité d'un jaun^ br^m; le sulfate de fer, un précipité floconneux upir oUvâtre; la coUe de poisson, un précipité en flocons d'un jaune orangé.

Ijà bois jaune e^t très ijkïhe en matière colorante : aussi suffit-il d'une partie dç boia pour teindre 16 parties de ^tx^. L'opération se fait .eu réduisant le bois ep copeaux, le^r^piCei?mant dans un sac, plojogfmf (I9>8«^ 4an9 aS \ 3o 1^ti6§ À'çmv

bodfllaiitey mettant daiulebam^ d'après le oons^ dé M. Gbu>tily des ïognufet de peam pour PaTÎter^ et y pjueant Pétime akuiée, H paratt ^ne la gâatiiie des peaux eu piédmte une matière d'un iauTe rougditre.

Le bob jawie est emplojë, non-seulement pour teindre la laine en ianne^ mais en ▼ert, enbroQzey etc. en Talliantà d'autres coukors de nnance oonrenaUe. Les jannes qu'il donne finissent par devenir roux.

ùS^Z» jatmedâFermtmb(ttte,'^M. Bonidorff est pârveim a obtenir sor laine, avec le femamboac, nn janue très solide et très beau, en teignant la laine avec ce bois i In manière or£naire, pois en la plongeant pendant quelques nûuntes dans une solution boiuAante et très étendue de phosphate aéide de ébmn ou de jus de citron. Sa couleur résiste au savon. (J/ul dèCkùn.etdâPhr9.it.ia3Lyf.^Sg.)

^624* Cureuma (Tenu mérita), — Ou appelle ainsi la radne du cureuma longa^ de la famille des amomees; elle nous vient des Indes orientales.

Suivant BfMt Wof/A et PeUetier, elle est formée de lignera, de nuitière colorante jaune pour laquelle M. Chevreol a proposé le nom de cureumine^ de matière colorante brune, de fécule amilacée, d'un peu de gomme, d'huile volatile odorante et très acre, et de chlorure de calcium. .

Pour en retirer la curcumine, il faut traiter la racine par l'alcool bouillant qui dissout les deux niatières colorantes, l'huile volatile et le chlorure de calcium, évaporer la liqueur a sicôté, mettre le résidu en contact avec Téther et évaporer ]a nouveUe dissolution : la curcumine reste mêlée seulement à une très petite quantité d'huile et de chlorure qui lui donne la propriété d'attirer l'humidité de l'air.

La curcumine est incristallisable, jaune en poudre, d'un brun rougeâtre en masse, fusible i 4o*, très soluble dans l'alcool et l'éther, moins soluble dans les huiles grasses, les huiles essentielles et les graisses fondues, peu soluble dans Feau même bouillante. Les alcalis la font passer au rouge brun. Elle colore l'acide sulfiirique concentré en rouge cramoisi : Peau' l'en précipite en flocons jaunes. TeUe est aussi l'action qu'exerce l'acide borique sur elle, en les dissolvant ensemble dans l'alcool et faisant évaporer complètement la dissolution. Les acides étendus ne l'altèrent pas et ramènent au jatmela teinte rouge-brun que lui donnent les alcalis.

L'infusion de cureuma contient en dissolution dés quantités très notables des deux matières colorantes de là racine; elle est jaune rougeâtre et se comporte aycjc les alcalis et les leides semibilement comme la cicrxwniw.

TEINTURES JAimfô. 69 1

La couleur du curcuma est très peu solide. Cependant on l'emploie pour donner plus de feu à Técarlate et pour faire les verts sur laine au bleu de composition.

La propriété qu'elle a de devenir rouge-brun par les alcalis et de reprendre ensuite sa teinte jaune par les acides étendus, nous om'e un excellent moyen de reconnaître de petites quantités des uns et des autres. A cet effet, on plonge à plusieurs reprises du papier dans une décoction de curcuma^ on le colore ainsi en jaune^ P^^^ quand il est sec, on le trempe un instant dans une dissolution alcaline faible qui lui donne la teinte rouge-brun. En changeant de teinte, ce\ui-ci indique des traces d'acide, l'autre des traces d'alcali.

26^5. FusteU — Le fustet est le bois du rhus cotùms , arbrisseau de la famille des térébinthacées. On le cultive en Provence. Il se trouve dans le commerce sous forme de petits morceaux d'un assez beau jaune et dépouillés de l^ur écorce.

Il donne une belle couleur jaune orangé, mais très fugace, que les alcalis font passer au rouge; cependant on l'emploie quelquefois avec la cochenille pour obtenir des écarlates jaunes, des capucines, des orangés, des aurores, qui ont beaucoup de feu : aucune de ces couleurs ne résiste à la lumière , toutes s'altèrent et deviennent roses.

Graw d! Avignon. — Cette graine est le fruit du rhcuntuts infectorius. Elle se récolte en France dans le comtàt venaissin, dans la Provence , dans le Dauphiné et dans le Languedoc.

•Quoiqu'elle donne un jaune qui ne soit pas solide, on s'en sert dans la fabrication du stil de grain , dans la teinture des toiles peintes et dans la préparation des laques pour les papiers peints.

26i26. Rocou. — Le rocou est une pâte sèche , assez dure , brunâtre à l'extérieur et rouge à l'intérieur , qui vient de l'Amérique où elle est préparée avec les semences du bixa orellana , Linn. Les graines de cet arbre extraites des siliques qui les renferment sont pilées , délayées dans l'eau en quantité suffisante pour les couvrir entièrement, et abandonnées à la fermentation pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois. Au bout de ce temps, on les exprime en les plaçant dans des tamis , on conserve le résidu sous des feuilles de bananier jusqu'à ce qu'il s'échauffe par la fermentation, puis on le soumet à la même opération, et l'on réitère ce traitement jusqu'à ce qu'il ne reste plus de matière colorante. Le liquide écoulé est séparé des débris de graines qui s'y trouvent à l'aidé de nouveaux tamis , et laissé en repos pendant quelque tenîi^s \

(I6i MATltUS OOUAAirrES.

.iprés qno) la Hqueiir limoide étant décantée » le dépôt qui rpsie eii Mtamis i l'action de la cbalcftif dans dei chaudières où il se réduit en une pftte àsset cohAstâûte qu'on iÎBiit sécher i IJotnbre*

iplement par des laTag< rantcf des graines de rocôu qui se trûinre tout entière à la surface, d'en déterminer le dépôt par Faddition de tînaigre ou i\c jus de citron , et d'Amener ce dépôt à Pét&t de pâte par la méthode ordinaire on bien en le faisant égotitter dâni des Sacs ainsi que cela se pratique pour l'indigo. Gâ procédé (tarait avoir l'avantage de donnet un jrocDu beaticôup plus estimé.

La Couleur du focou se dissout l^érement dans l'eati , en lui comniuliiqtlant une couleur jaune it)ngeStré9 uneodeiir forte de nature particulière, une saveur désagréable. EBe (Àt beadooup plus soluble dans l'slcool et dans les tolutions alcalines. Sa aissolution dans les alcalis est jaune orangé ; les aci* (les l'en réparent presque complètement; l'alun y produit lis |)réciDité orangé j le sulfate de fer un précipité bmxi orangé, Ui sulfate de cuivre un précipité j^run jaun&tre , plus âbit f|ue le précédent, et le chlorure d^étain un pré^pité jaune < îtroïl.

M. Chevretd a signalé dans le rocon l'existence de dem principes colorans : l'un , de couleur jaune, qui se dissout aî- . '-ment dans l'eau, ralcool, et légèrement dans l'éther; l'autre (\n couleur fouge, extrêmement peu soluble dans Peau , mais : notablement soluble dans l'alcool, Téther, la potasse en li- (jucur, et susceptible de colorer en rouge orangé ces divers liquides. La matière colorante rouge est remarquable par la propriété qu'elle possède de devenir d'un très beau bleu d'incligo par son contact avec l'acide sulfurique concentré j an i(>stc , la coloration n'est pas permanente , au moins sous l'influence de l'air : elle passe au vert, puis au brun violet.

Le rocou n'est guère employé que dans la teinture en soie pour composer des couleurs formées de rouge et de jaune , f(îlles que les aurores, les oranges.

2627. Chromate de plomb. — Lorsqu'on plonge, pendant un quart d'heure, de la soie , de la laine, du coton , du lin^ dans une dissolution faible de sous-acétate de plomb, à la température de 55 à 60®, et qu'après avoir lavé ces substances à grande eau, on les fait tremper dans une autre solution aussi faible que la précédente, de cliromate neutre de potasse, elles prennent uno '-^ur jaune qui, au bout de dix minutes, est par-

ÎEINTURES BLEUES. 665

venue à son maximum d^ntensité. ( Lassaigne.^ Afin, de Oàm.

Suivant M. Bertnier , la couleur ainsi obtenue tire toujours sur Torange et est peu agréable ^ mais si l'on plonge les étoffes dans l'acide acétique , elles acquièrent presque aussitôt une couleur jaune citron , fort belle et très éclatante. En substituant l'acétate neutre de plomb au sous-acétate, on a immédiatement une belle couleur bouton d'or. C'est également ce qui a lieu avec l'azotate de plomb cristallisé : aussi préparct-on une assez grande quantité de ce sel pour les fabriques qui depuis quelque temps teignent en jaune de chrome*

Ces couleurs sont absolument inaltérables par le savon à froid ; il en affaiblit la nuance à la chaleur de Tébullition, et le vinaîsrre alors leur rend toute leur intensité et tout leur éclat* Le carbonate de soude, l'acide chlorhydrique les détruisent à l'instant, (-^/i/i. de CfUm. et de Phys.j xvi, 44^0

2628* Orpiment. — M. Braconnot a proposé de se servir d'orpiment pour teindre la laine , la soie , le coton, le chanvre , etc* Il dissout l'orpiment dans l'ammoniaque liquide et concentrée , étend le bain , qui est sans couleur , d'une quantité convenable d'eau , y plonge le corps à teindre, l'en retire lorsqu'il est bien imbibé, etc. , et l'expose à l'air. Peuà-peu l'ammoniaque se dégage , et le corps, d'incolore qu'il était au sortir du nain, prend une couleur jaune, dont la nuance peut s'étendre depuis le jaune doré le plus clair jusqu'au jaune souci. Cette couleur, très solide d'ailleurs et aussi vive que celle de gaude, ne peut malheureusement résister au savon. Il ne faudra donc l'employer que sur les étoffes qui ne se, lavent point , telles que. les tapisseries , etc. ( Ann. de Chim. et de Phys. , xii, SpS. ;

2629. Jaune citron et jaune orange faits sur soie ai^ec F acide azotique. — On emploie maintenant l'acide azotique poiu: teindre la soie en jaune et pour faire des dessins jaunes sur la soie teinte en bleu ou en rouge ^ mais le procédé est peu connu. Voici comment M. Houtou-Labillardière est parvenu à l'exécuter. On épaissit de l'acide azotique pur à 24® avec de l'amidon grillé ; on Fimprime, et avant que l'impression soit sèche, on met la soie, à la température de 100®, sur une planque de cuivre chauffée à la vapeur^ aussitôt la partie imprimée {>rend une couleur jaune citron ; on lave et on passe dans une essive caustique et faible : la couleur jaune citron prend alors la couleur orangée.

Teintures en ileu.

263o. C'est avec l'indigo, le campéche et le bleu de Prusse,

Wi MATIÈRES COLORANTES.

qu'on fait toutes les teintures en bleu; c'est avec Findigo sedi qu'on en obtient de solides*

263 1. Teintures en bleu par F indigo. — Il y a deux manières de combiner l'indigo avec les fils ou les tissus.

L'une consiste à dissoudre l'indigo dans l'acide suKuriqae concentré, à étendre la dissolution de loo à x 5o parties d'eau, à y plonger le corps à teindre , à une température plus on moins (levée, selon qu'on veut avoir une teinte plus ou moins foncée, à ie laver et le sécher*

Les bleus que l'on obtient ainsi sont connus sous les noms de bleus de Saxe ou de composition; ils sont plus vifs , mais moins solides et moins foncés que ceux qui sout faits par U cuve; ce qui provient de ce qu'alors l'indigo reste uni a uœ portion de l'acide ra584)*

La seconde manière d'unir l'indigo aux fils et aux tissus est de le ramener au minimum d'oxidation , de faciliter sous cet état sa dissolution dans l'eau par un alcali , et de mettre alternativement et à plusieurs reprises le corps à teindre en contact d*abord avec le bain de teinture, à la température de 4oà45N et ensuite avec l'air. Cbaque immersion a pour objet d*imprégner le corps d'une certaine quantité d'indigo désoxigéné , et cbaque exposition à Tair, de rendre cet indigo insoluble en le ramenant à son état naturel, et d'opérer sa combinaison* A sa

Îremièrc sortie du bain , le corps parait jaunâtre; bientôt il evient vert, parce qu'il se trouve imprégné de jaune et de bleu, et enfin il passe entièremeiit au bleu.

a632. Le bain de teinture prend toujours le nom de cim* On distingue trois espèces de cuves : i** la cuve à la chaux et au vitriol ; 2° la cuve d'inde; 3' la cuve de pastel.

2633. La cuve au vilriol peut se composer de 3oo litres d'eau, a kilogrammes d'indigo, 2 kilogrammes et demi de sulfate de fer du commerce (sulfate de protoxide), !2 kilogrammes de cliaux, et un demi-kilogramme de soude du commerce. On doit commencer par réduire l'indigo en poudre très fine et éteindre la chaux-, ensuite on lessive la soude d'une part , et de l'autre on dissout le sulfate de fer. Cela étant fait, on verse Teau, rindigo, la chaux, la soude et le sulfate de fer dans une chaudière profonde; on remue bien le tout; on élève le bain à une température de 4o à 5o degrés, et on Ty maintient pen-

1 kilogrammes de sulfate de fer et i kilogramme de chaux vive, afin de redissoudre la portion d'indigo qui, par son contact avec l'air, s'est oxigéoée et précipitée. Ce n'est cjue quel-

TKINTOREft BLEUES: MS

que t^zips après cette addition qu*il est nécessaire d'y jeter une nouvelle quantité d'indigo.

a634« La cuve d'inde résulte d'un mélange de loo seaux d'eau, 6 kilogrammes d'indigo, 6 kilogrammes d'alcali, 2 kilogrammes de son et 21 kilogrammes de garance. L'alcali, la garance et le son étant délayés dans Feau, on fait bouillir celleci pendant quelque temps ; on porte ensuite la liqueur et le marc dans une chaudière conique placée dans un fourneau d'une forme appropriée ; après quoi Ton ajoute l'indigo bien broyé, on agite le tout, l'on couvre la cuve et l'on fait un peu de feu autour. Bientôt on agite de nouveau le bain, et on répète eette opération toutes les douze heures jusqu'à ce qu'il soit propipe à la teinture, ce qui arrive ordinairement au bout de quarante-huit heures.: il doit être d'un beau jaune, couvert de plaques çuiyrées et d*.écume bleue. Â mesure qu'on teint, il s'afiaiblit, et même beaucoup plus vite qu'on ne pourrait le croire, si l'on en jugeait par la quantité d'indigo qui se combine avec l'étojSe. Cet euet est dû à l'oxigénation et à la précipitation d'une grande partie de matière colorante. On la redusout en faisant bouillir n^p portion de la liqueur de la cuve, et y ajoutant le quart de li^ quantité d'alcali , le quart de la quantité de son, et le quart de la quantité de garance, employés

Erimitivementj et en versant le mélange dans la cuve même, ^'ailleurs, lorsque l'indigo se trouve lui-même épuisé , on en ajoute une nouvelle quantité. Il est évident que , dans la cuve d'inde, les corps qui désoxigènént l'indigo sont le son et la garance. La garance agit encore d'une autre manière : c'est qu'en se combinant avec l'étoffe, elle la met dans le cas d'être portée au même ton par ime moindre quantité d'indigo.

a635. La cuve de pastel a beaucoup d'analogie avec la cuve d'inde; elle n'en diffère qu'en ce qu'il entre du pastel et de la chaux dans sa composition, et qu'il n'y entre pomt de soude. Les quantités de matières que 1 on peut employer sont les suivantes : eau, 4(>0û à 4S(>o litres; pastel, 200 kilogrammes ; garance, 6 kilogrammes; son, a kilogrammes (on peut les sup- 5 rimer); chaux, i kilogranune; indigo, 12 kilogrammes, trempé ans une lessive alcaline caustique à environ 6^, et ensmte broyé, (i)

1^ L'on doit faire bouillir l'eau dans une chaudière pendant

(1) Le pastel est nne plante de la fomille des crucifères, qui croît natureUeinent eo France et en Angleterre et qni appartient a la tétrandrie : Linné l<ji a donné le nom à*isads tinetoria. On en distingue deux Tariété;, Tune à feuilles lisses, et l'autre à feuilles Tclues. Ceux qui s'occupent de la culture dn pastel en font trois coupes par an ; ils laissent \m espace de six semaines entre cbacune d'elfes, et co9^-

666 MATIÈRES GOtORàlITES.

une heure avec la garance, et transraaer la liqueur dans une cuve en boîs, dans laquelle on a jetë le pastel bien diTisé* Cette cuve a à-peu-près lo d<^mètres de profondeur et i6 décimètres de diamètre; elle est dans un lieu bien dos , et est enfoncée en terre jusqu'à la hauteur d'appui. Pendant tout le tenpi qu'on transvase et pendant au moins un quart d'heure après, l'on doit agiter toutes les matières contenues dans lebain^afii de les bien mêler.

â* n faut couvrir exactement la cuve , la laisser six heora cil repos, agiter le bain pendant une demi-beiirey répéter eette opération de trois heures en trois heures jusqu'à ce qu'on ape^ çoîve des veines bleues à sa surface, ajouter la cbaux, et, inmédiatement après , l'indigo broyé ; agiter de nouveau den fois le bain dans l'espace de six heures , et le laisser déposer: il prend une couleur d'un jaune d'or: c'est alors qu'on y Jmsk les étoffes, après y avoir plongé toutefois un treillis fait arec de grosses cordes pour empêcher l'étoffe de toucher le àioilL

3* Â partir del époque où la cuve est en état de servir, il est

nécessaire d'y verser tous les jours un demi-kilog. de chanx

éteinte, et de réchauffer le bain tous les deux à trois jours, afin

de l'entretenir à une température de 36 à 5o degrés. Cette se-

ronde opération se fait en transvasant une grande partie delà

liqueur dans une chaudière sous laquelle on allume du fen,eB

rrjiortant ensuite cette liaueur dans la cuve, et couvrant ccDe-

rt nvcc soin jusqu'à ce qu on s'en serve.

I-.i cuve au pastel est sujet à deux accidens - le premier se

n^eonnaît ù Todcur piquante et à la couleur noirâtre qu'elle

aifiiiîert , ainsi qu'à la disparition des veines et de l'écume bleues

«|in se forment à sa surface; il est causé par un excès de chaux.

I.isouvrîersy remédient en jetant du tartre, du son, de l'urine

(ui de l;i garance dans le bain; d'autres se contentent de le faire

i li.iulTer. I^îi seconde altération est, au contraire, produite par

!»• dt'faut de chaux , ce qui permet au pastel de fermenter.

t^hiciiul eela a lieu, les veines et les écumes bleues de la cuve

i'»|».^iai.sseiit aussi; elle prend une teinte rousse , exhale une

dans ce

quantité de cette matière alcali iie.

meiKiui U )ii«siiiiert4 avant l'époqnc de la floraison. Quand le j>aslel est fauché, ib le laxcui, le fiàiii Mvhrr au soleil et le broient ensuite au moulin. Alors ils l'amassent en la* ii U- laiisont Tcrmeuter pendant une quinzaine de jours. Au bout de ce Tm*' ,^,*^" **•'"'*'»»* lits boules qu'ils amoncèlent dans un lieu aéré et exposé au ^7 ; elle» ne tanUiii point a s'échauffer, à répandre une odeur putride et finis- J; " ''"*■ *°°*^*»' •'« l»i»"*ti t^ K»^>ssière : c'est dans cet état qu'on verse le pastel dans

Ce ëùtit cëé indanf éineM qui rendent les car es de p^rtél si diffieSes à OMdiiire. Une ctité bien conduite pent dm er tté$ long-témj^ en y teigfnant mattin et soif.

aSiô^ Teinture &H bleu par te tampêché. -^ Le boîs dé Campêche que l'on appelle encore bois dlnde^ est le tronc de Pkce^ rmaoxpum campechianurriy qni appartient à la famille des legumineuseset croît an Mexique et aux Antilles. H nous est ap*' porté souir la forme débuches plus 6n moins volumineuses. 11 est pesant ^ dur , compacte , susceptible d'un beau poli , pres- CTue iiicorroptible, bmn^jN>ugeâtre extérieurement, eit quand il est de bonne qualité , d'une couleur orangé-rottgefttre dans son intérieur. Su MVetir est douce, amère et asttitigente ^ son odeur, aromatique.

SnirantM. cWwtd, il est composé dér Hgneux, d'bématiuê, d'une tnafièré particulière qui lui est intimement tmié ^ d'une std)^tÉncé teotée, d*utie huilé vdatilé, d'nne matière résineux , d'acide acétique et de différens sels et oxides.

L'eau bottilknlé diSèout environ les trois centièmes dttbois dé campèche< La déôoction est d'un beau ronge tirant au violet oti au pourpre; mais en Fabandonnant à elle -même , elle acqixiert pêu-à-peu tme eôtdeUr jaunâtre et finit même par devenir ndife. Les alcalis) foncent sa couleur et là font passer au pourpre et au violet \ \eé acides ati contraire la font tourner aU jatme i on remarque totrtéfois que les acides concentrés , tels que l'acide sulmriqué, l'acidé chlorhydrique, et probablement beaucoup d'autres , lui donnent une teinte i^uge. Sous ce rap*port , le bois dé campèche se rapproche du bois du Br&u; on l'en distingue aisément, parce que sa couleur eSt plus foncée et que Son infusion aqueuse précipite en violet par les eau* de baryte j de strontiane, de dbaux, le proto-chlorure d'étain , l'acétate de plomb , tandis que celle du Brésil précipite en cramoisi. L'infusion de campêche donne d'ailleurs des précipités noirs bleuâtres avec le sutfate de fer , et un précipité noir plus brun et moins éclatant que le précédent , avec le sulfate de cuivre.

On ne teint qUe k laine en bleii par le bois dé câmpèdie. Cette teinture se fait comme le rouge de Brésil , si Ce n'est

3u'on ajoute au bain une certaine quantité de vert-de-gris ou 'alcali. On peut employer pour tme partie dé laine alunéé \ de partie de boîs^ iD à ôo parties d'eau, -^ de partie de vert de gris.

Le campêche ne sert pas seulement à teindre la laine en bleu ^ on s'en sert encore ponr la teindre en violet, ainsi que la soie : alors on se contente d'aluner ces substances sans nen ajouter au bain. Lia laine se teint au bouillon , et la soie k la

668 MAIlÊaES GOLOftAHTiS. .

température de 3o à 60 degrés. Le campAdie entre

la oompositioii des bains de teîntnre en noir, csoman

k cette teinte du lustre et du velouté* Enfin, en le mâutafcc

d'autres substances colorantes, on obtient un grand iumimt it

couleurs composées.

2637. Teinture en bleu de Prusse. — La teinture en Ueade Prusse ne s'exécutait, avant 181 1, que dans les labonlMâRi, parce qu'on ne Tobtenait jamais que terne; mais à cette ^is-

2ue, M. Raymond père , étant parvenu à raviver snr soie, ctà L rendre tout à-la-fois foncée et brillante , les arts s'en sont emparés* et versent aujourd'hui dans le commerce, sons lenon de MeuRajrmond, une grande quantité de soies teintes en bien de Prusse.

Pour teindre la soie, il faut après l'avoir décieosée, la plonger pendant un quart d'heure , i la température ordinaire, dans de l'eau contenant environ la vingôème partie de soi poids de sulfate de peroxide de fer, la laver, la tenir ime demi-heure dans un bain de savon juresque bouillant, h laver de nouveau , et la mettre i froia dans une dissohdai très faible de cyanure jaune de fer et de potassium, acidnlée par l'acide sulfurique oul'acide chlorhydnque. Dès que la soie y est plongée, elle se colore , et n'a plus besoin , an bout d'aa quart d'heure , que d'être lavée, puis avivée par une eau très légère de carbonate d'ammoniaque , et enfin sécfa,ée pour être versée dans le commerce* Dans cette opération, la soie s'empare d'une certaine quantité du sel ferrugineus. ^ le savon eoiève l'acide de ce sel, et peut être supprimé quand le sulfate de fer est neutre ; l'acide par sa réaction sur le cyanure alcalin et l'oxide de fer, forme du sulfate de potasse on du chlorure de potassium qui se dissout, et du bleu de Prusse qui s'unit à la soie. Quant au carbonate d'ammoniaque , il dissout un peu de matière jaune qui donne d'abord une teinte verte à la couleur. Suivant M. Chevreul, une immersion prolongée dans beaucoup d'eau produit plus sûrement le même eflTet.

Cette couleur se ternit au soleil, et reprend tout son éclata l'obscurité.

D parait que, par des moyens plus ou moins analogues , on peut unir aussi le bleu de Prusse à la laine. Mais les essais faits jusqu'ici laissent encore à désirer. Ils sont principalement dus à M. Baymond fils et à M. Souchon.

ToumesoL

2638. Le tournesol a une couleur d'un bleu violet 5 il existe

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