DE L'ANALYSE DES SELS MINÉRAUX
l'acide y combien il faudra d'alcali pour neutraliser loo ou 260 grammes d'acide.
Supposons enfin qu'il s'agisse de l'analyscdu cUorbydfate d'ammoniaque , qui est solide , et dont la base et Tacide sont gazeux , on mesurera sur le mercure un certain volume d'acide, et l'on y ajoutera peu-à-peu du gaz ammoniaque jusqu'à ce que l'absorption soit totale , ou bien on y fera passer un excès oe ce gaz, dont on tiendra compte. Par ce moyen , Ton détermi- ^ nera facilement le rapport dans lequel ^ deux gaz se combine* ront, d'autant plus qu'il sera simple (7^. le tableau, tom. i,p. 434)9 et l'on conclura de ce rapport et de la pesanteur spécifique des gaz , la proportion «en poids, de raciae et de la base du seL
Sopo. Deuxième procédé, — Le deuxième procédé est l'inverse du précédent. En efiet , on Texécute en prenant une certaine quantité de sel bien desséché, séparant lacide de l'oxide 9 déterminant ainsi le poids de l'un deux au moins , et le retranchant de celui du sel même.
Si le sel est indécomposable par la chaleur, ou s'il ne se décompose qu'à une haute température , on le desséchera en le calcinant jusqu'au rouge ; mais s'il ne peut résister à l'action d'une chaleur rouge , il faudra se contenter de Tex poser à la température de l'eau bouillante , ou mieux de le placer dans le vide , près d'un corps absorbant et sur du sable chaud , ou bien encore , de la mettre dans un bain d'huile ou d'une dissolution saline, chaufiee un peu au dessous de la température où s^opérerait la décomposition.
La dessiccation étant faite, l'on procédera à la détermination des quantités d-acide et d'oxide.
On sait que la plupart des oxides sont insolubles dans l'eau et capables d'être séparés par la potasse , la soude et l'ammoniaque. Il sera donc possu)le d'employer ce moyen pour en estimer la quantité; mais il faudra que l'oxide ne s« dis-
^absorbe pas d'aaisse dégager par éprouver d'altération : tels sont les oxides des sels de magnésie, d'alumine, de glucine, d'yttria, de zircone , de peroxide de fer, de bi-oxide de cuivre , etc.
Si la plupart des oxides sont insolubles dans l'eau , tous les
elle une action sensible sur les deux derniers, à moins qu'ils n aient été desséchés. Par conséquent l'on ne pourra isoler au plus tout l'acide d'un sel par précipitation vxu oiO'j^Ti ^>M3l
Z$% AHAltSE CHnOQiaL
autre acide , qn'antaDt qne le sel contieEidfm l'm des m m»
des désignes ci-dessus.
Il est peu d'acides qui ne forment a^ee quelques bases, et peu de oasi^s qui ne forment avec quelques acides, des seb insolubles. L on peut donc employer la Toie des doubles décompositions^ i3io)pour déterminer la quantité d'acide et d'oxide d'un grand nombre de sels. Citons pour exemple le sulfate de soude d'une part , et Tazotate de Darjte de Tautre. Que l'on dissolve dans Tcaa une certaine quantité de sulfate de sonde ; que l'on y vene un excès de dissolution d'azotate de baryte ou de chlorure de barium, on obtiendra un précipité de sulfate de baryte qui contiendra tout l'acide dusulfate de soude;
3UC l'on fasse ensuite la même opération, mais en dissolvant ans Teau une certaine quantité d'azotate de baryte, et yajoatant un excès de dissolution de sulfate de soude, ou dépotasse, ou d'ammoniaque , Ton obtiendra encore un précipite desulfate de baryte : celui-ci renf rmera toute la baryte.Que l'on recueille S('|>urément ces dcu5( précipités, qu'on les lave, qu'on les sèche et qu'on les calcine : du poids du premier l'on conclura celui de Tacide du sulfate de soude, et du poids du second, celui (le la base de l'azotate de baryte; car l'on trouve, parla combinaison directe, que 291,^9 parties de sulfate de baryte sont composées de 100 d'acide sulfurique et de 191,39 de baryte.
Lorsque l'acide sera faibic, gazeux et très peu soluble dans l'eau , comme l'acide carbonique, il suffira, pour en connaître le poids, (le pnîndre un petit flacon à deux tubulures, contenant de l'acide azoti(}ue à 18° ou 20° de l'aréomètre , d'y projeter i>eu-à-peu le si 1 par l'une des tubulures en ayant soin de la jjoucher ensuite; d'adapter à l'autre tubulure un tube qui cou tiendra du chlorure de calcium et par lequel le gaz se dégagera ; puis, après la dissolution du carbonate, de placer le ilacon sous une cloche où l'on fera le vide pendant quelques inslans. i)e celle manière, il ne restera pas sensiblement d'acide carbonique dans la liqueur, et toute l'eau réduite en vafeur sera absorbée par le chlorure calcaire. Si donc l'on pèse ap])areil avant et après l'expérience en ajoutant au premier poids celui du carbonate, la tlifTérence exprimera le poids du gaz acide.
Enfin , lorsque Toxide sera fixe , qu'il n'éprouvera aucune altération à une haute température , ou qu'il n'éprouvera que des altérations dont il sera possible de tenir compte; que l'acide ou ses principes pourront être volatilisés, il faudra calciner le sel dans un creuset de platine pour connaître la quantité de J'oAide. La plupart des axotales ^ des azotites et des carbo-
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Dates sont composés d'acides et d'oxides quLsont dans ce cas. Sopi* Troisième procédé. — Si Ton sépare l'oxigène de l'acide et de i'oxide d'un sulfate , d'un sulfite , d'un iodate , d'un chlorate^ et si l'on suppose que le soufre, Piode, le chlore restentunis au métal de leur sel respectif, l'on obtiendra un sulfure , un iodure , un chlorure , correspondant au degré d'o- ^xidation du métal : c'est ce qui a lieu quand on calcine la plu- • part des chlorates, et les iouates de potasse, de soude : aussi peut-on déterminer de cette manière la quantité d'oxigène nui, tant au métal qu'au corps combustible dans ces différens sels. Par conséquent , la composition des sulfures, chlorures, iodares, étant donnée, il sera facile d'en déduire celles des sulfates 9 sulfites, chlorates , iodates , pourvu que Ton connaisse celle dcsoxides et des acides sulfurique, sulfureux, iodique et chloriqdfe.
- .11 est probable que ce que nous venons de dire des sulfates, etc., est applicable aux phosphates, aux sc'léniafes, etc.
8092. Quatrième procédé, ' — Ce procédé est sans contredit le plus exact et le plus général ; il est fondé sur la loi de composition à laquelle tous les sels sont soumis. Tous ceux qui 5ont du même genre et au même état de saturation , étant formés d'une telle quantité d'acide et d'oxide que la quantité d'acide est proportionnelle à la quantité d'oxigène de l'oxide, il suffit de connaître la composition des oxides et d'une espèce de sel d'un genre quelconque pour pouvoir déterminer, par le calciil, celle de toutes Ils espèces de ce genre. Par exemple , le sulfate neutre de bi-oxide de cuivre est composé de 100 d'acide et de 99,126 de bi-oxide j mais cette quantité de bioxidè' contient Qlo d'oxigène : par conséquent , tous les autres sulfates neutres doivent être composés de 100 d'acide et d'une quantité d'oxide qui contiendra 20 d'oxigène.
3093. Au reste , pour plus de certitude , il faufei toujours, autant que possible , employer divers procédés, et se servir , de l'un pour vérifier l'autre. Les nombres que l'on obtiendra devront être tels, d'après la loi précitée, qu'en considérant deux sels de genres et d'espèces difiérens , et en supposant que la base de l'un se combine avec l'acide de l'autre , il en résulte deux autres sels au même état de saturation. Soit comme exemple le sulfate neutre de chaux et le carbonate de soude qui, en se décomposant, donnent naissance à du sulfate neutre de soude et à du carbonate de chaux : si l'oij.trouve que le sulfate neutre de chaux est formé : V/r
d*acîde sulfurique 5o,oo ,
4t chaux •....• ^5-A^,
364 ANALYSE CHIBIIQUE.
que le carboDate de soude Test : '*
d*aclde carbonique. • • si7»54 ,
de sonde Sg^xo ;
on derra d'iui autre côté parvenir à ce résultat; savoir s que le sulfate de soude est composé :
d*acide sulfurique. • . . • 5o,oo,
de soude • • ^QyXO;
et que le carbonate de cbaux renferme :
Acide carbonique ..•......•• 27,54 »
Chaux 35,46 :
autrement, les quantités ne satisferaient pas à la loi de composition des sels, et >il y aurait nécessairement quelques erreurs conjmises.
Toutes ces sortes de calculs se font commodément au moyen de la table des nombres proportionnels, (^oje^ plus loin, Phflos, chimique,)