DE L'ACTION DES GAZ
Il résulte de ses expëriences, i^ que l'on peut injecter dans le système veineux d^uu chien de moyenne taille , sans le faire pdrir, une assez grande quantité de gaz non délétère y pourra qu'on n'en introduise que peu à-la-fois, par exemple , i5 à ao centimètres cubes , et qu'on mette un certain intervalle entre deux injections consécutives.
2^ Que ceux dont on peut introduire le plus sont : Tacicle ] carbonique , le protoxide d'azote , sans doute en raison de leui solubilité.
3^ Que tous, injectés en grande quantité à-la-fois , distendent fortement l'oreillette et le ventricule droits , s'opposent à leur contractilité , arrêtent tout-à-coup la circulation et donnent promptement la mort. Leur action est donc entièrement mécanique : aussi quand, après avoir injecté successivement une asse^ grande quantité d'air pour mettre l'animal dans un état de mort apparente , on ouvre la veine sous-clavière et qu on comprime le thorax, l'animal est rappelé peu-à-peu à la vie , parce que l'air est chassé des cavités pulmonaires du cœur et que la circulation se rétablit.
4^ Qu'aucun d'eux , injecté dans la plèvre , ne produit d'ef« fet nuisible, excepté le gaz hydrogène phosphore, qui, en s*eufbmmant, occasionne une phlegmasie de cette membrane.
5^ Que lorsque l'animal résiste aux injections de ces gaz, une petite partie de ceux-ci se dégage du sang par les voies de la respiration ^i) , tandis qu'une autre reste en dissolution pendant un certain temps dans le sang artériel, dont elle diminue toujours plus ou moins la teinte vermeille, pourvu toutefois que le gaz soit tout autre que le protoxide d'azote ou l'oxîgène.
6" Qu'on peut aussi injecter de très petites quantités de gaz délétères dans le système veineux des animaux sans occasioner la mort (2) ^ qu'ils la produisent promptement lorsque ■ . i ■ ■ I II . I I . .11 II .1 ^ .■■
ils périssent aussi plus promptement dans le gaz hydrogène proto-phosphoré, et je cvùh même dans le gaz carbonique; d'où il suit qu'ils doivent être au moins un peu délétères.
(i) Et probablement par la sueur» la transpiration, les urines; car lorsqu'on injecte dans le système veineux toute autre matière que des gaz, et que l'animil uc p:Tit point , c'est par la transpiration pulmonaire et cutanée, par lesurinesy que la nature s'en débarrasse. M. Magendie a fait à ce sujet des expériences fort inti'Tossantes.
(■2) JHysttiu a fait trois injections de gaz sulfhydrique de xo centimètres cubes cliucuuc, dans le système veineux d'un chien-loup de moyenne taille et du poids d\i 8 kilogrammes et demi, sans que ce chien mourût. Après la première, l'aniHial sVsl agite un peu et a fait de grandes inspirations ; la deuxième lui a donné des niuuvcmcns convulsifs qui se sont calmés peu-à-peu; la troisième Ta jeté dans une »iori .'ipparente : il est resté long-temps faible et chancelant; le lendemain, il t'ttift aussi bien partant qu'auparavant. 1\ u'sLumX ig^ î«&i&U à cette dose de i|az
DE L'ACnON DES GAZ SUR L'ECONOMIE ANIMALE. 129
CCS quantités sont trop fortes ; qu'introduits dans la plèvre , mais à une plus haute dose que dans le système veineux, ils k causent également 5 que le bi-oxide d'azote et le gaz salfhy. drique la causent encore lorsqu'on les porte dans le tissu cellulaire sous-cutané , mais que le premier ne possède point , comme le second , la propriété de la déterminer par son seul contact avec la peau 5 que ces différens gaz ne la produisent
Soint de la même manière ; qu'ils la produisent tous en raison e leur nature et jamais mécaniquement , savoir : le gaz ammoniac et le chlore gazeux en irritant violemment les organes avec lesquels ils sont en contact; le gaz suif hydrique , en portant atteinte à la vie de tous les organes par sa puissance débilitante; et le bi-oxide d'azote , en s'unîssant au sang, le rendant noir, et le mettant hors d'état de pouvoir se transformer en sang artériel. En effet, i** lorsqu'on injecte du chlore et de l'ammoniaque dans le système veineux , le sang reste liquide ; on n'aperçoit aucune lésion dans le cœur, et on n'y trouve point de gaz. Si l'injection a lieu dans la plèvre , celle-ci se recouvre de fausses membranes qui contiennent beaucoup de sérosité , et les autres organes n offrent rien de remarquable ; d'où Nysten conclut que c'est probablement en irritant vivement les fibres du cœur qu'ils occasionnent la mort après leur introduction dans le système veineux. 2** Lorsqu'on injecte du bi-oxide d'azote dans les veines, dans la plèvre ou dans le tissu cellulaire cutané , la mort a lieu sans qu'on observe de lésion dans les organes, ou qu'on trouve de gaz dans le cœur (i) ; le sang seul devient noir; il conserve cette teinte dans les artèreé. Par conséquent, dans tous les cas, la cause morbifique doit être la même : c'est donc le gaz qui arrive, par voie d'absorption , du tissu cutané ou de la plèvre dans le . sang ; il se combine avec celui-ci et s'oppose à sa transformation en sang artériel. Est-ce en s'emparant de l'oxigène qu'il produit cet effet ? On est tenté de le croire d'abord ; mais cette, opinion devient peu probable en considérant que , si l'on in- ' jecte i5 centimètres cubes de bi-oxide d'azote dans le système veineux d'un chien, il ne périt souvent que plus d'un jour après, et que, pendant tout ce temps, il y a circuUtion. lans que le sang devienne vermeil. 3* Lorsquon injecte du gaz sulfhydriqûe dans les veines, dans la plèvre, dans le, tissu cutané, ranimai éprouve bientôt une gninde prostration de forces qui le fait succomber , et dans laquelle le système,
laULydricpie porté dans les organes de la respiration et dîssémbé dans cinq à six cents fois son Tolume d*air.
(i) Ou du moins te cœur esl Hii/cmeof OirM de vouge^^o ^W^VW^. imu ââtu h s/stime r^euj.
' * ■^■Pw^WP^ OTRHppPR^v ^^
130 DES MATIÈRES SAUNES ET TEEESUSES.
nerveux est profondément atteint : après la mort, l'on ne, trouva point ae gaz dans les cavités pulmonaires , et si , peiir dant que Tanimal est vivant , on retire du sang de ses arte^Qt^ on le trouve vermeil. Ce gaz arrive donc par voie d'absorptioDy de même que le bi- oxide d'azote 9 du tissu cutané , de k plèvre et de la peau, dans le cours de la circulation, etaoa action débilitante se porte sur les principaux organes.
SEGTIOIT VI.
Des matières salines et terreuses mêlées ou combinées apee hs humeu:s et les parties molles ou solides des animaux*
3782. Toutes les humeurs, toutes les parties molles et so* lides des animaux renferment une certame quantité de m»* tiéres salines et terreuses.
On y trouve :
Le soui-pbospbate de cbaoz,
et peiit-étre le phosphate acide de chaux; Le sous-phosphate de fer , iLea phosphates de soude ,
de magnésie, d'ammoniaque,
Parmilesselsinorganiques^ ^^ ^^^^^^
de chaux , de magnésie, [Les salfates de potasse ' de soude.
Les chlorures de potassium ,
de sodium.
L'acétate de potasse, L*o.\alale de chaux.
Parmi l«s seW organiques. / LUppurate de soude ,
,1 L'urate d'ammoniaque, et celai de soude , V Les lactates de soude et de potasse , suif ant Berzalius. ^ ., ., (celui de fer,
Farm. le. o.des { Cehii de mine^nè»».
Parmi les acides. L'acide silidque ou U, silice.
Ces difFérenitas matières ne sont pas toutes contenues, il s^en fiE^ut beaucoup , dans la même humeur ou la même partie animale. Celles qu'on y rencontre le plus fréquemment sont le phosphate de chaux, le sel marin , le carbonate de soude*
Lorsque les matières salines et terreuses sont indécomposar blés par le feu , on les extrait en incinérant les substances animales y et m;océdant à l'analyse de la cendre, par les moyens ordinaires , dont nous nous occuperons plus tafd, en traitant dé'Pèmalyêe proprtmcni dite. Lotsc^e k$ seh «mt m ontr
DES LIQUEUB8 DES SÉGRÉTTOlfS. f 51
traire «usceptibles de décomposition par le feu , on doit chercher à les reconnaître par les réactifs qui indiquent leur pré-
matières salines en d'autres d'une séparation plus facile , tels aont les moyens dont on fait ordinairement usage.
M. Beraelius n'admet pas toujours ces matières toutes formées dans les substances animales ; il pense qu'elles sont quel* quefois des produits de la combustion. Il s'appuie sur ce que le charbon de la matière colorante du sang a la propriété de donner autant de cendres , après avoir été traité par reau régale bouillante , qu'auparavant. Or, ces cendres sont composées de phosphate de chaux , de carbonate de chaux, d'oxide de fer, de magnésie , et par conséquent sont très solubles dans l'acide précédent. S'il ne les dissout point , dit le célèbre chimiste suédois , c'est que le charbon ne contient que leurs radicaux en combinaison intime 5 savoir : le phosphore , le calcium, le fer. Nous ne pouvons partager cette opinion; car l'eau régale agit bien plus fortement sur le fer, et surtout sur le calcium, que sur le phosphate de chaux et l'oxide de fer. A. la vérité , M. Berzelius suppose que ces métaux , par leur onion avec le carbone , deviennent beaucoup moins combustibles; mais rien n'empêche qu'on ne suppose également le charbon étroitement uni au phosphate de chaux et au carbonate de chaux , et qu'on explique ainsi pourquoi ib résistent à l'action des acides. ( j4nn. de Chim,, t. lxxxviii , p. 4y),
SEGTioir viu Des liqueur^ des sécrétions.
3783. On entend 9 par le mot sécrétion^ une fonction par laquelle un organe , ca décomposant le sang, dorme lieu à one liqueur particulière : c'est ainsi que se forment toutes les liqueurs animales , excepté le sang et le chyle. La plupart de ces liqueurs restât en totalité ou en partie dans le corps , et y remplissent des fonctions qui ont pour objet la nutrition et Paccroissement de l'animal; quel(]^es-une8 seulement en sont rejetëes directement, tels que l'urme, la sueur et le lait; elle^ ne pourraient y être conservées long-temps sans danger. Toutes sont alcalines ou acides , ce qui a fait penser à plusieurs ^dMcrrateurs qu'il serait possible qu'elles fussent produites par quelque force aniJogue à oelle qui se ééveloppe dans là {Ue« Ce qu'il y a de certain, c'est qu^in sêfù\ éVémênX totmi^
|3<2 ^^ UQUEURS DES SÉCRÉTIONS.
Wollaston à ce sujet, suffit pour rendre sensible, en dent ou trois minutes, la décomposition dun peu de sel marin dissous dans deux cent quarante fois son poids d'eau. En effet, que l'on prenne un petit tube de verre de 5o millimètres de long et de ao de diamètre 5 que l'on ferme l'une de ses extrémités avec un morceau de vessie; que Ton y verse ensuite la dissolution saline , et qu'après avoir mouillé la surface infé* rîeure du n^orceau de vessie , l'on place le tube debout sur une pièce d'argent; enfin, que Ion mette en contact un fil de zinc avec cette pièce , et qu'on le fasse plonger par son autre extrémité dans la dissolution saline , Ton verra que le liquide dont est mouillé la vessie deviendra dans très peu de temps capable de ramener au bleu le tournesol rougi par les acioes. [jinn.de Ckim», t. lxxiv, p. 298).
2784. D^^ liqueurs alcalines. — Ces liqueurs doivent leurs propriétés alcalines à une petite quantité de soude , quelquefois à de la potasse^ elles sont toutes composées d'eau, des mêmes matières salines , à peu de chose près , que celles qui existent dans le sang, et de substances animales particulières.
2785. Des liqueurs acides, — Ces liqueurs, au nombre de quatre dans l'homme , Furine , la sueur, le suc gastrique et le lait , sont légèrement acides : les trois premières le sont plus que la dernière. Le lait sert à la nourriture des jeu nés animaux; Je suc gastrique contribue puissamment à la digestion ; quant à la sueur et à l'urine , elles sont destinées à porter au-dehors les matières qui pourraient être nuisibles à l'économie ani* maie. La sueur n'est que de l'eau légèrement acide, tenant en dissolution une très petite quantité de matières animales et de sels. Le lait renferme , outre un acide , des sels et de l'eau, trois substances particulières, de la matière caséeuse , de ]a lactine et du beurre. Le suc gastrique est mal connu dans sa nature ; on sait toutefois que celui des animaux , et probablement celui de l'homme, renferment toujours de l'acide chlorhydrique libre ; souvent , si ce n'est toujours aussi , de l'acide acétique, et quelquefois de l'acide butyrique (f^ojrez f\ns loin , suc gastrique). L urine est le liquide dont la composition est la plus compliquée : on y trouve aifférens acides, de l'urée, et un grand nombre de sels , dont quelques-uns n'ont point encore été rencontrés dans le sang.
Des liquides provenant des membranes séreuses.
2786. La surface des membranes séreuses est toujours hun^ectée d*un liquide qui est connu sous le nom de sérosité. Ce liguide y. dans l'état de santé, est en si petite quantité, qu'il
est impossible de s'en procureT^aaseL "{lout ea faix^ V«iialy>^* ^
DE LA. lYMPHE ET DE LA SYNOVIE. 133
n'en est pas de môme dans raffection morblfique connue sous. le nom Shydropisie : alors il s'épanche à travers le tîssu cellulaire , ou remplit , en partie du moins , les cavités tapissées par les membranes dont il s'exhale. Quelques-unes de ces cavités 5 savoir, le bas-ventre et la poitrine , en contiennent souvent plusieurs litres. Dans tous les cas , il ne diffère du sérum du sang qu'en ce qu'il est moins albumineux : celui qui existe dans les ventricules du cerveau l'est ordinairement très u ; c'est ce que les chimistes savaient très bien, et ce que . Lassaigne a confirmé par une nouvelle analyse, (/oz/r/z. de Chim. méd.j i, 229).
Telle est encore exactement la nature de l'humeur de la brûlure et de celle des vésicatoires.
De la lymphe,
aySy. La lymphe est un liquide sans odeur, presque insipide, incolore et transparent, qui circule dans un ordre de vaisseaux qui semblent partir des extrémités artérielles, et dont les troncs viennent se rendre dans le canal thoracique. Cette humeur est l'une des plus abondantes , l'une de celles qui jouent le plus grand rôle dans Téconomie animale, et cependant elle n'a encore été que peu examinée; car MM. Keuss, Emmert , Brande , Chevreul , Leuret et Lassaigne sont à-peuprèsles seuls chimistes qui s'en soient occupés avec quelque succès. On peut l'extraire des lymphatiques du cou d'un cheval , comme l'a fait M. Lassaigne , ou bien encore du canal thora-^ cique , mais vingt-quatre heures après avoir donné des alimens à un animal. Reuss et Emmert sont les premiers qui y aient signalé la fibrine et l'albumine. De 1000 parties, M. Chevreul a retiré 926,4 d'eau ,61,0 d'albumine, 4?^^ de fibrine, 6,1 de sel marin , 1,8 de carbonate de soude, o,5 de phosphate de chaux, phosphate de magnésie, et carbonate de chaux. MM. Leuret et Lassaigne sont parvenus à des résultats analogues {^Journ, de Chim. méd.^ t. i, p. i55). Ceux de M. Brande en diffèrent en ce qu'il ne fait point mention de fibrine {^ Ann.de Chim.^ t. xciv, p. ^Z). Mais il y a évidemment erreur dans son observation , car il est certain que la lymphe, abandonnée à elle-même, se prend assez promptement en une gelée incolore qui se contracte peu-à-peu , et forme un caillot fibrineux.
De la S/novle.
^788. Des capsules synoviales des articulations et des cou* Usses des tendons, il suinte un liquide visqueux d^s\!\a& ^^ W- MBer Cʧ pstrtîeê', a est h sfnos^iê.