DES UQUEUES DES SÉCRÉTIONS
La synovie de bœuf, la synovie de l'homme, celles du dbi^ Tal et de l'ëléphant, sont les seules qui aient été examinées: la première par M. Margueron, en 1792 {jénn. de Chim.^ t. xnr, p. 1 23)*, la seconde par MM. Lassaigne et Boissel ; la troisiëiii» par Jonn, et la quatrième, en 18 17, par Yauquelin, (Jounu de Pharm.j t. m, p. 289).
Au sortir des articulations, la synovie de bœuf a une demi^ transparence, une couleur d'un blanc verdâtre, une fluidité visqueuse, une odeur animale telle que celle du frai de grenouille, une saveur salée ; bientôt elle prend une consistanor gélatineuse, reprend ensuite son premier état, perd de sa viscosité, et dépose ime matière filandreuse.
M. Margueron la regarde comme formée de 80,46 d'eam 4,52 d'albumine, 11,86 de matière fibreuse, 1,75 de sel marin, 0,70 de carbonate de soude, 0,70 de phosphate de chaux. Elle contient sans doute, en outre, les autres sels qui entrent dans la composition du sérum du sang.
Pour séparer la matière fibreuse , il faut , suivant M. MaiP» gueron , verser un acide faible dans la synovie, par exemple^ du vinaigre : à l'instant cette matière se dépose en une masse filandreuse qu'il est facile d'enlever avec un tube : l'acide agit probablement alors en s'unissant à l'albumine, la rendant pluf liquide, et la dégageant du réseau fibreux qui l'enveloppait» D'ailleurs , on procède à l'analyse de la liqueur restant» comme à celle du sérum du sang. (Voy. plus haut, p. 107)» M. Margueron pense que la matière filandreuse est de l'albumine dans un état particulier, parce qu'elle se dissout par l'agitation dans Feau froide, que cette dissolution mousse en la remuant , que les acides et l'alcool y forment un précipité floconneux, et que l'ébuUition y produit une écume très blan** che. Ne serait-elle point la même que celle qui se dépose en petite quantité du blanc d'œuf traité par l'eau?
MM. Lassaigne et Boissel ont trouvé que la synovie huniaine contenait les mêmes principes constituans que le sérum du sang, à cela près qu'elle était beaucoup moins aqueuse que celui-ci, et qu'elle ne se coagulait pas spontanément.
Suivant John, la synovie du cheval serait composée de 92,8 d'eau*, de 6,4 d'albumine j de 0,76 tant en matières extractives que sel marin, carbonate de soude et phosphate de chaux. De la synovie de l'éléphant , Vauqueïin a retiré de l'eau ^ de l'albumine, quelques traces de filamens blancs ayant l'appaï^ence de la fibrine, des carbonates de soude et de chaux, et des chlorures de sodium et de potassium. Il n'y a point trouvé de phosphate j mais il pense qu'elle contient, outre tous ces principes f une matière animale çarllcuWète içii isJ q%X iga% va*
DU CHORIOlf , DK L'ALLANTOiDE ET DE L'AMNIOS. 435
ceptible de coagulation par Talcool et par les acides, et qui est tout-à-coup précipitée par le tannin. Cette matière est toutefois bien moins abondante que l'albumine : aussi la synovie délayée dans l'eau présente-t-elle, avec les réactifs, à-peuprès les mêmes phénomènes que le sérum du sang.
Des liqueurs contenues dans les membranes qui enveloppent le
Jœtus.
3789. Ces membranes sont au nombre de trois dans la plupart des mammifères : la première ou l'extérieure est appelée iîAorw?/E/ l'intermédiaire, allantoîde; Pinterne , aninios. Toutes trois contiennent des liqueurs diverses. La première n'a point encore été examinée ; les autres ont été Tobjct des recherches de divers chimistes , mais malheureusement les résultats obtenus ne sont pas d'accord : de nouvelles analyses deviennent donc nécessaire^.
D'après Vauquelin et M. Buniva , la liqueur contenue dans Tamnios de la femme est composée d'une très petite quantité d'albumine, de soude, de sel marin, de phosphate de chaux, de carbonate de chaux , et de matière caséiforme qui lui donne ttn aspect laiteux : l'albumine et les sols ne forment que les 0^12 de l'eau ; c'est cette liqueur dans laquelle nage le fœtus.
Celle qu'on trouve dans l'amnios de la vache est toute différente, suivant les mêmes chimistes : loin d'être alcaline, elle rougit le tournesol, et contient un acide particulier {Ann* de CkuTU XXXIII, 269) \ nous en avons donné la composition. (ai5a.)
MM. Duloug et Labillardlère ont été conduits à d'autres résultats. Ayant eu occasion d'analyser les eaux de l'amnios et de l'aliantoïde, provenant d'une vache arrivée au septième mois de la gestation , ils ont trouvé que les eaux de Tallantoïde étaient de la même nature que l'urine de vache, et que les eaux de l'amnios se rapprochaient de la bile de vache , nonseulement par leur couleur et leur viscosité, mais encore par leur composition. L'eau du chorion n'a pas été soumise à l'analyse; elle a été perdue par accident. {^Procès-verbal de la séance publique de V école d'AIfort^ '817).
Dzoudi admet que la liqueur de l'aliantoïde n'est que l'urine du fœtus ^ ce que tendent à démontrer les expériences de MM, Dulong et Labillardière.
Suivant Frommherz et Gugert, l'eau de l'amnios. de la femme contiendrait de la matière caséeuse, de la matière sa* livaire) de l'albumine surtout, de l'urée, du beivioaXe 4'«nLmmttque ttr^e excès de base, du sel marin, d^ c^t\KmdX<^>
i36 DES UQUEUES DES SÈCKÉnOgUL
phoapbate et sulfate de soude, du sulfate de chtuX| ^ ces de sels à base de potasse. Ces différentes matières . Yaudraient aux trois centièmes de la liqueur.
Prout ayant analysé Teau de Famnios de la vache dau
Sremiers temps de la gestation, en a retiré 97,70 d'eaa,i 'albumine, i ,66 de lactate et de matière extractiforme,] lubies dansValcooi; o,38desucre de lait, de sels etdemi, extractive solubles dans l'eau et insolubles dans ralcooL
Enfin M. Lassaisne a tu :
lo Que Peau de Tallantoïde de la vache contient defi mine , de Yosmazome en assez grande quantité, une n mucilagineuse azotée , l'acide désigné par Yauquc Buniva sous le nom à*amniotique , de l'acide lactique lactate de soude, du sel ammoniac, du sel marin, aa de soude en grande quantité, des phosphates de sodé, cbauxetde magnésie.
a^Que l'eau de Famnios de la vache renferme de l'alliiiB du mucus , une matière jaune analogue à celle de la bile chlorures de potassium et de sodium, du carbonate deso du phosphate de chaux.
il conclut de ces résultats, obtenus plusieurs fois si eaux du fœtus de vache de cinq, six et huit mois, quel' appelé ammotique n'existe que dans l'eau de l'allantoïde Vauquelin et Buniva auront sans doute opéré sur sorte d'eau ou sur son mélange avec l'eau de l'amnios ; qi cide amniotique doit prendre le nom d'acide allantoïqu
M. Lassaigne a aussi analysé les eaux de Vallantoïde Vamnios de la jument : elles ne sont point semblables i de la vache : par exemple, l'eau de 1 allantoïde ne contii acide ammotique , ni sulfate de soude : celui-ci est reo • par le sulfate de potasse. (^Ann. de Chim. et de Phys.^ t p. apS).
Ck>mment se fait-il que les chimistes que nous veno citer soient si peu d'accord entre eux? M. Lassaigne exi bien pourquoi ^s observations diffèrent de celles de quelin \ maison ne voit pas la cause de la différence qui «ntre toutes celles que nous venons de rapporter. Il est évident , comme nous lavons dit au commencement de < tide^ que de nouvelles expériences sont nécessaires.
De la salive.
a790ê La salive est un fluide inodore, sans saveur, lin visqueux y dont la pesanteur spécifique est un peu plus g que celle de l'eau • que l'agitation r* ^ ' uneux , qui < ^crétAdii saiK mt dîyenes glande t la housi
suc PANCaiÉATIQUB. fSf
Ces trois salives contiennent de la pt/aline , du mucus, de lasmazôme ou extrait alcoolique de viande , probablement un peu d'albumine et un assez grand nombre de sels : lo du carbonate de potasse ou de soude , plus chez la brebis que chez le chien et surtout chez Thomme ; 79 du phosphate de potasse on de soude, plus chez l'homme et le mouton que chez le chien ; 3* du lactate de potasse ou de soude , très peu; 4^ du sulfate ^ de potasse 9 très peu ; 5^ des chlorures de potassium et de sodium, beaucoup plus du premier que du deuxième chez l'homme ; le contraire chez le chien et le mouton ; 6^ un peu de phosphate de chaux, moins de carbonate de chaux ^ [ moins encore de carbonate de magnésie* i De plus, la salive d'homme contient du sulfo-cyanure de po- . tassium, et de la matière grasse phosphorée soluble dans l'alcooL r La salive de brebis ne contient que du sulfo- cyanure de I sodium*
[ Celle de chien ne contient ni matière grasse, ni sulfo- ^ qfanure.
La matière grasse s'extrait en faisant évaporer la dissolution alcoolique et reprenant le résidu par l'eau : la matière grasse leste indissoute.
Quant au sulfo-cyanure, on en démontre la présence dans la aalive de l'homme en y ajoutant une solution d'un sel neutre de per-oxide de fer ou de per-chlorure de fer. Elle de\ient d'un rouge très foncé, phénomène dû au sulfo-cyanogène. En effet, si après avoir évaporé jusqu'à siccilé la dissolution provenant de l'action de l'alcool sur la salive desséchée , on distille au bain-marîe le résidu alcoolique avec de Tacide phosphorique concentré, l'on obtiendra une liqueur acide qui sera douée des principales propriétés de l'acide sulfo-cyanny* drique (2140). Du moins, tels sont les résultats que MM. Gmelin et Tiedemann ont obtenus. Ils sont si remarquables , qu'il est extraordinaire que les chimistes ne se soient point occupés de les constater. ( Arm, de Chim, et de Phys. xxxv , :l66 , et Chimie de Berzelius^ t. vu , iSy).
Suc pancréatique.
2792* Le pancréas est une glande située dans la région ëpigastrique , et qui sécrète un fluide que l'on appelle suc pancréatique. Ce fluide , conduit par le canal excréteur dans le duodénum , se mêle à la matière nutritive , et contribue y selon toute apparence , à la digestion duodénale.
La difficulté qu'on éprouve à se procurer ce liquide a empêché jusqu'ici les chimistes d'en faire une analyse «\^c.\j^« MM« Jueuret et LassAÎgae le regardent comme è\ft!uX dd^ ^aL
140 DES UQUEURS DES SÉCRÉnOlfS.
même nature que la salive ( Journal de Chitn. méiL^l, cependant il paraît démontré , d'après les expérie Gmelin et de Tiedemann, quUl en diflere essentieU Chose digne de remarque , il rougit le papier dans Yè il est préparé par la glande ; mais il devient alcalin , Tanimal commence à s'affaiblir par suite de ropératioi cessaire pour le recueillir*
Celui du chien , tel que Vont obtenu Gmelin et li mann , était limpide j sensiblement salé , d'un blanc m bleuâtre, opaque, filant comme du blanc d'œuf peu e Exposé au feu , il se coagulait de même que le sérum dat Desséché , il laissait 8,72 pour cent de son poids , d'un r qui 9 traité successivement par l'alcool et l'eau , donnait
Matières solubles dans Falcool 3,68
Matières solubles dans Teau seulement z.53
Albumine coagulée. 3,55
L'alcool tenait en dissolution du chlorure de sodium lactate de soude, de l'extrait de viande ou de Yosmazome substance animale particulière qui communiquait à Te: alcoolique redîssous dans l'eau la propriété de devenu par l'addition d'un peu de chlore, et ae former en lal un dépôt violet.
La dissolution aqueuse contenait une substance rapprochait tout à> la-fois du cascum et de l'albumin contenait d*ailleurs un peu de carbonate de soude rendait alcaline , et d'autres sels y peut être aussi un ] pt/aline»
Les sels , que l'on peut estimer à i , 1 5 pour cent , du voilà ce que donne Tincincration , se composent de be de carbonate de soude et de chlorure de sodium , d'un lactate et de sulfate de potasse , de phosphate de soudi potasse , de phosphate de chaux et de carbonate de cl
Le suc pancréatique de la brebis était plus aqueux qi du chien j et ne renfermait pas de la matière qu^un chlore fait rougir.
Des humeurs de rœih
2793. Les humeurs de Toeil sont au nombre de trois : meur aqueuse , placée dans la chambre antérieure d( entre la cornée transparente et l'iris, et dans la cl postérieure , entre l'iris et le cristalUn; a** le cristallin c meur cristalline, qui est épaisse, diaphane , semblabl et formée de couches concentriques dont la Qentant d« la circonférence au centre ; 3^ Y\
DtS HUMEURS DE L'OEIL. 141
^ qui est derrière le cristallin et qui occupe la plus € partie de l'œil. Elles sont toutes trois très limpides, «vix , Nicolas et M. Berzelius sont les seuls chimistes n aient fait l'analyse ( Bibliothèque britannique , vol. liy, 5 j4nn. de Chini., t. lui , p. 807 ; et t. Lxxxviii , p. i38). cvix et Nicolas ont fait leurs expériences sur les yeux Deuf, de mouton et d'homme ; M. Berzelius, sur ceux euf. Les résultats de Chenevix et Nicolas sont à peu de î près les mêmes.
lencvix regarde l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée le composées d'une grande quantité d'eau et d'une très t quantité d'albumine, de gélatine et de sel marin; as y admet en outre un peu de phosphate de chaux, mt Chenevix, la pesanteur spécifique de ces deux tuTS est égale, dans le bœuf, à 1,0088, et dans l'homme >o53; mais, suivant Nicolas, l'humeur vitrée est un plus dense que l'humeur aqueuse : il trouve que la dénie celle-ci est de 1,0009.
3us deux pensent , d'ailleurs , que le cristallin ne diffère lumeurs vitrée et aqueuse qu'en ce qu'il ne contient point îl marin , et qu'il contient beaucoup plus d'albumine et élatine , ce qui rend sa pesanteur spécifique plus consi-^ ble. Chenevix a trouvé celle du cristallin de bœuf ,0765 , celle du cristallin de l'homme de 1)0790, et celle ristailin de mouton de 1,1000.
eus deux aussi n'ont admis de gélatine dans ces diverses leurs que parce qu'elles peuvent précipiter la dissolution oix de galle ; mais cette propriété ne suffit point pour en nnaître la présence , puisque la noix de galle précipite ieurs autres substances animales , et particulièrement t'aiine.
s'en faut beaucoup que les résultats de M. Berzelius îordent avec ceux de Chenevix et Nicolas. En effet , Berzelius a trouvé que les humeurs aqueuse et vitrée du if étaient composées de (^/ï/i. de Chim. , t. lxxxvii et vol. I Traité de Chimie de l'auteur) :
Humeur aqutuse. Humeur wtrû,
Eao.. « 98,10 98,40
Albumiae • ua peu. . • • 0,16
Chlorure de sodium avec un peu de ma- 1 . , ^^ , ^ .
tien» eitruetiformâ j '•** '•*•
Ut DES UQUEUaS DES SÊCâÈnùBtê^]
Et ^e le cristallin était forme de :
Xm • ll#
lUtièra partioalière. 1%
XKtrtit de viande adde, laetate de soude et eblorure de •odînm , solubles dans Talcool • ••.,
Matière animale seulement soluble dans Tean , avee quelquei traeci de sels
Vortiona de la meaabrane cellulaire qui restent insolublcâ. M
On voit donc qu'il n'admet de gëlatine dans auenm! aenr de FoeiK
La matière particulière est soluble dans l'eau ; elle se gulc par la chaleur, et présente alors , à la couleur pfèsj tes les propriétés chimiques de la matière colorante dm •on en retire, par la caldnation, un peu de cendre qui coi «ne petite portion de fer.
Des Larmes»
' ^794* Les larmes, liquide aussi limpide que Peaii,( nées à faciliter les mouvemens du globe oculaire et d«j pières, sont sécrétées par une petite glande qui a s«ii oanB la fossette externe de la paroi supérieure de Toilil «*en produit constamment une petite quantité, laquelle, i «voir mouillé le globe de l'œil, passe dans les conduits) «nauxqui portent ce liquide dansim petit sac, d'où ilie .par un autre conduit dans les fosses nasales : arrivé li| mêle au mucus, dont il entretient la fluidité.
L'analyse des larmes a été faite par Fourcroy et
Suelin : ils les regardent comme formées de beaucoup i 'un peu de mucus , et d'une très petite quantité de si sel marin, phosphates de chaux et de soude. {Ann. de l t. X, p. iio).
L'alcool en précipite facilement le mucus.
Du Mucus animal et de ses différentes espèces.
9795* Le mucus a été connu de tout temps par les cins^ mais l'étude chimique n'eu a été faite que pai tock , par Fourcroy et Yauquelin , et par M. Ben^liua. I renfermé dans aucun organe, dans aucun vaisseau, dai cun réservoir^ il se forme sans cesse à la surface de ton membranes muqueuses, et parait destiné à les lubrifie le trouve constamment dans les fosses nasales, la bo Tarrière-bouebe , l'cssophage, l'estomac, les intestifl bile^ etc. C'est lui qui , en se desséchant à la 90^ \r forme les petites écailles qu'on i^KwA^
. Ler d|]pnUcins et les couches épaisses d