SECTION IL
De la nutrition et de F accroissement des plantes,
a64S. Lorsque, par l'effet de la germination, les cotylédons se sont desséchés et sont tombés , la jeune plante ne reçoit plus de matière nutritive de ces organes. Cependant elle continue de végéter 5 son accroissement est souvent même très rapide; sa racine s'allonge et jette ordinairement desl rejetons d'où naissent de petites fibres chevelues-, sa tige ' s'élève et se divise en rameaux qui se couvrent de feuilles : il j faut donc qu'elle s'assimile de nouveaux alimens. Où Icf \ puise- t-elle r Ce ne peut-être que dans l'air, dans l'eau, dans le terreau et le sol , puisqu'elle n'est en contact qu'avec ces corps. Examinons donc leur action sur la végétation; et, ,
Sour apprécier plus facilement l'action de l'air, recherchons 'abord celle du gaz oxigène, du gaz azote, du gaz carbonique , qui , par leur mélange , constituent ce fluide. Presque tout ce que nous allons dire sera tiré de l'excellent ouvrage de M. Th. de Saussure.
2646. Influence du gaz carbonique. — Toutes les parties rertes des plantes décomposent l'acide carbonique , pqprvti toutefois qu*elles soient frappées par les rayons solaires; ellçs s'emparent de tout son carbone , absorbent une petite quantité de son oxigène , et dégagent l'autre sous forme de gaz. C'est ce qui résulte des expériences de Priestley, de Sennebier, d'Inghenousz , de Th. de Saussure, etc.
Priestley observa le premier que les feuilles avaient la propriété d^améliorer l'air vicié par la combustion des bougies
NUTErnON DES PLANTES. ' t
'^ par la respiration des animaux. Sennebier remonta à la 'ainsé de ce phénomène : ayant exposé des feuilles fraîches à l'ombre .et au soleil, dans de l'eau légèrement imprégnée d'acide carbonique , il trouva que les premières ne produisaient aucun effet, et que les secondes donnaient lieu à un dégagement de gaz oxigène qui durait tant qu'il restait du gaz acide dans l'eau*, d'où il conclut que des deux principes de l'acide carbonique , l'un était fixé et l'autre rendu à son ^tat de liberté par l'influence solaire. Inghenousz fit de semblables observations. M. Th. de Saussure alla plus loin 5 il ^ détermina avec exactitude tout ce qui se passe dans la décom- |>osition de l'acide carbonique. « J'ai composé, dit M. de M Saussure, une atmosphère artificielle qui occupait 290 « pouces cubes (674^ centimètres cubes), avec du gaz acide M carbonique et de l'air commun, où Teudiomètre à phos- « phore indiquait -^ de gaz oxigène 5 l'eau de chaux y dé- « nonçait 77 centièmes de gaz acide carbonique. Le mélange • « aériforme était renfermé dans un récipient fermé par dit « mercure humecté ou recouvert d'une très mince couche « d'eau pour empêcher le contact de ce métal avec l'air qui Cl environnait les plantes ^ car j'ai bien constaté que ce conm tact, ainsi que lont annoncé les chimistes hollandais, est «i nuisible à la végétation, dans des exnériences prolongées.
« J'ai introduit sous ce récipient sept plantes de perven- ^ che , hautes chacune de 2 décimètres : elles déplaçaient en ^ tout 10 centimètres cubes; leurs racines plongeaient dans n un vase séparé, qui contenait i5 centimètres cubes d'eau ^ 4f la quantité de ce liquide, sous le récipient, était insuffi* a santé pour absorber une quantité sensible de gaz acide ^ <« surtout à la température du lieu , qui n'était jamais moin* « dre que -|- 17 degrés de Réaumur.
« Cet appareil a été exposé pendant six jours de suite, de
«I n'avaient pas subi la moindre altération. Leur atmosphère , M toute correction faite, n'avait point changé de volume, du « moins autant qu'on peut en juger dans un récipient dç ^ çtnhm ^ j3 de diamètre, où une différence de ao centime-' H très cubes est presque inappréciable^ mais l'erreur ne peut <!» aller au-delà.
« L'eau de chaux n'y a plus démontré de gàz acide carbo<* « nique; l'eudiomètré y a indiqué a4T centièmes de gaz oxîa gène* J'ai établi vd lappareil semblable avec de Tair atïào- H sphcriqui pur, et k même nombre de plantes à la même
9 FOMATIOW DB aBBarTASCM ▼ÉGÉTALM.
->;.%« . .-«iliii-cî n a ehazuzé ni en pureté ai en wolm
^ Urt^te des observations endiometnqoes énoncées
é desMS, iine le mélange d^air commun et de gaa adde —
^ noie avant rexpérience :
itOQ centimètres cubes de gaz azote;
" de gaz oxigène ;
^^.^ de gaz acide
« Le même aîr contenait , après rexpérience :
4338 centimètres cubes de gaz azote ;
x4o8 • • de gaz oxigène;
o de gaz adde carbonique*
tf Les pervenches ont donc élaboré ou fait disparaître 43 1 « centimètres cubes de gaz acide carbonique; si elles eneuasenl 4C éliminé tout le gaz oxigène, elles en auraient produit un to- M lume égal à celui du gaz acide qui a disparu ; mais elkt « n ont dégagé que 29a centimètres cubes de ffA oxigène ) 4C elles se sont donc assimilé i3q centimètres cubes de gax osÎp <c gène dans la décom{>osilion du gaz acide ^ et elles ont pro- K duit i39 centimètres cubes de gaz azote.
« Une expérience comparative m'a prouvé que
a clos , 528 milligrammes de charbon. Les plantes yii avaie» j «c décomposé le gaz acide ont été scchées et carbonisées par k ^ 4C nièmc procédé , et elles ont fourni 640 miUigrammes de \ m charbon. La décomposition du gaz acide a donc fait obte- « nir lai milligrammes de charbon.
« J'ai fait également carboniser les pervenches qui avaient 41 végété dans l'air atmosphérique dépouillé de gaz acide , et « j'ai trouvé que la proportion de leur carbone avait plutôt
« diminué qu'ausmenté pendant leur sc^iour sous le récipient. »
{ Recherches sur la végétation^ page 4o.)
La menthe aquatique ( meniha aquatica) , la salicaîre ( /f
thrum eaUcqriaS , le pin {pinus gcMpensia ) , 1» raquette
( cactus opuntia ) , placés dans les mêmes circonstonces que la
pervenche , ont fourni des résultats analogaes à M. de Baus^
•ure,
a647* M«m puisqu'il existe du gsa «^-*— "îque dans Taîr , fl
tHividcnt qm les nAuitea doivent^ wr^ ets'en ap
pioprier le caibone et une partie de roxigène. M. de Sau»- Bore a encore fait à cet ^ara des expériences qui ne laissent rien à désirer.
Quatre graines de fèves, du poids de 6,368 grammes, furent placées par lui entre des cailloux de silex contenus dans des capsules de verre , et furent arrosées avec de l'eau distillée» Au bout de trois mois de végétation en rase campagne , au soleil, les plantes qui en provinrent pesaient , vertes , immédiatement après leur floraison, 87,149 grammes ; desséchées^ elles se réduisirent à 10,731 grammes, ce qui prouve qu'elles avaient presque doublé la quantité de leur matière végétale ; calcinées ensuite en vase. dos , elles donnèrent 2,70^ grammes de charbon. Or, de quatre graines de fèves de même poids que celles qui avaient été mises en expérience , on ne retira que 1,^09 grammes de ce corps combustible : donc les fèves j en végétant à l'air libre , s'étaient approprié plus de carbone mi'elles n'en contenaient d'abord ; elles l'avaient puisé sans doute dans le gaz acide carbonique de l'air , et c'est ce qui nous permet de comprendre pourquoi l'air ne contient qu'une très petite quantité de ce gaz , quoiqu'il en reçoive à chaque instant qui provient , soit de la respiration , soit de la combustion du charbon , etc.
2648. Une faut pas croire toutefois, d'après ce que nous venons de dire, que les plantes seraient capables de végéter au soleil dans une atmosphère d'acide carbonique pur. L'expérience prouve qu'elles y périraient , au contraire , très promptement.
Pour que leur végétation ait lieu dans ce gaz , il est nécessaire qu'il contienne une certaine quantité d'oxigène ou d'air : par exemple, de jeunes plantes de pois {^pisum satiifian) se sont flétries sur-le-champ , non-seulement dans de l'acide carbonique pur, mais encore dans un mélange de deux parties d'acide et d'une partie d'air ; elles n ont existé que sept jours dans parties égales d'air et d'acide 5 elles ont vécu plus longtemps dans le cas où la quantité d'acide ne formait que l:i cinquième partie de Pair; leur accroissement a été prescjuc le même Que dans l'air lorsque l'acide n'entrait que pour un huitième dans le mélange; et il a été plus grand que dans l'air, dans le rapport de onze à huit , lorsque le mélange ne contenait qu'un douzième d'acide ( Th. de Saussure* )•
2649* Si l'acide carbonique , employé ^^ quantité convenable, favorise la végétation des plantes au soleil, il la retarde toujours à l'ombrt , et à plus forte raison , k l'obscurité. Des pois sont morts en six jours dans un air qui contenait le quaK de son volume de gaz acide. En un mot, jamais ce gai 9 qndle que soit sa quantité^ n'est sans action ; il en exerce
une favorable ou nuisible. Lorsque la plante peut le déomf ^^* poser , elle prospère ; lorsqu'elle ne peut point en opérer 1 décomposition, elle dcpurit : aussi es t-il contraire à la gémi nation , et a-t-on observé qu'une graine qui germait très bia dans de l'air mêlé à une certaine quantité de gaz azote oudel ^^ gaz bydrogène , germait moins bien dans la même C[uantil(| ^^ d'air et d'acide carbonique. I
265o* Influence du gaz oxigène, — Nous venons de voir quel ^
rit
Quelle
parties des plantes et sur les plantes entières ?
Lorsqu'on place , pendant une seule nuit , des feuilles saines , cueillies pendant un jour serein d'été, sous un récipient plein d'air atmosphérique, celles qui sont minces absorbent une certaine quantité de gaz oxigène et en convertissent une autre en gaz carbonique ; celles qui sont charnues absoii)ent aussi l'oxi gène, mais sans produire de gazacide apparent. Ni les unes ni les autres n'absorbent d'azote 5 et , dans tous les cas , si on les expose ensuite au soleil pendant quelques heures , le gai acide carbonique qui aura pu se former sera décomposé, et tout le gaz oxigène qui aura disparu reparaîtra sensiblement
Les mêmes feuilles pourront être soumises plusieurs fois à ce genre d'expériences , pourvu qu'elles aient une grande force de végétation ^ de sorte qu'alors , en les laissant passer plusieurs jours sous le même récipient , on verra qu'elles diminueront leur atmosphère pendant chaque nuit et l'augmenteront pendant chaque jour, à-peu-près en même raison ; telles sont toutes les feuilles grasses.
M. Th. de Saussure, qui a observé ces effets , leur donne \e nom. àHnspiratiùn et d^ expiration. Il s'est principalement servi , pour ses expériences , de feuilles de cactus opuntia , qui végètent avec une force extrême ; il les mettait sans eau avec environ huit fois leur volume d'air privé d'acide carbonique, sous des récipiens dont les bords plongeaient dans le mercure ^ quelquefois il les tenait ainsi dans l'obscurité pendant trente à quarante heures , afin de porter les inspirations au plus haut degré possible. Les plus grandes ont été d'une fois et un quart le volume des feuilles. M. de Saussure a vainement essayé d'extraire le gaz inspiré , par la suppression du poids de l'atmosphère ou par une chaleur incapable de décomposer le tissu végétal \ il n'a jamais pu y parvenir. U pense que ce gaz passe à l'état d'ac' ^ Clique dans le pa-
rtncbymt , tt qu'il y est rttenu 1 1 at la compret*
IfUTEinOII DES PLANTES. tl
sion qu'exerce l'organisation Y<%étale, compression qu'on sait Atre très grande : aussi lorsqu'un cactus , placé dans Tobscuirité , ne fait plus d'inspiration , il continue toujours à vicier &on atmosphère \ il en change Toxigëne en gaz carbonique , et ce changement continue d'avoir lieu jusqu'à ce qu'il ne res- Xe plus d'oxigène , ou que le cactus soit mort.
26a I. Les phénomènes que nous offrent les feuilles dans leurs inspirations et leurs expirations semblent être en contradiction avec ce que nous avons dit précédemment. En effet, on retire par l'expiration tout autant de gaz oxigène qu'il en disparait dans l'inspiration , et cependant nous avons prouvé que , dans la décomposition du gaz carbonique par les plantes^ celles-ci absorbaient une portion de son oxigène ; mais il faut observer que les circonstances ne sont pas les mêmes. Dans
partie de son carbone avec 1 oxigene qui l'environne 5 d*où il suit que , dans le premier, elle peut s'assimiler une nouvelle quantité de. corps combustible , circonstance qui exige l'assimilation d'une certaine quantité d'oxigène \ au lieu que , dans le second , elle ne peut point en prendre plus quelle n'en contient*, elle ne peut rester, à cet égard , que dans l'état où elle se trouve.
a65a. La propriété d'inspirer et d'expirer le gaz oxigène n'appartient absolument qu aux parties vertes , de même que celle de décomposer le gaz carbonique. Ni les racines , ni le bois, ni l'aubier, ni les pétales ne la possèdent. Dans leur contact avec l'oxigène , ces substances ne font que lui céder peuà-peu une portion de leur carbone , et de là résulte du gaz carbonique , dont une très petite quantité se trouve retenue ou dissoute dans leurs sucs.
La production du gaz carbonique est même liée d'une manière intime au développement et à l'existence des fleurs : toutes se putréfient promptement dans le vide ou dans le gaz azote , etc. 5 elles ne se soutiennent dans l'air que par leur action sur l'oxigène de ce fluide ; et ce qu'il y a de remarqua-
'erestedel nt , ou que impie que
absorbé se trouve remplacé par un volume à-peu-près égal de gaz carbonique. Cette absorption est sans doute l'une des causes de la chaleur observée dians quelques fieyrs. ( Th. de Saussure , Ann. de Chim. et Phys.^ tom. xxi, pag. 279.)
Il en est jusqu'à un certain point des racines comme des pétales \ mais ici les effets s'étendent à la plante tout entière.
If FORMATION DBS 8UBSTARCIS VÉGÉTALES.
M. Th. de Saussure ayant arraché de jeunes marronnien pourvus de leurs feuilles, les disposa dans une cloche troaëe i son sommet y de telle sorte que la tige plongeait dans l'atmosphère, presque toute la racine dans du gaz azote, ou du gai hydrogène , ou du gaz carbonique , ou de lair , et son extrémité seulement dans l'eau. Tous les marronniers pesaient environ chacun 23 grammes, et avaient des tîges et des racines dont la longueur, prise séparément, pouvait être de a5 décimètres. Ceux dont les racines étaient entourées de gaz carboniqae sont morts le septième ou huitième jour; l'action du gaz azote et du gaz hydrogène a été moins juiisible : elle n'a produit la mort cpi'au bout de treize ou de quatorze jours. Quant à ceux dont les racines plongeaient dans l'air, ils étaient encore vi-
f>ureux au bout de trois semaines , temps auquel on a mis fin l'expérience.
Ces observations nous permettent de concevoir : i® une partie des avantages qu'on trouve à remuer le sol qui doit servir à la végétation ; 2^ pourquoi les racines ont d'autant
S lus de force qu'elles sont plus près de la superficie de la terre; ^ par quelle raison les racines pivotantes , qui n'ont que p«a de chevelu, croissent mieux, toutes choses égales d'ailleurs , dans une terre sèche que dans une terre humide , et mieux encore dans une terre légère que dans une terre compacte; 4° comment il se fait que les racmes des arbres se divisent singulièrement lorsqu'elles pénètrent dans du fumier, dans dt la vase ou des conduits d'eau : n'est-ce pas pour rechercher la très petite quantité d'oxigène qui s'y trouve? etc.
a653. Les fruits ne se comportent point à l'égard de l'air comme les racines, le bois, l'aubier, les pétales. Lorsqu'ils âont verts , ils ont sur ce fluide , au soleil et à l'obscurité , la même influence que les feuilles , à cela près que les effets sont moins prononcés, et d'autant moins que les fruits approchent plus de leur maturité. Tels sont en effet les résultats que M. de Saussure a annoncés dans ses Recherches sur la végétation, et ceux qu'il a publiés au sujet du Mémoire de M. Bérard sur la maturation des fruits , mémoire dans lequel ce chimiste cherche à établir que , pendant la maturation, l'oxigène de l'air convertit le carixme du fruit en adde carboni^
Îue , et que cet effet semble être plus sensible au soleil qu'à ombre, (f^oyez le Mémoire de M. de Saussure ^ Jnn. de Chim, et de Phjs,, tom. xix, p. i43; celui de M. Bérard, tom. xvi, pB iSft ; et celui de M. Couverchd , Joamal de Pharmacie , tom. VII , p. 2i49«)
2654. Toutes les expériences nëcédentei nous prouvent " plantes nt peuvent Jt déret Va Taide du gas
iniTEIIIDZf. Dta VLASTES. IS
oxigène. Gepentbnt elles prosp^nt moins à Nombre dans l'oxigène par qae dans son mélange avec l'asote ou l'hydrogène : ceux-ci y cpi ^ à l'ëlat de gaz , n'ont aucune influence sensible sur la Yëgëtation. , agissent sans doute en diminuant les points de contact entre 1^ diverses parties de la plante et l'oxigène , et en empêchant unsi qu'il ne se fasse beaucoup de gaz acide carbonique , gaz toujours nuisible lorsqu'il ne peut ôtre élaboré. U parait que ^ dans le gaz ozigène , au soleil , elles végètent à-peu-près comme dans l'air.
2655. Influence du gaz azote. — L'azote ^ à l'état de gaz ,
n'est jamais absorbé par les plantes, soit pur, soit mêlé au gas
oxigène ou au gaz carbonique. Celui qui fait partie de leurs
principes iie peut donc provenir que des engrais, ou de l'eau,
qui en tient toujours une certaine quantité en dissolution.
Plusieurs plantes alimentées par de l'eau ont la propriété toutefois de végéter dans ce gaz au soleil : ce sont , en général, celles dont les parties vertes sont très abondantes , présentent l)eaucoup de sur&ce , et consument le moins de gaz oxigène dans l'obscurité : telles sont surtout le fythrum salicaHay Vinula dysenierica^ les epilobium molle et monUmum^ le polygonum persicaria^ qui sont plus ou moins marécageux. Alors il se forme, aux dépens de leur propre substance , une certaine quantité d'acide carbonique qu'elles décomposent et recomposent tour-à-tour. Les cinq plantes que nous venons de citer Souvent même soutenir pendant long-temps leur végétation ans du gaz azote exposé à une lumière faible ou à l'abri de l'action directe du soleil : il n'en est qu'un très petit nombre d'autres qui puissent résister à cette épreuve. Toutes , d'ailleurs , périssent dans lobscurité ; ce qui tend à prouver que^ même à la lumière diifuse , les plantes , ou du moins quelques plantes , peuvent décomposer le gaz carbonique.
2656. Les plantes se comportent dans le gaz oxide de carbone et dans le gaz hydrogène de même que dans le gaz azote : on observe seulement que , dans le gaz hydrogène , il se forme un peu de gaz oxide de carbone^ provenant de l'action de l'hydrogène sur l'acide carbonique qui se forme lui-même. Suivant M. Macaire , elles résisteraient beaucoup mieux à l'action du chlore , du gaz chlorhydrique , du gaz sulfhydrique , de la var peur nitrique et de la vapeur nitreuse , pendant le jour que
Sendant la nuit. Il assure qu'un mélange d'air et de chlore ou e gaz chlorhydrique , etc., qui ne les altère pas sous l'influence de la lumière , les flétrit dans l'obscurité. ( Journ. de Pharm. t. xix, pag. 565.)
26Sy, Influence du gaz oxigène et du gaz azote mêlés. — Voyons maintenantr ce. que deviendront les plantes d&u&'^aik
U FOEMATION XmS SUBSTANCES TÉCËTÀLSS.
mélange de gaz ozîgène et de gaz azote , ou bien dans de l'air atmosph^^rique privé d'acide carbonique. La nuit , ces plantes, dont nous supposons les tiges herbacées , absorberont une cer^ taine quantité de gaz oxigène et en convertiront une partie en gaz carbonique, à moins que leurs feuilles ne soient grasses (265o). Le jour, par le contact des rayons solaires , elles remettront sensiblement en liberté Toxigène qu'elles auront fait disparaître , et pourront végéter ainsi pendant long-temps en faisant des inspirations et des expirations successives (a65o). Si on les conservait toujours dans 1 obscurité ou à l'ombre, elles languiraient bientôt et iiuiraient par périr, en raison du gaz carbonique qui se formerait et qui ne serait pas décomposé : aussi , pour entretenir leur végétation , suffirait -il alors de pla* cer, sous les récipiens, de la potasse ou de la chaux. Le con« traire aurait lieu si ^'appareil restait exposé au soleil : là où il n'y aurait point d'alcali , la plante végéterait ; là où il y ei> aurait, elle ne tarderait point à mourir; l'alcali se carbonate^ rait ; doù il faut conclure que , dans ce cas-là même , il se formerait de l'acide carbonique par la combinaison de l'oxigëne avec les parties de cette plante 9 et qu'elle ne pourrait vivre qu'autant qu'elle l'élaborerait.
Les plantes grasses font exception , parce que leur parenchyme très épais et leur épiderme moins poreux retiennent plus obstinément le gaz carbonique qu'elles ont formé.
a658. Influence de Voir. —Il est facile de comprendre , d'à»
i>rès ce qui précède, combien doit être grande l'influence de 'air sur la végétation. Les végétaux y trouvent en abondance le gaz oxigène sans lequel ils ne pourraient exister, qu'ils \rk* spirent la nuit , et que, par l'infiuience solaire, ils expirent le jour : peut-être s'en assimilent-ils ainsi une portion (i), Ett pénétrant dans la terre jusqu'à leurs racines , ce gaz exerce sut eux une nouvelle action , nécessaire à leur vie (a65a) : partout on le voit se combiner avec le carbone et former du gaz car» bonique dans nos foyers, au sein des végétaux eux-mêmes, des animaux morts et vivans , etc. Les végétaux décomposent cel acide ; ils s'en approprient tout le carbone , rejettent une por^ tion de son oxigène \ et cette décomposition , source féconde de leur nutrition • est en même temps le moyen dont la naturt ie sert pour maintenir l'équilibre entre les élémens de l'almor sphère. Enfin, lorsque le sol dans lequel plongent leurs racines irest point assez humide, ils pompent, au moyen de leurs feuilles , la vapeur d'eau que l'air contient toujours ; et cepei»-
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KCTRITIOW BES PtATÎTEft. W
clant y dans des circonstances contraires , lorsque le sol est trop humide , ces organes servent à exhaler l'excès d'humidité.
22659. influence de Veau, — On sait de temps immémorial que l'eau est nécessaire à la végétation : non«seulement elle agit comme dissolvant, comme véhicule , mais encore en cédant aux plantes les deux principes qui la constituent. Cette dernière vérité , soupçonnée par divers physiologistes 9 n'a été prouvée que par M. Th. de Saussure. Si l'on fait végéter des plantes à l'aide de l'eau pure dans de l'air atmosphérique privé d'acide carbonique, elles n'altéreront leur atmosphère ni en pureté ni en volume^ néanmoins elles contiendront plus de matière végétale qu'auparavant , ce qui ne peut être attribué qu'aux principes de l'eau fixés. A la vérité , la différence de poids entre la matière végétale sèche après la végétation , et cette matière également sèche avant la végétation, sera très faible 5 mais c'est parce que les quantités d'oxigène et d'hydrogène ne peuvent être augmentées au-delà de certaines liaùtes dans les végétaux sans que la proportion de leur carbono ne s'accroisse en môme raison. En effet , l'on a vu précédemment (2646), 1° que sept plantes de pervenche se sont assimilé le carbone de 43 1 centimètres cubes de gaz carbonique ^ c est-à-dire, 217 milligrammes; a** qu'elles ont laissé dégager autant d'azote qu'elle ont absorbé d'oxigène. Or, elles pesaient sèches, avant l'opération, ^«'■"•jyoy, et après l'opération, î*""*,237 5 ^^^ ^^' donc augmenté leur matière végétale de 53o milligrammes; mais de ces 53o milligrammes, 217 seulement ont été fournis par le gaz carbonique \ par conséquent Îi3 doivent être attribués à l'eau fixée.
2660. Influence des engrais. — Les engrais ne contribuent pas seulement à la végétation par le gaz carbonique S'ils laissent dégager, et qui provient, soit de la réaction leurs élémens, soit de la combustion lente de leur carbone jiar l'oxigène de l'air; ils y contribuent encore en fournissant AUX plantes des sucs qu'elles peuvent s'assimiler, car on sait ^c les récoltes appauvrissent plus ou moins le sol en raison de leur nature.
Mais les plantes tirent-elles des engrais la majeure partie de leurs élémens? Voilà ce qu'il s'agit de savoir. C'est encore ii. Th. de Saussure qui va nous servir de guide dans ce que nous allons dire à cet égard. Il observe : 10 qu'ayant laissé se* ' joumer de l'eau pluviale pendant plusieurs jours sur le sol bien ^ r famé d'un jardin , il en est résulté une infusion qui ne conte*»
iê FORMATIOlff DBS SUBSTANCBS TÉGÉTALES.
solide; d^où il oonclot que, dans le cas où ce répétai ne reee- Trait pas d'autre nourriture , il n'augmenterait son poids que d'un quart de livre dans 1 état sec ^ en absorbant nrille livres d'infusion. Or , une plante annuelle , telle qu'un toumetd
3ui croissait dans ce jardin 9 pouvait acquérir, dans l'espaoi e quatre mois à dater de sa germination , un ])oids de quatre kilogrammes dans l'état vert , et d'un dcmi-kilogramnie dam l'état sec , et Haies nous apprend que la quantité d'eau aspirée et transpirée par un tournesol pendant vingt-quatre heures, est égale à la moitié du poids de ce tournesol non desséché : à donc on le pèse aux différentes époques de sa végétation , il sera possible de connaître l'absorption et la transpiration totales. C'est ce que M. Th. de Saussure a fait , et il a trouvé que ce végétal avait dû absorber et transpirer cent kilogrammes d'infusion , ce qui représente cent grammes d'extrait sec Que l'on ajoute actuellement la quantité de matière que le gaz carbonique contenu dans l'infusion aura pu céder au tournesol , quantité que M. de Saussure évalue , d'après ses propres recherches , à 1,85 grammes , et l'on sera conduit à ce résultat : savoir, que le terreau n'aura fourni que a6,85 grammes de matière nutritive, c'est-à-dire, environ la vingtième partie de ce que le tournesol s'en est assimilé.
M. de Saussure est loin de donner ces calculs comme rigoureux 'y mais il n'en prouve pas moins que les végétaux tirent k majeure partie de leur matière nutritive de l'eau et du gaz car bonique de Tair.
a66i. Influence du soL — L'influence du sol sur les végétaux n'est pas due tout entière à sa température , à l'eau et am engrais qu il contient 5 elle provient encore des sels qui entrenH dans sa composition : aussi , dans un grand nombre de lieux^ fait-on usage des cendres avec le plus grand succès. Nous qe savons pas précisément comment agissent ces sels : quelques personnes prétendent qu'ils n'agissent qu'en attirant l'humidité de l'air ; d'autres, qu'en favorisant fa putréfaction des engrais, opinion facile à réfuter ; d'autres , qu'en se combinant avec les parties des plantes ; d'autres , que comme excitans , et [ je suis de cet avis. Ce qu'il y a de certain néanmoins , c'est que les sels sont absorbés par les racines et portés dans le sein de la plante même , en dissolution dans l'eau ; que plusieurs plantes exigent pour leur accroissement des sels d'une natuice particulière , et en quantités variables : les plantes marines, par exemple , végètent mal dans un sol où.il n'y a point de sel marin ; et ce sel est nuisible au blé dans les proportions où il convient au développement des plantes marines. La pariétaire • la bourrache ^ les orties ne ^ nt bien que dans les