DES SUBSTANCES VÉGÉTALES KËUT&ES
secTioir III.
Des Substances végétales neutres ^ ou dans lesquelles fkfiir^gène et toangène sont en proporti^nsf nécessaires pout/airA l'eau (1273.)
14^7. Toutes ces substances sont solides , plus pesantes que Teau , sans odeur, sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violettes.
Aucune n^ est volatile. SoumJses à Taction du feu dans une cornue , elles se décomposent complètement y et donnent u» résidu charbonneux beaucoup plus grand que celles qui contiezment un excès d^oxigène ou d'hydrogène.
Mises en contact avec cent ou cent cinquante fois leur volume de chlore gazeux , elles se charbonnent en quelques jours , et le chlof^ passe à Tétat d'acide hydro-chlonque. *
Elles se comportent, en général ^ avec l'acide nitrique de même que le sucre (1288) : la gomme seule donne , de plus , de l'acide mùcique.
Nous ne élirons rien de leurs autres propriâés générales : elles ont été exposées précédemment (1274)*
Du Sucre.
14^8 •• Nous désignons par le nom de sucre tout corps qui , dissous <fans Veau et mis en contact avec le ferment , peut être décomposé et transformé en gaz acide oarbonicpie et en alcool. (Voyez Fermentation 5/7inmeu je. ) D'après cette définition , nous devons admettre au moins atyourd'hui quatre espèces de sucre : le premier est le sucre ordinaire , ou le sucre proprement dit ; le second est celui
ou srcîiE oudinàire. 3
t^w nou5 trouvons dans presque tous les fruits ; le troisiène , le sucre de champignons 5 et le quatrième est celui ftt'on rencontre dans lurine d'une certaine sorte de diabhes.
Du Sucre ordinaire ou de Canne* /
ï4^. Le sucre oixlinaire est connu depuis nombre ds siècles 5 maïs ce n'est que depuis la découverte de TAmé- XKpie que Ton s'en est servi comme aliment. Avant cette épùfpe , il n'était employé qu'en médecine , à cause de sa wreté. Tous les chimistes s'en^ sont successivement occupés, en sorte que Thistoire de ses propriétés ne laisse prfâquc rien a désirer.
i43o. Le sucre est solide , hlanc , d'une saveur trèsdouce; sa pesanteur spécifique est de i,6o65 , suivant Fahrenheit. Il cristallise a^sez facilement ; ses cristaux sont presque sans eau decristallisaUon.; ils prennent: le nom de sucre candi; on les obtient çn plongeant des fils dans une dissolution sirupeuse , que l'on abandonne à elle-même dans mie terrine pendant dix à quinze jours.
143 1. Soumis à l'action du feu , lesticre seboursoufflc, se décompose , et répand une odeur de caramel. Il parait inaliénble à l'air. Dissous dans le tiers de son poids d'eau, a donm lieu à un sirop qui se conserve très-bien , à la température ordinaire, dans de§ vases fermés. Etendu d'ean , ce sirop s'altère promptement , surtout par le coutact de l'atmosphère, s'aigrit et se couvre de moisissure. En 1 exposant pendant long-temp$ à une température de 60 à 80^, .il se jcolore , et la plus, grande partie du sucre qu'il contient perd, la propriété de cristalliser. Le sucre , rendu ainsi incristallisable , formerait-il une espèce nouvelle ? C'est une question qui n'.a point encore été résolue.
1432. C'est en concentrant , par l'ébullition , une dis-
4 DES ST'BSTA3S'CT.S VÉGÉTALES îiEUTnES.
solution de sucre jusqu'à ce que, projetée dans Teau, elle soit Ctipable de se prendre en masse cassante xX transparente , qu'on prépare le sucre d'orge : alors on la coule sur une table huilée •, devenue molle, on la divise et on en forme de petits cylindres.
1433. Le sucre est beaucoup moins soluble dans Tal- ■cool que dans l'eau ] l'alcool concentré n'en di8sout.qu'une très-petite quantité.
1434* Les dissolutions de suere deviennent tout à la fois incristallî sables , amères et astringentes , en s' unissant à la chauix ^ à la baryte , à la strôntiane; mais , en ajoutant unetjûahtilé convenable d'acide qui en précipite la base « elles reprennent leurs propriétés primitives. La potasse , la soude , mises en contact avec.lces dissolutions , nous offrent les mêmes phénomènes. -'
M. Daniel! a fait à cet égard des observations intéressantes qu'on trouve >^i7n. de Chîm. et de Phys. ^ t* x, p. 2T9. Ayant fait bouillir ensemble pendant une demiheure robo parties de sucre, 600 de chaux vive et i5oo d'eau , et ayant examiné la liqueur après son refroidissement , il aTu 1°. qu'elle contenait , sur 100 parties^ i6,5 de chaux et 33, a de sucre; 2°* qu'en l'évaporant lentement , elle se prenait en une masse solide ^ demi-transparente , jaune , dont l'aspect avait beaucoup de rapport avec celui de la gomme; 3^. que le sucre , dans cette masse , n'était point dénaturé; mais qu'il n'en était point de même lorsqu'on abandonnait la Uquepr à elle - même pendant quelques mois ; qu'alors il se déposait d'abord du carbonate de chaux en rhomboïdes très-aigus, et qu'ensuite le sucre s'tiltérait , et se transformait en une gelée mucilagînéuse , dont la consistance était la . même que celle de l'empois.
Plusieurs autres oxides, et particulièrement leprotoxide de plomb , ont aussi la propriété de s'unir avec le sucre.
DU SUCIIE ORDINiLlRE^ Su
En efiet , lorsqu'on fait chauffer de Teau avec du sucre et ia pioloxlde de plomb , Toxide se dissout d'abord^. mais ». an bout de quelque temps la liqueur devient opaque ,. et laisse d^K>ser une poudre blanche , légère , insipide , insoluble même dans une grande quantité d'eau bouillante , et qui 9 d'après M. Berzelius , est ime combinaison, lorsqu'elle est bien desséchée , de loa de sucre et. de i39,6 d'oxidede plomb. Les. acides les plus faibles la. décxMDposcQt et s'emparent de Toxide qu'elle contient.. (jénn. de Chimie, t. xcy , pag. Sg.)
1435. Le sucre se colore presqu'à l'instant par son contact avec Tacide sulfurique concentré , à la température 01^ dinaire ; il prend une nuance marron qui devieni beaucoup plus ioncée avec le temps , sans perdre la propriété de sedissoudre dans l'eau et sans produire d'acide sulfureux^ l^ec l'acide nitrique^ il forme de l'dcide oxalique, etc. >, et point du, tout d'acide mucique (i4i6)k.
Le sou»-acétate de plomb ne précipite pas le sucre de s% dissolution ^ et. comme il précipite au contraire presque Umtesles autres substances végétales et animales, il s'en-^ «lit ({u'on peut l'employer avec avantage pour séparer lasacre de la plupart de ces substances.
LesQcce n'a d'action sur les sels qu'à l'aide de la chaleur ; il réduit ,. par l'intermède de l'eau , l'hydro-chlorat^ d'or, les nitrates de mercure , d'argent ,.le sulfate de cuir tre, et ramène à un moindre degré d'oxigénation les oxides^ deplosieurs.autres sels. (Joum, de P/iarm.^ 1. 1, p. a4i -ï M. Vogel , à qui sont dues ces observations , a xu aussi quele phosphore attaque le sucre en un jour siins le contact de l'air, et que de son action sur ce corps résultent de l'acide phosphoreux et tme masse noire et gluante,
i436. JEtat naturel et Préparation. •— Le siicre se trooredans la tjge de toutes les plantes du genre arundo ^ dansFérable , la betterave , le navet , l'ognon ^ al en gêné-
6 DES SfBSTÀKCKS VÉGÉTALES KEL'TBES.
rai dans toutes les racines dont la saveur est douce. C'est deVarundo saccharifera ou canne à sucre, deracermo/itanum, de la betterave , qu*on Textrait.
1437. La canne à sucre se cultive dans les Indes occidentales et dans les Indes orientales. Elle peut être également cultivée dans tou& les pays chauds. La plantation de la canne se fait toigours par boutures. Dans TÂmérique, c^est depuis le mois de mars jusqu'au mois d'avril qu'on met les boutures en terre. Il faut que celle-ci soit légère et molle, sans être maigre ni trop humide. La cendre, les feuilles pouries de la canne , la lie des distillateurs , sont autant d'engrais qu'on emploie avec succès.
Les boutures ont 4 décimètres de long et sept à huit boutons ] on les couche deux par deux dans des trous qui ont 8 décimètres de largeur et 16 centimètres de profondeur ; on les couvre ensuite de 5 centimètres et demi de terre. Les trous de la même rangée sont éloignés les uns des autres d'environ 45 centimètres , et les rangées le sont entre elles d'environ un mètre. Au bout de quinze à dixhuit jours , les jeunes plantes paraissent à la surface du sol 5 bientôt elles sont environnées d'herbes de diverse nature. Ces herbes , nuisant à l'accroissement des cannes , doivent être enlevées avec soin, surtout au commencement de la plantation. Ce n'est qu'à douze mois environ que les cannes fleurissent : quatre ou cinq mois après , elles sont parfaitement mûres. Alors leur couleur est jaunâtre, leur moelle d'un gris brunâtre , et leur suc visqueux et trèsdoux. Leur grosseur et leur hauteur varient singulièrement : il en est qui ont six mètres et demi de haut , ce qui provient du climat , du terrain et de la culture : le plus communément elles n'en ont que quatre. La quantité de sucre qu'elles contiennent est aussi très-variable : on en retire depuis 6 jusqu'à i5 centièmes de leur poids.
i438. Le procédé que l'on suit pour extraire le sucre
Dr; srcnE ordiaaike. j
TTfose SUT la propriété qu^a ce corps de cristalliser fucilebcdC, tandis que ceux avec lesquels iA est mêlé sont absoiDBzwntizicristallisables. Les cannes étant parvenues à leur midirité , on les coupe par le pied , après en avoir enlevé k flèche on partie supérieure \ ensuite on les effeuille et on les porte an moulin , qui se compose principalement de trois cylindres placés horizontalement les uns à côté des autres , et mis en mouvement par des chevaux , des mulets oa des boeufs. C'est au moyen de ces cylindres qu'on a exprime le suc , en les faisant passer d'abord entre Tun des cylindres latéraux et le cylindre du milieu , puis en^re celui-ci et Tautre cylindre latéral : les cannes ainsi comprimées prennent le nom de bagasse. Le suc exprimé n*est presque composé que d'eau , de sucre cristalliçable y et de sacre incristallîsable \ on y trouve seulement en outre un peu d'albumine ou fécule verte , de gomme , de ferment , de matières salines en dissolution , et de parenchyme ou matière fibreuse en suspension \ il entre en fermentation si promptement , qu'il est nécessaire da le cuire sur-lechamp (a).
Le suc doit être mis dans une chaudière de cuivre avec vue petite quantité de chaux, et porté à l'ébullilion. Bient6t il s' j forme des écumes qui se rassemblent à la surface, el (p(m enlève avec soin ; elles proviennent de la coaguladoade la fécule contenue dans le liquide : cette fécule est même entièrement séparée par la çjsule acUon de la chaleur, quand le suc est de bonne qualité.
La liqueur concentrée par Tébulli lion jusqu'au point de narquer ^4 à 26^ à l'aréomètre , s'appelle vesou {b). Dans
(a) M. Vaiiquelm a î^it TaDalyse du suc de canue j mais quoiqiie con- ■oré par le procédé d\\ppertf ce fuc avait ^irouvé dç;i altératioua daus ta tnTcrsëe; sa partie sucrée sVtait détruite ea grande partie et «''était transformée en gomme. (^Anit, d^ Çhim, et de Phjrs, xx, qB.;
(h) Oq si» sert de quatre chaudières de diflcrçutcs graudcurs , placées
8 DES SUBSTAKCES VÉGÉTALES VEITTRÉ9.
cet état , on la verse sur des filtres formés par des claies d*osier recouvertes d'une laine. Après cela , elle doit être tenue en repos pendant six k huit heures , séparée par la décantation des matières terreuses qui se sont précipitées ', et remise dans la chaudière pour y être évaporée ]usqu^à. ce qu'elle soit réduite en consistance de sirop très-épais , ou plutôt jusqu'à ce qu'en en prenant une goutte entre le pouce et l'index e( écartant ceux-ci brusquement , il ea résulte un filet qui se rompe près du pouce et reiponte vers l'index en forme de crochet (a). Alors il faut verser ce sirop dans une bassine appelée ra/^afcAwoiV, et de là dans des caisses percées de plusieurs trous qu'on a bouchés avec des chevilles de bois entourées de paille de maïs, y inçt-quatre heures après , on l'agite avec un mouveron , afin de faciliter la cfistallisation qui est àé^k commencée , et qui, par ce moyen, s'achève en cinq à six heures; puis en débouchant les trous , l'on donne issue au sirop , qui a conservé sa fluidité. Aussitôt qu'il est écoulé , le sucre resté dans la caisse est exposé à l'air pour le priver de l'humidité qu'il relient toujours , et renfermé ensuite dans des barriques bien sèches. C'est en cet état qu'on nous l'envoie sous les noms de cassonade , moscouade , ou de sucre brut. Quant au sirop écoulé , il est reversé dans une chaudière , évaporé de nouveau , et soumis à des cristallisations successives , jusqu'à ce qu'on ne puisse plus obtenir de sucre : on le vend à cette époque sous le nom de mélasse*
fur le même fourneau. On commenee Tévaporation dans la plus grande >
S ni est la plus éloignée du foyer; Ton fait passer successivement le suc dans lacune d^elles : la concentration du sirop s^achève dans la plus petite , qui est immédiatement au-dessus de l'endroit où on fait le feu.
{a) Lorsque la liqueur a acquis cette consistance > eHe marque an thermomètre 1 10 degrés : aussi peut-on se servir du thermomètre pour reconnaître le degré de caisson du sirop.
DU SVCRB OIIDI9AIRE. ()
Le sacre aiusi préparé^ contenant encore beaucoup de vuiières étrangères, a besoin d'être raffiné. Pour cela, fsfrès le procédé suivi jusque dans ces derniers temps , il iaol le Fondre dans une certaine quantité d'eau , y ajouter nnpea d'eaa de cbanx et de sang de bœuf, et le chauffer peu i peu , jusqu'à ce qu'il entre en ébullition : Talbunine du sang , en se coagulant , saisit toutes les matières étrangères insolubles , et forme une écume cpi'il est facile de séparer. Ensuite on laisse refroidir la liqueur jusqu'à vn certain degré : on y ajoute une nouvelle quantité de uog, et on la clarifie successivement jusqu'à trois fois. Dès qa^dle est clarifiée , elle doit être filtrée à travers uue étoffe de laiue , évaporée en consistance de sirop trèsépais, conttne nous l'avons dit précédemment^ et enGu versée dans un rafraichissoir , ou on l'agite pendant quelque temps. Ramenée à la température de 4^^ , on en rt-mplit des formes coniques percées à leur sommet d'un trou que l'on dent bouché avec une cheville : ces formes , qui soot renTersées , reposent sur des pots destinés à rc-* cevoir le sirop non cristallisé. Le refroidissement déter^ mine bientôt la cristallisation du sucre : à cette époque , «a dâwuche le trou des formes , et le sirop s'écoule , après quoi ïon procède au ierrage.
Cette opération se fait en enlevant à la base des cônes nue couche d'environ 27 millimètres de sucre , la remplaont par une autre de même épaisseur de sucre blanc réduit en pondre , et la recouvrant de terre blanche argileuse , délayée dans l'eau. Cette eau filtre à travers le sucre , rend le sirop qull contient plus fluide et l' entraine (a).
(«) ku lîeo de terrer le sucre , comme nous venons de le dire , on pour-. r«it verser dessus du sirop de sucre blanc ; Teflet serait le même , puis^ ^ue Peau ta quittant l'ar{;ile , dissout le sucre appliqué à la base du paiu i^ etduoociicu à un ycrilablc sirop.
10 DES SITBSTÀKCES TÉGÉTALJES HEUTRES.
Un seul terrage ne suf&t pas : il faut en faire jusqu^à quatre, ce qui exige ordinaîremem trente-deux jours. Par conséquent, au bout de huit jours , il faut enlever la première couche d'argile dont la consistance est celle d*une pâte ferme, recouvrir de nouveau sucre pulvérisé la base du pain et verser dessus d'autre argile délayée. Il ne reste plus qu'à enlever les pains de leurs moules , et qu'à les laisser à l'étuve pen(ïant un à deux mois pour les sécher et les raiOTermir (a).
Examinons maintenant quelle peut être l'action de la chaux dans l'extraction du sucre. M. Daniell , dans le Mémoire déjà cité , pense qu'elle rend la matière colorante plus soluble , et qu'elle facilite de cette manière la cristallisation et la purification du sucre pendant le teft^age. Pour moi , je crois qu'elle a pour ol\jet de rendre les écumes plus fermes et de contribuer à leur séparation ; elle s'unit à l'albumine et forme avec celle-ci un composé qui se rassemble mieux que ne le ferait l'albumine seule. Je serais même porté à croire qu'il y aurait des inconvéuiens à ce qu'il en restât dans la liqueur après la coagulation des écumes. On ne court pas cette chance dans le raffinage y puisque la chaux qu'on emploie en dissolution se retrouve toute entière dans les écumes ; mais*il n'en est point ainsi dans le traitement du jus de cannes. Là , le bouilleur l'ajoute en poudre et ordinairement sans la peser. U s'ensuit qu'il en reste dans les sucres bruts , et c'est à sa présence qu'il faut attribuer, d'après la remarque de M. Daniell , la propriété qu'ont ces sucres de s'altérer avec le temps : une partie se convertit probablement en matière mucilagineuse.
(n) Le raflermUscment du sucre provient non-seulement de la vaporisa tioa d^une certaine quantité d*cau , mais encore de la cristullî^iatiou dft quelques parties qui sont encore liquides.
DU SVCTkZ OnpiNÀIHÏ. n
D'împortans changemens se préparent actuellement : ûD cherche à introduire dans nos colonies Tusage du cfcârbon, et du sang transporté d^Europe après sa dessiceation.Les résultats obtenus à cet égard sous la direction de M. Charles Derosnes paraissent extrêmement avantageux : le nouTcau procédé serait le même que celui qu^on suit en Fnnce pour Textraction du sucre de betterave. On sait d'aiUenrs que nos rafBneurs de sucre se servent depuis quel<pes années, avefc beaucoup de succès, du charbon animal dans le raffinage du sucre de canne , et qu'ils remploient de même que dans le raffinage du sucre de betteraves proprement dit.
Nous devons aussi faire mention des améliorations ap« portéfô par Howard à l'extraction du sucre. Considérant ({ne, dans la cuisson du sirop, une portion de la matière sucrée se transformait en mélasse , et que cet eflet n^avait pas lieu à une température de 4o à 5o^, il a conçu Tidée d'évaporer dans le vide, où 1 ebuUition se détermine bien plus tôt que sous la pression de Tair ] ses essais ont réussi , et maintenant plusieurs fabricans anglais suivent ce mode ffopCTer. Ç^nnales de Chimie et de Physique , tom. ii , p.3n3.) .
1439. Ejrtraction du sucre de betteraye. — C'est à Maigraff que nous devons la découverte du sucre de betterave; mais c'est M. Achard de Berlin qui, le premier, est parvenu à l'extraire en grand.
Les procédés ont été répétés soigneusement , surtout en France. Ils ont éprouvé successivement un grand nombre de modifications. Enfin , après beaucoup d'essais , Ton a vu que ce qu'il y avait de mieux à faire était de traiter le jus de betterave par la chaux , puis par le charbon, et de concentrer assez la liqueur clarifiée par le sang pour qu'elle cristallisât par le refroidissement. Entrons à cet égard dans quelques détails.
12 DES SUBSTANCES VÉGÉTALES KELTnES.
• Nous prendrons pour guide de ce que nous allons direla description de M. ChaptaL ( Chimie appliquée à Vyi,griculture,)
Après avoir arraché les betteraves , on en coupe le collet^ rextrëmité de la racine et les radicules^ on les lave, on les râpç pour les réduire en pulpe , et on les presse , afin d^en extraire le jus. Ce jus ressemble beaucoup^ par sa composition , à celui de canne. Comme lui , il contient de TeaUy du sucre cristallisable , du sucre incristallisable , de Talbumine , du ferment , quelques sels (a) , du parenchyme^ et en outre un peu diacide malique ou acétique $ , il n^en diffère essentiellement que par ime moins grande quantité de sucre : aussi n^en relire-t-on que deux à trois centièmes au plus des betteraves les plus sucrées.
Dès que le suc de betterave est extrait , il faut le mettre dans une chaudière de cuivre , munie de deux robinets ^ dont Tun est placé tout près du fond et Vautre à quelques pouces au-dessus, en élever la température jusqu'à 8o*" environ , y verser, pour chaque litre de suc ^^un lait de chaux fait avec a^'-^ de chaux vive , et i8 grammes d'eau , et agiter la liqueur pendant quelques minutes. Lorsqu'elle est à loo^ sans entrer en ébullition, on éteint le feu ea jetant un seau d'eau dans le foyer. Il se forme alors une écume solide , épaisse , d'un gris verdàtre , et un dépôt plus ou moins considérable. Le suc se clarifie,. prend une •l^ère teinte jaune, et lorsqu'il est devenu très^limpide , ce qui n'a lieu que dans l'espace d'une heure , on enlève soigneusement avec ime écumoire les écumes , qu'on jette dans un baquet pour les exprimer : après quoi la liqueur est tirée à clair en ouvrant successivement les deux robinets , et le i^ésidu trouble est réuni aux écumes^
Le suc , traité comme il vient d'être dit , passe directe-
(<r) Lcfl sels yarient en raison du terrain et de Teogr^*
BU ^t'CRK OI^DINATRE. l3
tnenldans une cliandière placée au-dessous delà première^ y H est évaporé à grand feu ^ aussitôt quMl marque 5 kô'^ , 00 commence à y jeter da charbon animal , etFon continue d^en sgouter en augmentant la dose peu à peu , jusqu'à ce qu'on ait atteint 20^ de concentration. Le charbon ainsi employé équirant aux quatre centièmes du suc.
L'ebuUitîoi^doit être soutenue jusqu'à ce que le sirop houillant soit à 27 ou 28^ de Taréomètre de Baume. On le filtre alors au travers d*un panier d'osier garni intérîenremezit d^nn sac de toile que Ton charge au besoin de poids dé fonte, pour faciliter récoulement du sirop (a).
L'une des conditions les plus indispensables à remplir est de cuire le sirop rapidement. C'est pourquoi il convient d'employer des chaudières larges et plates , de ne chauffer qoe des conclics de liquide peu épaisses , et de faire en sorte que Fébullition ait lieu à la fois sur toute la masse au liquide. Une longue évaporation donne lieu à beaucoup de mélasse. D'ailleurs, les signes qui servent à reconnaître la cuisson du sirop sont les mêmes que ceux dont nous avons parlé en traitant du sucre de canne.
Le sirop étant suffisatfiment cuit , on le verse dans un nlmclûssoir. Liorsqu'il ne marquo plus qu'environ 4^^ aa thermomètre , on le coule dans de grandes formes coniques en terre ou en Lois*, légèrement humectées y percées à leur sommet d'un trou qu'on tient bouché avec une cheville y et placées sur des pots de grandeur convenable. La cristallisation s'opère en moins de trois' jours; on fait . écouler le sirop , et on raffine le sucre comme celui de canne*(i438.).
L'on procède au raffiuage du sucre de la manière suivante :
(a) M. Gbaptal ne se sert pas de sang^or la clarification : il nous ■nnble pourtant qae raddîtion d*ane quantité convenable de sang ne pourrait qa^être fort utile : aussi cette méthode est-elle adoptée dans la plupart des fabriques.
. l4 t)ES SCBSTÀNCES VécÉTiLES JNEUTREâ.
Le sucre l^nU est dissous dans une lelle quantité d^eau de chaux que la dissolution, marque 82 degrés au pèseliqueur ; on la fait chaufler dans upae chaudière. Parvenue k la température de 65^, on la mêle avec près de quatrç pour cent de charbon animal ] puis on la fait bouillir pendant une heure , et on la passe toule bouillante à travers un tissu de gros drap , pour séparer le charbon ; elle 8e refroidit, et quand elle n'indique plus que 4o° de chaleur, on y .;\joute, pour 4oo kilogrammes de sucre, ^o
^ blancs d'œufs délayés et fouettés dans quelques litres d'eau ou une quantité de sang équivalente. Il faut ensuite la porter au bouillon et éteindre le feu ; les écumes se forment bien; on les enlève après trois quarts d'heure de repos ] on passe le sirop à la chaussa, et Ton procède à la cvite comme nous l'avons dit au sijyet du sucre de canne« ( Vojez , pour .plus de détails , la Chimie appliquée à V Agriculture, par M. Chaptal, j ouvrage dans lequel ce
" chimiste traite, non- seulement de la fabrication et du raffinage du sucre, mais encore de la culture de la betterave , du choix de la graine, du terrain , de la préparation de celui-ci , de la manière de semer , etc. 5 etc. , etc.
1439 bis. Composition. -7-^ sucre est composé :
Soivant MM. Gay -Lussac et The- Suivanl M. Berzelîitf.
nard. [Rech, phjrs.^chim,)
en poids. .Mp«î4l;
de Carbone 4^;47 de Carbone • ,44;^^P
Oiigène • 5o,6o Oxia;éne ^c^^oiS
Hydrogène 6,90 Hydrogène iy,'jSS
i00;OO 100,000
' CB Tolunc
OU de Carbone i^A7 de vapeur de carbone......^ la
Oxigéne et hydro-^ Oaigène 10
gène dans le* pro- ^ ^^^ ^o Hy(}rogène 21
portions res pour faire
t hydro-^
necessai- 1 ' ' lire 1 eau J