‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 111 sur 182 · i3 l5, TO · texte numérisé non relu

i3 l5, TO

Vin de groseilles à maquereau.

Vin d’oranges fait h Londres.

Tokay* • • . .

Vin de baies <le sureau (Flder

Wine)'

Cidre , le plus spiritueux >••• Idem, le moins spiritueux • •

Poiré .

Hydromel.. .

Aile de Burton (bière) .

Aile d’Edinburgh .

Aile de Dorchester .

Moyenne .

Bière forte , brune ( brown

stout ). .

Porter de Londres .

Petite bière de Londres .

Eau-de-vie . . • •

Rhum .

Genièvre (Gin) • • . .

Whiskey d’Ecosse (ean-de-

vie de grains). .

Whiskey d'Irlande* • * * .

De la Fermentation acicle .

\rjf\ri. Lorsqu’on expose une liqueur vineuse à l’air , à une température de 10 à 3o°, elle cède une portion de son earbone au gaz oxigène de ce fluide, et de là résultent du gaz carbonique et un faible dégagement de calorique } en meme temps elle se trouble ; il s’y forme une foule de fïlaniens qui s’agitent , se meuvent en tous sens , et finissent par se déposer en une masse semblable , pour la consistance, à de la bouillie. A cette époque , l’alcool qu’elle contient est décomposé; elle redevient transparente x ci se trouve changée en vinaigre : on dit alors qu’elle a éprouvé la fermentation acide , Celte fermentation consiste donc

DE Là FERMENTATION ACIDE.

dans la transformation spontanée des liqueurs vineuses en liqueurs acides, qui doivent leur acidité à l’acide acétique* Comment cet acide se forme-t-il ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre complètement. On sait que les liqueurs vineuses qui contiennent le plus d’alcool sont celles qui donnent le vinaigre le plus fort : or , comme l’alcool est décomposé ^ ce doit être principalement aux dépens de ses principes que se forme l’acide acétique. On est d’abord porté à croire que l’alcool passe à l’état d’acide acétique , en cédant une portion de son hydrogène et de son carbone au gaz oxigène de l’air • mais M. Théodore de Saussure nous assure que le volume du gaz carbonique formé est le meme que celui du gaz oxigène absorbé ; c’està-dire , que celui-ci s’unit entièrement au carbone. ( Recherches sur la Végétation , pag. 9. ) Il faut donc, en admettant ce résultat , renoncer à cette explication , et croire que l’excès d’hydrogène de l’alcool se porte sur d’autres corps.

I743* Quoi qu’il en soit, 011 sait d’ailleurs, i°. que l’alcool pur ou étendu d’eau ne devient jamais acide par lui-même; 20. qu’il le devient, au contraire, lorsque, convenablement affaibli , on le mêle avec de la levure. Suivant M. Chaptal , un litre d’eau-de-vie à 120, dans laquelle on délaie avec soin i5 grammes de levure et un peu d’empois , produit du vinaigre extrêmement fort, qui commence à se développer le cinquième jour de l’expérience : même quantité de levure et d'amidon délayés dans l’eau en produit aussi , mais plus lentement et de moins fort que par leur mélange avec l’esprit-de-vin. ( Art de faire le vin , p. 266.) 3°. On sait également que les vins vieux, dont toute la matière végéto-animale s’est précipitée avec le témps , n'éprouvent que difficilement la fermentation acide. L’auteur de l’Art de faire le vin nous assure encore qu’ils ne deviennent meme nullement aigres ; qu’ils perdent seule-

4$4 Bï LA rSHMEKTÂTIOÎÎ,

ment leur couleur, acquièrent un goût acerbe , et ne reçoit-» vrent la propriété de fermenter qu’en y faisant digérer des ceps , des feuilles de vigne, de la grappe de raisin , de la levure, etc. ( Art de faire le vin , pag. 264 ; et Ann» de Chimie , tom. xxxvi, pag. 246.) 4°- Enfin l’on sait qu’en mêlant avec du sucre l’eau dans laquelle le gluten de froment a fermenté, le liquide se convertit en vinaigre , sans le contact de l’air et sans apparence de fermentation ; que le moût de bière qui ne contient point une certaine quantité du principe amer du houblon devient acide en quelques jours , dans des vaisseaux parfaitement fermés ; que la bière et le cidre finissent par s’aigrir également dans des vaisseaux qui n’ont pas le contact de l’air.

De ce qui précède, l’on doit conclure que le ferment ou des matières analogues jouent un rôle important et encore inconnu dans la conversion du vin en vinaigre. Disons maintenant comment on peut se procurer cette liqueur acide.

Dans les pays vignobles , on le fait avec le vin ; dans quelques pays du Nord , avec la bière. Dans tous les cas * c’est en exposant ces liquides a l’air qu’on les acidifie 5 mais la manière de procéder n’est point la même par-tout : nous ne pailerons que de celle que l’on suit à Orléans , dont les vinaigres sont très-renommés , et nous en parlerons d’après MM. Prozet et Parmentier.

1 744. Les tonneaux que Ton emploie contiennent à-peuprès 4oo litres *, ceux qui ont déjà servi à la fabrication du vinaigre sont préférés : on les appelle mères de vinaigre. Tons présentent à la partie supérieure une ou'verture de 54 millimètres de diamètre, qu’on ne bouche jamais : on les place ordinairement sur trois rangs , les uns sur les autres , dans un atelier oû l’on ne fait point de feu en été , mais où, dans l’hiver, l’on en fait de manière à porter la

température à 18 ou 20°. On verse d'abord dans chaque mère 100 litres de bon vinaigre bouillant; huit jôurs après, on y verse 10 litres de vin soutiré à clair (a); huit autres jours après, l’on y en verse encore 10 litiges , et ainsi de su'te, jusqu’à ce que les tonneaux soient pleins. A dater de cette époque , le vinaigre se fait en quinze jours : toutefois , au bout de ce temps , on n’en retire que la moitié de chaque mère , et dans chacune d’elles on ajoute de nouveau 10 litres de vin tous les huit jours , comme nous l’avons dit d*abord. Cependant il arrive quelquefois que la quantité de vin ajoutée est plus ou moins grande et que les intervalles diffèrent de ceux que nous venons d’indiquer. Tout cela dépend de la marche de la fermentation. Pour la connaître, les vinaigriers plongent une douve dans les tonneaux ; ils la jugent très-active lorsque cette douve se charge de beaucoup d’écume ou de fleur de vinaigre : c’est alors qu’ils mêlent avec celui-ci une plus grande quantité de vin.

Il existe dans le commerce deux sortes de vinaigre : le blanc , qui est fait avec le vin blanc ou le vin rouge aigri sur du marc de raisins blancs: et le rouge, qui provient de l'acidification du vin rouge. Celui-ci , passé à plusieurs reprises sur le charbon animal, ne larde point à perdre sa couleur, et même à devenir plus limpide que le vinaigre blanc du commerce. M. Figuier a fait à cet égard des expériences intéressantes qu’on trouve Ann . de Chimie 9 tom. lxxix, pag. 71.

On clarifie aisément le vinaigre , sans lui faire perdre son arôme, en jetant, dans 2.5 à 3o litres de ce liquide, environ un verre de lait bouillant , et agitant le mélange. Cette opération rend paillé celui qui est rouge ; le dépôt qui se forme est facile à séparer.

(a) Ce vin est conserve' dans des tonneaux où se trouve wtae couche de •opeaux de heue sur lesquels la lie se dépose et s'attacha.

4g6 ï) 15 LA FERMENTATION.

M. Cadet-Gassiconrt, qui a fait beaucoup de recherches sur le vinaigre , à trouvé que par-tout on pouvait en faire d’assez bon en mêlant ensemble 124 parties de sucre, 868 d’eau , 80 de levure de bière ou de levain de boulanger, les exposant à l’air et les filtrant au bout d’un mois. D’après lui , les vinaigres de qualité supérieure que certains marchands vendent à un haut prix, ne sont que des vinaigres ordinaires auxquels on ajoute une certaine quantité d’acide acétique et d’aicooî : par exemple , pour convertir 1 kilog. de vinaigre d Orléans en cette sorte de vinaigre , il faut y ajouter 04 à 85 grammes d’acide acétique et environ 16 grammes d’alcool. ( Ann . de Chimie , tom. lxii , p. 2/[8. )

1745- Les principaux usages du vinaigre sont généralement connus. Tout le monde sait qu’il entre dans la préparation d’une foule de mets, et qu’on l’aromatise pour quelques-uns d’entre eux avec le citron, l’estragon, le thym, le romarin , etc. ; on s’en sert pour la conservation des viandes, des fruits et des légumes; c’est l’un des ingrédiéns de l’art du parfumeur; il est souvent ordonné en médecine, associé ordinairement à d’autres corps ; les fabricans d’acétate de plomb, de blanc de plomb en consomment des quantités considérables. ( Voyez , pour plus de détails, V Art défaire le vin , par Ml Chaptal. )

De la Fermentation putride.

1 746- Tout le monde sait que les végétaux et les animaux soustraits à l’influence de la vie, s’altèrent peu à peu, laissent dégager de leur sein des matières souvent dangereuses à respirer et d’une odeur désagréable, pet dent leur forme, et finissent même par se consumer ou disparaître entièrement : c’est celte sorle de décomposition , dont ne sont point susceptibles les minéraux, qu’on appelle fermentation putride ou putréfaction. Les plantes dont le tissu est

toujours lâche réprouvent plus promptement que celles dont Te tissu est serré; et les animaux en sont bien plus vite atteints que les plantes elles-mêmes. Aucuns ne l’éprouvent toutefois sans être soumis à une certaine température, et sans être en contact avec l’eau. En effet, les viandes bien enfumées , les légumes secs , se conservent indéfiniment , et il est probable que le sel et i’esprit-de vin ne les empêchent de se putréfier que parce qu’ils s’emparent surtout de leur humidité. Personne n’ignore que les chairs, qui, dans l’été, se corrompent du jour au lendemain , se gardent très-long-temps en hiver. Combien de cadavres sains , absolumeut intacts, na t-on point retirés de la neige où ils étaient ensevelis depuis plusieurs mois , peut-être même depuis plusieurs années ! aussi profite-t-on des rigueurs de la saison pour les dissections, et la police s’oppose-t-elle à ce qu’il en soit faites par un temps trop chaud.

L’eau agit sans doute en ramollissant les fibres , en détruisant leur cohésion et en tendant à s’unir avec quelques produits de la putréfaction. Il n’est pas probable qu’elle se décompose , cai il paraît qu’il s’en forme au contraire une certaine quantité. Quant à la chaleur , elle agit évidemment en diminuant l’attraction des molécules unies , et les mettant dans le cas de se dissocier ou de se combiner différemment : ü ne faut pas qu’elle soit trop grande, elle vaporiserait l’eau , et alors , loin de favoriser la pu» réfaction , elle l’einpêcherait d’avoir lieu ; la plus convenable est de i5 à 35e : au-dessous de zéro 9 terme où l’eau est toujours congelée, il n’y a plus de décomposition putride.

L’air a une influence marquée sur la fermentation putride; stagnant, il contribue à la développer , en cédant une portion de son oxigène au carbone et à l’hydrogène du corps qui doit l’éprouver ; libre et à l’état de courant , il la retarde s’il sc trouve immédiatement en contact avec

ni.

DE IA FERMENTATIOir.

ce corps, probablement parce qu’il tend à le dessécher, e£ à emporter les germes putrides qui se forment.

i^47* Les causes de la fermentation étant connues , nous allons en rechercher les produits 5 nous ne parlerons maintenant que de ceux qui proviennent des végétaux : il ne sera question des autres que dans l’histoire de la chimie animale.

Lorsque les végétaux sont imprégnés d’humidité et qu’ils ont le contact de l’air , ou bien lorsqu’ils sont recouverts d’eau aérée, il s’en dégage peu à peu du gaz carbonique , du gaz hydrogène carboné , du gaz azote • il se forme en outre de l’eau , de l’acide acétique, peut-être de l’huile, et enfin une substance noire dans laquelle le charbon prédomine. Les produits auxquels ils donnent lieu dans clés vases purgés d’air n’ont point encore été bien examinés : ils doivent être plus ou moins analogues aux précédens.

Cependant, d’après les observations récentes de M. de Saussure, les gaz qui se dégageraient alors consisteraient le plus souvent en hydrogène pur ou presque pur, et en gaz carbonique, dans le rapport d’environ 1 à 4 en volume. Le gluten frais produirait lui-même de semblables résultats , remarque que M. Proust a faite aussi de son côté , et par suite de laquelle il a mis en question si cet hydrogène ne proviendrait pas delà décomposition de l’eau. ( Annales de Chimie et de Physique , tom. x, p. 315 et tom. xr,

(a) M. Th. de Saussure a fait encore, sur Ja fermentation putride, d’autres remarques cjui méritent d’ètre citées. Suivant lui, le bois qui se décompose par la seule influence de l’eau, blanchit au lieu de noircir, et contient alors moins de carbone que celui dont la décomposition a lieu tout à la fois par l’influence de l’eau et de l’air.

Suivant lui aussi , l’action de l’oxigène de l’air se borne à enlever du carbone au bois, de sorte que l’eau qui se forme provient de l’union de i’oxigène et de l’hydrogène de ce végétal • il se produit proportionnellement plus d’eau que d’acide, et c’est pur cette raison que le bois noircit.

DE LA FER JÎENÎATIOH PUTRIDE. qgg

Ce ne sont point lous les matériaux immédiats des végétaux qui concourent à la formation de ces divers produits. En effet, ceux dans lesquels l’hydrogène et le charbon dominent, tels que les huiles, les résines, l’alcool, ne peuvent éprouver la fermentation putride : ceux qui sont très-oxigénés, tels que les acides, ne l’éprouvent que difficilement 5 les seuls qui l’éprouvent plus ou moins bien sont ceux qui contiennent l’oxigène et l’hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire l’eau , et surtout ceux qui , contenant de l’azote , se rapprochent par cela même de la nature des matières animales : aussi le propre de la fermentation putride est-il de transformer , comme nous venons de le voir, les corps sur lesquels elle s’exerce , en d’autres , les uns très-oxigénés et les autres trèshydrogénés et très-carbonés. Cependant plusieurs d’entre eux passent quelquefois par des états intermédiaires sous lesquels iis restent long-temps : par exemple, ils se recouvrent d’une sorte de moisissure dont la nature et les propriétés ont été à peine étudiées.

1 748. La fermentation putride dont sont susceptibles les matières organiques nous permet de concevoir la formation du terreau , de la tourbe , du lignite , et , jusqu’à un certain point, celle de la houille et des bitumes.

i^49- Terreau. — Le terreau, engrais si excellent, n’est autre chose que la matière noire qui reste après la putréfaction plus ou moins avancée des substances organiques exposées au contact de l’air. Th. de Saussure et Einhofï en ont étudié les propriétés. ( Recherch . sur la T égétation , p. 162 5 Gehlen , Jour, vr, p. 3^3.) Il résulte principalement des recherches de Th. de Saussure que l’eau et l’alcool ne dissolvent qu’une très-petite quantité de la matière du terreau ; que les alcalis la dissolvent complètement- que les acides n’ont que peu d’action sur lui j et que , à

T> E LA FERMEK T A T I O N.

poids égaux, il contient plus de carbone et d’azote , et moins d’hydrogène et d’oxigène que les végétaux qui 3* fournissent. De 10^614 de terreau de bois de chêne, et de quantité égale de bois de chêne soumis à la distillation ^ il a retiré , savoir :

du terreau, du bois de chêne.

centimètres cubes.

Gaz hydrogène carboné .

Acide carbonique. . . . . . .

Eau cont. un peu d’huile, d’acét.

ou de carbonate d’ammoniaq.

Huile empyreuma tique .

Charbon . .

Cendres .

grammes.

in5o. Tourbe. — La tourbe est un cohihustible spongieux, léger et noirâtre, formé de végétaux entrelacés, en partie décomposés, souvent reconnaissables et toujours mêlés de terre : aussi fournit-elle en brûlant beaucoup de cendres. C’est au sein des eaux stagnantes qu’elle prend naissance, ïl semble que toutes les plantes et toutes les parties des plantes qui croissent et se trouvent enfoncées dans ces eaux devraient concourir à sa formation. Cependant il existe des marais remplis de végétaux aquatiques qui ne deviennent jamais tourbeux. De là quelques naturalistes ont pensé que la formation de la tourbe était due à la présence de quelques espèces de, plantes particulières \ mais l’observation n’a point confirmé cette opinion. On n’est point d’accord sur le temps nécessaire à la formation de la tourbe : les uns admettent qu’elle se forme en trente ans , d’autres en cent. M. Yan-Marum rapporte qu’il a vu une couche de tourbe de i5 décimètres se former

(a) I! y avait moins d’ammoniaque dans ces 4sranS‘^5 que dans les grammes»

T5 E LÀ FERMENTATION PUTRIDE. 5oï

an fond d’un bassin de son jardin en cinq ans. Dans ce bassin se trouvait le confeiva rivularis , plante à laquelle il attribue ce phénomène. Tout cela peut être- la nature des plantes, leur immersion pins ou moins prompte, le degré de chaleur, la profondeur de Beau, sont autant de circonstances qui doivent faire varier le temps nécessaire pour la formation de la tourbe.

1 7 5 1 . Nous ne citerons point toutes les tourbières exploitées • nous nous contenterons de nommer les plus remarquables 5 savoir : celles de Hollande, qui sont si étendues, d'Ecosse, de Westphalie , d’HanoVre, et celles de France : ces dernières se trouvent principalement dans la vallée de la „ Somme , entre Amiens et Abbeville ; dans les environs de Beauvais -, sur la rivière d’Essonne, entre Corbeille et Villcroi ; dans les environs de Dieuze , département de la Meurthe.

175a. On trouve nombre de corps au milieu de la tourbe : i°. de petites couches d’argile, de sable, de craie , transportées par les «Buvions; 20. des amas considérables de coquilles fluviatiles ; 3°. quelquefois des troncs d’arbres et des arbres entiers parfaitement conservés, et couchés dans le même sens auprès de leurs souches , qui sont toutes coupées à la même hauteur , et qui présentent souvent l’empreinte de la hache; 4°. des débris d’animaux, des bois de cerfs , des squelettes de bœufs ; 5°. enfin des armes , des outils de bûcheron, des bois de construction, des chaussées, etc. {Voyez, pour plus de détails, les ouvrages d’histoire naturelle. )

1753. Lignite. — On désigne, en minéralogie, parle nom de lignite , un corps solide et opaque, dont la cou-

leur varie depuis le noir foncé et brillant jusqu’au brun terreux, dont la cassure est compacte, souvent résiniforme ou conchoïde , et dont le tissu est presque toujours le même que celui du bois. En brûlant , il ne se b ours ouille

ni ne se colle point comme la houille , ni ne coule comme les bitumes solides ; il répand une odeur âcre , fétide,, et sa flamme est assez claire. Par la distillation , on en retire une liqueur acide.

On distingue plusieurs variétés de lignite.

i°. Le lignite jayet. il est compacte , d’un noir pur, susceptible d?un beau poli : on s’en sert pour faire des bijoux de deuil.

2°. Le lignite friable. Il est d’un noir assez vif-, son caractère distinctif consiste dans sa grande friabilité et la propriété qu’ont ses masses de se diviser facilement en un grand nombre de pièces cubiques : on reconnaît encore quelquefois le tissu des végétaux qui l’ont formé; on l’emploie comme combustible dans les manufactures et la cuisson de la chaux.

3°. Le lignite fibreux. Sa couleur varie du brun noirâtre clair au brun de girolle. Sa forme et sa texture sont les memes que celles du bois : aussi sa cassure longitudinale est- elle fibreuse , et reconnaît-on ^ dans sa cassure transversale , les couches annuelles du bois.

4°. Enfin le lignite terreux. Il a pour caractère particulier d’être noir ou d’un brun noirâtre , mêlé de roussâtre ; d’avoir une cassure et un aspect terreux , â grain fin ; d’être tendre , friable , assez doux au toucher , presque aussi léger que l’eau , etc. C’est ce lignite qu’on appelle vulgairement terre de Cologne. Il a plusieurs usages : on s’en sert , dans les environs de Cologne, comme combustible , et la cendre qu’il donne, et qui fait environ la cinquième partie de son poids , est regardée comme un excellent engrais. Ce lignite est aussi employé dans la peinture en détrempe, et même dans la peinture à l’huile : quelquefois on en ajoute au tabac pour lui donner de la finesse et du moelleux.

iyS/f. Le lignite parait provenir de la décomposition

BE LA FERMENTATION PUTRIDE. 5o3

du bois , et se trouve dans un grand nombre de pays : on le rencontre toujours sous forme de couches plus ou moias considérables. Les trois premières variétés existent en France ; savoir : la première , dans la Provence, à Belestat dans les Pyrénées, dans le département de l’Aude , etc. , en morceaux , dont les plus gros sont de 25 kilogrammes; la seconde , dans le département de Vaucluse - la troisième, dans File de Chatou , près de Saint-Germain, dans le dé-> parlement deFArriège , etc. Quant à la quatrième , on la trouve aux environs de Cologne.

1 7 55. Houille. — La houille ou charbon de terre est solide, opaque, noire, plus ou moins brillante , insipide, friable quelquefois, jamais assez tendre pour être rayée par l’ongle, d’une pesanteur spécifique moyenne de i,3. On ne la trouve jamais cristallisée 5 elle se rencontre toujours en masses, qui sont souvent susceptibles de division en parallélipipèdes assez réguliers , et dont la surface a quel-? quefois des couleurs très-diverses et très-variées.

La houille brûle avec assez de facilité : sa flamme est blanche • la fumée qu’elle répand est noire , et l’odeur qui s’en dégage n’a rien de piquant.

Parla distillation, on en relire beaucoup d’huile erapyreumatique , beaucoup de gaz hydrogène carboné , de l’ammoniaque , et un charbon volumineux appelé coack . La meilleure laisse après la combustion au moins 3 pour 100 de résidu.

J'jdG. On distingue plusieurs variétés de houille : i°. La houille grasse , remarquable par sa légèreté , sa friabilité , sa grande combustibilité , et surtout parce qu’elle produit une flamme blanche et longue , qu’elle se gonfle et qu’elle s’agglutine facilement , propriétés qu’elle doit à la grande quantité de matière huileuse qu’elle renferme : telle est celle de Valenciennes , de Mous , du Crçuzot , du Forez.

DE tA FERMENTATION.

2°. La houille compacte . Cette houille, quoique eom^ pacte est fort légère; elle est d’un noir un peu grisâtre eS terne ; sa cassure est tantôt conchoïde et tantôt droite; on la taille et on la polit assez facilement ; elle brûle très-bien ; sa flamme est brillante , et le résidu qu’elle laisse peu considérable : telle est la houille du Lancashire.

3°. La houille sèche. Celle-ci est d’un noir qui tire sur le gris-de-fer ; elle est beaucoup plus lourde et plus solide que la précédente; elle brûle sans se gonÜer, sans s’agglutiner, avec une flamme bleue, et en répandant une forte odeur de gaz sulfureux; le résidu qu’elle laisse après sa combustion est considérable , parce qu’elle contient beaucou de pyrite : telle est particulièrement celle d’Aix, de Toulon.

La France, l’Angleterre, l’Allemagne ^ le Brabant, sont très-riches en houillères.

1757. Plusieurs géologistes regardent la houille comme provenant de la décomposition de cette grande quantité de corps organisés enfouis dans le sein de la terre ; mais d’autres objectent à cette opinion , i°. qu’on trouve souvent , an milieu des couches de houille, des végétaux à peine décomposés; 2°. qu’il n’est pas démontré que les corps organisés donnent des bitumes dans leur décomposition spontanée : d’où l’on doit conclure que nous ignorons encore l’origine de cette sorte de substance.

1768. Bitumes. — Les bitumes varient par leur consistance : les uns sont solides et friables , d’autres mous , d’autres liquides. Les premiers sont noirs ou au moins bruns; les derniers sont quelquefois jaunâtres, transparens et meme limpides. Tous se liquéfient par la chaleur et répandent une odeur très-forte , mais qui n’a rien de piquant ou d’âcre. Tous aussi brûlent facilement et presque sans résidu , en laissant exhaler une fumée épaisse , très-odorante , qui n’a ni le piquant ni l âcreté de celle du

DE LA FERMENTATION PUT P, IDE. 5o5

jayet. Aucun ne donne d’ammoniaque par la distillation. Leur pesanteur spécifique varie singulièrement.

Les minéralogistes admettent plusieurs variétés de bitume.

i°. Bitume naphte. — Liquide, transparent, d’un blanc légèrement jaunâtre, d’une odeur qui, pour quelques personnes , est difficile à supporter; pesant spécifiquement o,836 environ ; combustible à tel point qu’il prend feu par la présence d’un corps enflammé placé à peu de distance de lui.

On le trouve assez abondamment^ dit-on , en Perse, sur les bords de la mer Caspienne, près de Bakou, dans la presqu’île d’Apcheronn. Du soi qui le fournit, il se dégage continuellement des vapeurs inflammables et trèsodorantes ; les habitans y mettent le feu et en profitent pour faire cuire des alimens , de la chaux, etc. Lorsqu’on creuse, à 600 mètres environ de ces feux, des puits de 10 mètres de profondeur , bientôt il s’y rassemble une grande quantité de naplite : aussi est-ce de celte manière qu’on se le procure : seulement, pour l’avoir plus pur , on le distille.

On rencontre encore du naphte en Calabre, en Sicile , en Amérique , etc. , et on en a découvert , en 1802 , près du village d’Amiano, dans le duché de Parme , une source si abondante , qu’elle fournit à l’éclairage de la ville de Gênes.

Il est employé en médecine, comme calmant, à l'intérieur , et en frictions sur le bas-ventre dans les affections vermineuses des enfans. Les Indiens s’en servent pour faire des vernis.

Théodore de Saussure a fait sur le naphte d’Amiano une série d’expériences dont nous allons rapporter les principaux résultats.

Ce naphte, qui pèse spécifiquement o,836, ne pèse plus que 0,758 à la température de ïp° , lorsqu’on le soumet

5o 6 DE LA FETIMEîïTATION.

à trois distillations successives , et qu’on ne recueille que les premières portions du produit. Ainsi purifié, il ne change plus de densité en le distillant de nouveau , et présente les propriétés suivantes , qu’il partage avec les naphtes provenant de la distillation du pétrole de Gabian , des asphaltes du Val-de-Travers et du département de l’Ain.

Le naphte pur est un liquide transparent, incolore, aussi fluide que l’alcool, presque insipide, d’une odeur faible et fugace, bouillant à 85° et demi, et produisant une vapeur dont la densité est 2,833 , celle de l’air étant prise pour unité.

Introduit en vapeur dans un tube de porcelaine incandescent, le naphte se décompose et donne lieu à un dépôt de charbon très-dense dont l’éclat est métallique , à du gaz hydrogène carboné et à de l’huile brune empyreumatique, mêlée de naphte et de charbon très-divisé. Cette huile , soumise à une température d’environ 35°, laisse sublimer un quart de son poids de cristaux sans couleur, en lames rhomboidales , minces , transparentes, éclatantes, souvent tronquées à leurs angles aigus, inflammables, insolubles dans l’eau , inaltérables à l’air , douées d’une forte odeur d’empyreume et de benjoin, et en général des propriétés d’une substance cristalline que l’on obtient lorsque l’on décompose de la même manière l’éther sulfurique , l’alcool et les huiles essentielles («).

Le naphte', par l’approche d’un corps en combustion , prend feu à la manière des huiles essentielles , etbrûleavec une flamme blanche mêlée de beaucoup de suie. Il est inaltérable à l’air et à la lumière.

(a) J’ai plusieurs fois essaye d’obtenir celte substance cristalline en faisant passer de l’alcool et de l’éther à travers un tube incandescent; niais je n’ai réussi qu’une fois en obtenir une tics-petite quantité ; il parait que 1s. degré de chaleur inflne beaucoup sur sa production.

Le chlore haltère , et de là résultent de l’acide hydrochlorique et une huile un peu moins fluide , un peu moins inflammable , et un peu moins volatile que le naphte.

Les acides minéraux n’ont que très-peu d’action sur le naphte : il en est de même de la potasse et de la soude.

L’eau en dissout .

L’alcool absolu, toutes sortes de proportions. L’alcool à 4i° de l’aréomètre de Baumé et »

à la température de 120 . j

L’alcool à 36°, même température . . .

L’éther sulfurique . 1

Le pétrole . >

Les huiles grasses et essentielles . J

5 de son poids.

~ de son poids, à froid, toutes sortes de proportions.

Si certains liquides dissolvent le naphte , il a la propriété à son tour de dissoudre plusieurs solides. Par exemple, il dissout:

i°. A son degré d’ébullition , la douzième partie de son poids de soufre, et le laisse déposer, par le refroidissement, sous forme de belles aiguilles très-brillantes, qui se brisent ensuite d’elles-mêmes , et se ternissent.

20. A la même température que la précédente , environ un quinzième de son poids de phosphore : une partie s’en sépare d’abord en gouttes et en poussière*, une autre, dans l’espace de quelques jours , se dépose en cristaux prismatiques.

3°. Le huitième de son poids d’iode.

4°. Une très-grande quantité de camphre , et plus en?, core de poix-résine.

5°. A froid, très-peu de cire; il ne fait, pour ainsi dire, que la délayer; à chaud, toutes sortes de proportions.

6°. A peine un centième de laque en écaille et de copal brut.

rj'\ A froid , très -peu de caoutchouc : cependant celui-ci s’y gorille extraordinairement , à tel point qu’il

5o8 UE LA. fermentation.'

finit par occuper un volume trente fois plus considérable que son volume primitif : a chaud, Faction dissolvante est plus maïquée, mais jamais la dissolution n’est com-

Le succin , le sucre , la gomme et Famidon n’y sont nullement solubles.

Enfin , le naphte parait n'être forme que de carbone et d'hydrogène dans la proportion de 87,60 et de 12,78 ; d'où il suit qu’il ne contiendrait point d’oxigène , et qu’il contiendrait un peu plus de carbone que l’hydrogène perçai bonç. (Théod.de Saussure , Bibliot. universelle > vol. iv ? p. ne. )

20. Bitume pétrole. — ■ - Moins fluide que celui de naphte , dont il semble n'être qu’une altération* d’un brun noirâtre , presque opaque , d’une odeur forte et tenace , onctueux au toucher; il pèse spécifiquement o,854, brûle en laissant un peu de résidu , et donne , par la distillation , une huile semblable à celle de naphte.

On le trouve à Gabian près de Béziers ; en Auvergne , près de Clermont ; en Suisse , auprès de Neufchâtel ; en Angleterre, à Omskirk, dans le Lancashire ; à Amir.no, en Italie , en Sicile en Transylvanie , dans l’Inde , etc. Il flotte souvent sur les eaux; la mer en est quelquefois couverte près des îles volcaniques du Cap-Vert.

11 sert à l’éclairage:, peut remplacer le goudron , et est employé en médecine /comme le naphte , lorsqu’il a été distillé,

3°. Bitume malle . — Ce bitume ne diffère , pour ainsi dire, du précédent que par sa consistance , qui est visqueuse; il se trouve dans les memes lieux que le pétrole 5 mais plus particulièrement près de Clermont , au lieu nommé Buy de la Pège. On l’appelle vulgairement goudron minéral > parce qu’on l’emploie , comme le goudron ordinaire , pour enduire les cables et les bois. Il entre dans

t)E LA FERMENTATION PUTRIDE.

la composition de la cire noire à cacheter , et dans celle de certains vernis qu’on applique sur le fer. On peut aussi sTn servir pour graisser les essieux des charrettes. Les anciens en faisaient usage dans leurs constructions.

4°. Bitume asphalte. Celui-ci est solide , sec et friable, ordinairement noir et opaque 5 sa pesanteur spécifique est de 1,104 à i,2o5 ; il ne répand d’odeur qu’en le chauffant ou le frottant ; il brûle facilement, mais laisse quelquefois jusqu’à o,i5 de résidu. On le trouve particulièrement à la surface du lac de Judée , dont les eaux sont salées. Il est versé dans ce lac par des sources, et porté par les vents sur les rives. Les historiens rapportent que les murs de Babylone étaient construits de briques cimentées par ce bitume. Il paraît que les Egyptiens s’en servaient, ainsi que de malte , dans les embaumemens.

Les bitumes appartiennent aux terrains de sédiment ou de seconde formation. Quelques naturalistes pensent qu’ils proviennent de la décomposition spontanée des animaux et des végétaux enfouis dans le sein de la terre : d’autres les attribuent aux bouilles décomposées par des feux souterrains : ces opinions ne sont nullement prouvées.

M. de Saussure a cherché à dépouiller de sa mauvaise odeur le pétrole que l’on retire , par la distillation , de la mine d’asphalte de Travers , dans le canton de Neufchatel, espérant que cette huile pourrait remplacer les huiles essentielles dans les vernis et les préparations pharmaceutiques. Ce chimiste a employé à-peu-près le même procédé que celui par lequel on purifie l’huile de colza. Le voici tel qu’il l’a décrit lui-même. ( Bihlioth. universelle > vol. vi , p. 1 1 5. )

« J’ai ajouté au pétrole renfermé dans une bouteille , a dont il occupait environ le tiers , une quantité d’acide

5io

» sulfurique du commerce équivalente à la dixième ou )) à la neuvième partie du poids de l'huile , et j’ai mêlé les )> liquides pendant sept à huit minutes , en secouant for-* 3) tement le vase après l’avoir fermé. Il ne convient pas )> d’opérer sur de trop grandes doses de pétrole , parce que )> le mélange se fait alors trop difficilement. La propor- :» tion d’acide peut être augmentée* et plus elle l’est, plus )) on est sûr des succès de l’opération. Un quinzième d’a- » eide suffirait à trois ou quatre onces d’huile , mais non y> pas à deux livres de ce bitume.

)> 2°. J’ai laissé les substances en contact pendant une » semaine , en les agitant chaque jour , excepté le der- » nier , où j’ai séparé avec soin , par décantation , l’huile )) d’un dépôt noir, épais, très-fétide, qui paraît être une )> combinaison d’une portion de l’acide sulfurique avec le 3) principe odorant modifié. La liqueur , décantée , avait 3> une légère odeur d’acide sulfureux , qui a disparu par y> son exposition à l’air. Si , à cette époque , le pétrole 3) conservait encore son odeur bitumineuse, elle indique- » rait qu’on n’a pas assez vivement agité le mélange dans 3) la première opération , et il conviendrait de recommen- )> cer en ajoutant de nouvel acide.

M 3°. Le pétrole, séparé du dépôt précédent, a été mêlé 3) avec, une solution de potasse caustique , composée d’une » partie de cet alcali séché au feu et de 20 parties d’eau. 3) Lorsque l’huile s’est séparée par le repos , elle a été dé- 33 cantée, puis agitée fortement dans une grande bouteille 3) fermée, pleine d’air, et dont l’huile n’occupait que la

dixième partie; elle a été mêlée ensuite avec quatre ou 3) cinq fois son volume d’eau , qui y a formé une émulsion » laiteuse permanente, composée d’eau et d’une combi- 3) naison particulière d’acide et de pétrole , et sur laquelle )) le pétrole presque pur surnageait. Ce dernier a été de » nouveau agité avec de l’air, puis lavé avec l’eau. En ré-

DE LA FERMENTATION PUTRIDE. 5lî » pétant ainsi ces opérations (a) jusqu’à ce que l’huile , » après avoir été agitée dans l’air, n’ait plus formé d’émuL » sion permanente avec l’eau , j’ai obtenu du pétrole moins » odorant qu’aucune huile fixe végétale; il ne retenait » qu’une quantité insignifiante d’acide sulfurique. Cette ” huile était d’abord trouble; mais elle s’est clarifiée com- » plètement par la filtration au travers du papier et par un » repos de quelques heures. »

1759. Il est une autre matière à laquelle on donne également le nom de bitume , mais qui diffère beaucoup des bitumes précédens. Ce bitume a ordinairement l’aspect, la mollesse et l’élasticité du caoutchouc : aussi l’appelle-t-on caoutchouc minéral ou fossile, bitume élastique; quelquefois cependant il est mou, et, dans d’autres circonstances, presque sec. Il a été trouvé en 1785, près de Castlelon en Derbyshire , dans les fissures d’un schiste argileux. ( Ann. de Chim. , tom. xlv, pag. 3o. )

1760. Succin. — Le succin , qu’on appelle aussi karabé , ambre jaune, est une matière dont les propriétés sont analogues à celles des résines , et particulièrement de la résine copal. Sa pesanteur spécifique est de 1,078, sa couleur jaunâtre, sa cassure vitreuse; souvent il est diaphane, et

toujours il est homogène et capable de recevoir un beau poli.

il paraît formé d’une matière grasse particulière, unie à une petite quantité d’acide succinique.

Le succin s’enflamme assez facilement ; l’air ne l’altère

(li) « On pourrait supprimer le traitement successif avec l’eau et l’air, ei « abréger ainsi beaucoup l’opération, en employant une solation deux fois plils cliar8ee de potasse- mais la grande quantité de cet alcali rendrait « le procédé trop dispendieux. Je dois observer que l’alcali qui a servi J) dans les proportions que j’ai indiquées pour la purification du pétrole 33 est bien éloigné d’étre saturé d’acide sulfurique , et qu’on peut employer

* le même «cl à plusieurs purifications, en faisant évaporer sa solution et » rougir le résidu. »

DE LA F EllMEN ïATION.

pointa la température ordinaire-, l’eau et l’alcool sont presque sans action sur lui. Lorsqu’après l’avoir fondu , ou le délaie dans les huiles grasses et les huiles essentielles , il s’y dissout facilement.

Soumis à l’action du feu dans une cornue de verre , il présente des phénomènes remarquables : il se ramollit 5 entre en fusion , se boursouffle considérablement , et laisse dégager de l’acide succinique ( 1 384) ? de l’huile et des gaz combustibles. A mesure que l’acide se dégage , le boursouflement diminue et cesse bientôt d’avoir lieu. Si alors on laisse refroidir le résidu, et qu’on l’examine, on trouve qu’il a une cassure nette , vitreuse et un aspect résineux 5 mais si, au contraire, on le chauffe brusquement, il ne tarde point à bouillir vivement sans se tuméfier , et en produisant une si grande quantité d’huile qu’elle coule en filet. Enfin , lorsque la matière parait complètement charbonnée , qu’il ne se forme presque plus d’huile , et qu’on augmente le feu au point de ramollir la cornue, il se sublime une substance jaune de la consistance de la cire, qui quelquefois coule en partie jusque dans le récipient. La distillation du succin offre donc trois époques bien distinctes et caractérisées par la nature des produits que l’on obtient savoir : la première , par l’acide succinique et par de l’huile , qui, d’abord très-fluide et peu colorée , devient ensuite très-brune, visqueuse et comme onguentacée; la seconde , par une grande quantité d’huile , dont la fluidité est assez grande, dont la couleur est jaunâtre, et qui ne se produit qu’autant que la température est assez élevée ; la troisième , par la production d’une substance jaune , solide , entièrement différente des précédentes ; bien entendu d’ailleurs que dans tout le cours de l’opération , il se dégage du gaz hydrogène carboné. ( MM. Robiquet et Collin , Ann. de Ckim. et de Phys. , iom. îv , p. 3 ‘26. )

Cette dernière substance a été observée, pour la pre-

DE LA FERMENTATION PUTRIDE, 5l3

mière fois, par M. Vogel de Bayreuth -, mais elle n’a été obtenue bien pure ou séparée de toute l’huile qui la salit que par MM. Robiquet et Colin : à cet effet , ils commencent par la faire bouillir dans l’eau pendant long-temps ; puis il la font fondre pour la dessécher, la laissent refroidir, et la mettent en contact avec de l’éther sulfurique. L’éther enlève une sorte de matière résineuse , tandis que la matière nouvelle forme un dépôt jaune et composé d’un© multitude de petites paillettes micacées. Ainsi purifiée , cette substance est insoluble dans l’eau, dans l’alcool , et très-peu soluble dans l’éther. Chauffée seule en vaisseau clos , elle se volatilise, se décompose en partie , et laisse un petit résidu charbonneux. Les alcalis n’ont que peu d’action sur elle ; il en est de même de plusieurs acides , même de l’acide nitrique. L’éther , dans lequel elle n’est que trèspeu soluble , la dissout très-facilement , au contraire , avant d’avoir été purifiée.

Le succin se trouve particulièrement dans les dunes sablonneuses qui bordent le rivage de la mer Baltique , entre Konigsberg et Memel. Il entre dans la composition des vernis gras et sert à faire des bijoux recherchés par leê Orientaux.

5l4 DES CORPS ORGANIQUES ANIMAUX.

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