‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 151 sur 182 · I)U SUC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

I)U SUC GASTRIQUE

i°. Dans Pétât de santé parfaite, l’on trouve très-fréquemment, dans l’estomac un liquidé plus ou moins abondant, transparent, filant , ordinairement écumeux , tantôt «absolument semblable à la salive, soit par les caractères extérieurs , soit par les altérations qu’il éprouve, et tantôt en différant, parce qu’il est acide et qu’il ne se putréfie que difficilement} il contient très-souvent, en quantité plus ou moins grande , des flocons de mucus qui paraît n’être que du mucus des narines.

2°. Les matières soumises à la digestion passent naturellement à l’éta td’acide par suite de ce qu’elles éprouvent dans l’estomac et indépendamment de leur nature particulière.

3°. Le suc non acide de l’estomac ne possède pas la propriété de s’opposer à la putréfaction des matières animales, et il se putréfie lui-même avec autant de promptitude que la salive lorsqu’il est exposé à une chaleur à-peuprès égale à celle du corps humain.

4°. Le sue acide de l’estomac ne préserve pas de la putréfaction les viandes peu animalisées qui s’y sont conservées , par une propriété qui lui soit particulière.

5°. Le suc de i’estomac n’agit point sur les aiimens à 3a manière d’un dissolvant chimique.

De là , M. Montègre conclut que le suc non acide n’est autre chose que de la salive récemment introduite dans l’estomac , ou n’ayant pas encore éprouvé l’action de ce viscère, et que le suc acide n’qst que de ta salive altérée à la manière des autres aiimens, et véritablement digérée. Ces résultats rendent l’existence du suc gastrique au moins très-douteuse ; s’il existe , i! doit se produire surtout au moment de la digestion , et il n’est pas probable qu’on puisse jamais l’obtenir autrement que mêlé à beaucoup de mucus , et peut-être de bile.

6()S DES L IQüEURS UES S é C r. É T I 0 N 3.

De la Bile.

190 7. Labile est une liqueur amère, jaunâtre ou d'un jaune verdâtre, plus ou moins visqueuse, d’une pesanteur spécifique un peu plus grande que celle de l’eau, commune à un grand nombre d’animaux : c’est dans le foie qu'elle se forme.

La plupart des physiologistes pensent que ses matériaux proviennent non point du sang artériel , mais de celui que les veines rapportent de la rate, du pancréas, de l’estomac et du tube intestinal. Ces veines se réunissent en un gros tronc que l’on appelle veine porte , laquelle se partage en deux branches qui pénètrent dans le foie , s’y divisent à l’infini , et dont les dernières ramifications s’abouchent , d’une part , avec les conduits biliaires , et de l’autre avec les veines hépatiques simples chargées de rendre à la circulation le sang qui n’est point employé à la confection de la bile. Celle-ci arrive directement dans le duodénum par les canaux hépatique et cholédoque , lorsque les animaux n’ont point de vésicule; lorsqu’au contraire ils en ont une, ce qui a lieu le plus souvent , elle y reflue , en grande partie du moins , par le canal cystique ; elle y séjourne plus ou moins long-temps, et y éprouve quelquefois des altérations remarquables : sa fonction principale paraît ctre de favoriser la digestion duodénale, de conceit avec le suc pancréatique. Contribue-t-elle par ses principes à la formation du chyle P nous ne le savons point encore ; ce qu’il y a de certain , c’est que la matière fécale en contient presque constamment, et parfois une assez grande quantité pour avoir une saveur d’une amertume insupportable.

1908. Beaucoup de physiologistes et de chimistes s’en sont successivement occupés ; mais , parmi ceux dont les travaux ont fixé l’idée qu’on a prise de sa nature à diverses époques , on doit citer surtout Boerhaave , Verheyen , Ba*

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