‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 16 sur 182 · C) \ DES ACIDES NATURELS ET ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

C) \ DES ACIDES NATURELS ET ARTIFICIELS

du cuivre métallique très-divisé , un peu de protoxide dé cuivre , et quelques traces de charbon ; l’autre , devenue libre , s’unit à Feau formée , s’élève à l’état de vapeurs épaisses, et vient se condenser avec l’esprit pyro-acétique dans le récipient, qu’il faut avoir soin de refroidir avec des linges mouillés. Le gaz acide carbonique se dégage par le tube droit 5 on pourrait le recueillir sur Feau par un tube recourbé. Quant au cuivre et au charbon , ils restent dans la cornue. L’opération est terminée lorsqu’il ne sort plus de vapeurs de la cornue , et que celle-ci est portée au rouge obscur. On doit conduire le feu avec beaucoup de ménagement: sans cela la réaction serait subite ; tout l’acide ne se condenserait pas dans le récipient, et une assez grande quantité d’acétate de cuivre, et même de cuivre, serait entraînée.

Toutefois , quelques précautions que l’on prenne, Facide contient toujours un peu d’acétate de cuivre et est coloré en vert : aussi est-on obligé de le distiller une seconde fois pour le séparer de ce sel. Cette nouvelle distillation se fait dans une cornue de verre , munie d’un récipient tubulé , et doit être continuée jusqu’à ce que tout le liquide soit presque volatilisé.

C’est à Facide acétique ainsi préparé qu’on donne le nom de vinaigre radical. Il est ordinairement uni à une petite quantité d’esprit pyro-acétique. On l’emploie en médecine 5 mais il peut presque toujours être remplacé par celui qui provient de l’acéîate de soude.

En opérant sur 20klL,3i5 de deutacétate de cuivre ou de verdet, MM. Derosnes ont obtenu 9klI*,943 d’acide vert et non rectifié, 6klL, 792 decuivre, et 3kll*,58o de fluides élastiques chargés d’une quantité d’acide acétique capable seulement de saturer 91 grammes de potasse caustique , liquide et concentrée. Comme ils avaient pour objet d’examiner les proportions de Facide aux différentes époques

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de la distillation , ils ont eu soin de changer les récipiens , de manière à partager l’acide en 4 parties. Le premier recueilli avait une odeur faible et était légèrement coloré ; ii pesait 2.kil* 54^ et marquait à l’aréomètre 9°,5 — o. Le deuxième atfait une odeur plus forte que le premier, et sa couleur était plus foncée * il pesait 3klL,074, et sa densité à l’aréomètre était indiquée par io°,5 — o. Le troisième était d’une couleur plus intense encore que le deuxième ; son odeur était aussi beaucoup plus forte, mais empyreumatique; son poids de 3tlL ,855, et sa densité représentée à l’aréomètre par 4°^ — o } il contenait de l’esprit pyro-acétique et plus d’acide que les précédens. Le quatrième avait une couleur légèrement citrine* il ne contenait point de cuivre*, son odeur était faiblement acide 3 il pesait seulement oklI*,26o, et sa densité, au lieu d’être plus grande que celle de l’eau, était moindre , car il ne marquait à l’aréomètre que \ degré-f-o 7 il était moins acide que les trois précédens , et renfermait une assez grande quantité d’esprit pyro-acétique. Ces deux derniers produits , soumis à une douce chaleur , ne tardaient point à laisser dégager la majeure partie de leur esprit , et à marquer à l’aréomètre de 6 à 70 — 0. C’est à cet esprit que MM. De4'osnes ont attribué la cause pour laquelle les derniers produits sont plus légers que les premiers ; mais ils doivent cette légèreté aussi en partie au peu d’eau qu’ils contiennent (i3o5.)

i3io. Composition. — Privé d’eau ou tel qu’il se trouve dans les acétates desséchés, l’acide acétique est composé : '< >

Suivant MM. Gay - Lussac et The- Suivant M. Berzelius ( Annales de nard. (Rech. phy s. -chimiques.) Chimte , tom. xciv, pag. Soi.)

de Carbone . 50,224 de Carbone . 4^,B3

Oxigène . 44’i4-7 Oxigène. i . 4 b, 82

Hydrogéné . 5,629 Hydrogène.» . 6,35

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Suivant MM. Gay - Lussac et The- Suivant M. Berzelios ( Annales dê nard. ( Iiech . phf s. -chimiques.) Chimie , tom. xciv, pag. 3oi.)

ou de Carbone . 5o,22/j.

Oxigène et hydro— 'j ou en volume,

gène dans lespro-l/(~ de 3 volumes d’oxigène. portions nécessaires j * ;9I]t 4 vol. de vap. de carbone.

. pour faire l’eau. J

Oxigène . 2,865 6 volumes d’hydrogène.

i3io bis. Usages , Historique. — Ses usages sont trèsétendus : à l’état de vinaigre, on l’emploie comme assaisonnement et comme anti-septique -, sous ce même état, et sous celui de vinaigre distillé , on s en sert dans les arts pour préparer divers acétates. Mêlé , a 1 état de vinaigre radical , avec le sulfate de potasse de manière à humecter

celui-ci , il constitue le sel de vinaigre que l’on enferme '

dans de petits flacons de verre , et dont on fait usage comme excitant.

Pendant long temps, on a pensé que l’acide acétique était différent du vinaigre distillé-, on s’imaginait que celuici était moins oxigène ; aussi 1 appelait-on acide aceteux » C’est M. Adet qui , le premier, fit voir qu’il n’y avait aucune différence entre l’un et l’autre. Son opinion, combattue par plusieurs chimistes , a été confirmée par les expériences de M. Darracq. ( Ann . de Chimie , tom. xli, p. 264. )

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i3ii. Propriétés. — Les acétates, dans leur décomposition par le feu, donnent lieu à tous les produits qui proviennent de la décomposition des autres sels végétaux, et en outre à une certaine quantité d’esprit pvro-acétique (1295). En général, lorsqu’un acétate est facilement décomposable par le feu, il donne beaucoup d’acide et peu d’esprit-, il donne, au contraire , beaucoup d'esprit et peu d’acide , lorsqu’il exige une haute température pour se dé-

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composer. Les acétates de nickel, deçuivre, etc., sont dans le premier cas ; ceux de baryte, de potasse, de soude, de strontiane, de chaux, de manganèse, de zinc, sont dans le deuxième : c’est ce que l’on verra , en partie^du moins , dans le tableau suivant, dû à M. Chenevix; tableau dans lequel ce chimiste examine les produits provenant de la distillation des acétates d’argent, de nickel, deçuivre, de plomb , de fer, de zinc, de manganèse. ( Annales de Chimie #, tom. lxix, p. 32.)

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Ï1 suit delà que , de tous les acétates, c’est celui d’argent qui donne l’acide acétique le plus concentré et le plus pur, puisqu’il ne contient point d 'esprit, pyro-acétique.

i3i'2. L’esprit pyro-acétique estdimpide et sans couleur; sa saveur est d’abord âcre et brûlante, ensuite fraîche, et en quelque sorte urineuse; son odeur se rapproche de celle de la menthe poivrée , mêlée d’amandes amères ; sa pesanteur spécifique est de o,y864; il brûle avec une flamme dont l’intérieur est bleu , et dont le contour est blanc ; il entre en ébullition à 5g0, et ne se congèle point à — i5°; il se combine avec l’eau en toutes proportions , ainsi qu’avec l’alcooJ et avec la plupart des huiles volatiles ; il ne dissout que peu de soufre et de phosphore ; mais il dissout le camphre en très-grande quantité.

La potasse caustique n’a que très-peu d’action sur l’esprit pyro-acétique. Les acides sulfurique et nitrique le décomposent; mais l’acide hydro-chlorique forme avec ce corps une combinaison qui n’est point acide, et dans laquelle on ne peut démontrer la présence de l’acide hydrochlorique qu’en la décomposant par le feu : ainsi l’esprit pyro-acétique est donc une substance toutA-fait particulière, qui se rapproche des éthers , de l’alcool et des huiles volatiles.

Pour obtenir l’esprit pyro-acétique, on peut se servir avec succès d’acétate de plomb du commerce. Après avoir distillé ce sel dans une cornue de grès, et avoir recueilli les produits liquides dans un ballon communiquant, parle moyen d’un tube, avec un flacon entouré de glace, on sature ces produits par une dissolution de potasse ou de soude , et on sépare ensuite l’esprit par une nouvelle distillation, en ayant le soin toutefois de ménager la chaleur. Comme il entraîne presque toujours un peu d’eau, il est bon de le rectifier sur du chlorure de calcium.

C’est à Courtanvaux, Monnet et Lassonne , que nous

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sommes redevables des premières observations qui ont été faites sur l’esprit pyro-acétique. MM. Derosnes s’en sont ensuite occupés d’une manière plus particulière ( Ann . de Chimie , tom lxiii , pag*. 267 ) ; et enfin M. Chenevix l’a soumis à un grand nombre d’épreuves , d’où il a conclu que ce liquide devait être un corps nouveau : c’est sa dissertation qui nous a servi de guide. ( Annales de Chimie, îom. lxix , pag. 5. )

i3i3. Presque tous les acétates sont solubles dans l’eau; il n’y a guère que ceux de mercure et d’argent qui ne le soient que très-peu; plusieurs, et notamment les acétates alcalins et terreux , quand ils sont dissous , se décomposent dans l’espace de quelques mois ; ils se couvrent de moisissure verdâtre et se transforment en carbonates.

1 3 1 4- Il n’est aucun acétate qui ne puisse être décomposé par les acides sulfurique, hydro-chlorique , nitrique , fluorique , phosphorique ; il en résulte un nouveau sel , et l’acide acétique se vaporise en partie. ( Voyez , pour les autres propriétés, Y Histoire générale des Sels végétaux, i2g5.)

131 5. Etat naturel. — On ne trouve dans la nature que deux acétates , l’acétate de potasse et l’acétate d’ammoniaque ; celui de potasse existe en petite quantité dans la sève de presque tous les arbres; l’autre ne se rencontre que dans l’urine pourrie.

1316. Préparation , etc. — Tous les acétates se forment directement, c’est-à-dire, en traitant les oxides ou les carbonates par l’acide acétique. Cependant ceux de zinc et de fer s’obtiennent le plus ordinairement en traitant directement les métaux en grenaille par une suffisante quantité d’acide. Il est possible d’en obtenir aussi plusieurs autres par la voie des doubles décompositions.

1317. Composition . — Dans les acétates neutres , la quantité d'oxigène de i’oxide est à la quantité d’acide comme

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