‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 163 sur 182 · DES CALCULS URINAIRES DE L’HOMME · texte numérisé non relu

DES CALCULS URINAIRES DE L’HOMME

ne contiennent ni acide urique, ni phosphates; qu’elles renferment des benzoates et des carbonates; qu’elles sont alcalines, et qu’elles doivent leur odeur et leur couleur à une huile particulière ; 3°. que celles de l’homme et des oiseaux sont les seules où il existe de l'acide urique , et qu’on ne trouve de phosphates que dans les urines humaines et celles des mammifères carnivores.

A la vérité, M. Brande a annoncé l’existence de l’acide urique dans l’urine de chameau, et celle du phosphate de chaux dans toutes les urines des herbivores (Ann. de Chim. , t. lxvii , p. 266) ; mais M. Chevreul ayant depuis ce temps fait l’analyse de l’urine de chameau et de l’urine de cheval, dans l'intention de savoir si elles contenaient de l’acide uiique ou du phosphate de chaux, ses recherches ne lui en ont pas fait découvrir les moindres traces. Nous avons cité précédemment les résultats de M. Chevreul ; nous allons citer actuellement ceux de M. Brande.

Urine de chameau.

Urine de vache.

Ean • • • • . . .

Phosphate de chaux , hydro-chlo-' vate <f ammoniaque, sulfate de potasse, uraie de potasse, car

bonate de potasse .

Hydro-chlorate de potasse* • • Urée» . . * * •

^5 Eau . . • 65

Phosphate de chaux- • • . . 3

g H ydro- chlorate de potasse» • • • \ Hydro-chlorate d’ammoniaque- J

Sulfate de potasse 8 Cai bonate de potasse. ••• • 6 Carbonate d’ammoniaque.

Créé» - * . .

Urine de cheval.

TJree . - . » .

Carbonate de chaux , carbonate de!

soude, sulfate de soude, hvdrochioraie de soude , benzoaie de) soude, phosphate de chaux.

Ces sels forment à-peu-près - de l’urine.

Des Calculs urinaires de l’homme.

1953. L’on connaît sous le nom de calculs ou de pierres urinaires de ïhomme , des concrétions qui se forment dans l’urine humaine, et qu’on rencontre le plus souvent

BES CALCULS URIftAlïtES BÈ l’flOMME,

dans la vessie , assez souvent aussi dans les reins , rarement dans les uretères , plus rarement encore dans le canal de l’urètre.

Quelques-uns ne sont pas plus gros que la tête d’une épingle 5 d’autres, mais en petit nombre, sont si volumineux qu’ils distendent la vessie ; presque tous ont la forme d’un sphéroïde ou d’un ovoïde quelquefois légèrement aplati 5 il n’y a que ceux qui se développent dans les reins , les uretères et le canal de l’urètre , qui , se trouvant comprimés , prennent une autre forme. Ceux des reins , surtout lorsqu’ils ne sont point entraînés dans la vessie par l’urine, s’étendent par des branches et des ramifications dans le bassinet , se moulent dans ses divisions , deviennent très-irréguliers , et nous offrent quelque ressemblance avec les madrépores.

Leur couleur et leur densité varient en raison de leur nature : il en est de blancs , de jaunes , de j aunes-rougeâtres , de gris-cendré, de noirâtres ; ils pèsent spécifiquement de i ,2 1 3 à 2,976*

Plusieurs ont une surface lisse et polie : d’autres en ont une qui est graveleuse 5 d’autres sont chargés de petits tubercules ou de pointes. Leur dureté est aussi très-variable : les plus durs sont formés de chaux unie à l’acide oxalique.

Us sont sans odeur, à moins qu’on ne les frotte, sans saveur, sans action sur les couleurs bleues. Enfin tous sont formés d’un grand nombre de couches superposées , au centre desquelles se trouve un petit noyau.

1954. Les calculs ne sont pas toujours composés d’acide urique , comme le croyait Schéele , ou d’acide urique et de phosphatede chaux, comme le pensait Bergmann. Huitautres substances peuvent encore en faire partie, ainsi que l’ont prouvé Fourcroy, MM. Wollaston , Vauquelin et le docteur Marcetj savoir: le phosphate ammoniaco-magnésien, Boxa-

DES CALCULS URINAIRES DE l’hOMME.

late de chaux, 3’urate d’ammoniaque, la silice, l’oxide cystique, et trois autres matières animales.

Donnons les caractères qui distinguent chacun de ces corps dans les calculs.

i°. Acide urique . — Jaunâtre ou d’un jaune rougeâtre, surtout lorsqu’il est mouille; donnant, lorsqu’on le scie, une poussière analogue à la sciure de bois ; brûlant sans résidu; ne dégageant point d’ammoniaque avec les dissolutions alcalines ; formant, par la trituration , des composés onctueux avec celles qui sont concentrées ; se dissolvant facilement , même à froid , dans celles qui sont étendues et en excès , et possédant alors la propriété d’en être précipité par les acides en flocons blancs qui , recueillis sur un filtre, ne tardent point à apparaître en paillettes brillantes.

2°. Urale d' ammoniaque, — D’un gris de cendre , brûlant sans résidu, dégageant une forte odeur d’ammoniaque avec les dissolutions alcalines , et se comportant d’ailleurs comme l’acide urique avec ces dissolutions.

3°. Oxide cystique. — L’oxide cystique est en cristaux confus, demi-transparens , jaunâtres, sans saveur; il ne rougit point la teinture de tournesol; il a quelque analogie, pour l’aspect, avec les calculs formés de phosphate ammoniaco-magnésien ; mais il est beaucoup plus compacte que ces calculs ne le sont ordinairement. Distillé à feu nu , il donne du sous-carbonate d’ammoniaque , une huile fétide et pesante , et un charbon noir spongieux ; il est donc formé , comme l’acide ur ique et toutes les matières animales , d’hydrogène, d’oxigène , de carbone et d’azote; peut-être contient -il moins d’oxigèrie que cet acide: d’ailleurs, on l’en distingue facilement par la fétidité particulière des produits de sa distillation ; ce dernier caractère est si remarquable, qu’il suffit même, pour reconnaître l’oxide cystique, d’en chauffer au chalumeau une petite

portion.

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