‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 162 sur 182 · DE L'URINE · texte numérisé non relu

DE L'URINE

dre. Il serait possible cependant que l’acide fluorîque fût dans le même cas. Si l’urine était concentrée, l’acide nitrique y formerait tout-à-coup des cristaux de nitrate d’urée, et les autres acides agiraient d’ailleurs sur cette substance comme nous l’avons dit précédemment (1795.)

Presque tous les phénomènes que nous offre l’urine avec les sels dépendent des phosphates de soude et d’ammoniaque , des hydro-chlorates des mêmes bases , et des sulfates de potasse et de soude quelle renferme : lorsqu’il y a action, ce sont presque toujours de nouveaux sels qui se forment, et qui, étant insolubles , se déposent.

Le dépôt occasioné par le nitrate de mercure est rose et a beaucoup fixé l’attention des anciens chimistes.

Enfin le tannin forme un léger précipité dans l’urine, dû sans doute à sa combinaison avec le mucus (æ).

1940. Mille parties d’urine sont composées , selon M. Berzelius, de :

Eau.. . . . g33, 00

Urée . 3o,io

Sulfate de potasse . 5,7 1

Sulfate de soude . 3, 16

Phosphate de soude . 2,94

Sel marin .

Phosphate d’ammoniaque . i,65

Hydro-chlorate d’ammoniaque . î,5o

Acide lactique libre . . . . }

Lactate d’ammoniaque . #

Matière animale soluble dans l’alcool , et quif

accompagne ordinairement les lactates.. . \ 17,14

Matière animale insoluble dans l’alcool . (

Urée qu’on ne peut séparer de la matière! précédente . -, J

Phosphates terreux, avec un vestige de chaux. 1,00

j> Acide urique . 1,00

Mucus de la vessie . 0,3a

Silice . . o,o3

(«) Les mémoires de Fourcroy cl de M. Vauquelm sur l’urine et les cal-

^2<> DES CARACTÈRES DE l’cJRINE, etC.

L’acide lactique , le îaetate d’ammoniaque et la silice , ne sont encore admis dans l’urine que par M. Berzelius.. C’est à cet acide qu’il attribue la propriété qu’elle a de rougir la teinture de tournesol, et de tenir en dissolution le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco-magnésien 5 mais la plupart des chimistes pensent qu’elle la doit à de l’acide phosphorique. Pour moi, je suis porté à croire qu’elle la doit , en partie au moins , à de l’acide acétique,, parce que, de quelque manière qu’on la traite , on en retire toujours une certaine quantité de ce t acide. A la vérité , elle le produit facilement , mais n’est-ce pas une raison pour croire qu’elle peut en contenir de tout formé? {Ann. de Chim. , t. lix, p. 269. )

ig41' L’urine n’a, d’usages dans les arts que lorsqu’elle est putréfiée : alors on s’en sert quelquefois pour dégraisser la laine , pour dissoudre l’indigo et se procurer du sel ammoniac.

Caractères: que présente Vitrine dans certaines maladies ou par V effet de quelques alimens.

i°. Dans la jaunisse. — L’urine, pendant la jaunisse , est d’un jaune orangé. Il en est de même de la plupart des autres parties du corps naturellementpîus oumoinsblanches. Cet effet est attribué au passage de la bile dans lesang. Les preuves apportées en faveur de cçtte opinion laissent trop à désirer pour qu’on puisse l’admettre.

20. Dans Vhydropisie générale. — - Alors l’urine est très-chargée de matière albumineuse.

culs se trouvent dans les Annales de Chimie, tome xxxt et xxxti , et dans les Annales du Muséum d’ Histoire naturelle ; celui de M. Wollasion sur les calculs est imprime dans les Transactions philosophiques de 1797; et celui de M. Berzelius sur l’analyse de Tuiine, dans les Annales de Chimie , tome lxxxix, page 22.

TJ ES CARACTÈRES DE l’üRIIîE, CtC.

3°. Dans le rachitis. — Suivant Fourcroy, dans celte maladie, où les os se ramollissent, le phosphate de chaux abonde dans burine.

4°. Dans la goutte. — M. Berthollet a trouvé que l’urine des goutteux contenait moins d’acide que celle des autres personnes, excepté dans le cas de paroxysme.

5°. Dans les affections hystériques. — L’urine coule abondamment, et n’est chargée que de très-peu d’urée : aussi est-elle presque sans couleur.

6°. Dans les fièvres nerveuses . — L’urine est ardente, ronge, et laisse déposer un sédiment rosacé qui contient beaucoup d’acide rosacique (i8i4)- Celle qu’on rend à la fin des maladies inflammatoires possède surtout ces propriétés.

7°. Dans la dyspepsie. — L’urine se putréfie rapidement , et précipite abondamment par le tannin.

8°. Dans le diabètes sucré. — Les individus attaqués de la maladie connue sous le nom de diabètes sucré , maladie dont le siège est dans les reins , ont une soi! inextinguible. Comme ils prennent une grande quantité de boisson, ils rendent beaucoup d’urine. Leur urine est sucrée , et ce qui n’est pas moins remarquable , c’est qu’elle ne contient pas sensiblement d’urée ni d’acide urique ; que les réactifs les plus sensibles y indiquent à peine des traces de phosphate et de sulfate: qu’elle rougit à peine la tèinture de tournesol ; enfin , qu’on n’y trouve , pour ainsi dire , que de l’eau en très-grande quantité , du sucre et du sel marin. Le sucre, qui, d’après M. Cbevreul , est toujours analogue au sucre de raisin , en fait tantôt la dixseptième, tantôt la vingtième, et tantôt la trentième partie. Le sel marin y est toujours bien moins abondant. A ces faits, dont la découverte résulte des travaux de Willis , Pool , Dobson , Cawley , Cruickshauks , Franck le fils , Ni-

~3o Tf ES CÀ"R ÀCTtRES UE iduftlNE CtC.

colas et Gueudeville , etc. ( à ) , il faut ajouter qu'en ne donnant aux diabétiques que des alimens animalisés , leur urine change assez promptement de nature ; que d’abord » comme l’ont observé MM. Dupuytren et Thénard , on y trouve une matière albumineuse dont la quantité va toujours en croissant pendant quelques jours , et qui paraît être un signe non équivoque de la guérison de la maladie ; qu’ensuite l’albumine disparaît peu à peu; qu’alors le rein commence à sécréter de l’urée , de l’acide urique , etc., et que l’urine ne larde point à être semblable à celle d’un individu sain ; que néanmoins le malade, pour prévenir une rechute , doit encore observer long- temps le régime animal , et ne rien prendre enfin de ce qui peut faire reparaître le diabètes. ( Annales de Chimie , t. xliv , pag. 4 5 ; et t. lix , p. 4 1 • )

90. Dans le diabètes non sucré . — Outre le diabètes sucré dont nous venons de parler , les médecins en distinguent un autre non moins remarquable , dans lequel les urines sont insipides. Celui-ci ne paraît différer du précédent qu’en ce que l’urine contient du sucre dont la saveur est à peine sensible.

io°. Par certains alimens ou par certains corps introduits clansï estomac. — Nous avons déjà dit que les asperges rendaient l’urine fétide , tandis que la térébenthine , les résines , les baumes , lui communiquaient une odeur de violette. Elle prend, avec le camphre , l’odeur propre à ce corps même, et il est plus que probable qu’elle en tient alors une petite quantité en dissolution. Ce qui tend à le prouver, c’est que, en introduisant quelques grains d’hydrocyanate de potasse dans l’estomac, bientôt les urines précipitent en bleu par les dissolutions de fer. M. Brande, à qui

(a) Cruickshanks et MM. INicolas et Gueudeville sont ceux qui nous ont «doaae., les premiers , une bonne analyse de ces sortes d’urine.

BES VARIÉTÉS DE L’URINE DANS LES ANIMAUX. ^3l

cette observation importante est due , s’est assuré qu’on ne retrouvait aucun vestige de ce sel dans le sang; d’ou il a conclu que, pour arriver à la vessie, l’hydro-cyanate de potasse suivait une autre route que celle de la circulation.

Des Variétés de V urine dans les animaux.

1942. Les urines de cheval, d’âne , de vache , de chameau , de lapin , de cochon d’Inde , de castor, de quelques oiseaux, de lion et de tigre, sont les seules sur la composition desquelles nous ayons des notions certaines.

1943. Urine de cheval . — L’urine de cheval , analysée d’abord par Rouelle le cadet, l’a été ensuite par Fourcroy et M. Vauquelin , par M. Brande , et enfin par M. Chevreul. 11 résulte des recherches de Fourcroy et M. Vauquelin , et de celles de M. Chevreul , qu’elle est composée de carbonates de chaux ,.de magnésie , de soude , de benzoate de soude, de sulfate et d’hydro-chlorate de potasse, d’urée , de mucilage, d’huile rousse. ( Mcm . de V Institut , an 5 ; Ann . de Chimie , tom. lxvii , p. 3o3. )

Cette huile paraît exister dans les urines de tous les animaux herbivores , et leur donner l’odeur et la couleur qu’elles ont ; elle se vaporise en soumettant l’urine à la distillation.

1 914’ Urine de vache. — Rouelle est le premier qui ait fait l’analyse de cette urine : il la regarde comme composée d’eau, durée, d’une autre matière animale qu’il appelle extractive, de sulfate, d’hydro-chlorate, benzoate, carbonate de potasse; elle contient sans doute aussi des carbonates terreux et de l’huile.

1945. Urine de chameau. — C’est aussi à Rouelle que nous devons la première analyse qui ait été faite de l’urine de chameau. Il la croyait, ainsi que l’urine de vache, formée seulement d’eau , d’urée , etc. (1944)- M. Chevreul,

^3a DT 5 VARIÉTÉS DE l’üHINE DANS LES ANIMAUX.

en l’examinant de nouveau, en a retiré de l’eau en grande quantité, une matière animale coagulable par la chaleur, des carbonates de chaux et de magnésie , de la silice , des traces de sulfate de chaux , des traces doxide de fer , du carbonate d’ammoniaque provenant sans doute de l’altération de l’urée, de l’hydro-chlorate de potasse, du carbonate de potasse et du sulfate de soude en petite quantité, du sulfate de potasse en grande quantité , de l’acicle benzoïque uni sans doute à la potasse, de l’urée, une huile odorante rousse. ( Ann . de Chimie, t. Lxvn,p. 3o2.)

1946. Urine de lapin. — Suivant M, Vauquelin , l’urine de lapin est formée d’eau , de carbonates de chaux , de magnésie et de potasse , de sulfate et d’ hydro-chlorate de potase , d’urée très-altérable , de mucilage , de soufre.

Elle contient sans doute aussi une certaine quantité d’huile rousse.

igij- Urine de cochon d'Inde . — L’urine de cochon d’Inde, sur laquelle M. Vauquelin n’a pu faire que quel-*ques essais , en raison de la petite quantité qu’il a eue à sa disposition, paraît être analogue aux précédentes : on n’y trouve ni phosphates ni acide urique ; elle renferme de l’urée, du carbonate de chaux et des sels à base de po¬

tasse.

194B. Urine de castor. — Celle-ci, d’après le même chimiste, est formée d’eau, d’urée, de mucus animal , de benzoate et de sulfate de potasse, de carbonates de chaux et de magnésie, d’hydro-chlorate dépotasse ou de soude, peut-être d’acétate de magnésie, d’un peu d’oxide cle fer et d’une matière colorante végétale : elle contient probablement aussi de l’huile. {Ann. de Chimie , tome lxxxk,

pag. 197.)

1949* Urine de lion. — Celte urine, qui a été analysée par M. Vauquelin, est composée d’eau , d’urée, de mucus animal, de phosphates de soude et d’ammoniaque, de

DES VARIÉTÉS DE l’uRISE DANS LES ANIMAUX. 7 33 phosphate de chaux en petite quantité, de sulfate de potasse en grande quantité, d’hydro-chlorate d’ammoniaque , d’un peu de sel marin. ( Ann . de Chim ibid. )

1930. Urine de tigre. — M. Vauquelin a trouvé cette urine en tout semblable à celle du lion. {Ann. de Chimie , ibid. )

i^ôi. Urine des oiseaux . — Tout ce que nous savons de précis sur l’urine des oiseaux est dû à Fourcroy, à M. Vauquelin et à M. Wollaston. Ce sont les deux premiers de ces chimistes qui ont démontré l’existence de l’acide urique dans ces sortes d’urine; ils ont trouvé celle d’autruche , dont ils ont particulièrement fait J’analyse , composée d’acide urique ^ de sulfate de potasse, de sulfate de chaux, d’hydro - chlorate "d’ammoniaque, d’une matière animale, d’une substance huileuse,, et peut-être d’acide acétique : l’acide urique en fait à-peu-près la soixantième partie. 11 s’en Vaut de beaucoup que l’urine humaine en contienne cette quantité.

Il paraît, d’après les recherches de M. Wollaston, que la quantité d’acide urique, dans les urines des oiseaux, varie en raison de la nature des alimens , et qu’elle est bien plus grande lorsque ces alimens sont très-azotés que lorsqu’ils ne le sont pas , ou qu’ils ne le sont que peu. En effet , les excrémens d’une poule qui ne vivait que d’herbes n’en contenaient que 2 centièmes; ceux d’une poule vivant libre dans la basse-cour d’une ferme en contenaient davantage; ceux d’un faisan uniquement nourri d’orge en renfermaient i4 pour ioo ; ceux d’un faucon nourri de chair en étaient presque entièrement formés, et ceux d’un gannet ne vivant que de poisson , en étaient entièiement composés. ( Ann. de Chim. , t. lxxvi , p. 3i. )

1952. 11 résulte de toutes ces observations, i°. que presque toutes les espèces d'urine analysées jusqu’à ce jour contiennent de l’urée; 20. que les urines des herbivores

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