‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 167 sur 182 · DES CALCULS DE LÀ GLANDE PROSTATE · texte numérisé non relu

DES CALCULS DE LÀ GLANDE PROSTATE

les symptômes et le traitement de la gravelle y par M. Magendie ^ et d’autre part, Y Essai sur F histoire chimique et le traitement des maladies calculeuses , par le docteur Marcet. )

Calculs de la glande prostate.

ujÔq bis. Ces calculs paraissent être formés , d’après les expériences de M. Wolîaston, de phosphate de chaux au même état de saturation que dans les os. Leur volume varie entre celui d’une tête d’épingle et celui d’une noisette • leur forme est plus ou moins sphéroïdale et leur couleur d’un brun jaunâtre : cette couleur provient de la sécrétion delà glande même , et leur donne l’apparence extérieure des calculs formés d’acide urique 5 mais il est facile de les en distinguer , soit en les entamant , soit en les calcinant , soit en les traitant par la potasse, etc.

Je dois ajouter ici que l'on me remit, il y a quelques années , comme provenant de la prostate, un tout petit calcul dont je ne pus point soupçonner la nature à l’aspect , et que je trouvai formé d’oxalate de chaux : cet oxalate était remarquable en ce qu’il était blanc , peu compacte et sans protubérance. Depuis , j’ai eu occasion de faire l’analyse de plusieurs autres calculs sur l’origine desquels je n’avais aucun doute : tous venaient de la prostate , et tous étaient composés de phosphate de chaux , de quelques traces de carbonate de chaux et d’un peu de matière animale.

Des Concrétions urinaires des animaux.

i960. Ces sortes de concrétions ont été beaucoup moins examinées que les précédentes } mais si l’on considère que les urines des animaux ne contiennent que peu de substances insolubles par elles-mêmes , il deviendra probable que les concrétions qui peuvent s’y former ne doivent pas être très-variées.

nfô DES CONCRÉTIONS INTESTINALES.

Celles qui se produisent dans la vessie des herbivores sont composées, en général, de carbonate de chaux, et quelquefois de carbonate de magnésie : leur friabilité est ordinairement très- grande.

Celles des carnivores sont d’une autre nature : Fourcroy et M. Vauquelin y ont toujours trouvé du phosphate de chaux *, M. Bénédict Prévost a reconnu le phosphate de chaux et le phosphate ammoniaco-magnésien dans une concrétion de petite chienne. ( Annales de Cliim. et de Phys. , t. vi , p. 218. ) M. Gauthier de Claubry a vu que plusieurs calculs provenant de divers chiens contenaient, outre ces deux phosphates , une certaine quantité de carbonate de chaux ; enfin M. Lassaigne assure qu’un calcul , extrait de la vessie d’un chien par MM. Dupuy et Barthélemy , professeurs à l’Ecole d’Alfort , était composé d’urate d’ammoniaque et d’un peu de phosphate de chaux. ( Ann* de Chirn. et de Phys. , t. ix. )

Des Concrétions intestinales .

196 1 . 11 se forme assez souvent, dans les intestins et dans l’estomac des animaux , des concrétions dont la nature est très-variable, et auxquelles on donne le nom de hézoards *. Ces concrétions ont été principalement analysées par Fourcroy et M. Vauquelin. Us en distinguent sept espèces. (4e voL du Muséum d? Histoire naturelle , pag. 829.)

La première est composée de phosphate ammoniacomagnésien et d’un peu de matière animale. Quelquefois elle présente çà et là des fibres végétales. Sa couleur est d’un gris brun , sa compacité assez grande , sa texture rayonnée, son poids ordinairement de plus de six kilogrammes , sa forme sphéroïdale quand l’intestin ne renferme qu’un seul calcul, et triangulaire , en raison des frottemens produits quand il en renferme plusieurs. C’est dans les animaux herbivores et particulièrement dans les

t)ES CONCRÉTIONS INTESTINALES. 7 4 1

chevaux , qu’on rencontre ces sortes de calculs. Le phosphate de magnésie provient des alimens dont ces animaux se nourrissent. L’ammoniaque sans doute est un produit de la digestion.

La deuxième espèce n’est formée que de phosphate de magnésie et d’un peu de matière animale ; elle est demitransparente , jaunâtre, en couches concentriques, bien moins fréquente que la première, et plus rare aussi que la troisième.

La troisième est un phosphate de chaux légèrement acide , contenant quelquefois un peu de phosphate de magnésie. Celle-ci est formée de couches concentriques très-fragiles et qui se séparent facilement les unes des autres : elle est blanche , légèrement soluble dans l’eau , et rougit le tournesol d’une manière sensible.

La quatrième ne paraît être autre chose que des grumeaux de matière jaune de la bile , adhérens les uns aux autres.

La cinquième est fusible , très-combustible , décomposable par le feu , et plus ou moins analogue aux matières résineuses. Les couches dont elle est formée sont lisses , polies , douces au toucher et très-cassantes. C’est à cette espèce qu’appartiennent les bézoards orientaux auxquels on attachait tant de prix autrefois , en raison des vertus médicales dont on les supposait doués. Elle a souvent pour noyau des coques d’un fruit gros au plus comme une noisette. Elle nous vient d’Asie ou d’Afrique. On suppose qu’elle est due à des résines séparées des végétaux qui servent d’alimens aux animaux, dans les intestins desquels elle se trouve. Ces animaux sont presque toujours inconnus.

La sixième espèce provient évidemment du boletus ignia rius , dont les débris encore très-distincts sont liés par un suc animal. Cette espèce, formée, comme presque toutes les précédentes , de couches concentriques , est très- légère.

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