DES CONCRÉTIONS INTESTINALES
et quelquefois recouverte d une croûte de phosphate amraoniaco-magnésien.
La septième est composée de poils que les animaux avalent quelquefois et qui s’agglutinent 5 elle est jaunâtre t on la désigne ordinairement par le nom & ëgagropile.
1961 bis. On rencontre aussi quelquefois des concrétions dans les intestins de l’homme : leur formation par aît dépendre de circonstances accidentelles. "Voici ce qu’on lit à ce sujet dans l’ouvrage déjà cité du docteur Marcel'
i°. Qu’un calcul de la grosseur d’une noix , blanc dans l’intérieur, léger, spongieux, très-friable, sans couches distinctes , formé principalement d’un mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien , a été trouvé dans le rectum d’un enfant né avec un anus imperforé , et dans lequel il paraissait y avoir une communication entre le rectum et la vessie.
2°. Que M. Bran de a eu occasion d’observer il y a quelques années , chez un individu qui faisait par goût un usage journalier de la magnésie des concrétions considérables qui étaient entièrement composées de carbonate de celte terre , et auxquelles le mucus servait de lien.
3°. Que les docteurs Marcet et Wollaston ont fait l’analyse de concrétions qui avaient jusqu’à un pouce et demi de circonférence, et qui étaient de nature caséeuse..
4°. Enfin qu on trouve en Ecosse, dans la basse classe du peuple qui mange du pain d’avoine , des concrétions en couches concentriques et alternatives, formées d’une part d’un mélange de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien , et d’autre part d’une substance veloutée, compacte et brunâtre , provenant des petites arêtes situées à l’une des extrémités de la semence de l’avoine*
Des Concrétions arthritiques.
1962. Les personnes sujettes depuis long-temps à la goutte nous offrent parfois, dans leurs articulations, des dépôt mous et friables qui ressemblent à de la craie. Ce n’est que depuis 1797 que nous en connaissons la nature : alors M. Wollaston les soumit à l’analyse , et trouva qu’ils étaient formés d’acide urique et de soude.
Depuis Celte époque , M. Vogel eut l’occasion d’analyser une de ces concrétions, qui contenait, outre de l’urate de soude, de l’urate de cliaux et un peu de sel marin. ( Bulletin de Pharmacie , tom. ni, pag. 568.)
Des autres Concrétions quon rencontre dans les animaux .
Voyez 1920 et 1989.
SECTION VII
Des Matières molles et solides .
De la Matière cérébrale.
Tq63. La matière cérébrale est une pulpe en partie blanche et en partie grise , qui se trouve contenue dans la boîte osseuse du crâne, et qui donne naissance à la moelle épinière ainsi qu’à tous les nerfs : elle est d’autant plus abondante dans les animaux, qu’ils ont plus d’intelligence. C’est une des matières du règne animal qui se putréfie le plus facilement , car il est difficile de la conserver fraîche en été pendant vingt-quatre heures : c’est aussi l’une de celles dont ! incinération est la plus longue.
M. Vauquelin , qui a analysé la matière cérébrale de rhomme, l’a trouvée formée de 80,00 d’eau, 4?53 de matière grasse blanche , 0,70 de matière grasse rouge , 1,12 d’osmazômc, 7,00 d’albumine, i,5o de phosphore uni aux matières grasses blanche et rouge, de 5,i5 de soufre, et de différens sels . entre autres de phosphate acide de potasse , de phos-
^5ô DES MATIÈRES MOLLES ET SOLIDES.
phates de chaux et de magnésie. {Ann. de Chimie, t. lxxxî, p. 65.)
Parmi toutes ces substances , ii en est trois dont nous n’avons pas encore étudié les propriétés : l’une est la matière grasse blanche, l’autre la matière grasse rouge , et la troisième l’osmazome.
La matière grasse blanche est concrète , mais molle et poisseuse } l’aspect en est satiné et brillant ; elle tache les papiers à la manière des huiles -, elle est soluble à chaud dans l’alcool ; elle ne s’y dissout pas sensiblement à froid • elle ne se dissout pas non plus dans une solution de potasse caustique-, elle ne rougit point la teinture de tournesol ; mais si on la calcine , elle acquiert bientôt cette propriété à un. très-haut degré 5 l’acide qui se forme est de l’acide phosphorique. Si , au lieu de la calciner seule , 011 la calcine avec la potasse ou le nitrate de potasse, on obtient alors du phosphate de potasse.
La matière grasse rouge possède , comme la matière grasse blanche , la singulière propriété de donner naissance à de l’acide phosphorique par la calcination. Elle est un peu plus soluble à chaud et à froid dans l’alcool que la matière grasse blanche. Elle diffère surtout de la matière grasse blanche par moins de consistance et par une odeur analogue à celle de la matière cérébrale , mais bien plus forte * de sorte qu’il est probable que c’est par elle que la matière cérébrale est odorante. Toutefois ces différences sont trèsfaibles : aussi M. Yauqueiin n’assure-t-il pas qu’on doive considérer ces deux matières grasses comme essentiellement distinctes l’une de l’autre. On les obtient comme il suit : on fait bouillir à plusieurs reprises de l’alcool sur la matière cérébrale ; on filtre à chaque fois , on réunit les liqueurs , et on les laisse refroidir } il s’en dépose une matière plus ou moins îamelleuse ; c’est la matière grasse blanche. Evaporant ensuite jusqu’en consistance de bouillie la
, DE LA PEAU* ^5l
liqueur alcoolique qui contient la matière grasse rouge et Fosmazome, et mettant cette bouillie en contact avec l’alcool à froid, Fosmazome se dissout toute entière, tandis qu’il ne se dissout presque pas de matière grasse rouge.
11 ne sera question de Fosmazome que plus tard ( 1977 bis ) , sous le nom de matière extractive du bouillon .
A quel état le phosphore est-il dans ces deux matières ? Il n’y est probablement ni à l’état d’acide ni à l’état de phosphate , puisque ces matières ne rougissent point la teinture de tournesol ; qu'en les traitant par une dissolution chaude de potasse, il ne se forme point de phosphate et ne se dégage point d’ammoniaque , et qu’on ne peut y démontrer la présence d’aucun sel. Il faut donc qu’il y soit, comme dans la laitance de carpe , uni aux principes mêmes de ces matières, et considéré comme l’un d’eux.
C’est ce corps qui rend la matière cérébrale si difficile à incinérer : en s’acidifiant , il recouvre de toutes parts les molécules combustibles, et les protège contre l’action de 1 air : aussi favorise-t-on singulièrement l’incinération en lavant de temps en temps le charbon.
De la Peau .
1964* La peau est composée de trois parties appliquées les unes sur les autres : de l’épiderme ou cuticule , du tissu réticulaire et du derme ou vraie peau. Celle-ci est placée immédiatement sur la chair : au-dessus d’elle se trouve la seconde , et la première est extérieure.
i960. Epiderme. — L’épiderme est une membrane mince, blanche, élastique, sèche, transparente, écailleuse, beaucoup plus distincte dans l’homme que dans la plupart des autres animaux. Il se sépare assez facilement du reste de la peau par la macération dans l’eau chaude. Soumis à la distillation, il donne beaucoup de sous-carbonaie d’ammoniaque^ il est insoluble môme dans Feau bouillante; il
Test également dans l’alcool. Les acides sulfurique et hydro-çhloriquè étendus l'attaquent à peine ; la potasse et ia soude le dissolvent complètement.
1966. Tissu réticulaire. — Ce tissu , siège des papilles nerveuses destinées à la perception du tact , est si fin , qu’il est impossible de le séparer , et que plusieurs anatomistes en ont nié l’existence : c’est dans ce tissu que paraît résider la matière colorante delà peau des nègres.
1967. Derme , ou Peau proprement dite. — Le derme est une membrane , épaisse , dure, assez dense , composée de libres entrelacées et disposées comme les poils d’un feutre. Chauffé dans une cornue , il se fond , se boursoufle , se décompose , et donne de l’huile très-fétide, du sous-carbonate d’ammoniaque, etc. Mis en contact avec les acides étendus d’eau, à la température ordinaire , il se ramollit, se gonfle , devient presque transparent , et se dissout en partie • il se comporte de ia même manière avec les dissolutions alcalines^ il éprouve aussi , jusqu a un certain points de semblables phénomènes par son séjour dans l’eau froide* L’eau bouillante, après l’avoir gonflé, finît par le dissoudre p res qu’ entièrement : en se refroidissant , la liqueur se prend en gelée. C’est même en traitant ainsi les rognures de peaux qu’on prépare une grande quantité de colle-forte pour le besoin des arts (1789).
Cette colle nous paraît être un produit de Faction dé l’eau sur le derme, car celui-ci est absolument insoluble dans l’eau froide , et n’est même complètement attaqué par l’eau bouillante que dans un espace de temps assez considérable. L’alcool, l’éther, les huiles , ne sont point capables d’en opérer la dissolution.
1968. Du Tannage. — Le tannage est une opération par laquelle on combine le tannin avec la peau proprement di te. La peau tannée prend le nom de cuir. L’art de tanner les peaux peut être divisé en quatre parties.
DE LA l1 E AU.
La première a pour objet de les écorner et de les laver.
La deuxième consiste à les débourrer , ou bien à enlever le poil qui les recouvre : à cet effet , on les plonge , à la température ordinaire , dans une dissolution très -faible d'alcali ou d’acide, pendant un certain nombre de jours: elles se gonflent, se distendent, et leurs pores s’ouvrent de manière qu’on peut en arracher facilement tout le poil. Lorsqu'on se sert de liqueur alcaline , c’est la chaux qu’on emploie ; lorsqu’on se sert de liqueur acide, on fait usage quelquefois d’eau aigrie par un mélange de farine d’orge et de levure ; d’autres fois de jusée, c’est-à-dire , d’eau aigrie par son contact avec la tannée ou le tan usé (a) } quelquefois enfin de jusée aiguisée d’acide sulfurique. Certains tanneurs opèrent encore le débourrement en plaçant les peaux les unes sur les autres, dans un lieu dont la température est élevée : bientôt il s’établit une fermentation qui produit sur la peau le même effet que les alcalis et les acides : cctle manière de débourrer est connue sous le nom de procédé à V échauffe. Dans tous les cas , on met ensuite îes peaux sur le chevalet, 011, à l’aide d’un couteau rond qui 11e coupe ni du milieu ni des talons, on enlève nonseulement le poil, mais encore l’épiderme. La séparation de l’épiderme est nécessaire , car ce corps ne se combinant point avec le tannin empêcherait celui-ci de pénétrer du côté du poil.
3°. Lorsque le poil est enlevé , l’on plonge les peaux dans une eau courante pour les ramollir ; puis on les écharne et on les étire, ce qui se fait en enlevant la chair avec la faux, les plongeant de nouveau dans l’eau , mais seulement pendant quelques heures, elles pressant forte-
(«) On appelle tannée le lan deuil on s’est déjà servi pour launer les peaux, et qui est par conséquent privé de tannin. En le mettant en contact avec l’eau, ceile-ci finit par s’acidiiier. L’acide qui se lornae est ptobableoieiH <le i’acide acétique.
ment avec Je couteau rond. Cette dernière manipulation a encore pour but de séparer les restes d’épiderme , et de faire sortir , lorsqu’on s’est servi de chaux, la portion de cet alcali qui a pu pénétrer dans le tissu de la peau.
4°. Les peaux destinées à former des cuirs à œuvre, telles que celles de veau pour empeigne, celles de vache pour baudrier, doivent être tannées immédiatement après avoir subi toutes les préparations dont nous venons de parler; mais celles que l’on destine à former des semelles et autres cuirs forts, doivent en subir encore une autre que l’on appelle gonflement : celui-ci s’opère en plongeant les peaux dans des dissolutions faibles d’alcali ou d’acide , de meme que pour le débourrement : par ce moyen , on ouvre davantage les pores de la peau ; elle devient plus épaisse * demi -transparente , et capable de recevoir une plus grande quantité de tannin.
5°. Au gonflement succède le passement , qui s’exécute en tenant les peaux, pendant quelque temps, dans une eau cù l’on a mis quelques écorces.
6°. Enfin Ton procède au tannage. C’est au moyen d’écorce réduite en poudre, et qui , sous cette forme , prend le nom de tan , qu’on fait cette dernière opération : l’écorce que l’on emploie le plus souvent est celle de chêne.
L’opération se fait ordinairement dans des cuves rondes ou carrées , qui prennent le nom d ejosses , et qui peuvent être construites en bois ou en maçonnerie ; leurs bords sont à fleur de terre. Pour, les cuirs forts, l’on établit d’abord au fond delà cuve une couche de 16 centimètres de tan qui a déjà servi ; l’on recouvre cette couche d’une autre de 27 millimètres de tan neuf. Sur celle-ci l’on étend une peau ; sur cette peau l’on forme une seconde couche de tau neuf, et ainsi de suite jusqu’à ce que la fosse soit pleine; puis on recouvre le tout de 16 centimètres de tannée ou tan usé que l’on foule aux pieds, et