MOYENS DE PRÉVENIR LA PUTRÉFACTION
dégageant une portion de Tenu de l’aliment , ou bien encore en changeant les propriétés de 1 aliment même ? c’est ce que nous ne savons pas : peut-être que ces trois causes exercent simultanément leur influence.
3°. Cuisson et soustraction du contact de l'air. — Lorsqu’on fait cuire les alimens ou qu’on les fait seulement chauffer à 8o°, et qu’on les place dans des vases bien fermés de manière à les abriter du contact de l’air, leur conservation est de bien plus longue durée. M. Appert de Massy est parvenu , par ce moyen , A conserver toutes espèces de légumes , de poissons , de viandes, etc. pendant des années entières. Sa fabrique est établie aux Quinze-Vingt, et ses procédés se trouvent décrits dans une brochure qui a déjà eu plusieurs éditions.
4°. Emploi du sublimé corrosif. — Le sublimé corrosif est employé pour conserver les cadavres. C’est à M. Chaussier qu’on doit ce procédé de conservation. Il consiste à mettre le cadavre , bien vidé et lavé , dans une eau qu’on tient toujours saturée de sublimé corrosif. Ce sel se combine peu à peu avec les chairs , les affermit , les rend imputrescibles et inattaquables par les insectes , les vers. J’ai vu une tète ainsi préparée quia été exposée, tantôt au soleil , tantôt à la pluie , pendant un grand nombre d’années , sans avoir subi la moindre altération : elle était peu déformée et très-reconnaissable, quoique les chairs fussent devenues presqu’aussi dures que le bois. Sans doute que, parmi les matières dont les anciens se servaient pour embaumer les corps, celles qui étaient essentiellement conservatrices agissaient de la même manière que le sublimé corrosif.