DES FUMIGATIONS
de certaines maladies , sont toujours plus ou moins dangereuses à respirer. Pendant long-temps l’on a cherché vainement les moyens de les détruire. Enfin M. Guyton nous en a fait connaître un qui ne laisse rien à desirer. 11 consiste à répandre , dans le lieu où se forment ces exhalaisons , une certaine quantité de chlore gazeux. S’agit-il de purifier l’air d’un amphithéâtre de dissection , l’on met dans une terrine un mélange de 260 grammes de sel marin et de 70 grammes d’oxide de manganèse ; l’on verse dessus is5 grammes d’acide sulfurique, que l’on étend auparavant de ia5 grammes d’eau 5 l’on place la terrine sur quelques charbons incandescens , et l’on ferme l’amphithéâtre. Au bout de vingt-quatre heures , et même de douze heures la fumigation est terminée : alors on ouvre les portes et les fenêtres , on emporte la terrine , et bientôt on ne sent ni l’odeur cadavéreuse ni celle du chlore. Le procédé doit être modifié lorsqu’on veut purifier l’air de salles remplies de malades : il faut éviter de répandre une trop grande quantité de chlore. Pour cela , on introduit seulement 5o à 60 grammes de sel marin avec les quantités convenables d’oxide de manganèse et d’acide sulfurique étendu d’eau , dans une fiole que l’on chauffe légèrement $ l’on fait le tour de la salle en tenant la fiole à la main , puis l’on se retire. Si , au bout de quelques minutes , l’air de la salle conserye une très-légère odeur de chlore , c’est une preuve qu’une seule fumigation est suffisante; si cette odeur, au contraire, disparaît toute, entière, il faudra répéter l’opération , etc. D’ailleurs, le elfiore agit dans ce cas comme nous l’avons exposé en parlant en général de Faction de ce corps sur les substances végétales ( 1279 ).
J’ai été à meme d’observer que quand on était obligé de respirer pendant long-temps un air malfaisant comme celui d’un marais ou de fossés fétides , il était très-utile de se
moyens de prévenir la putréfaction. 787
laver les mains de temps en temps avec une solution concentrée de chlore : celui-ci s’attache à la peau à tel point qu’il s’en dégage encore du chlore au bout de cinq à six heures, et que, par conséquent, au moyen de celle précaution , l’on est presque toujours exposé à une faible émanation de ce gaz , par l’habitude que l’on a d’approcher les mains de la figure. Ce gaz n’agirait-il point alors surtout comme excitant?
Des Moyens de prévenir la Fermentation putride.
201 1. Les moyens connus jusqu’à présent, de prévenir la fermentation putride, sont au nombre de huit : la dessiccation, le froid, la cuisson et la soustraction du contact de l’air, l’emploi du sel marin, celui des acides, celui de l’alcool, celui du sublimé corrosif et de quelques autres matières» Nous avons déjà parlé , sous ce point de vue, de la dessiccation, du froid, du sel marin et de i’esprit-cle-vin (1746)* 11 ne nous reste donc plus qu’à parler des autres a gens.
i°. Acides. — Depuis long-temps , 011 sait que les viandes marinées dans le vinaigre se conservent très-bien. Celte propriété n’est point particulière à l’acide acétique ; elle est commune à tous les acides un peu forts. Que l’on prenne, par exemple, de l’eau chargée d'un cinquantième ou d’un soixantième d’acide sulfurique ou d’acide hydrochlorique, qu’on y plonge de la viande pendant quelques heures , ou mieux encore qu’on la tienne dans le liquide bouillant pendant 7 à 8 minutes, et elle pourra se garder 20 , iS jours et plus. L’acide agit probablement en se combinant avec la substance même.
20. Cuisson. — On sait aussi, depuis très-long-temps , que la cuisson retarde ou suspend la putréfaction des ali— mens. Mais comment agit- elle? serait-ce en coagulant certaines matières dont la décomposition est facile , ou bien eu