‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 52 sur 182 · DES BAUMES · texte numérisé non relu

DES BAUMES

qu’il prend de baume en coque. Blanc -jaunâtre et presque liquide d’abord , il devient ensuite brun et très-épais. Son odeur est suave , et sa saveur âcre et amère.

L’autre est beaucoup plus commun que le précédent ., d’un rouge brun , d’une consistance sirupeuse ; son odeur est agréable , et sa saveur âcre et piquante. •

1555. Baume de Tolu. — Récent, il est liquide ; il acquiert ensuite peu à peu une consistance solide et devient cassant; son odeur est agréable, et sa saveur âcre et amère.

On l’exjcait par incision de l’écorce du toluifera balsa mum , qui croît dans la province de Tolu , près Carthagène en Amérique.

1556. Benjoin. — Solide , d’un rouge brun, offrant le plus souvent çâ et là des grains ou des larmes d’un blanc jaunâtre , friable 3 d’une cassure vitreuse , d’une odeur agréable , d’une saveur peu marquée.

Il s’extrait par incision de plusieurs arbres , et surtout du laurus benzoe , qui croît à Siam , à Java et dans plusieurs autres endroits de l’Inde. On l’emploie non-seulement en médecine , mais encore pour obtenir l’acide benzoïque (i362) , et comme cosmétique. Le plus estimé est celui qui est parsemé de taches blanchâtres : il prend le nom de benjoin amygdalin.

Suivant M. Bucholz , s5 gros de benjoin choisi sont composés de :

gros. grains.

Résine de benjoin. . .

Acide benzoïque. . .

Substance analogue au baume du Pérou.

Principe particulier aromatique-, soluble dans l’alcool et dans l’eau.

Débris ligneux et impuretés .

M. Bucholz a proposé pour retirer l’acide benzoïque le procédé suivant: « Versez , dit-il , dans un matras (\ parties

DES BAUMES.' ' 2gi

1) d’alcool sur une partie de benjoin pulvérisé. Filtrez après » quelques jours de digestion. Introduisez alors la solution » alcoolique dans une grande cornue de verre ou dans un « alambic de cuivre contenant douze fois autant d’eau dis- » toi ee. Retirez , par la distillation , la totalité de l’alcool. » . ’i Irez bouillante la liqueur aqueuse qui restera dans la » cucuibite , et placez-la dans des terrines pour la mettre à » cristalliser. Dissolvez encore une fo s le dépôt rési- » lieux dans 3 parties d’alcool, et traitez cette teinture » comme la première. Réunissez les eaux-mères , que vous » réduirez par l’évaporation au huitième de leur volume » et Séparez ainsi la totalité de l’acide benzoïque par il » cristallisation. On le purifie en le faisant bouillir pendant » un quart d’heure dans une bassine d’argent , d’étain , ou » dans une terrine vernissée , avec 5o à 6o parties d’eau » bouillante et avec son poids de charbon nouvellement » calcine. La liqueur filtrée bouillante laisse cristalliser » par le refroidissement , de l’acide benzoïque en très-

» belles aiguilles blanches. » ( Bulletin de Pharmacie, tom. v, p. tyy.)

« M. Suersen extrait l’acide benzoïque du benjoin par » un procédé que nous croyons aussi devoir rapporter

» L auteur fait bouillir 4 onces de benjoin en poudre

» avec 3 gros de carbonate de soude et une quantité suffi-

» santé d’eau pendant une heure ; on retire le benjoin que

« Ion remet, après l’avoir réduit en poudre, dans la

» même liqueur , et l’on fait bouillirencoreune demi-heure '

» Après plusieurs ébullitions et triturations alternatives *

» la soude se trouve entièrement saturée. Le liquide donne'

» par l’acide sulfurique, 5 gros d’acide benzoïque très-pur’

* ^ CIU1 vaut 2 onces et demie d’acide par livre de benjoin. »’

( vinn. de Chimie, (om. lxix , p. 297.)

,557- Storax calamite - Ce baume est solide, rou-

2ÇP DU CAOUTCHOUC. I

geâtre , d’une odeur suave qui tient de celle du benjoin, et d’une saveur âcre. Quelquefois il est sous forme de larmes pures, mais le plus souvent en masse friable, mêlé de beaucoup de sciure de bois.

On l’extrait par incision du storax officinale , qui croit dans le Levant.

i558. Styrax liquide. — D’un gris verdâtre plus ou moins foncé, opaque, d’une consistance de miel, d’une odeur moins agréable que celle du storax calamite , d’une saveur âcre.

Il paraît provenir de la décoction des jeunes branches du liquidambar slyraciflua , qui croît surtout en Virginie et au Mexique.

Du Caoutchouc .

iââp. Propriétés. — Le caoutchouc, nommé aussi gomme élastique , résine élastique , est une substance solide, blanche, inodore, insipide, molle, flexible, extrêmement élastique r-assez tenace, qui fut apportée d’Amérique en Europe au commencement du dix -huitième siècle. Sa pesanteur spécifique est de 0,9335, suivant Brisson.

Cette substance entre en fusion à une température peu élevée, et prend la consistance de goudron, qu’elle conserve même après son refroidissement. En la distillant, on en retire une certaine quantité d’ammoniaque. Mise en contact avec la flamme d’une bougie, elle prend feu promptement, brûle avec rapidité et répand une odeur fétide. Elle est inaltérable â l’air, insoluble dans l’eau et dans l’alcool. Lorsqu’on en coupe une bande et qu’on la lient pendant long-temps dans l’eau bouillante , ses bords se ramollissent de telle sorte qu’cn les rapprochant et les tenant pressés l’un contre l’autre, ils finissent par adhérer ensemble avec beaucoup de force ( Grossart,

Yi U CAOUTCHOUC. 2()3

^//Z72. de Chimie , t. n, p. i/\$ ) : celte propriété a même été mise à profit pour faire des tubes de caoutchouc. Les huiles essentielles . sont le véritable dissolvant du caoutchouc; elles le dissolvent très-bien à chaud, surtout lorsqu’il a été raiîiolli dans l’eau bouillante, comme nous venons de le dire (à). L’éther sulfurique pur , privé par l’eau de l’alcool qu’il contient, dissout aussi le caoutchouc, mais moins bien que les huiles essentielles : l’alcool, qui a beaucoup d’affinité pour l’éther, trouble tout- à -coup cette dissolution.

Les alcalis, suivant M. Thomson, le transforment en une espèce de matière gîutineuse, mais n’en dissolvent que très-peu. L’acide nitrique agit sur lui avec assez de force, et s’empare d’une partie de son hydrogène et de son carbone. L’acide hydro-chlorique ne l’attaque pas.

L’on doit à M. Gough diverses expériences dont les résultats sont très-curieux : nous allons les citer. Que l’on prenne une lanière de caoutchouc d’environ 5 centimètres de longueur et de quelques millimètres d’épaisseur et de largeur : qu’on la plonge dans l’eau jusqu’à ce qu’elle se ramollisse, et qu’alors on la tende avec force, il se produira sensiblement de la chaleur; cette chaleur disparaîtra sur-le-champ en laissant la lanière revenir à son premier état, sans doute parce que le caoutchouc occupe plus de volume sous cet état que dans son état de tension. Que l’on tende de nouveau la lanière; qu’en cet état on la tienne

(a) Peut-être vaudrait-il mieux opérer J a dissolution du caoutchouc par l’huile essentielle dans la machine de Papin : alors il serait inutile de le ramollir d’abord; on le mettrait dans cette machine avec l’huile essentielle , par exemple, avec celle de térébenthine, et l’on soumettrait le tout à une chaleur d’environ 180 à *oo degrés, telle enfin que ni l’huile ni le caoutchouc ne se décomposassent. D’ailleurs, on parviendrait aussi bien plus facilement à ramollir le caoutchouc en le traitant par l’eau dans la machine de Papin que dans un vase ouvert , parce qu’on élèverait la température au degié que l’on désirerait.

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