DU CAOUTCHOUC
plongée dans l’eau froide pendant une à deux minutes, on verra, en abandonnant l’un de ses bouts, qu’elle aura perdu beaucoup de son élasticité 5 mais elle la reprendra toute entière par la chaleur de la main ou celle de l’eau.
1560. État naturel , Extraction. — Ee caoutchouc se trouve contenu en quantité assez considérable dans Yhœvea caoutchouc , le jairopa elastica, le ficus indica et Y artocarpus integri folia , qui sont, les deux premiers, des arbres de l’Amérique méridionale ; et les deux derniers , des arbres des Indes orientales. Pour extraire le caoutchouc de ces arbres, il suffit de les inciser; il en sort un suc laiteux qui peu à peu absorbe l’oxigène de Pair , suivant Pourcroy , et se prend en une masse blanchâtre qui est le caoutchouc même. Ce n’est point sous cet état que le caoutchouc nous vient d’Amérique; il nous arrive le plus souvent sous la forme de poire. A cet effet, les naturels font un moule pyriforme en terre; et après avoir appliqué une première couche de suc sur ce moule, ils la font sécher en l’exposant à la fumée; ils en appliquent ensuite une seconde , une troisième , etc., qu’ils font sécher successivement comme la première; puis ils brisent le moule et le font sortir en fragmens par un trou qu’ils ménagent au haut de la poire : d’ailleurs , ils font quelquefois sur ces poires des dessins en creux, avant qu’elles aient acquis tout le degré de consistance qui leur est propre.
Les arbres que nous venons de citer ne sont pas les seuls qui contiennent du caoutchouc; on le trouve encore dans plusieurs autres, et même dans un grand nombre de plantes, particulièrement dans les diverses espèces de guy ; mais il e^t souvent mêlé avec diverses substances immédiates ; de sorte que , pour l’obtenir pur, I on est obligé de le séparer chimiquement de ces substances. L’on connaît même une sorte de caoutchouc fossile ( ir 5(j ).
1561 . Composition. — Quoiqu’on n’ait point encore