‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 58 sur 182 · DU CAMPHRE · texte numérisé non relu

DU CAMPHRE

grand , le camphre se condenserait sous forme de neige trèsvolumineuse; il faut nécessairement que la partie contre laquelle vient se rendre la vapeur de camphre soit toujours maintenue à une température uii peu moindre seulement que 175° : sans cela, le camphre ne se réunirait point en masse et ne serait point demi-transparent. Sept à huit heures sont nécessaires pour la sublimation de deux livres et demie de matière.

On trouve , dans les Annales de Chimie et de Physique ( t. vin , p. 78 ) , une méthode beaucoup plus abrégée : on conseille de distiller le camphre dans une cornue ou dans une chaudière en forme d'alambic ; de tenir le sommet et le col du vase assez chauds pour que le camphre ne puisse s'y solidifier ( ce qui aura lieu tout naturellement si la distillation est rapide ) , et de recevoir le camphre liquide dans un récipient de cuivre étamé , formé de deux hémisphères juxta-posés. Lorsque le camphre est solidifié dans l’hémisphère inférieur, on le détache en chauffant un peu cet hémisphère, après avoir enlevé l’hémisphère supérieur. Ainsi raffiné , le cliamphre est aussi beau que préparé

par voie de sublimation , et le raffinage coûte beaucoup . »

moins.

Si l’on voulait se procurer le camphre des labiées, il faudrait d’abord en extraire l’huile et l’exposer ensuite à 1 air a une température de 22 degrés ; l’huile s’évaporerait peu à peu , et le camphre resterait presque tout entier sous forme cristalline. M. Proust en a retiré, par ce procédé, 0,10 de l’h uile de romarin , de marjolaine ; o,i25 de celle de sauge, et 0,25 de celle de lavande.

i565. Propriétés. — • Le camphre raffiné est solide, blanc, transparent, cassant; son odeur est forte ; sa saveur acre , et sa pesanteur spécifique , suivant Brisson , de 0,9887. M. de Saussure a trouvé que, à io°,5, il avait une force élastique égale à \ millimètres.

DU CAMÎHKE.

Que l’on projette sur l’eau quelques petits grains de camphre, ils s’agiteront bientôt et tourneront très-sensiblement sur eux-mêmes ; que l’on place en partie dans l’eau et en partie dans l’air une colonne de camphre de 4 ou 5 millimètres de diamètre , cette colonne communiquera à l’eau un mouvement de va et vient, et se trouvera coupée au bout de quelques jours. Dans les deux cas, il suffit de verser une goutte d’huile sur la surface du liquide pour empêcher les phénomènes d’avoir lieu. ( Ann . de Chimie , t. xxi , xxxvii, xl, xlviii ; et Annales de Chimie et de Physique 9 t. iv^ p. 3 10. )

Le camphre , en vertu de sa tension , se vaporise dans l’air à la température ordinaire ; voilà pourquoi l’on trouve si souvent des cristaux transparens au haut des vases dans lesquels on le conserve ; c'est aussi pour cette raison qu’il peut servir, comme l’alcool, à produire une lampe sans flamme : en effet , mettez un morceau de camphre sur un support convenable , et placez au-dessus un fil de platine roulé en spirale et chauffé au rouge ; le fil conservera son incandescence, ou la reprendra même s’il l’avait perdue, et restera dans cet état jusqu’à ce que tout le camphre soit consumé.

À peine est-il en contact avec un corps en combustion qu’il prend feu : il brûle sans résidu.

L’eau n’en dissout que des quantités insensibles , et cependant elle ne peut être en contact avec ce corps sans prendre l’odeur qui le caractérise. L'alcool , au contraire , 1

en dissout une grande quantité, environ les 0,^5 de son poids. La dissolution est incolore, très-âcre, même caustique; elle est décomposable par l’eau , qui en précipite subitement le camphre en flocons.

Les huiles fixes et les huiles essentielles possèdent aussi la propriété de dissoudre le camphre : elles en dissolvent plus à chaud qu’à froid, et en laissent déposer par le

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refroidissement sous forme de cristaux, lorsqu’elles ont été saturées à chaud.

Les dissolutions alcalines paraissent être sans action sur le camphre , ou du moins elles n’en dissolvent que des portions extrêmement petites : il n’en est point de même des acides.

L’acide nitrique, par une douce chaleur, dissout facilement le camphre ; il en résulte une liqueur qu’on appelait autrefois huüe de camphre , à cause de son aspect oléagineux , et dont l’eau opère sur-le-champ la décomposition , de même que celle de l’alcool camphré. En augmentant la chaleur, l’acide et le camphre se décomposent réciproquement : 1 acide camphorique est l’un des produits de cette décomposition (1412).

L’acide sulfurique concentré nous offre avec le camphre des phénomènes très-remarquables, qui ont fixé d’abord rattention de M. Hatchett , et qu’ensuite M. Chevreul a examinés avec une grande exactitude. En mettant en contact 3o grammes de camphre avec 60 grammes d’acide sulfurique , le mélange ne tarde point à jaunir et à brunir ; pour peu qu’on le chauffe , il s’en dégage beaucoup de gaz sulfureux. Si, au bout de deux heures , l’on verse sur le résidu 60 autres grammes d’acide, et qu’on procède à la distillation , il passera dans Je récipient de l’acide sulfuriquefaible , de l’acide sulfureux , une huile volatile jaune dont l’odeur sera celle de camphre; et si , lorsqu’il n’y a presque plus de liqueur dans la cornue , l’on traite par l’eau bouillante, à plusieurs reprises, le nouveau résidu qui est tout noir, il se partagera en deux parties : en une matière noire insoluble , qui est une combinaison d’acide sulfurique et de charbon très-hydrogéné , et en une substance astringente soluble, qui est formée d’acide et d’une matière particulière. C’est de la distillation qui provient de l’action de l’eau sur le second résidu qu’on obtient le

3o2 des veiustis.

tannin artificiel de M. Hatchett : il suffit d’en saturer l’excès d’acide par l’eau de baryte , de filtrer et de faire évaporer la liqueur. (. Arm . de Chimie , t. lxxiii , pag. 167.) (<2).

Parmi les autres acides , il parait qu’il en est plusieurs qui comme l’acide nitrique , peuvent dissoudre le camphre.

Suivant M. de Saussure, ce corps peut absorber près de t 44 son vo^ume de gaz hydro-chlorique à la température de io°, et sous la pression de om,7^6 , et former un liquide incolore, transparent , qui se trouble au contact de l’air , parce que la vapeur de celui-ci s’unit tout de suite à l’acide et détruit son action sur le camphre.

i566. Composition . Le camphre vient d’être analysé par M. de Saussure : il l’a trouvé composé de 74,38 de carbone*, de 10,67 d’hydrogène, de 14,61 d’oxigène, et de o,34 d’azote. {Ann. de Chim. et de Phys., t. xiii^ p. 277. ) La quantité d’azote est si petite qu’elle peut être regardée comme étrangère.

1667. Le camphre de toutes les espèces de Iciutus est sans doute identique; mais, suivant M. John Brown , celui qu’on extrait de l’huile de thym est doué de propriétés particulières : par exemple, il ne se dissout pas dans l’acide nitrique.

11 en es! de même du camphre artificiel , dont la composition d’ailleurs est très-différente de celle du camphre proprement dit : on pourrait donc, jusqu’à un certain point, distinguer plusieurs espèces de camphre.

Des Demis.

1 5 y r . Les vernis sont des espèces de liquides qu’on applique en couche mince sur les corps , pour les préserver

pt) TNe serait-ce nas de l’acide bypo-sulfurique qui ferait partie des nouveaux composes' qui se produisent ? cela est probable aujourd’hui.

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