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i Ôço. Composition. — Lorsqu’on fait passer l’éther liydrochlorique très-sec à travers un tube de porcelaine chauffé seulement au rouge brun, on le transforme sensiblement en un mélange de parties égales en volume de gaz hydrogène per-carboné et de gaz hydro-chlorique ( Thénard ). Or , comme en ajoutant la densité de l’hydrogène carboné à celle du gaz hydro-chlorique, on obtient celle de la vapeur de cet éther, il s’ensuit que l’on doit considérer cettevapeur comme formée d’un volume de gaz hydro-chlorique et d’un volume de gaz hydrogène carboné, condensés en un seul. C’est , en effet , h cette conséquence que sont arrivés MM. Colin etRobiquet dans leurs observations sur l’éther hydro-chlorique. {Ann. de Chirn. et de Fhjs. ) tom. 1 , pag. 348 et suiv. )
i5qi. Etat naturel , Préparation. — L’éther hydrochlorique n’existe point dans la nature • on le forme en saturant l’alcool de gaz hydro-chlorique, ou bien encore en mêlant ensemble parties égales, en volume , d’alcool et d’acide hydro-chlorique liquide concentré , et chauffant le mélange. Après avoir introduit ce mélange dans une cornue de verre, 011 la place sur un fourneau par le moyen d’un triangle de fer , et l’on y adapte un tube à boule qui va se rendre au fond d’un flacon à trois tubulures , égal en capacité à la cornue qu’on emploie et à moitié rempli d’eau à 20 ou ^5°. La deuxième tubulure porte un tube droit de sûreté , et la troisième, un tube recourbé qui plonge dans une éprouvette longue , étroite , bien sèche et entourée de glace , qu’on renouvelle h mesure qu’elle fond. XI est bon de tenir- l’ouverture de l’éprouvette fermée par un bouchon percé d’un trou, pour donner issue à la petite portion de vapeur d’éther qui pourrait ne pas se condenser.
L’appareil étant ainsi disposé , on porte peu à peu la liqueur jusqu’à une légère ébullition. Alors, par l'action qu’exerce l’acide hydro-ehlorique sur les élémens de l’alcool, celui-ci se partage en hydrogène carboné et en eau ; l’hydrogène carboné s’unit à une portion de l’acide , et de là l’éther qui , déposant dans l’eau du flacon tubuléune petite quantité d’alcool et d’acide qu’il entraîne à l’état de mélange , arrive pur et gazeux dans l’éprouvette où il se condense. On juge que l’opération va bien lorsque les bulles ne se succèdent ni trop rapidement ni trop lentement dans le flacon intermédiaire. De 5oo grammes d’acide, et d’un volume d’alcool égal à celui de ces 5oo grammes, l’on peut retirer facilement 60 grammes d’éther.
si r on voulait l’obtenir à l’état de gaz, il faudrait adapter à la troisième tubulure du flacon un tube convenablement recourbé 9 qui irait s’engager sous des flacons pleins d’eau à la température de 20 ou ^5° 5 l’on pourrait encore se contenter de faire passer un peu d’éther liquide dans des éprouvettes pleines de mercure à cette même température.
Il 11e peut être conservé à l’état liquide que dans des flacons bouchés à l émeri , renversés et placés dans un lieu frais , par exemple , à la cave : encore est-il nécessaire de maintenir le bouchon avec de la peau et du fil.
1592. L’éther que l’on produit en traitant certains chlorures , surtout le deuto-chlorure d’étain fumant par l’alcool , est de l’éther hydro-ehlorique : la seule différence qui existe entre l’un et l’autre , c’est que l’éther fait avec l’acide est un peu plus volatil que celui qui est fait avec les chlorures.
1 592 bis. L’éther hydro-chlorique a été obtenu en grande quantité, pour la première fois , par M. Basse de Harneln , et étudié successivement par Geîilen , qui y a démontré l’existence de l’acide hydro-chlorique*, par M. Thénard et
DES ÉTHERS DU DEUXIÈME GENRE. 333 par M. Boullay. ( Mémoires dé Arcueil 9 tom. i , pag. n5 et 337.)
Ether hydriodique. — M. Gay-Lussac , à qui la découverte de cet éther est due, l’a obtenu en faisant un mélange de 2 parties, en volume, d’alcool, et de i d’acide hydriodique coloré, ayant 1,7000 de densité, distillant le mélange au bain-marie, et étendant d’eau le produit qui se rassemble peu à peu dans le récipient. L’éther se précipite sous forme de petits globules qui sont d’abord un peu laiteux , mais qui , en se réunissant , forment un liquide transparent. On le purifie en le lavant à l’eau froide à plusieurs reprises.
Cet éther ne rougit point le tournesol ; son odeur est forte et a de l’analogie avec celle des autres éthers; sa densité est de 1,9206 à 220, 3. Il prend , dans l’espace de quelques jours, une couleur rosée, qui n’augmente pas d’intensité avec le temps , et que la potasse et le mercure font disparaître sur-le-champ en s’emparant de l’iode auquel elle est due.
L’éther hydriodique entre en ébullition à la température de 68°, 8 , sous la pression de om*,76. 1 1 ne s’enflamme point parl’approched’uncorpsencombustion : seulementil exhale des vapeurs pourpres lorsqu’on le verse goutte à goutte sur des charbons incandescens. Le potassium s’y conserve sans altération. La potasse ne l’altère pas dans le moment; il en est de même du chlore , des acides nitrique et sulfureux. L’acide sulfurique concentré le brunit assez promptement. En le faisant passer dans un tube incandescent, il se décompose et se transforme en un gaz inflammable carburé, en acide hydriodique très-brun , en charbon et en flocons dont l’odeur est éthérée , que M. Gay-Lussac considère commeune sorte cl’éther formé d’aride hydriodique et d’une matière végétale différente de l’alcool. Ces flocons se fondent dans l’eau bouillante , et prennent , en se refroidis-
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sant la transparence et la couleur de la cire 5 ils sont beaucoup moins volatils que l’éther hydriodique , et laissent dégager beaucoup plus d’iode en les projetant sur des charbons embrasés. ( Annales de Chimie , tom. xci , pag. 89. )
On ne connaît point encore la proportion de ses principes eonstituans, et ce n’est même que par analogie que nous le mettons au rang des éthers formés d’acide et d’hydrogène carboné.
Des Ethers du troisième genre .
Dans ce genre se trouvent les éthers qui sontcomposés d’alcool et de l’acide employé pour les faire. On en connaît sept ; savoir: l’éiher nitrique , ou plutôt nitreux, l’éther acétique, l’éther benzoïque , l’éther oxalique, l’éther citrique , l’éther tartrique, et Félher gallique : les deux premiers sont plus volatils que l’alcool; les autres le sont beaucoup moins, car ils n’entrent en ébullition qu’au-dcssus de ioo°.
i5c)3. Ether nitrique. — L’édier nitrique est ordinairement liquide , d’un blanc jaunâtre ; il a une odeur analogue à celle des éthers sulfurique et hydro-chlorique , mais beaucoup plus forte : aussi produit-il , quand on le
respire , une sorte d’étourdissement. Il ne rougit point le
papier de tournesol. Sa saveur est âcre et brûlante; sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l’alcool et moindre que celle de l’eau; sa tension de om ,^58 à la température de 210 : sous cette pression , il bouillirait donc à cette température. Yersé sur la main , il entre sur-lechamp en ébullition , et produit un froid considérable; il suffit même de tenir ouvert entre les mains le flacon qui le renferme pour le voir s’échapper sous la forme de grosses bulles ; il prend feu avec la plus grande facilité , et brûle avec une flamme blanche et sans résidu.