‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 65 sur 182 · DES ÉTHERS 1)U DEUXIEME GENRE. B^C · texte numérisé non relu

DES ÉTHERS 1)U DEUXIEME GENRE. B^C

Des Ethers du deuxieme genre.

1588. Les éthers du deuxième genre sont ceux qui résultent de la combinaison de l’hydrogène per-carboné avec l’acide qu’on emploie pour les faire -, on en connaît deux, l’éther hydro-chlori que et l’éther hydriodique. On pourrait y placer, par appendice, l’hydro-per-carbure de chlore (vol. i p. 35 1).

1589. Ether hydro-chlorique. — Sous la pression de o™, 76 , cet éther est toujours gazeux au-dessus de 1 1° , et liquide à 1 1° et au-dessous.

Gazeux , il est incolore , sans action sur la teinture de tournesol, sur le sirop de violettes; son odeurest très-forte et analogue à celle de l’éther sulfurique; sa saveur sensiblement sucrée ; sa pesanteur spécifique , comparée à celle de l’air, de 2,219.

Liquide , il possède toutes ces propriétés , sinon qu’il est spécifiquement beaucoup plus pesant : alors , si l’on représente par l’unité le poids d’un volume d’eau , celui d’un même volume d’éther sera de 0,874 à la température de 5°. \ersé sur la main, il entre subitement en ébullition , et y produit un froid considérable. Exposé au rouge brun , l’éther hydro-chlorique se décompose et se transforme en gaz hydro-chlorique et en gaz hydrogène per-carboné ; une chaleur très-forte modifie ces résultats : il ne se lorme dans ce cas que du gaz hydrogène proto carboné , et il se dépose une quantité considérable de charbon.

Dans son contact avec l’air, l’éther hydro-chlorique prend feu sur-le-champ par l’approche d’une bougie, allumée ; sa flamme est verte : du gaz hydro-çhlorique , de l’eau et de l’acide carbonique sont les produits de cette; conabusti on. On obtient de semblables résultats en le mettant en contact à l’état de gaz avec l’oxigène , et décomposant le mélange,

soit par une bougie, soit par l’étincelle électrique. Si l’oxigène est à l’éther dans le rapport de 3 à i , il en résulte de plus une très-forte délonnation , à tel point qu’elle brise les eudiomètres ordinaires.

L’eau dissout un volume égal au sien de gaz éther hydrochlorique, sous la pression de om, ^5 , et à la température de i8°. La dissolution a une saveur sucrée et analogue à celle de la menthe.

Quoique très-soluble dans l’alcool, il en est séparé presqu’en totalité par l’eau.

Les acides sulfurique , nitrique et nitreux concentrés n’ont aucune espèce d’action sur cet éther à froid ; ils ne le décomposent qu’à chaitd \ ce n’est qu’à celte température qu’ils en mettent l’acide hydro-chlorique en liberté. 11 n’en est pas de même du chlore gazeux : son action est aussi vive à froid qu a chaud.

La potasse , la soude , l’ammoniaque ne décornposent pas sensiblement l’éther hydro-chlorique dans l’espace de quelques heures , à u^ne température inférieure à celle de l’eau bouillante ; sous queîqu’état qu’on présente ces corps les uns aux autres , la décomposition ne devient sensible que dans l’espace de plusieurs jours , meme lorsqu’on établit un contact intime entre l’éther et l’alcali , par l’alcool , qui a la propriété de les dissoudre tous deux : il ne commence , en eflet , à se former d’hydro-chlorate que le deuxième ou le troisième jour.

Le nitrate d’argent et le proto-nitrate de mercure , sels qui forment subitement des précipités dans les eaux où se trouve de l’acide hydro-chlorique libre ou uni à des bases salifîables , agissent sur l’éther avec tout autant de lenteur que les alcalis -, ils n’y occasionent aucun nuage sur-le-champ 5 on ne commence à en apercevoir que quelques heures après le contact : toutefois , trois mois après, la décomposition est bien loin d’être complète. Toutes ce%

DES ÉTHERS DU DEUXIÈME GENRE. 33l expériences se font facilement dans un petit flacon bouche

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