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avoir enveloppé sur ce tour l’extrémité de la pièce dont le reste plonge dans la teinture, on le met en mouvement, et bientôt il se charge de toute l’ctoffe ; alors on lui imprime lin mouvement contraire , pour que la partie plongée la première le soit la dernière à la seconde immersion. Quant à la laine en toison , on la met sur une espèce d’échelle très-large dont lès échelons sont très-i approchés.
Dans tous les cas, lorsque le corps est teint , on le lave à grande eau pour le priver de la matière colorante qui n’est que superposée.
1630. Après les considérations que nous venons de présenter sur la teinture, il ne nous reste plus, pour terminer ce que nous avons à dire à cet égard , qu’à faire connaître les substances d’où l’on extrait les principales couleurs rouges , jaunes et bleues; qu’à indiquer celles de ces matières qui sont solides et celles qui sont fugaces, et qu’à considérer en particulier quelques-uns des procédés que l’on emploie de préférence dans les arts.
Des Teintures rouges.
1631. Les principales substances dont on se sert pour obtenir les rouges sont : la garance, la cochenille, le bois de Brésil et le carthame. ( F oy. rouge de earthame , 161 1.)
i63u. Garance , rubia tinctoVum. — Cette plante, qui a donné son nom à la famille des rubiacées, appartient à la tétrandrie digynie de Linnéc. Elle est cultivée à Smyrne * à Chypre, en Barbarie, dans la Zélande, en Alsace et dans plusieurs de nos départemens du midi. Les racines sont les seules parties de la plante qui soient employées ; on les arrache lorsqu’elles ont atteint leur troisième année, et on leur fait subir ensuite différentes manipulations qui ont pour objet de les trier, de les sécher, de les débarrasser de leur épiderme et de la terre qui les enveloppent , et
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de les réduire en poudre plus ou moins fine. Celte poudre est d’un rouge jaunâtre 5 elle est renfermée dans des tonneaux bien secs où elle finit par s’agglutiner si fortement , qu’on est obligé de la couper à coups de hache lorsqu’on veut s’en servir. On trouve cependant , dans le commerce, des racines de garance entières. Les teinturiers donnent la préférence à celles qui offrent une cassure d’un jaune rougeâtre très-vif, et dont le diamètre est égal à celui d’un tuyau de plume.
i633. La garance contient une matière colorante d’un jaune fauve, très-soluble dans l’eau, et une matière colorante d’un rouge vif, qui ne s’y dissout en partie qu’à la faveur de la première.
Elle est principalement employée pour teindre le lin et le coton en rouge. Le ronge que Tou obtient est de deux sortes: l’un est appelé simplement rouge de garance , et l’autre rouge d Andr inapte. Celui-ci est le plus vif : 011 tirait autrefois du Levant les étoffes cpii en étaient teintes; mais à présent on en teint à Rouen et à Montpellier qui ne laissent rien à desirer. Le procédé que l’on suit étant trèscompliqué, nous 11e le décrirons point: on peut consulter à cet égai d le Traité de M. Chaptal sur la teinture en ronge des Indes.
Lorsque le mordant alumineux que l’on combine avec le coton contient une certaine quantité de sulfate ou d’acétate de fer, les teintes deviennent violettes : or, comme le violet foncé paraît noir, l’on conçoit qu’il est possible d’obtenir avec la garance, les sels alumineux et les sels de fer, toutes les nuances qui se irouvent comprises d’une part entre le rouge clair et le rouge foncé , et de l'autre entre le violet clair et le noir. C’est en effet de ou te manière qu’on se les procure dans les mannf sciures de toiles peintes.
i63 j. O11 se sert au si de la garance pour teindre la laine. Que l’on fasse chauffer une partie de garance avec
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2,5 ou 3o parties d’eau , et qu’on y plonge une partie de laine alunée, on obtiendra des couleurs d’un rouge plus ou moins fauve, qui varieront en raison de l’espèce de garance, de la température à laquelle on teindra , du temps que l’on mettra à teindre , etc. ( Voyez le Mémoire de M. Roard dans le Moniteur, novembre 1809.)
Toutefois, jusque dans ces derniers temps, on avait vainement cherché un procédé au moyen duquel on pût obtenir sur la laine des couleurs vives avec la garance, MM. Gonin ont enfin résolu ce problème: ils sont parvenus à faire avec cette racine une couleur aussi belle que l’écarlate de cochenille, mais qui malheureusement ne résiste pas bien au soleil. Leur procédé est secret.
Jetions de M» Roard qu’en traitant la garance d’abord par de l’eau chargée de sous-carbonate de soude pour en séparer la matière colorante fauve , et ensuite par une dissolution d’ hydro-chlorate d’étain et de crème de tartre, on obtient un bain qui donne de très-beau rouge , non-seulement avec la laine, mais encore avec la soie, l’une et l’autre alunées préalablement.
i635. La garance peut encore être employée, ainsi que l’a fait M. Mérimé, à préparer une^ laque qui peut remplacer la laque carminée. Pour préparer cette laque , il faut commencer par laver la garance à l’eau froide, jusqu’eà ce quelle ne teigne plus l’eau -, ensuite on la met en contact, à la température ordinaire, avec une dissolution d’alun pendant vingt-quatre heures. Cette dissolution prend une teinte rouge foncée. Alors on en précipite la laque par une dissolution faible de sous-carbonate de potasse ou desoude. Les premières portions que l’on obtient sont en général plus belles que les dernières, de sorte qu’il est bon de fractionner les produits. Il faut se garder de mettre un excès de carbonate, car la laque deviendrait légèrement violette. Du reste, après l’avoir lavée à grande eau, on la
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recueille sur un filtre , et on la dessèche à une douce chaleur.
Les couleurs de garance sont solides en général ; ce sont les rouges les moins altérables que l’on connaisse.
i63 6. Bois de Brésil. — Ce bois , ainsi nommé du lieu d’où il nous est d’abord venu, prend encore le nom de bois de Sapan ou de Japon de Fernambouc et de Bré sillet. Il nous est fourni par le cœsalpina cfista deLinnée. Le fernambouc est le plus estimé.
Le bois de Brésil est très-dur, pesant , compacte , rouge à sa surface , pâle à l’intérieur lorsqu’il est nouvellement fendu j sa saveur est sucrée , et son odeur légèrement aromatique ; sa décoction est d’un très- beau rouge.
Ce bois est fréquemment employé en teinture. On s’en sert pour donner à la laine un rouge très-vif , et faire de faux cramoisis sur la soie, c’est-à-dire des cramoisis imitant ceux qu’on obtient avec la cochenille. Pour le rouge sur laine , l’on prend 1 partie de bois de Fernambouc bien divisé, i5 à 20 parties d’eau et 6 parties de laine*, l’on fait bouillir l’eau sur le bois pendant trois quarts d’heure , et l’on plonge la laine dans le bain bouillant pendant à-peuprès le meme temps ; puis on la lave et on la fait sécher.
Pour le faux cramoisi sur soie , l’on emploie les mêmes doses de bois, d’eau et de soie que pour le rouge sur laine; l’on prépare aussi le bain de la même manière ; mais l’on y plonge la soie seulement, à la température de 3o à 6o°, pendant une heure et demie ; alors on la passe dans une dissolution alcaline pour donner la teinte cramoisie.
Les couleurs de bois de Brésil ne sont pas solides.
1637. Cochenille. — La cochenille est un petit insecte qui vit sur plusieurs espèces de cactus. On en distingue deux variétés , la cochenille sylvestre et la cochenille fine ou mestéque. Toutes deux nous viennent du Mexique : la première se trouve encore à Saint-Domingue , dans la
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Caroline méridionale , dans la Géorgie , à la Jamaïque et au Brésil ; cette variété est plus petite que la cochenille fine , et est revêtue d’un duvet cotonneux qui augmente inutilement son poids; mais ces désavantages , qui d’ailleurs sont compensés par la facilité avec laquelle on l’élève , disparaissent en grande partie à force de soins.
i638. La cochenille se récolte facilement ; il ne s’agit que de l'enlever de dessus les cactus , à une certaine époque , de la faire mourir dans l’eau' bouillante de la dessécher au soleil , et de passer celle qui est fine à travers un crible pour la séparer des bourres du coton des larves des mâles : alors elle est semblable à une petite graine irrégulière , d’une couleur grise pourprée.
i63g. MM. Pelletier et Caventou ont trouvé que la cochenille mestèque était composée de carminé, d’une matière animale particulière, d’une matière grasse et d’un peu de sels dénaturé diverse.
Déjà nous avons examiné les propriétés de la carminé (1617 ter ) : il faut actuellement dire quelques mots de la matière animale, afin de concevoir sans peine les phénomènes que présente la dissolution de cochenille dans son contact avec différens corps.
Lorsque la cochenille a été traitée un grand nombre de fois par de l’éther et par de l’alcool, comme nous l’avons vu (1617 ter ), si on la traite ensuite à plusieurs reprises par l’eau, dans le digesteur, on finit bientôt par en dis-* soudre toute la matière colorante; on dissout en même temps les dernières portions de matière grasse , et un peu de matière animale ; le résidu est la matière animale pure. Cette matière est blanche ou brunâtre ^ translucide, insoluble par elle-même dans l’alcool, l’étlier, les huiles, peu soluble dans l’eau , beaucoup plus soluble dans l'ammoniaque ,et très-soluble dans la potasse et la soude en liqueur*
Malgré son peu de solubilité dans l’eau, elle en est
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précipitée par tous les acides, sous forme de flocons blanchâtres ; elle l’est également par tous les sels avec excès d’acide; elle l’est même quelquefois par les sels neutres; mais alors elle s’empare tout à la fois et de l’acide et de l’oxide : c’est ainsi qu’elle agit sur les sels de plomb, d’étain, de cuivre , d’argent.
Enfin , mêlée à la carminé, elle est encore précipitée par les acides , et par un grand nombre de sels ; et ce qui est digne de remarque, c’est que tous les précipités se trouvent contenir beaucoup de carminé, quoique celle-ci soit trèssoluble dans l’eau : aussi sont-ils très-colorés. Le carmin parfaitement pur n’est menu qu’un composé triple de matière animale , de carminé et d’un acide.
Les propriétés de la matière animale et de la carminé étant connues , il est facile de prévoir celles de la décoction de cochenille, décoction qui contientbeaucoup decarmine, plus ou moins de matière animale et un peu de matière grasse (a).
On concevra tout de suite, i°. pourquoi les acides rendent rouge la décoction de cochenille et y déterminent un précipité de cette couleur; pourquoi le précipité est d’autant plus abondant que la décoction contient plus de matière animale et a été faite par conséquent avec une eau plus alcaline; ci°. par quelle raison, au contraire, la potasse, la soude, etc., font virer la couleur de la cochenille ail cramoisi et redissolvent les précipités formés par les acides; d°. comment il se fait que les sels de zinc, les sels de plomb, le sulfate de cuivre, l’hydro-chlorate de protoxide d’étain, forment, dans la décoction de cochenille, des pré-
(a) La carminé favorise sans doute la solution de la matière animale et occasione celle de la matière grasse - ces trois substances semblent avoir une assez giande affinité réciproque - c’est pour cela probablement que leur sé~ p.u.iiion est difficile. Cependant MM. Pelletier et Cavcntou rapportent qu’en agitant la décoction de cochenille avec de l’alumine en gelée, toute la carminé se précipite, et qu’il reste dans ta liqueur de la matière animale et de la matière qrassç,
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cipités violets , tandis que les sels d’étain au maximum d’oxidation y produisent des précipités rouges , etc. , etc.
1640. La cochenille est principalement employée pour teindre la laine et la soie en écarlate , en cramoisi , et en couleurs qui se rapprochent plus ou moins de celles-ci : c’est aussi avec la cochenille qu’on prépare le carmin et la laque carminée.
i64i* La teinture écarlate s’exécute en deux opérations : la première s’appelle bouillon , et la seconde rougie. Supposons qu’il s’agisse de teindre 5o kilogrammes de drap , on versera 800 à 900 kilogrammes d’eau et 6 kilogrammes et demi de crème de tartre ch^îs une chaudière d’étain ou «de cuivre étamé. Lorsque la liqueur sera parvenue à la température de 5o°, on l’agitera pour dissoudre la crème de tartre ; on y ajoutera 2 hectogrammes et demi de cochenille en poudre , et, un moment après , 6 kilogrammes et demi de dissolution d’étain très-limpide. Alors il faudra y plonger le drap, le faire circuler rapidement pendant deux ou trois tours, ralentir le mouvement, laisser le drap dans la teinture bouillante pendant deux heures , le retirer du bain , l’éventer, le laver à la rivière, et procéder à la seconde opération.
Cette opération se fait en prenant à-peu-près autant d’eau que pour l’opération précédente , la versant dans la chaudière, la chauffant jusqu’à ébullition , y projetant skll',^5 de-cochenille pulvérisée et tamisée, agitant fortement le bain , y ajoutant , au bout d’une demi-heure, 3 kilogrammes de solution cl’étain (a) , le rafraîchissant au point seulement de l’empecher de bouîliir , puis y plongeant le drap, y faisant circuler celui-ci comme la première
(<-?) Ponr préparer la dissolution d’étain , il faut prendre, par exemple, S grammes d’acide nitrujpie à 3o degrés , i gramme de sel ammoniac et J gramme d’étain d’Angleterre ou de Maîaca , faire d’abord dissoudie lu sel
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fois , le laissant dans le bain non bouillant pendant une demi-heure , ou plutôt jusqu’à ce que l’on ait obtenu la teinte que l’on désiré, le retirant, l’éventant et le faisant, sécher.
Pour donner plus de feu et de vivacité à l’écarlate , on lui communique une teinte jaunâtre en ajoutant une certaine quantité de fustet ou de cureuma au premier bain.
i64^* Le second bain ou rougie qui a servi à teindre n’est pas épuisé de matière colorante lorsqu’on en retire le drap. On peut s'en servir pour obtenir les nuances capucine , cassis , orangé , jonquille , couleur d’or , de cerise , de chair, de chamois , etc., en y ajoutant des quantités variables de fustet, d’hydro-chlorate d’étain ou de crème de tartre.
i643. L’écarlate paraît être une combinaison de laine , de matière colorante, d’acide tartrique , d’acide hydrochlorique et de peroxide d’étain. Ce n’est pas inutilement que l’on a divisé en deux parties l’opération par laquelle on la prépare; si l’on faisait bouillir ensemble tous les corps qui entrent dans la composition de cette teinture , on n’obtiendrait qu’une nuance peu foncée.
i644* Lorsque l’on traite à plusieurs reprises du drap écarlate par l’eau bouillante , il prend d’abord une couleur cramoisie, et finit par devenir couleur de chair. La combinaison qui constitue l’écarlate est donc altérable par l’eau ; elle P est aussi par les alcalis et le savon : ces substances la font passer sur-le-champ au cramoisi, môme à la température ordinaire ; mais on peut la ramener au rouge en la mettant en contact avec les acides faibles.
On voit , d’après cela , qu’on peut teindre en cramoisi les
dans l’acide , y ajouter l’etain en grenaille , et en etendie la dissolution d’un quart de son poids d’eau. Il existe encore plusieurs moyens de se procurer l’hydro-chlorate d’etain • mais comme ils ne sont pas aussi sûrs que celui-ci 4 nous les passerons sous silence.
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draps déjà teints en écarlate, et qu’à cet effet il suffit de les traiter par un alcali : f ammoniaque est celui qui réussit le mieux. On parvient encore aux mêmes résultats en se servant d’une dissolution bouillante d’alun. Toutefois l’on réemploie guère ces procédés que dans le cas où la couleur écarlate n’est pas belle. Dans toute autre circonstance , on teint directement en cramoisi, en faisant bouillit le drap dans le bain de teinture, et composant ce bain pour chaque partie de dtap, par exemple, de i5 à 20 parties d’eau, de - de partie d’alun, de ~ de crème de tartre, de-^de cochenil h», etd’une très-petite quantitédedissolution d’étain.
i645. La laque carminée , dont la teinte est toujours plus ou moins violette, peut s’obtenir comme tontes les autres laques (1609) : mieux vaudrait cependant en fairela préparation en agitant de l’alumine en gelée avec une décoction de cochenille : la laque aurait une teinte rouge beaucoup plus belle.
Quant au carmin , les uns le préparent en versant une certaine quantité de solution d’alun dans une décoction de cochenille j d’autres veulent qu’au lieu d’alun on emploie de l’oxalate acide de potasse • quelques-uns conseillent d’ajouter à la décoction un peu d’écorce d autour et de graine de chouan , afin île jaunir légèrement le carmin et de lui donner plus de feu. Dans tous les cas , le carmin qui sc précipite est un composé iriplede l’acide dusel que l’on emploie, de carminé et de matièie animale : aussi, pour en faire ? suffit-il d’ajouter un acide quelconque à la décoction de cochenille, et en obtient-on une assez grande quantité quand la décoction est faite avec de l’eau alcaline.
MM. Pelletier et Caventou ont trouvé celui du commerce falsifié* il contient ordinairement du cinnabre. ( Journal de Pharmacie , t. iv , p. iqL )
i645 bis. Depuis quelque temps , l’on a tenté de remplacer la cochenille par le lac-lake et le lac-dye ; il parait
de la Teinture en jaune. 38 r
que les résultats que Ton a obtenus sont avantageux. Nous avons déjà parlé de ces deux substances , d’après M. Latreille ; mais nous devons ajouter ici , d’après M. Edward Banrkroft , que le lac-lake s’obtient en pulvérisant la laque en bâton (i553), la traitant à plusieurs reprises par d’assez grandes quantités d’eau bouillante chargée de soude, et mêlant ensuite de l’alun avec les différentes liqueuis réunies. Celles-ci contenant non-seulement le principe colorant , mais encore de la réaine, il s’ensuit que le précipité que produit l’alun , et qui est le lac-lake même , est composé de matière colorante, de matière résineuse et d’alumine. La matière résineuse en forme à-peu-près le tiers , et l’alumine le sixième. L’on y trouve en outre de la matière végétale provenant de l'écorce mucilagineuse d’un arbre de l’Inde connu dans le pays sous le nom de lodu , et de plus du sable et d’autres matières terreuses que les manufacturiers y ajoutent pour en augmenter le poids,
Quoique le lac-dye ressemble beaucoup au lac-lake , sa préparation n’est pas bien connue. Ceux qui voudr ont connaître la manière d’employer ces deux matières colorantes en teinture, n’auront qu’à consulter le Mémoire de M. Banckroft. ( Annales de Chimie et de Physique , lom. m 3 pag. 225. )
De la Teinture en jaune.,
1 6/j6. La gaude , le quercitron et le bois jaune sont les trois substances dont on se sert le plus souvent pour teindre en jaune.
164b bis. Cran de y réséda luteôla. — La gaude est une plante qui croît spontanément dans nos pays , ainsi que dans presque toutes les contrées de l’ Europe.
Parvenueàsa maturité, on l’arrache, on la fait sécher et on la met en bottes : c’est sous cet état qu’elle est employée.
38a DE LA TEINTURE EN JAUNE.
Les teinturiers préfèrent celle qui est cultivée et dont les tiges sont très-fines : elle est plus riche en matière colorante que l’autre. Toutes les parties de la plante ne sont point également abondantes en cette matière. D’après M. Roard , les capsules en contiennent plus que les tiges , et la racine en contient à peine.
La matière colorante de la gaude est très-soluble dans l’eau. Une décoction de gaude bien chargée a une couleur tirant sur le brun -, en l’étendant d’eau, elle s’éclaircit et tire un peu sur le vert 5 les acides en affaiblissent la teinte 5 les alcalis la foncent au contraire ; l’hydro-chlorate d’étain y produit un précipité abondant d’un jaune clair.
La gaude est employée pour teindre en jaune franc et solide la soie, la laine et le coton - on en fixe la matière colorante par l’alun , ou du moins ce n’est que dans les manufactures de toiles peintes qu’on la fixe par l’acétate d’alumine. Que l’on fasse bouillir deux parties de gaude pendant dix minutes dans 3o à 4° parties d’eau 5 qu’on passe le bain à travers une toile serrée, et qu’ensuite on y plonge pendant un quart d’heure , à la température de 3o à y 5 degrés , une partie de soie a lunée avec de l’alun bien pur , 011 obtiendra un jaune très-beau et très-intense. En substituant à la soie du coton décreusé et aluné, et prolongeant davantage rimmersion, l’on obtiendra également un très-beau jaune 5 mais , pour peu qu’on ajoute de sulfate de fer au bain , la soie et le colon prendront une couleur olive. On s’y prendrait de la meme manière pour teindre la laine , si ce n’est que le bain de teinture pourrait être presque bouillant.
Les couleurs de gaude sont très-solides.
1647- Quercitron. — Le quercitron est l’écorce du quercusnigra. L’est à Banckroft que nous en devons la connaissance. Avant de le réduire en poudre, on doit toujours séparer l’épiderme brunâtre qui le recouvre. Il est bien plus