‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 75 sur 182 · D TT BLANCHIMENT · texte numérisé non relu

D TT BLANCHIMENT

se rassemble au fond du cuvier: alors on décante le liquide surnageant*, on lave une ou deux fois le précipité. L’eau qui sert à ces. lavages est réunie à la première lessive , et si le mélange n’est point au degré convenable , on i’y porte par d’autre lessive très-concentrée. ( Voyez, pour plus de détails , les Elémens de teinture , par MM. Berthollet. )

L’emploi du chlore n’est pas sans inconvénient , à cause de son action sur l’économie animale (io5) : aussi plusieurs fabricans , et particulièrement M. Decroizilles , versent-ils une certaine quantité de craie dans l’eau où ils le reçoivent. Par ce moyen , ils en font absorber par l’eau une bien plus grande quantité, et en neutralisent presque entièrement l’odeur sans affaiblir son action sur les matières colorantes.

Les estampes , les gravures , les livres dont les feuillets sont devenus jaunes , se blanchissent aussi par la dissolution de chlore: il suffit même pour cela de les plonger dans Cette dissolution , de les laver ensuite et de les faire sécher,

se fait sur un

livre , d’eti isoler les feuillets , afin que le blanchir/ünt soit uniforme et complet.

Du Blanchiment de la soie et de la laine.

1628 his. La soie n’atteint point par le décreusage le dernier degré de blancheur: pour Je lui donner, il suffit de l’exposer «à la vapeur du gaz sulfureux : c’est ce que l’on fait en la plaçant sur des cordes tendues dans une chambre où I on fait brûler du soufre , et que l’on tient exactement fermée. \

C’est aussi de la même manière qu’on rend la laine extrêmement blanche : seulement il faut , après l’avoir désuintée, la traiter par une dissolution tiède et très-faible de savon, afin de dissoudre le suint qu’elle pourrait retenir, puis la laver et la faire sécher.

en ayant soin toutefois , lorsque l’opération

I* E S MORDAKS.

Des M or dans *

16^4. Nous désignons par le nom de mordons tons les COrps qui ont la propriété de s’unir avec ceux que l’on veut teindre , et d’augmenter leur affinité pour les matières colorantes.

Comme il n’est presque point de corps qui ne possède cette propriété, il existe donc un grand nombre de mordans. Mais les uns ne la possèdent qu’à un faible degré 5 d’autres sont d’un prix très-élevé \ d’autres altèrent les couleurs qu’il s’agit de combiner, ou en modifient les nuances : d’où il suit qu’il n’y en a qu’un très-petit nombre qui puisse être employé. Ceux dont on fait usage sont l’alun, l’acétate d’alumine -t l’hydro - chlorate d’étain, la noix de galle*, et encore n’emploie-t-on , pour ainsi dire, comme tels l’acétate d’alumine que dans les toiles peintes , l’hydro-chlorate d’étain que dans la teinture écarlate , et la noix de galle que dans le rouge d’Andrinopîe.

C’est toujours à l’état de dissolution dans l’eau que ï’cn combine les mordans avec les corps que l’on veut teindre, et après que ceux-ci sont décreusés, ou désuinlés, ou quelquefois même blanchis. Nous citerons comme exemple le procédé que l’on suit pour unir l’alun avec les fils ou les tissus : cette opération s’appelle alunage.

i6^5. Alunage de la soie. — Cet alunage se fait en plongeant la soie , à la température ordinaire, dans de l’eau qui contient la soixantième partie de son poids d’alun, la retirant du bain au bout de vingt-quatre heures , la tordant et la lavant. On ne doit jamais le faire à chaud , parce qu’alors la soie absorbe une moindre quantité de mordant, qu’elle se combine par suite avec moins de matière colorante, et que d’ailleurs elle perd son brillant et s’altère.

1626. Alunage delà laine. ■ — Lorsqu’on veut aluner

3^0 DES MORDAKS.

de la laine , il faut en prendre , par exemple , tooo parties, les faire bouillir pendant une heure dans de l’eau de son , afin de les dégraisser, les passer ensuite à l’eau froide, puis les plonger pendant deux heures dans une dissolution bouillante composée de 8000 à 9000 parties d’eau , u5o parties d’alun \ et enfin les retirer, les faire égoutter elles laver. Assez souvent on ajoute un peu de crème de tartre qui , se trouvant absorbée comme l’alun , agit par son excès d’acide sur les couleurs que l’on veut fixer.

1627. Alunage cia coton , du chanvre et du lin. — Cette opération se fait en plongeant le corps à teindre dans de l’eau légèrement chaude et qui contient le quart de son poids d’alun , puis le laissant dans le bain pendant vingt-quatre heures, à la température ordinaire, le lavant et le faisant sécher. Le coton serait également bien aluné en le tenant dans le bain seulement sept a huit minutes , l’exprimant un peu sans le tordre , et ne le teignant que douze à quinze heures après. Son affinité pour le mordant est même telle, qu’il serait possible de faire l’alunage au bouillon, comme celui de la laine.

1628. Dans toutes les teintures sur laine , on peut employer tous les aluns du commerce -, mais dans les teintures sur soie et sur coton , surtout dans les couleurs claires, il ne faut se servir que d’alun au moins aussi pur que celui de Rome, c’est-à-dire, contenant à peine un demi-millième de son poids de sulfate de fer. Sans cela , il y aurait une assez grande quantité d’oxide de fer fixé par le coton et la soie pour altérer la nuance qu’on chercherait à obtenir. C’est ainsi que les jaunes de gaude deviennent d’un jaune verdâtre avec les aluns de Liège ordinaires , quoique dans ceux-ci on ne trouve qu’un millième de sulfate de fer. (MM. Roard et Thénard, Arm. de Chimie > tom. lix , p. 58. )

DE LA FIXATION DES COULEURS SUR LES TISSUS. 3~ I De la Fixation des Couleurs sur les tissus.

1 629. Les matières colorantes qu’on se propose de fixer sur les fils ou sur les tissus sont solubles ou insolubles dans l’eau.

Lorsqu’elles y sont solubles , ce qui arrive le plus souvent, on les dissout dans ce liquide, à la chaleur de l’ébullition , et l’on plonge le corps à teindre dans le bain à une certaine température et pendant un certain temps , après avoir décreusé , dégraissé ou blanchi ce corps , et l’avoir imprégné de mordant.

Lorsque , au contraire , les matières colorantes sont insolubles dans l’eau , il faut les rendre solubles par un corps intermédiaire , mettre le fil ou le tissu décreusé , désuinté ou blanchi et sans être imprégné de mordant , en contact avec la dissolution • puis , au moyen d’un troisième corps , précipiter ces matières.

Les soies se teignent à une température qu’on porte successivement de 3o à 7 5°. Si le bain était plus chaud d’abord , il leur enlèverait une partie de leur mordant , et l’onT obtiendrait des nuances moins foncées qu’on 11e le désirerait. Par la même raison , il ne faut pas que le bain ait plus de 3o à 35° pour teindre le chanvre et le lin : l’opération se fait dans un baquet. Quant aux laines, elles se teignent presque toujours au bouillon. On pourrait teindre aussi , souvent du moins , le coton de cette manière : cependant , c’est ce qu’on ne fait pas : on le teint comme la soie ou comme le chanvre.

Il est nécessaire que toutes les parties du corps à teindre soient plongées également et pendant le même temps dans le bain de teinture. A cet effet , lorsqu’on opère sur des fils , on passe des bâtons dans les écheveaux : ceux-ci sont ensuite plongés dans le bain , puis retournés de temps en temps. Veut-on teindre des étoiles , l’on se sert d’un tour dont les deux extrémités sont posées sur deux fourches de 1er, fixées elles-mêmes sur les bords de la chaudièrje. Après

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