UES TEINTURES EN BLEU
de redissoudre la portion d’indigo qui, par son contact avec l’air, s’est oxigénée et précipitée. Ce n’est que quelque temps après cette addition qu’il est nécessaire d'y jeter une nouvelle quantité d’indigo.
î655. La cuve d’inde résulte d’un mélange de 100 seaux d’eau, 6 kilogrammes d’indigo, 6 kilogrammes d’alcali, 2 kilogrammes de son et 2 kilogrammes de garance. L’alcali, la garance et le son étant délayés dans l’eau , on fait bouillir celle-ci pendant quelque temps ; on porte ensuite la liqueur et le marc dans une chaudière conique placée dans un fourneau d’une forme appropriée $ après quoi l’on ajoute l’indigo bien broyé, on agile le tout, l’on couvre la cuve et l’on fait un peu de feu autour. Bientôt on agite de nouveau le bain , et on répète cette opération toutes les douze heures jusqu’à ce qu’il soit propre à la teinture , ce qui arrive ordinairement au bout de quarante-huit heures 5 il doit être d’un beau jaune, couvert de plaques cuivrées et d’écume bleue. A mesure qu’on teint, il s’affaiblit, et même beaucoup plus vite qu’on ne pourrait le croire, si l’on en jugeait par la quantité d’indigo qui se combine avec l’étoffe. Cet effet est dû à l’oxigénation et à la précipitation d’une grande partie de matière colorante. O11 la redissout en faisant bouillir une portion de la liqueur de la cuve, et y ajoutant le quart de la quantité d’alcali, le quart de la quantité de son , et le quart de la quantité de garance, employés primitivement, et en versant le mélange dans la cuve même. D’ailleurs, lorsque l’indigo se trouve lui -même épuisé , on en ajoute une nouvelle quantité. Il est évident que , dans la cuve d’inde, les corps qui désoxigènent l’indigo sont le son et la garance. La garance agit encore d’une autre manière : c’est qu’en se combinant avec l’étoffe, elle la met dans le cas d’être portée au même ton par une moindre quantité d’indigo.
i656. La cuve de pastel a beaucoup d’analogie avec la
DES TEINTURES EN BLEU. 38 y
cuve d’inde; elle n’en diffère qu’en ce qu’il entre une certaine quantité de pastel et de chaux dans sa composition, et qu’il n’y entre point de soude. Les quantités de matières que l’on peut employer sont les suivantes : eau , 4000 à 45oo litres; pastel, 200 kilog. ; garance, 6 kilog. ; son,
2 kilog. ( on peut les supprimer) ; chaux, 1 kilog. ; indigo, 12 kilog., trempé dans une lessive alcaline caustique à environ b°, et ensuite broyé (a).
i°. L’on doit faire bouillir l’eau dans une chaudière pendant une heure avec la garance , et transvaser la liqueur dans une cuve en bois, dans laquelle on a jeté le pastel bien divisé. Cette cuve a à-peu-près 26 décimètres de profondeur et 16 décimètres de diamètre; elle est dans un lieu bien clos, et est enfoncée en terre jusqu’à la hauteur d’appui. Pendant tout le temps qu’on transvase et pendant au moins un quart d’heure après , l’on doit agiter toutes les matières contenues dans le bain , afin de les bien mêler.
20. Il faut couvrir exactement la cuve, la laisser six heures en repos, agiter le bain pendant une demi-heure , répéter cette opération de trois heures en trois heures jusqu’à ce qu’on aperçoive des veines bleues à sa surface, ajouter la chaux, et, immédiatement après, l’indigo broyé; agiterde
(a) Le pastel est tine plante de la famille des crucifères qui croît naturellement en France et en Angleterre, et qui appartient à la tetrandrie ; Linnée lui a donné le nom <l 'isatis tincturia . On en distingue deux variétés , l’une à feuilles lisses, et l’autre à feuilles velues. Ceux qui s’occupent de la culture du pastel eu font trois coupes par an - ils laissent un espace de six semaines entre chacune d’elles , et commencent la première avant l’époque de la floraison. Quand le pastel est fauché, ils le lavent , le font sécher au soleil, et le broient ensuite au moulin. Alors ils J’amassent en tas et le laissent fermenter pendant une quinzaine de jonrs. Au bout de ce temps, ils en forment des boules qu’ils araoncèlent dans un lieu aété et exposé au soleil; elles ne tardent point à s’échauffer, à répandre une odeur putride, et finissent par tomber en poudre grossière : c’est dans cet état qu’on vers« le pastel dans le commerce.