DES TEINTURES EN BLED
nouveau deux fois le bain dans l’espace de six heures , et le laisser déposer*, il prend une couleur d’un jaune d’or: c’est alors qu’on y passe les étoffes, après y avoir plongé toutefois un treillis fait avec de grosses cordes pour empêcher l’étoffe de toucher le dépôt.
3°. A partir de l’époque où la cuve est en état de servir, il est nécessaire d’y verser tous les jours un demi-kilog. de chaux éteinte , et de réchaufferie bain tous les deux à trois jours , afin de l’entretenir à une température de 36 à 5o degrés. Cette seconde opération se fait en transvasant une grande partie de la liqueur dans une chaudière sous laquelle on allume du feu , en reportant ensuite cette liqueur dans la cuve , et couvrant celle-ci avec soin jusqu’à ce qu’on s’en serve.
La cuve au pastel est sujette à deux accidens : le premier se reconnaît à l’odeur piquante et à la couleur noirâtre qu’elle acquiert, ainsi qu'à la disparition des veines et de l’écume bleues qui se forment à sa surface ; il est causé par un excès de chaux*, les ouvriers y remédient en jetant du tartre, du son , de l’urine ou de la garance dans le bain ; d’antres se contentent de le faire chauffer. La seconde altération est, au contraire, produite par le défaut de chaux, ce qui permet au pastel de fermenter. Quand cela a lieu , les veines et les écumes bleues de la cuve disparaissent aussi 5 elle prend une teinte rousse, exhale une odeur fétide , et le dépôt qu’elle contient se soulève : dans ce cas on y ajoute une nouvelle quantité de cette matière alcaline.
Ce sont ces inconvéniens qui rendent les cuves de pastel si difficiles à conduire. Une cuve bien conduite peut durer très-long-temps , en y teignant matin et soir.
1657. Teinture en bleu par le campéche. — On ne teint que la laine en bleu par le bois de campéche. Cette teinture se fait comme le rouge de Brésil, si ce n’est qu’on ajoute au bain une certaine quantité de Yert-de-gris ou d’alcali.