‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 99 sur 182 · DO · texte numérisé non relu

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ainsi une substance d’un vert foncé et d’apparence. résî° neuse , qui, pour être purifiée, n’a besoin, selon eux 5 que d’être réduite en poudre , et mise en contact avec l’eau chaude. C’est celte substance même qu’ils considèrent comme la matière colorante pure, lorsqu’après l’avoir réduite en poudre, ils l’ont mise en contact avec de l’eau bouillante pour en séparer une matière extractive brune.

La matière colorante verte ne saurait être obtenue cr cristaux.

Soumise à Faction du feu , elle se ramollit sans se fondre , puis se décompose , en donnant lieu à tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Mise en contact avec la flamme d’une bougie, elle s’enflamme et se charbonne.

L’air, dans l’espace de plusieurs semaines , ne lui fait éprouver aucune altération.

Le chlore la détruit tout-à-coup ; Fiode ne la décolore que peu à peu. Elle est insoluble dans l’eau : Falcool 9 l’éther, les huiles grasses , les graisses, la dissolvent, au contraire , facilement : il en est de même des dissolutions alcalines de potasse et de soude.

L’acide sulfurique concentré et Facide acétique peuvent aussi la dissoudre sans l’altérer • mais Facide bydro-clilorique lui fait prendre une teinte jaunâtre qu’elle ne peut plus perdre. L’acide nitrique agit sur elle avec beaucoup d’énergie , lui communique d’abord une couleur d’un jaune grisâtre, îa décompose ensuite avec dégagement d’acide nitreux on de vapeur nitreuse , etc. , la dissout presqu’en totalité , surtout à chaud , et la transforme enfin , sans qu’il se produise ni acide oxalique ni acide mucique , en une matière d’un blanc sale, insipide, inodore, soluble dans Facide nitrique concentré, et insoluble dans les alcali* et dans l’eau.

DES FEUILLES» 4^1

Les sels neutres sont presque tous sans action sur la matière verte à la température ordinaire ; mais si , après avoir ajouté dans une dissolution alcoolique de matière verte étendue d’eau, un sel dont la base est insoluble , on y verse un sous-carbonate de potasse, de soude et d’ammoniaque , il se fait un précipité qui le plus souvent entraîne la matière verte. L’on peut préparer ainsi avec l’herbe commune des prairies et l’hydro-chlorate de chaux , des laques dent les arts pourront tirer parti.

De toutes ces observations, MM. Pelletier et Caventou

concluent que la matière verte des végétaux est particulière ; qu’elle doit être placée parmi les substances végétales très-hydrogénées ; qu’elle se rapproche de plusieurs matières colorantes , telles que celles de l’orcanette , de cucurma et du santal rouge, et qu’il est nécessaire de la désigner par un nom spécial : ils proposent , en conséquence, celui de chlorophyle > de chloros , couleur , et «uXXov , feuille. ( Journal de Pharmacie } t. in , p. 4&6. )

Après ces considérations sur la nature des feuilles , examinons en particulier quelques-unes d’entre elles 5 savoir : celles du nicotiana tabacum } de Yatropa bella dona f du gratiola ojficinalis , de Y isatis tinctoria > du cas sia serina.

l'j 10. Feuilles du nicotiana tabacum latifolia. — C’est avee les feuilles de certaines espèces de nicotiane, plantes que l’on cultive dans un grand nombre de pays , que I on fait le tabac. .11 s’obtient en général en faisant fer- . menter les feuilles jusqu’à un certain point , les séchant et les réduisant en rubans ou en poudre , selon l’usage auquel on le destine : il était donc intéressant d’analyser ces feuilles.

M. Vauquelin a fait l’analyse de celles du nicotiana tabacum latifolia. ( Ann. de Chimie 3 tom/ lxxi , p. i3tj. ) Elles contiennent, i°. une grande quantité d’albumine ,

1> ES FEUILLES

2°. une matière rouge soluble dans l’alcool et dans Feauqui se boursouftle considérablement lorsqu’on la chauffe , et dont la nature n’est point encore bien connue; 3°. un principe âcre , volatil , incolore, légèrement soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool; 4°* de résine verte, semblable à celle qui existe dans toutes les feuilles ; 5°. de la fibre ligneuse; 6°. de l’acide acétique; rj°. du nitrate et: de l’hydro-chlorate de potasse ; 8°. de l’hydro-chlorate d’ammoniaque ; 90. du malate acide de chaux , de Toxalate et du phosphate de chaux ; io°. de l oxide de fer ; 1 1°. de la silice. C’est au principe âcre , principe très-voisin des huiles , que le tabac doit ses propriétés.

Après a voir fait cette analyse , M. Vauquelin s’est occupé de celle du tabac , pour connaître la différence qui existe entre ce produit de la fermentation et les feuilles qui le fournissent ; il a retrouvé dans le tabac les mêmes substances que celles qui existent dans la plante verte, et de plus du carbonate d’ammoniaque et de l’hydro-chlorale de chaux, provenant, sans doute, de la décomposition mutuelle de l’hydro-chlorate d’ammoniaque et de la chaux qu’on y ajoute pour lui donner du montant. ( Ann. du Muséum d Histoire naturelle , tom. xiv , pag. 21.)

1 y 1 1 . Feuilles de Y atropa belladona ou de la belladone. — C’est encore à M. Vauquelin que nous devons ce que nous savons de la belladone, plante de la même famille que les tabacs , et qui produit des effets narcotiques sur l’économie animale. N’ayant* pour objet que de savoir s’il n’y retrouverait pas le principe âcre auquel le tabac doit ses principales propriétés , il n’en a examiné que le suc. Ce suc renferme , outre l’eau , i°. une substance animale dont une partie se coagule par la chaleur, et dont une autre reste en dissolution à la faveur d’un excès d’acide acétique ; 20. une substance soluble dans l’esprit-de-vin , qui a line saveur amère et nauséabonde, et à laquelle la

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