Que la résine de jalap est âcre et irritante
3°. Que c’est à elle que l’on doit attribuer , ainsi qu’on l’avait déjà annoncé , les propriétés médicales du jalap ;
4°. Que cependant il vaut mieux , en général , administrer la racine que la résine elle-même.
L’on trouvera , d’ailleurs, dans le Mémoire de M. Cadet, une série de résultats sur les effets que produit la résine de jalap, lorsqu’on la met en contact avec différentes parties de l’économie animale , et des recherches fort étendues sur la synonymie du mot jalap * dans les principaux dialectes de l’Europe , sur l’histoire naturelle de ce médicament, et sur les travaux dont il a été l’objet. ( irpyez la Thèse présentée par M. Cadet à l’Ecole de Médecine de Paris , ou l’extrait qui en a été donné dans le Journal de Pharmacie , tome ni , pag. /{g5. )
Racine de V ellébore blanc ( 'veratrum album ) , et racine de colchique ( colchicum autumnale ). MM. Pelletier et Caventou , après avoir découvert la strychnine et la brucine , voulurent savoir s’ils ne rencontreraient pas l’une de ces bases ou une base analogue dans quelques végétaux de la famille des colchicées. Ils choisirent , à cet çffet ? les deux racines précédentes , et , de plus , la se-*
mence du veratTum sabadilla , que l’on connaît sous le nom de cévadille. Ils y trouvèrent en effet la < vératrine ( 1426). Voici le résultat de leurs analyses.
La racine d’ellébore blanc est composée de gallate acide de vératrine, d’élaïne , de stéarine , d’acide volatil , de matière colorante jaune , de gomme , de ligneux, d’amidon.
La racine de colchique contient les memes substances , plus , beaucoup d’inuline.
Quant s la cévadille , elle ne contient ni amidon ni inuiine; mais , du reste, on y trouve du gallate acide de vératrine, etc., etc., et en outre un peu de cire.
Toutes , d’ailleurs , et surtout la racine d’ellébore et la cévadille, renferment quelques sels minéraux. ( Ann . de Chim. et de Phys. , t. xiv , p. 80. )
1702. Racine de rheum palmatum ou rhubarbe. — C’est principalement de la Chine et de la Moscovie que nous tirons cette racine ^ qu’on emploie en médecine comme purgative : elle est grosse , oblongue ou orbiculaire , d’un brun foncé extérieurement , et d’un jaune rougeâtre ' intérieurement.
M. Henri , chef de la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris , a analysé comparativement les deux espèces de rhubarbe que nous venons de citer avec celle de France : il a trouvé :
i°. Que celle de Chine contenait :
Une matière colorante jaune particulière ;
Une huile douce, rancissant par la chaleur;
De la fécule amilacée ;
Une petite quantité de gomme ;
Du tannin ;
De la fibre ligneuse ;
Le tiers de son poids d'oxalate de chaux , sel que Schéele y avait déjà annoncé ;
Du sur-malale de chaux;
Un peu de sulfate de chaux, d’un sel à base de potasse ; et un peu d’oxide de fer. »
20. Que la rhubarbe de Moscovie contient les mêmes principes constituans que la rhubarbe de la Chine , et âpeu-piès dans les mêmes proportions 5
3°. Que la rhubarbe de France diffère des deux precedentes , en ce qu’elle contient plus de tannin, plus de fécule arnilacée, et moins d’oxaîate de chaux : celui-ci n’en forme en effet que la dixième partie. ( Bulletin de Pharmacie , t. vi , p. 97. )
1703. Racine de ruhia tinctorum ou garance. — Nous avons dit tout ce qu’on en sait dans l’histoire des matières colorantes.
1704. Racine de gentiana lutea. — On sait seulement qu’elle est amère , qu’elle contient du mucilage , de la résine j qu’elle est fébrifuge ^ qu’elle croît spontanément dans les montagnes de la Suisse , de la France , etc.
1 706. Racine de citîcuma longa. — Cette racine, que l’on connaît aussi dans le commerce sous le nom de terra mérita , provient d’une plante qui croît dans les contrées méridionales de l’Asie ; elle est riche en couleur ; on en tire le jaune orangé le plus éclatant que l’on connaisse, mais malheureusement il 11’a point de solidité. On s’en sert quelquefois pour dorer les jaunes de gaude et donner plus de feu à l’écarlate. On l’emploie aussi pour préparer le papier de curcuma , avec lequel il est si facile de reconnaître la présence des alcalis par la nuance rouge qu’il prend tout de suite.
L’analyse n’en a encore été faite que par MM. \ ogel et Pelletier. Suivant eux, la racine de curcuma est formée , i°. d’une matière ligneuse; 20. d’une fécule arnilacée 5 3°. dune matière colorante jaune particulière; 4°* d’une
matière colorante brune analogue à celle qu’on retire de plusieurs extraits ; 5°. d’une petite quantité de gomme 5 6°. d’une huile volatile odorante et très-âcre • j°. d’une petite quantité d’hydro-chlorate de chaux.
La matière colorante jaune présente beaucoup d’analogie avec les résines. Cependant MM. Vogel et Pelletier pensent , qu’à raison de sa grande solubilité dans les alcalis , de l’action qu’exercent sur elle les acides concentrés , et enfin de l’ensemble de toutes ses propriétés , elle doit être regardée comme une matière particulière. ( Journal de Pharmacie , tom. 1 , p. 289. )
1^06. Racine de glycyrrhiza glahra ou réglisse. — En traitant la réglisse par l’eau , 011 obtient une dissolution qui évaporée convenablement, donne lieu à une matière sucrée que l’on appelle ordinairement jus de réglisse. Il était nécessaire de rechercher si la saveur de ce jus 11’était point due à la présence d’un véritable sucre : c’est ce que M. Probiquet a fait il y a quelques années. Il résulte de ses expériences que la réglisse est composée de fécule amilacée , d’albumine végétale , d’une matière sucrée qui se rapproche des résines , des acides phosphorique et malique combinés à la magnésie , d’une huile résineuse brune , épaisse et âcre , d’une matière cristalline qui a l’aspect d’un sel , et enfin d’un tissu ligneux.
De toutes ces matières , nous n’examinerons que celle qui a une saveur sucrée et celle qui a la propriété de cristalliser.
Matière sucrée. — Cette matière est incristallisable , d’un jaune sale ; sa saveur est semblable à celle de la réglisse. Projetée sur des charbons ardens , elle se boursoufïle et répand une odeur de résine. L’eau froide l’attaque à peine 5 l’eau bouillante , au contraire, la dissout facilement, et la dissolution , par le refroidissement , se prend en une gelée transparente et solide. L’alcool 1&
dissout également bien , soit à froid , soit à chaud , et acquiert une couleur citrine foncée, une consistance sirupeuse , et une saveur très-sucrée ; par une évaporation spontanée, la matière sucrée s’en sépare sous forme de plaques minces , élastiques comme de la cire. Mise en contact avec le ferment et l’eau , cette matière ne donne aucun signe de fermentation , même au bout de plusieurs jours. L’acide nitrique la décompose mais il ne résulte de ceite décomposition ni acide malique , ni acide oxalique* il se forme seulement une masse visqueuse, jaune, transparente, qui ne se délaie point dans l’eau, se laisse diviser en petites masses opaques, tuberculeuses, et brûle à la manière des résines : il paraît que cette masse renferme un peu d’amer.
On se procure la matière sucrée de la réglisse en faisant bouillir de l’eau sur la racine de cette plante pendant environ un quart d’heure , filtrant la dissolution , et y ajoutant, après son entier refroidissement, un peu de vinaigre distillé; bientôt il en résulte un magma gélatineux, transparent, formé de beaucoup de matière sucrée et d’une petite quantité de matière animale unie à l’acide acétique. Cette gelée , étant lavée et séchée , doit être mise en contact avec de l’alcool ; celui-ci ne dissout que la matière sucrée , de sorte qu’en évaporant la dissolution on obtient cette matière parfaitement pure. On pourrait se dispenser de verser de l’acide dans la décoction ; mais alors il faudrait la concentrer assez pour avoir une couleur brune , et l’abandonner à elle-même pendant vingtquatre heures : ce n’est qu’au bout de ce temps qu elle so prend en gelée.
Matière cnslallisablc. — Lorsque, après avoir versé un peu de vinaigre dans une décoction de réglisse pour en séparer la matière sucrée , on y ajoute de l’acétate de plomb jusqu’au point de la décolorer, qu’on filtre la liqueur, < qu’on y fait passer du gaz hydrogène sulfuré, qu’on la
Tir; S RACINES.
fi lire de nouveau , qu’on la concentre par l’évaporation cl qu’on l’abandonne à elle-même, il s'y forme des cristaux très-réguliets qui d’abord sont sales, mais qui, purifiés par une nouvelle cristallisation , deviennent transparens : ces cristaux sont des octaèdres rectangulaires , dont les deux arêtes les plus courtes sont remplacées par des facettes 5 iis n’ont presque point de saveur 5 jetés sur les charbons incandescens , ils se boursouflent, répandent une odeur ammoniacale 5 les acides sulfurique, nitrique , les dissolvent, le premier sans les noircir, et le second sans dégagement d’oxide d’azote ; broyés avec la potasse caustique , ils laissent dégager de l’ammoniaque au bout d’un certain temps 5, l’eau n’a que peu d’action sur eux : cependant elle en dissout une quantité sensible 5 la dissolution qui en résulte n’est troublée par aucun réactif. (Voyez Annales de Chimie, l. lxxii , pag. i43. )
1707. Racine du jatropha manioc. — Cette racine est pivotante, pèse de 8 à i3 kilogrammes , contient beaucoup d’amidon, et appartient à un petit arbrisseau cpie l’on cultive en Amérique. C’est avec elle qu’une partie des habitans du Nouveau-Monde prépare le pain dont ils se nourrissent, A cet effet , ils la pèlent, l’enferment dans un sac d’ëcorce , fixé supérieurement à un support, et portant à sa partie inférieure un seau destiné à exercer , par son poids , une pression sur le sac , et à recevoir en même temps le suc trouble qui en découle. La racine ainsi exprimée , puis séchée au soleil et passée à travers un tapais de crin , constitue une sorte de farine appelée cassave. Pour la faire cuire, ils en versent une légère couche sur une plaque de fer chaude, en ajoutent une deuxième lorsque la première est assez torréfiée, etc., et forment, de cette manière, des espèces de galettes auxquelles ils donnent le nom de pain de cassave : ce pain est mat et se conserve indéfiniment.
Le suc de la racine de manioc est un poison assez vio-
DES FEUILLES
lent ; mais il suffit de l’exposer à la chaleur de Peau bouillante pour le priver du principe vénéneux qu’il contient, tant ce principe est volatil ou facile à détruire. Abandonné à lui-même , il ne tarde point à laisser déposer une plus ou moins grande quantité d’amidon.
1 708. Racine de brionia alba. — V oyez ce qui en a été dit 14 56.
Racines potagères . — Ces racines contiennent toutes une certaine quantité de mucilage et de sucre. Celle qui a été le plus soigneusement examinée est la betterave, dont nous avons parlé (1 ^ 3q).
M. Laugier a fait sur le sucre de carotte une observation curieuse, et analogue à celle que MM. Fourcroy et Vauquelin ont faite sur le suc d’oignon. (Voyez Bulbes 9 1726. )
/ Des Feuilles,
1709. Toutes les feuilles renferment trois parties distinctes : la première, celle qui les enveloppe, est l’épiderme*, sous cet épiderme se trouve une pulpe verte 5 et sous cette pulpe existe la fibre, qui donne la forme à la feuille.
L’analyse de l’épiderme n’a point encore pu être faite: il est probablement de même nature que l’épiderme des arbres. La pulpe contient toujours de la matière colorante , une sorte de gluten , souvent de la cire , et quelquefois encor e d’autres substances. Nous ne dirons rien de la fibre 5 nous en avons parlé précédemment.
La matière colorante, que nous ne connaissions qu’imparfaitement , vient d’être examinée par MM. Pelletier et Caventou. Pour se la procurer, ils traitent à la température ordinaire, par l’alcool rectifié, le marc bien exprimé et bi en lavé de plusieurs plantes herbacées ; ils filtrent ensuite l’alcool , le font évaporer doucement , et obtiennent
DES FEUILLES