‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 116 sur 117 · BI OXIDE DUTÛHOGÈHE* SS · texte numérisé non relu

BI OXIDE DUTÛHOGÈHE* SS

le papier bleu dans la li<jaeur où le polysulfure se trouve suspendu* Sa consistance varie : tantôt il coule comme une huile essentielle, et tantôt coxnme une huile grasse : ce qui, selon toute apparence , dépend de la quantité de soufre et de gaz sulfhydrique qu'il contient et qui est variable.

Sa densitë doit varier de même ; je l''ai trouvée de i ,769 dans un polysulfure dont la fluidité n?était pas grande. Son odeur est particulière et désagréable; elle se manifeste d'tme manière vive , mais seidemen t au moment où le polysulfure d'hydrogène vient d'être produit, et où l'on décante la liqueur qui le recouvre : alors il affecte péniblement les yeux, et probablement qu'il est très chargé de gaz sulfhydrique.

453. Un froid de ao° ne le solidifie pas. La chaleur de l'eau bouillante le décompose promptement; la décomposition commence même à s'effectuer vers la température de 60 à 70®. Dans tous les cas, le liquide se transforme en gaz sulfhydrique qui se dégage , et en résidu de soufre.

454* Abandonné à lui-même, le polysulfure d'hydrogène, s'il est pur, s'altère peu-à-peu; il laisse dégager quelques bulles de temps à autre , et finit par ne plus être que du soufre, mou d'abord, qui prend ensuite l'état solide.

455. L'air est sans action sur lui dans les circonstances ordinaires; mais, à l'approche d'une bougie allumée, il s'enflamme. L'hydrogène forme de l'eau; le soufre, de l'acide sulfureux.

456« Le charbon très divisé produit avec le polysulfure d'hydrogène un dégagement de gaz sulfhydrique.

457. Le platine , l'or , l'iridium et plusieurs autres métaux en poudre y occasionnent un semblable dégagement de gaz. S'unissent-ils au soufre? Cela n'est pas probable.

458. Beaucoup d'oxides possèdent également cette propriété. Quelques-uns la possèdent au point qu'une vive effervescence a lieu tout-^-coup. Tel est le bi-oxide de manganèse ; telles sont encore la magnésie et la silice; tels sont surtout des fragmens pulvérisés de baryte, destrontiane 1 de chaux ^ de |>otasse et de soude.

Ifais ceipi {wnltim plos CKtnovdioaiBe, ccrtqKkpl tM«e et k fioii^ en dMialnrioa Sont iwifcpe lefBcBaw nomèBes* Le dégagement de gK est ]iiènieâ0aBâfel| «evr agitée, entie oODune en AoUatioau Desfféfoluts anekgves <e maufiesCentaTed'i L 'action des oûdes fÎMâles à désooôgëner est i il y a réduction de Poxîde, jfacodmbûomt dVan, ccnee* Voilà œ que nous officoit dnasoÎDS Fondelfi Fovide d'argent, etc.

459. Les solfiwes pffétentent, eonniie les ccMp {léod^ des phâMmènes dignes d'atteutioBu Tom tendesÉà èim\ poser le poljralfnre dliydrogène et à en d^igerk{i|

de plomb pulvérisé, très vive avec le fcennès et le nA doré, et pins vîtc encore stcc les snUnzes alralim oipd re. Chose remarquable, die est forte, même afeckfiO' sulfures alcalins dissous; alors, en même temps qiiy dégage ment de gas, il y a précipitation de aonire.

460. Le sucre, l'amidon, la fibrine, la chair muscoURi agissent aussi sur le polysulfure d'hydrogène. L'acdoii' lente , toutefois elle est plus marquée avec les matières aàmalcs qu'avec les matières v^étales , et l'on recueille Vfir tôt avec les premières assez de gas sulfhydriqne pov s faire l'essai par les alcalis.

461 • Agitée avec le polysulfure d'hydrogène, l'eanneit dissout pas sensiblement: sans doute qu'elle le décompose en partie , car elle se charge d'un peu de gaz 8aIfhydni|S' et devient laiteuse.

C'est aussi de cette manière qu'agit probablement l'alcool

Quant à Téther sulfurique , il opère d'abord la dissob* tiou de la liqueur, et bientôt laisse déposer nnefoole^ cristaux en aiguilles blanches qui, par leur prompte dessio' cation à l'air , prennent une couleur jaune et seBablentétU du soufre pur.

46 a. Eufin les acides, loin de décomposer île polysnHiv dliydrogène, lui donnent de lastabHitéeteMotwntssrb

«4x»0B jmtTmoGiam. t$$

action entièreineiKl opposée & œlle da dMlkm ^ 'des métawi^ des oxîdes, des sulfures. En effets sile p^pulfure d'hydrogène est pue, il s'altère à la manière du bi«-oxide d'hydrogène. S'iliesten contact avec quelques gouttes d'eaU «eîddiëe, il se conserve très long-temps. Aussi le biroxidede maiDganèse qui en opère daëment la décompeaition , oesse-^ t^il de le dëcomposer sous l'injAuence des acides.

463. Quoique bien connue^ la prëparati<m du polysulfure d'hydrogène n'a pas moms étë, pour M. Thenard , un angetd'^tudes et d'observations. Onsavait depuislong-temps, i la v^të, que, pour prëparet le polysulfure il fallait verser du persolfure de potassium dans unescèa d'acide chlor^ hydrique ^endu d'eau , et non l'acide dans le persuMuré* Mais 'OU était loin d'en oonnaitre la cause t on croyait que le persulfure s'appropriait le gac sulfhydrique du |iolysulfure d'hydrogène. Il n'en estiient c'est le porsuUure qui décompose tout4rcoup le polysulfiure d'hydrogène eu dosmantlieuàund^agementdégazetà an dépôt de soufre»

Tous les persulfures et presque tous les acides «ont propres à cette préparation. On peut employer l'acide cUorhydrique du commerce , étendu de deux fois son poids d'eatt, et le sulfure de calcium obtenu en faisantbouiUir, plus que moins de temps , de l'eau sur de la chaux et un excès de soufre. L'acide est versé dans un grand entonnoir dont le beo doit être feimé avec un bouchon^ le sulfure est ensuite ajouté peu-à-peu, en ayant soin d'agiter continuellement k liqueur; et bientôt l'on voit le polysulfure d'hydrogène qui commence à se déposer. Celui qui se sépare d'abord est plus liquide que le polysulfure qui se dépose en dernier lieu. Rien de plus facile que de mettre à part et de fractionner les produits.

464* Le meilleur moyen pour l'analyser, consiste à peser le polysulfure d'hydrogène dans une ampoule , à k faire passer sous une éprouvette pleine de mercure et k chauffer Péprouvette avec un réchaud circulaire en ^1 de fer. Bientôt l'ampoule crève, et quelque 'temps après k ^écomposî-

tkm ett eomplèle. n ne teste pins qnTi mesurer le px^ est toajoiin du gax solfhjdriqae pur, qn'i ai ippric le poids et le letnndier de odni ihipc^ysalfined'bjdbgine soumis à Tsiudysey pour comchm la ipaaàih soufre. Lsseulepréaiutioa qu'il soit néœssaiie depRiàe^ c'est de mouiller les psrois de Fainpotile «Tec dercamlégt' rement acidulée. Tel est aussi Fardfiœ qu'il faut en^kjA lorsque l'on yeut prendre la dennté dn poljsulfiiie Sif drogène. Par ce moyen il n'éprcmTe aucune altératioB.k contraire, s'il était pur, des baUes s'en df^agoaiestit temp à autre et les opérations deriendraient diffiôkici inexactes. Est->il besoin d'idiserrer que l'cm tient cmft de la]très petite quantité de liqueur aâdniéeque Vùaaijpd

465. La composition du poljsulfnre d'hydrogène une: l'analyse a donné pour i atome de gax anlfh jdrique, tairtk 8 atomes de soufre , tantôt 6 et tantôt 4* Peut-être panieBdra-t-on à obtenir un bi-«ulfure d'hydrogène dont la ooaposition serait S H : il serait possible que ce bi-sulfiuett fût autre chose que la portion de matière qui affecte péniblement les yeux et dont l'odeur est si vive.

466. Telles sont les principales remarques qui ont ë faites sur le polysulfure^ elles prouvent d'une muikt évidente qu'il y a une analogie complète entre ce singuliet composé et le bi-oxide d'hydrogène. |

Tous les phénomènes se prévoient de même dans les deux

cas; un seul, au premier aspect, parait faire exception : cest

celui qui dépend de la réaction du polysulfure d'hydiog^

et des alcalis. Mais encore est-il facile de prouver qu'il

rentre dans la loi commune. En effetsi le polysulfure d'hj*

drogène produit, avec les dissolutions de potasse et de soade^

un grand dégagement de gaz sulfhydrique, ce d^age-

ment n'est point immédiat, il n'est que secondaire. Use

forme d'abord un persulfure de potassium, et c'est ce per-

sulfure qui décompose ensuite le polysulfure d'hydrogèiu

en présence duquel il se trouve. Quand bien même l'alcal

serait en excès, le dégagement â' irait encore lieu;

stmcoKiiTil. M

càtle contact ne saurait £tre immédiat , en raison de l'inso* lubilité dupolysulfured*bydrogène dans l'eau; et par conséquent cette combinaison se diviserait tout au plus en petites masses <pii seraient soumises à l'influence décomposante du sulfure métallique.

467. L'on découvrira infailliblement d'autres corps qui viendront grossir le groupe que forme actuellement le bioxide d'hydrogène et le polysulfure d'hydrogène. Il conviendra de rechercher si l'iode, le brome, le chlore, lefluor^ le sélénium, qui pour la plupart se rapprochent plus encore de l'oxigène que le soufre , ne seraient pas capables de former des composés de ce genre, (jinn. de Chim. et de Phys.^ xLvni, 79.)

IIVRE MSVVIÈBIfi.

46d. Avahtqu^onéût réduit la zirc6ne, on la regardait comme un oxide métallique; mais depuis que M. Berzelius est parvenu à en extraire le zirconium pur, des doutes se sont élevés à cet égard. Dans cet état d'incertitude et jusqu'à ce que la question soit résolue , nous avons cru de^ V voir mettre ce corps dans une section à part , entre les métalloïdes et les métaux propreinent dits : nous y avons ajouté le thoriniuiù à cause de son analogie avec le zirconium. Peut-être aurions-nous dû y comprendre, aussi le colombium et le titane qui ont beaucoup de rapports avec le silicium, le tungstène, dont'lés propriétés métalliques ne sont pas bien démontrées ; peut-être encore l'ârsénic, dont l'ana* logie avec le phosphore est si grande.

Zirconium.

J^6^. État naturel. -^Iaq zirconium n'a encore été trouvé qu'à l'état d'oxide; c'est cet oxide qui constitue la matière

I4t lafiamcML

ooninie jnaqu^ci soiift le nom de Mircâne^ de ternie ùnim^ matière rare qui se rencontre senlement dans k an», dont la nature avait «té conjecturée en 1807, etdoitk xîrconium a été extrait pour la première fois par H.!» zelius. [jinn. de Chim. et de Phjrsm ^ xxu 9 337»)

470. Préparation. — C'est en traitant par le potaflB le fluure double de lirconium et de potassium , deatel que le fluure de silicium et de sodium , que ce ckimîsteell parvenu à réduire la zircône et obtenir le zirconimifi; Le fluure double bien sec et en poudre doit être introU dans un petit tube de fer bouché par un bout , pwsiifli avec le potassium en fusion. Un tube <ie verre fomninit'i la silice qui se réduirait. Sur le tube contenant le BBtâaniei on pose un petit couvercle de fer et on chaufie le toutdtf nn creuset de platine; la. réaction a lieu à la chaleur c(n|e; eUc se fait sans ignition, sans effervescence , ni brait sasiblc , pourvu que le sel soit exempt d'eatu II en résulte une masse formée de zirconium, de fluure de potassium, d'un peu de fluure de ziroonium et de potassium non attaqué et d'un peu de potassium libre. Pour en relirerk zirconium , on met le tube dans Feau^ le potassium la décompose , et de là du gaz hydrogène et de la potasse. Cdt ci agit sur le fluure de zirconium, s'empare duâuor^a cédant son oxigène au zirconium, et forme ainsi d'une {Ut du fluure de potassium soluble, et d'autre part de k tf" c6ne , laquelle se dépose à l'état d'hydrate , avec le ziioo* nium qui est en poudre noire. Si l'on recueillait le mB* lange de zirconium et d'hydrate de zircône, qu'on le fi sécher et qu'on le chaufiSlt, même, dans des vaisseaux pleitt d'hydrogène, il s'embraserait, ce qui proviendrait de 0 que Phydrate de zircône possède la propriété dedeveni] incandescent à une température peu élevée , et de ce quel z irconium s'oxidcrait aux dépens de l'eau mise en liberté Aussi, après avoir lavé soigneusement le mélange , faut-il 1 faire digérer à une température d'environ 5o^ avec partie é|£ales eu volume d'acide chlorhydricr^^» '^^^neeatcé et d'eaOi

Par C9 taojtn 6n dissout la zircône et quelque peu dezirooi* mum ; puis Ton filtre la liqueur et on lave le filtre* Tant que les eaux de lavage sont acides elles passent limpides $ mais dès que l'acide disparaît elles se troublent^ parce qu'elles entraînent le zircc^^am même. Pour prévenir cet inconvénient il suiEt d'ajouter un peu de sel ammoniac 5 et pour enlever le sel ensuite on a recours à des lavages alcooliques. Ces lavages terminés, le zirooninm est pur, ob^ n'a [dus qu'à le faire sécher.

471* Propriétés» -^ Le zirconium ainsi préparé ^ pr^ sente sous la forme de petites masses d'une poudre cohé^ tente et noire comme du charbon. Frotté au brunissoir, il prend un éclat d'un gris foncé. Il est inodore, insipide , plus dense que l'eau , sans action sur le foumesol , ïnAuvaia çduducteur de l'électricité.

- Exposé à l'action du feu dans l'air y ila'enflanime avaiK d'être rouge , dégage une vive lumière , et se transforme en zircône ou oxide de zirconium parfaitement blanc.

Lorsqu'on fait chauffer le zirconium jusqu'au rouge, dans le vide , et qu'après le refroidissement on laisse entrer Pair dans l'appareil , ce corps se réchauffe; et si on le retire de Fappareil , il entre en ignition et s'ptidê. Mais si ,* après avoir laissé entrw l'air dans Pappétfèil , on y laissé le zirco^ iiium quelque temps , il ne -s'enflamme pas lorsqu'on l'eiï ihetire. Cette propriété curieuse a de l'etetalogie avec cette du ckailKm, de condensier les gaz , et tient peut-être plus k laforme pulvérulente qu'à la nature du zirconium. - il s'unit ausoufre et surtoixtàuchloré, avec production de lumière. Lechlorure s'obtient en cbauffantlè zireoniumdan9 le chlore gazeux , et le sulfure en chauffant le zirconitnfl dans la vapeur de soufre.

Le zirconium réduit par le potassium qui contient du carbone est carburé.

L'acide chlorhydrique concentré n'attaque que diiScili*ment le zirconium , même à la chaleur de l'ébuUition ; il ië dégage du g€» hydrc^ène^ L'acide aidfuri^pie ooncentréi

ainsi que Teau rëgale n'ont que très peu d'action à snrcecorpt.Ledissolvantdazirooniuniy c'est TacidefliKfflij' driijue : la solution s'opère avec d^agement d'hyd et à froid.

La potasse caustique en dissolution est sans action sork sirconium.

Lorsqu'on frappe fortement avec un marteau sur un n» lange intime de ziroonium et de chlorate de potasse, ilji combustion; et cependant l'azotate de potasse etkdiiorate de potasse , l'attaquent à peine , lorsque le mâangeeit exposé dans un creuset à l'action du feu. Il est, au e» traire y facilement attaqué par le csudbonate depotuse; c'est l'acide carbonique qui lui cède une partie de sonoo' gène : au moment de l'action , il y a ignition. Le hm cristallisé possède aussi la propriété de l'attaquer àchiil) il paraît qu'alors le zirconium s'oxide aux dépens deToB* gène de l'eau»

Oxîde de zùvœdumjOu Zitcône^

47a. Lazircône, découverte en 1789^ par KlaproA {Joum^ de Physique pour 179O1 1. xxxvii) , étudiée ensik par MM. Guyton, Yauquelin, Chevreul, Dubois etSiveira , a été décomposée par M. Beiaelius j dé manière àci isoler le zirconium y et à démontrer que cette substance ai un véritable oxide. Son nom dérive de celui de la piem dont on l'extrait.

473. Cet oxide est blanc, insipide y inodore» d'une p^ sauteur spécifique d'environ 4» 3 , sans action'sur le tooinfr sol ; irréductible par la cbaleqr seule ;. infusible au feu di forge ; sans aucune action sur le gaz oxigène y l'air e chacun des corps combustibles simples et composés poi métalliques à toute espèce de température i décompo sable par le potassium et le sodium à l'aide de la chalem insoluble dans l'eau , mais possédant la propriété remai quable I quand il est à l'état d'hydrate et qu'o«i le chauffe

ZIRCONIUM. H45

t. lampe à Talcool ^dans une capsule de verre , de noircir , luIs de devenir incandescent pomme s'il éprouvait une

>inLustion ; formant avec l'acide sulfurique un sel peu oluble , et formant des sels très solubles , au contraire ,

^ec les acides azotique et chlorliydrique ; n'existe que . jans le zircon (i) , pierre qui est un véritable silicate et qui *t formée , d'après les analyses de Klaproth et Vau- :tielin , d'environ 65 de zircône , 33 de silice , 2 d'oxide de 2r : ou en extrait la zircône par l'un des procédés suivans, tii sont dus, le premier à M. Chevreid, le deuxième à Cm, Dubois et Silveyra et le troisième à Berzelius.

474» Premier procédé .^^On réduit le zircon en poudre Tés fine dans un mortier d'agate ou de silex , et on le calvdky de même que le sable (p. 272), avec trois à quatre fois on poids de potasse caustique y dans un creuset d'argent. Lprès environ trois quarts d'heure d'un feu presque assez ort pour faire entrer l'argenten fusion, on retire le creuset du oumeau^ on le laisse refroidir, on délaie la matière dans 25 à >o fois son poids d'eau chaude, on filtre la liqueur, et on aLve lé résidu jusqu'à ce qu'il ne contienne plus rien de oluble. Ce résidu n'est alors qu'un composé intime de zir- :hne et de potasse mêlée à un peu d'oxide de fer fourni par a pierre, etd'oxidesde cuivre et d'ai^ent provenant du :reuset« Le résidu étant bleu lavé est mis dans une capsule le porcelaine , et arrosé avec assez d'acide chlorhydrique ^ncentré pour le réduire seulement en une pâte qui doit ^tre introduite tout de suite dans un tube de verre effilé par

(1) On trouve le zîrcoti en cfistanx disséminés dans certaines roches grani* tiques qui se rapprochent des terrains intermédiaires ou en font partie (Norvrège» Étffts-tJnis);^ on le trouve aussi, mais plus rarement, dans le basalte» roche d'origine ignée (Puy-en-Yelay); mais c'est daos les sables des rivières t^i routent sur ces diverses roches qu*on le rencontre le plus communément. 1 1 bu: très abondant dans le ruisseau d'Ëxpailly près du Puy-en-Yelay , à Geylan , «le. Les grains ou cristaux ne sont jamais très gros; leur dureté est un peu |ftlas grande que celle du quarz ; leur couleur , qui varie beaucoup » est le plus ^onuaunément rougeàtre ou jaunâtre; -

R46 ZmCCKinTM.

un bout, large de i pouce, et long de 5 à 6. Sur la pâte, Ton Tcrse une nouvelle quantité d'acide «rhlorbjdriqoe toujours très concentré ; on le renouvelle an besoin : il dissout les oxides de fer, de cuivre et d'argent , s'éooule parla partie effilée du tube , et laisse presque intacts le chlomre de zirconium et le chlorure de potassium. Lorsque les trois oxides sont dissous, ce que Ton reconnaît par la propriété qu'a l'acide qui est en filtration de ne point laisser déposer de matière blanche en l'étendant d'eau (i), de ne point se colorer par l'acide sulfhydrique, et de former un précipité blanc avec le sulfhydrate d'anmioniaque après avoir âé ainsi étendu, on retire la masse du tube^ et on la traite par lo à 12 fois son poids d'eau chaude à 4o ou 5o^. Celle-ci se charge du chlorure de zirconium , et du chlorure de potassium. La nouvelle dissolution est filtrée, puis enfin mêlée avec un excès d'anunoniaque liquide qui en précipite la zircône sous forme de flocons blancs , de sorte que, pour obtenir cette base pure , il ne reste plus qu'à la laver convenablement et à la faire sécher. ( Voyez le Mémoire de M. Chevreul, Ann. de CfUm . et de Pkys. t. xiii, p. 245.) 475. Deuxième procédé. — MM. Dubois et Silveyra font rougir, pendant une heure, dans un creuset d'argent, a pa^ ties de potasse à Falcool, mêlées avec une partie de zircon réduit en poudre fine; ib délaient la masse dans l'eau distillée, la lavent et la filtrent. La matière restée sur le filtre, composée de zircône, de silice, de potasse et d'oxidede fer, est ensuite traitée par l'acide chlorhydrique, qui dissout le tout, excepté la silice. La nouvelle liqueur étant filtrée, on y verse de l'ammoniaque pour en précipiter la zircône et Toxide de fer à l'état d'hydrates. Lorsqu'ils sont bien lava, on les fait bouillir avec l'acide oxalique, et de là résultent un oxalatede fer soluble et un oxalate de zircône insoluble.

(t) Celte matière blanche est un chlorure d*argent soluble an peu daus l'acide chlorhydrîque très concentré ; il est produit par le eontactde ert aride et d« Voxide d'argent contenu dans la pâte.

Ce dernier , si.'paré de l'autre par un nombre de lavages convenables et calciné dans un creuset de platine, donne la zircône parfaitement pure, mais difficilement attaquable par les acides. On parvient à la rendre très soluble dans <;eux-ci j en la traitant de nouveau par la potasse , la lavant , la dissolvant dans Pacide cblorhydrique et la précitant par l'ammoniaque. (^Ann. de Chim. etdePkys.j t. xiv, iio.)

476. Troisième procédé. — Ce procédé est le même que celui dont on se sert pour préparer l'acide titanique avec lequel la zircône a les plus grands rapports \ il est plus simple et plus sûr que les deux premiers, et par conséquent doit leur être préféré : on le décrira en parlant de la préparation de l'acide titanique.

Sels de zirconium.

fy]^. Les sels de zirconium solubles dans l'eau ont une saveur astringente comme le tannin. Tous sont troublés par une dissolution de sulfate de potasse : il en résulte un sel acide de potasse soluble et un sous-sel de zircône peu Soluble. La potasse , la soude , l'ammoniaque en séparent la ' zircône à l'état d'bydrate, qu'un excès d'alcali ne redissout point. Les suif hydrates de sulfures de potassium et de sodiiun, en précipitent l'oxide avec dégagement de gaz suifhydrique. Le cyanure jaune de fer et de potassium, ainsi que le cyanure de mercure, n'y produisent aucun précipité. L'infusion de noix de galle y produit un précipité jaune.

Sulfates de zircône.

47^* Suivant M. Berzelius, l'acide sulfurique forme avec la zircône un sulfate neutre 3 S O^ -|- Zr* O^, et deux sous-sulfates, Vunbi-basique et l'autre tri-basique.

Le sulfate neutre s'obtient en combinant directement la zircône avec l'acide sulfurique étendu d'eau , ajoutant un excès de celui-ci et concentrant la liqueur : le sel neutre cristallise i on enlève l'excès d'acide par l'eau. Ce sel est blancy peu soluble, etc*> etc.

548 ZmCONIUM.

Lorsqu'on le mêle avec de ITiydrate de zircène , îl en résulte le sulfate bi-basique qui, chose à remarquer, estsoluble dans Peau et se prend en masse gommeuse par évaporation : à la vérité , en ajoutant une quantité convenable d'eau à la solution, elle se trouble et dépose sans doute du sulfate tri-basique.

Quant à celui-ci, le meilleur moyen de se le procurer est de précipiter une solution de sulfate neutre par Falcool , et de laver le précipité avec ce liquide et ensuite avec de Peau. ( Jnn. de Chim. et de Phys*^ xxix, 356.)

Azotate de zircône.

479» Ce sel est astringent, rougit le tournesol, necristal- Ibe point, se prend, par l'évaporation , en une matière transparente et visqueuse ; ne se dissout qu'en petite quantité dans l'eau, à moins qu'il ne contienne un excès d'acide assez considérable.

Lorsqu'on verse de l'acide sulfurique dans la dissolution de ce sel, il se forme un sulfate de zircône qui se précipite; lorsqu'on y verse une solution de carbonate d'ammoniaqae, il s'en dépose du carbonate de zircône soluble dans un excès dq carbonate d'ammoniaque, etc.

On obtient l'azotate de zircône en traitant la zircône en gelée par l'acide azotique.

Fluorure de zircomum*

48o. Le fluorure de zirconium se prépare eti saturant l'acide fluorhydrique par de l'hydrate de zircône j l'hydrogène de l'acide s'unit à l'oxigène de l'oxide pour fonner de l'eau , le fluor et le zirconium se combinent pour donner naissance aU fluorure que l'on peut obtenir à l'état cristallin par une lente évaporation.

Ce sel a une saveur styptique, se dissout dans l'eau qui le décompose en sQu&-«el insoluble et en sel acide très solu-

zmCONIUll, 84A

ble. Par l'action de la chaleur, le fluorure acide se trouble et donne une dissolution plus acide encore.

Fluorures de zirconium et de potassium^

48 1 • n existe deuxfluorures de zirconium et de'potas&ium ; dans Fun, le fluor uni au potassium est à celui qui est combiné au zirconium : : i : i, 5^ dans l'autre 9 le rapport est : : l : 2. Ces deux sels sont très peu solublet dans Featt froide, plus solubles dans l'eau bouillante, et cristalliseul; par évaporation. Les cristaux sont anhydres et mdeoomposables par la chaleur. C'est ^en les traitant par le potassium que l'on obtient le zirconium*

Le premier fluorure double se prépare en versant lente-" ment du fluorure de zirconium dans un excès de fluorure de potassium, tous deux en dissolutions concentrée»); le deuxième, en versant au contraire le fluorure de potassium, dans un excès de fluorure de zirconium* Dan& les deux cas, il est nécessaire d'agiter la liqueur.

Chlorure de zirconium;

482. Ce sel est incolore, très astringent, très soluble dans l'eau ) il rougit k tournesol*, il cristallise en petites aiguilles qui tombent en effloresce^oe à {k)"*,, . perdent en même temps la moitié de leur poids et deviennent blaAchjes et opaques*

L'acide chlorhydrique concentré ne le dissout que difficilement j. l'acide sulfurique le décompose. En le versant goutte à goutte dans une ftplution de bi-carbonatede potasse ou de soude, il se produit un précipté qui di«pavatt promptement. Néanmoins le carbonate de zircène , obtenu par précipitation , résiste long-temps à Faction dissolvante de l'un de ces bi-carbonates.

Le oarbonate d'ammoniaque nous ofire sensiblement les mèm^ phénomènes evec le cUon«re de ûroonîiiiiu SiFen

5S0 ZIRGOTmilf.

fait bouillir les dissolutions carbonatées , surtout celle de carbonate d^ammoniaque , la zircône s^en séjlare à l'état d'hydrate^ et d'une autre part , si l'on agite de l'hydrate de zircàne avec une solution de l'un de ces sels, on verra qu'il n'y aura tout au plus que le carbonate ammoniacal qui dissoudra un peu d'hydrate.

Toutes les dissolutions alcalines troublent la solution de chlorure de zirconium; il en est de même de l'ammoniaque, des carbonates ordinaires de potasse et de soude, des sulfates de ces deux hases.

On Tobtient en traitant l'hydrate ou le carbonate de zirc6ne par l'acide chlorhydrique étendu , et concentrant la liqueur au point de la faire cristalliser. La zircône calcinée se dissoudrait mal; pour l'attaquer , il faudrait la réduire en poudre fine, la mêler avec de l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau, et faire chauffer le mélange an point de le porter presque jusqu'à l'ébullition.

D paraît qu'indépendamment d'un chlorure neutre, il existe un et même deux souB-se]s, d'après Berzelius. (Jnfu de Chim, et de Phys.^ xxix, 58.)

Thorinium.

'483« Le thorinium est un corps simple, découvert en 1829 par M. Berzelius, dans lethorite, substance minérale rare , dont la composition est très compliquée , et qui contient jusqu'à 1 3 matières de nature différente, savoir :

Thorine. ^7i9z- Chaux 9,58.

Oxidedefer... 3,40. Oxide de mangaoèse. 3,39.

Magnésie o,36. Oxide d'urane.... x,6i.

Oxidede plomb. 0,8a. Oxide d'étaîn. • . . 0,01.

SîUee. 18,98. Eau dt^o.

Potasse 0,14. Soude. o,xo.

Alumioe o,o6. 97f84.

484* Préparation. — C'est du chlorure de thorinium qu^on extrait le thor\uium% À. cet effet, on chauffe dans on

ZmCOMUM. S8I

^eùset de platine couvert, le chlorure en poudre sèche, mêlé

- i du potassium coupé sous l'huile en lames minces. Bientôt,

- -e âllomre est décomposé en donnant lieu à une légère déto-

- :iation,sciaissans(juelaréactionsoitaccompagnée de lumière; é;^! en résulte une masse d'un gris foncé, composée de thori-

aiiimetdechloimre de potassium; sur cette ïnasse. Ton verse i3e l'eau qui dissout le chlorure et laisse le thorinium libre. 48&* Le thorinium ainsi obtenu çst sous forme d'une poudre grise et lourde qui preûd un éclat métallique, quand on la frotte avec une agate.

Chauffé doucement avec le contact de l'air, le thorinium Snrûle avec un éclat extraordinaire et se convertit ^n ime stnatière d'un blanc de neige qui est la thorine ; il suffit sboiéme de projeter de petits grains de thorinium, à travers la flamme d'une lampe à esprit de vin, pour qu'aussitôt ce corps brûle aveo^une vive lumière.

Que l'on fasse un mélange de soufre et de thorinium , €]U'on l'introduise dans une petite cornue de verre, et qu'on l'expose à l'action du feu, il se distillera d'abord du soufre, puis la matière deviendra incandescente, et du sulfure de thorinium se produira. Ce sulfure est jaune. L'air le transforme à l'aide de la chaleur en acide sulfureux qui se dégage et en thorine ouoxide de thorinium, fixe. L'eau régale est le seul acide qui l'attaque bien , et encore la liqueur doit-elle être chaude ; ladissolution se fait sans résidu.

n y a également production de phosphure de thorinium et dégagement de lumière, lorsqu'on vient à chauffer le thorinium dans la vapeur de phosphore. L'eau n'altère point le phosphure; à une température élevée , l'air le fait passer à l'état de phosphate.

L'acide sulfurique étendu d'eau n'a que peu d'action sur le thorinium : d'abord il se fait un dégagement assez rapide de gaz hydrogène dû à de l'eau décomposée, et il'se produit du sulfate de thorine; mais bientôt l'action se* ralentit à tel point que le thorinium ne disparait tout entier que dans un temps considérable.

B5S THOBINIUM.

L'acide azotique a moins d'action encore sur le tboriniu m que Tacide sulfurique. L'acide azotique peut même être porté à l'ébuUition sans acquérir la propriété de dissou* dre des quantités très notables de thoriniuna.

Le véritable dissolvant du tborinium est l'acide chIo> hydrique; la dissolution s'opère rapidemeiat et complètement en faisant intervenir la, chaleur : il y ^ déoompositi(m de l'acide chlorhydrique y dégagement de g^^hydrogèiie et formation dç chlorure.

Ojci^ ek thorinium ou thorine*

486« Quoique le thorite contienne beaucoup dç i^atières différentes, on en extrait aisément la thorine. A cet efiet^ on traite à chaud le thorite en poudre par l'acide chlor^ hydrique; puis, quand le thorite est bien attaqué, l'on fait évaporer la liqueur, l'on verse de l'eau sur le résidu et l'on filtre : l'on sépare ainsi beaucoup de silice. Alors on fait passer dugazsulfhydriquc à travers la dissolution, etron précipite la thorine par l'ammoniaque. Le précipité recueiUi sur un filtre et bien lavé est redissous dans l'acide sulfurique étendu d'eau; la nouvelle dissolution est concentrée paff la chaleur jusqu'à ce qu'il nç reste qu'une petite quantité de liquide que l'on décante^ il se dépose ainsi une matière qui occupe beaucoup de volume : c'est du sulfate de thorine qui doit être lavé à l'eau bouillante, pressé et calciné; l'acide sulfurique se tra^forme en oxigène et acide sulfureux qui se dégagent, et la thorine reste pure*

487. La thorine pure et sèche est blanche , pulvérulente, sans saveur, sans odeur, sans action sur le sirop de violettes. Sa densité est de 9,402 et par coiiséquent très considérable.

Elle devient très dure par la calcination, au point qu'alors il est difficile de la réduire en poudre fine. Traitée seule au chalumeau , elje ne change pas d'aspect : avec le borax , elle $e fond lentement en uu verre transparent , qui» par le refroVdU^^xaeviX ^ d^NkuX Uit^nx^ cjuand la ^ui^tit^

le Aôrine est trop grande. Il n*en est pas de même des "ilcalîs caustiques ou carbonates : môme à la température ^xjuge ils n*en opèrent pas la fusion.

La thorine desséchée est inattaquable par les acides azotique et chlorhydrique. Unie à l'eau ou à Tétat d'hydrate

:jue Ton obtient, facilement en précipitant le sulfate par la 'potasse caustique , non-seulement elle se dissout prompte- ■n'ent dans ces acides , mais encore , pendant son lavage et "Sa dessiccation, elle se sous-carbonate.

488. L*hydrate de thorine , le carbonate et lès sous-sels tle thorine sont solubles dans les dissolutions de carbonates cle potasse, de soude, d'ammoniaque, et insolubles dans les alcalis purs.

La dissolution de thorine dans le carbonate d'ammoiliaque se trouble, lorsqu'on la chauffe jusqu'à 5o°«, mais si l'expérience se fait dans un flacon bien bouché , de telle 3lianière que le carbonate d'ammoniaque ne puisse se va- -poriser, le trouble disparaît par le refroidissement : une addition d'anunoniaque , loin de le faire reparaître , con-* tribue à éclaircîr la liqueur,

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