Le phosphore et Je soufre se oombineiit dans un
grand nombre deprc^rtions différentes. Ont conçoit^ d'après cela, que les propriétés du sulfuse de phosphore doivent varier .,Sa couleur est toujours: jaiâiâtre; mais l'état qu'il affecte n'eBt pas toujours le même, mon^pbis que sa pesanteur spécifique^ quelquefois il est liquide , et toujours il est plus posant que l'eau. ... .i
Les nombreux composés du soufrotàvec le phosphore» Me seraient-ik pas le résultat de la combinaison d'un à deux sulfures, à proportions définies, avec plus ou moins de soufre ou de phosphore? . .
80. Etat, Préparation. — ^Le sulfure de phosphore n'existe point dans la nature : ce sulfure est donc un produit de l'art»
I, Sixième édition, û
I5d Métalloïdes.
Avant d'exposer le procédé par lequel on I^obtient, il est nécessaire de faire connaître divers phénomènes qui penvfnt acoempagner sa formation.
Lorsqu'on fait fondre, à l'aide de la chaleur, duphosphore et du soufre sous l'eau , ils se combinent peu-à-pen, fondent, et il se forme du gaz sulfhydrique qui se dégage et qu'on peut recueillir, et de Pacide phophorique on phosphoreux qui reste dans la liqueur. Mettez dans une petite éprouvette a à 3 grammes de soufre et i 4- & 2 grammes de phosphore, remplissez-la d'eau aux deux tiers , adapteij un tube recourbe que vous ferez plonger sous une petite cloche |deine d'eau , et chauffez : bientôt le dégagement du gaz aura lieu- Ce dégagement serait même assez rapide pour produire une violente détonation si la liqueur était portée jusqu'à l'ébullition ; c'est ce" qui m'est arrivé (detix fois. Ekns cette expériehcc, l'eau est évidemment décomposée ; son hjdrogène s'usât au soufre, et son oxigène au phosphore.
Lorsqu'au lieu de combiner le soufre et le phosphore sous Peau, on les combine autant que possible sans eau , ilse produit encore une violente détonation, si l'opération se fait sur quelques grammes de phosphore et de soufre : un grand dégagement de ch«leur et la formation d'une certaine quantité de gaz sulfhydrique en sont la ^ause immédiate. L'expérience suivante le prouve : on a rempli de mercure une petite cloche courbe, et l'on y a fait passer un peu de gai azote; ensuite, après avoir introduit deux grammes dephosr phore jusque dans la partie courbe, on a fotidu ce corps combustible à la lampe^ alors on l'a combiné avec deux grammeq de soufre réduit eu petits fragmens ; cliaque fragment était porté successivement dans le bain de phosphore avec «se lige de fer, et IVm remarquait que chacun d'eux, au moment de la combinaison , produisait un petit bruit sennblaUeà celui d'un fer incandescent qu'on plongerait dans l'eau. La combiuaison étant faite, on a mesuré le gaz : il s'eA esi trouvé 6& parties de plus qu'avant l'expérience : ces 60 j4urti^ étaient du ga» su1fbydrique« On a vu aussi que It
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sulfure foimé vonigissnt la teinture de tournesol x il s'était donc produit un adide* Comment cipltqner la formation du gax sulfhydricpie et de l'acîde fixe? L'explication la plus simple oonsiite à supposer cpie le pbosjdiore qu'on em|.loie9 ayant été recueUli dans l'eau et conservé sous ce liquide, en retient, quelque soin qu'on prenne, et que c'est cette eau qui se décompose çofmme dans l'expérience précédente.
Quoi qu'il en soit, il suit de ces expériences que les divers procédés par lesquels on prépare le sulfure de phosphore ne sont pas tous sans dangers, et que, pour les éviter, on doit faire la préparation de la manière suivante.
Lorsqu'on veut unir^ sans l'intermède de l'eau , le phosphore au soufre, on prend un tube dont la longueur est de 8 à lo centimètres , et le diamètre de i à a centimètres ; ce tube ^t fermé à l'une de ses extrémités et ouvert k l'autre ; on y introduit :i à 3 grammes au plus de phosjphore *, on le fait fondre, et quand il est fendu, ony ajoute, par petits fragmens, le soufre avec lequel on veut le combiner* Avant d'ajouter un noorreau fragnient de soufre , on attend que la combinaiscm du précédent soit fkite; ce qu'un petit bruit dont elle est accompagnée permet de reconnaître.
Lorsqu'au contraire on veut faire la pi^paration sous l'eau, il faut opérer tout de suite sur la totalité des matières que l'on veut combiner, n'élever la tcmpéi^ture que jusqu'à 6o k 70^, employer le soufre dans un- grand état de division, par exemple, à l'état deyfewr, et agiter le mélange avec un tube , jusqu'à ce que la fusion soit complète. H sera même bon d'agiter d'abord la fleur de soufre pour la Inen mouiller i sans cela elle se tiendrait à la surface du liquida, et le contact n'aurait lieu que plus difficilement.
81. Le sulfure de phosphore entre plus facilement en fusion que le phosphore. Pelletier, qui a fait beaucoup d'expériences sur le phosphore, a trouvé que ce corps, combine successivement avec -J- -~, 1, 2, 3 fois son poids de soufre , donnait naissance à des composés qui fondaient, le premier, à^a^Réaumwjla % àS'*} fe3% à4^ le 4% i io*»;le5^à 3o**
i32 MIÎTALLOIDES.
(^jinnnlcs de Cliimie^ tom. rv, pag. lo; ou bien Mimoina de Pelletier). Pour moi, j'ai trouvé que le sulfure fait avec deux parties de phosphore et uue de soufre, était plus fusible que celui qui était fait avec parties égales de ces ooipi combustibles.
M. Faraday, à qui l'on doit de nouvelles observations sur le sulfure de phosphore, a vu qu'un composé formé d'environ 5 de soufre et 7 de phosphore était très fluide à zéro, et n'était point solide à — 6^,75 que ce même composé, conservé quelques semaines sous l'eau, avait laissé déposer iks cristaux de soufre pur^ qu'il avait en même temps perdu de sa fusibilité, et que dès-lors, après un séjour de quelques heures dans une atmosphère dont la température était de 3 à 4 degrés , il s'était pris en une masse cristalline qui paraissait formée de a de phosphore et de i de soufre^ iQ^pinion qui nous paraît d'autant plus probable, qu'elle donnerait, pour la composition du sulfure, i proportion ou i atonie de soufre = 201 , 16, et 2 proportions ou 2 atomes de phos- ][>hore=:2 X 196,15. Il s'est assuré de plus qu'en unissant directement le phosphore et le soufre dans ces demiëies proportions, il en résultait un sulfure qui , comme le précédent, avait !û propriété de cristalliser^ d'où il conclut que ce doit être un composé défini. Il ajoute qu'en agitant un sulfure de phosphore quelconque avec une solution d'ammoniaque, toutes les impuretés qui peuvent s'y trouver disparaissent en quelques heures ^ que le sulfure devient demi transparent, plus liquide, et enfin qu'il n'agit pas sensiblement sur l'eau, même en plusieurs semaines.
Exposé à une clialeur suffisante , le siUfùre de phosphore se volatilise. On en opère facilement la volatilisation , de même que celle du phosphore, dans une petite cloche de verre courbe; mais il parait que celui qui se volatilise le premier contient plus de phosphore que celui qui se volatilise en second lieu , surtout lorsque le phosphore, dans le sulfure chauffé, est eu plus grande quantité que le soufre.
Le sulfure de phosphore a luie grande action sur le gaz
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oxigèiie, surtout à l'aide d'une légèi'C chaleur; il eu résulte de l'acide phosphorique solide, du gaz acide sulfureux j et un grand dégagement de calorique et de lumière. L'air a également la propriété de Tenflammer, pour peu que la température soit élevée. C'est probablement ce sulfure qui se forme et qui prend feu lorsque l'on plonge une allumette soufrée dans un flacon contenant du phosphore {6a). Ce qui vient à l'appui de cette opinion, c'est qu'en mettant dans une petite éprouvette a grammes de phosphore et i gramme de soufre en petits fragmens, ces deux corps finissent par se combiner avec explosion , quoique la combinaison ne soit favorisée ni par le frottement ni par la chaleur extérieure. Or, si dans cette circonstance le sulfure de phosphore peut se former, à plus forte raison se formera-t-il dans celle que nous venons de citer.
On n'a point encore mis le sulfure de phosphore en contact avec les corps combustibles : sans doute que la plupart des métaux le décomposeraient et en absorberaient les deux principes constituans.
Historique. — Découvert par Mai^raff , étudié par Pelletier (^/i/t. de Chùn.y t. iv; ou Mémoires de Pelletier) , par Mussin-Puschin (jinn. de CAirn. , t. xxx) , par Thenard (jénn. de Chinu^ t. lxxxi) , par M. Faraday {Jnn. de Chim. et de Phjs. , t. vu, p. 71).