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ARTICLE II

SêUniwn. — Phosphure de sélénium. — Sulfure de

sélénium, (i)

Séléniua.

8a. Le sélénium , dont le nom est tiré de séiéné ( la lune), est un corps découvert par M. Berzélius, et jusqu'ici très

(i) Lé sélénîiire dliydrogèiie étanticide, ne sera étudiéqu'ài Tart* dea tidduk inétalkwiiqiica (3 1 4 )•

134 Métalloïdes.

rare. L'auteur l'a placé parmi les métaux; mais ses propriétés doivent y selon nous, le faire ranger parmi les métalloïdes et à cAté du soufre.

Propriétés. — ^Le sélénium, à la température ordinaire, est solide , sans saveur, sans odeur, très fragile, cassant comme le verre , et facile à pulvériser. Il n'a que très peu de ten-* dance à cristalliser : aussi M. Berzélius n'a-t-ilpu détenmner la fokme de quelques rudimens de cristaux qu'il est parveùu i se procurer dans plusieurs expériences. Le couteau le raie aisément. C'est un mauvais conducteur du calorique et du fluide électrique. H ne s'électrise point par le frottement. Sa pesanteur spécifique est entre ^,^0 et 4^^^^ m& poids atomique est de 494 9 S^^* Fondu et refroidi rapidement, il se prend en une masse opaque , dont la surface est polie et d'un brun très obscur, et dont la cassure a la couleur du plomb , et en même temps l'aspect vitreux et métallique. Lorsque, au contraire, après l'avoir fondu, on le laissé refroidir bien lentement, sa surface devient raboteuse, grenue; elle a toujours l'aspect du plomb, mais elle n'a plus de poli. Dans tous lés cas, réduit en poudre, il est d'un rouge foncé. Toutefois , cette poudre s'agglutine par lé broiement et devient luisante et grise à la surface.

Exjposé à l'action du feu , il ne tarde point à se ramollir; à 100®, il est demi liquide; à quelques degrés au-dessus, sa fusion est complète. Si alors on le retire du feu, il redevient mou; et s'il est examiné dans cet état, on trouve qu'il peut se pétrir entre les doigts comme de la cire d'Espagne , et se tirer en longs fils translucides , élastiques , qui paraissent rouges vus par transmission , et qui sont gris et ont le brillant métaUique vus par réflexion.

Non-seulement il est facile de fondre le sélénium , mais on peut le faire bouillir sans aucune difficulté. Qu'on le chauffe dahs une cornue de verre , et l'on observera que son ébullition aura Ueu au-^dessous de la cbaleur rouge , et qii'il se transforinerpi enua g as d'un jaune foncé qui ne tard a point à sç condenser dans le col du vase en gouttelettes xi^

8&LÉNiinir. ISS

Ms* En âevant assez la température pour faire rendre le gat dans desrécîpiens où il puisse se solidifier tout de suite ^ il «n résulte une fumée rouge qui n'est point odorante) elle se dépose en une poudre fine de même couleur ^ et reasem*iAe j pour la ténuité ^ à de la fleur de soufre*

Le sélénium n'a d'action sur le gaz oxigëne qu'à l'aidé de }k chaleur, et donne lieu à des produits diiférens sèloÀ le ,aiode d'expérience que l'on suit.

Prenez un ballon; remplissez-le de gaz oxigène; Tenes- ^^ ensuite un peu de sélénium, et adaptez^y un tube qui communiquera avec une cloche pleine elle-même d'oxigëne, ^ sous la pression ordinaire ; puis chauffez peu-4-peu le mA- .tras : si le vase n'a que %y à 28 àiillimétres de diamètre, le i^élénium s'enflammera au moment où il oommenceta i laouillir , brûlera avec une flamme peu intense ^ blanche tc t« la ba^eet yerte ou d'un vert bleuâtre à la partie Supérieure. Dans ce cas , il se produira de l'acide jsélénieux qui se 8ubli«- Suera et se condensera en poudre blanche , et tout lé sëlé*- Siium finira par disparaître. L'expérience réussim mieux «ncore lorsqu'elle sera disposée de manière à diriger un ootixtint de gaz oxigène sur le corps en fusion. On peut aussi la ^airc assez bien dans ime cloche courbe sur le merciu^.

Mais si le ballon a une capacité de quelques htres, le sélié^ nium ne prendra pas feu, s'unira toutefois à l'dxigène; et "^alors, il ne se formera presque que de l'otide de Sélénium qui restera à l'état de gaz, et dont l'odeur sera analogue k celle des choux pourris. Pourquoi cette différence d'acticm? M. Berzélius l'attribue à ce que dans le grand vaSe , le aélé^ nium trouve assez d'espace pour se volatiliser et pour se disperser; tandis que c'est tout le contraire dahs le petit. I L'acide sélénique ne prend naissance que parla voie sèche en faisant détoner du sélénium avec le nitre : il se foime alors du sélénlate de potasse.

Le sélénium s'unit très bien à l'hydrogène, auphosphore,

au soufre , au chlore et au brôme^ on n'a point encore tenté

I de l'unir au bore^ au silicium ) au carb^me ^ à l'iode et 4

i36 Ml-ri ALLOIDES.'

Pazote. Ses combinaisons avec les métaux s'opèrent facâlfr ment comme celles du soufre.

EtatnatwreL — Le sélénium n'a été trouvé jusqu'ici que combiné avec divers métaux ( i) , savoir :

i" Par M. Berzélius, avec le cuivre, dans la pyrite de Fahlun, avec le cuivre et l'argent dans un minéral que a chimiste a appelé eukairite^ et qui fait partie d'une mine de Cuivre abandomiée à Skrickerum , paroisse de Tiyserum ci Smoland.

2** Par M. Zinken , avec le cobalt et le plomb , le pknnb et le cuivre, le plomb et le mercure, dans la partie orientale du Hartz, près de Zorge et près de Tilzerode.

Préparation. — Le procédé le plus simple pour obtenir le sélénium consiste; i° à mettre les séléniures métalliques ^ont on veut extraire ce corps dans une cornue de verre tubulée; 2** à faire arriver, peu-à-peu, par la tubulure, du chlore sec dans la cornue , et à la chauffer doucement : le sélénium et les métaux sont transformés en chlorures^ mais comme le chlorure de sélénium est très volatil, il se rend dans le col de la cornue , d'abord sous forme de proto-chlorure liquide, puis à la fin sous celle de perchlorure , solide, semblable à celui de phosphore. Le col de la cornue doit être très long et plonger dans l'eau. Par ce moyen , les chlo' rures de sélénium s'y dissolvent et se convertissent, à l'aide de l'excès de chlore, en acides chlorhydrique et sélénieux. Il ne faut plus alors qu'ajouter à la liqueur de l'acide chlorhydrique , et ensuite du sulfite d'ammoniaque. Ce sel est décomposé par l'acide chlorhydrique; et l'acide sulfureux, mis en liberté , s'empare de l'oxigène de l'acide sélénieuxet précipite le sélénium pur.

Voyez les Mém. de M. Berzélius. Ann. de Chita. et de Phys.j IX, i6o, aaS, 337; et celui de M. Rose, id.y XXIX, ii3«

(i) Cependant, diaprés M. deHumboldt, il paraitrait que M. Stwwjfer eaaunit Nooana la préMOoe dans le sonfre roogeàtre de làparî*

SÉLÉNIUIL 157

Phosphure de sélénium^

83. Le phosphore se combine en toutes proportions avec e aëlénium comme avec le soufre. Les propriétés physiques ce composé varient de même que celles du sulfure de phosr (diore : ainsi le phosphure sélénié a une couleur jaune-lTru- ^giâtre et une cassure cristalline, quand le phosphore prér^omiue; il est très fusible, il a beaucoup d'éclat, une cas« sure vitreuse, et sa couleur est d'un brun foncé , dans le cas roù le phosphore n'est pas prédominant^ il est toujours vola- * ~til. Du reste, mis en contact avec l'eau, il la décompose peuà-peu et donne lieu à un acide de phosphore et à de l'acide élénhydrique qui se dissout et communique à la liqueur odeur hépatique. (M. Berzélius , Ann.de Chim. et de ^hys.^ IX , a38.)

Sulfure de sélénium^

84* Le soufre et le sélénium se combinent en toutes pro- ^portions, de même que le sélénium et le phosphore. Le seul xnoyen d'<d>tenir un sulfure à un degré de combinaison détermine, est de décomposer une solution d'acide sélénieux par un courant de gaz sulfhydrique. Lorsqu'on juge que tout Facîde est décomposé , on ajoute quelques gouttes d'à • "^ cide chlorhydrique à la hqueur, qui a pris une couleur jaune ^ de citron^ et on la chauffe^ par ce moyen, le sulfure qui était tenu en suspension intime se sépare et s'agglutine , en formant nne niasse cohérente, élastique et d^un jaune foncé. .Le solfiDre ainsi obtenu contient, sur loo parties de séléniumy 60,75 de soufre. Il est très fusible^ à 100*, il devient mou; à quelques degr^ au-dessus , il se liquéfie complètement^ à me température plus élevée encore, il bout^ la partie JistîiBée, aprèsson refroidissement, est transparente, d'un jume nmgt et senUaUe i l'orpiment fondu. Chauff!é dans ra«^ le inUW s'enflamme, et dmuie Henà du gpz sulf uxeia et i da f» oQÛde de sélénini } le sa«&c iMttft W YBBr

mier : aussi un mélange d'acide sélémeux et de sulfure ii sélénium se transforme-t-il, à une certaine température, a{ gac sulfureux et en sélénium.

Il est très soluble dans les dissolutions de potssseet&l soude, ainsi que dans les sulfures de potasdinm et deseditti; la liqueur, en se cbargeant de sélénium, prend une toiikv ottuige très foncée , et le laisse déposer àuMit4^t qu'on la iMt en contact avec les acides.

L'acide azotique est presque sans action sur le stdfdrei sélénium) Teau régale ou le mélange d'acide asodqns (t d'acide chlorbydrique en a une beaucoup |Aiis grande} dfli les deux cas, le sélénium et le soufre tendent à pasêer à FM acide. (Ann. de Chim. &i dé Phy$.^ it, A3d«)

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