‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 51 sur 117 · IODE · texte numérisé non relu

IODE

• de CfUm. et dePhys* ^ii, 40^)9 ^° ^^^ Peau salée de yo^ ghera^ dans l'eau de Sales, par M. Angelini; dans l'eau sulfureuse de Castelnoço d^Asti^ par le docteur Cantu J(Jd.xvfmj 221) 4 3® dans diverses mollusques marins, nus ou testacés, tels que les dons, les wnusy les huîtres^ etc. ; dans plusieurs polypiers et vëgétaux marins ^ les gorgonia , le zostera marina y etc. , et notamment dans l'eau-mère des salins alimentés par la Méditerranée (M. Balard, id, xxtiii, 178); 4** àaxis l'eau d'une saline de la province d^Antio^ quia y par M* Boussingault {id* xxx,. 91); 5^ dans le sel de Bex , par M* de Charpentier (Bulletin de M. Férussac) ^ 6^ enfin, uni à l'argent, par M. Yauquelin , dans des minéraux que M. Tabary avait achetés aux indigènes de l'Amérique méridionale, et qu'il avait en partie ramassés luimême aux enviroos de Mexico (Ann, de Chim. et de Phys. , XXIX, 99). L'iode existe dans toutes les eaux que nous venons de citer à l'état d'iodure; on le reconnaîtomr de l'amidon employé convenablement.

II 5* Préparation. — C'est des eaux-mères de la soude de varech qu'on extrait l'iode. Il parait que ces eaux , que l'on se procure en brûlant les difiFérens fucus qui croissent abondamment sur les bords de la mer en Normandie, etc. , lessivant la cendre , concentrant la liqueur à plusieurs reprises, jusq[u'à ce qu'enfin elle refuse de cristalliser, renferment ce nouveau corps uni au potassium, ou à l'état d'iodure de potassium. ( M. Gaultier de Claubry, Ann. de Chim. xciii, 75.)

Quoi qu'il en soit , on l'obtient en versant un excès d'acide suUïirique concentré dans ces eaux, et en faisant bouillir peu-à-peu la liqueur dans une cornue de verre munie d'un récipient : une partie de l'acide sulfurique est^décomposée et oxide le potassium de l'iodure, de telle sorte qu'il en résulte de l'acide sulfureux , du sulfate de potasse et de l'iode; celui-ci se vaporise sous forme de vapeurs violettes très belles, passe dans le récipient avec une certaine quan-^ tité d'acide , et s'y condense dans cet état en lames cris^tal-

170 Métalloïdes.

linèi qnl ont l'aspect du carbure de fer (i). Pour le purifier, il faut le laver , le mêler avec de Teau contenant un peu de potasse et le distiller de nouveau. Lorsqu'il s'agit ensuite de l'avoir sec, on le presse entre deux feuilles de papier à filtrer, qu'on renouvelle autant qu'il est nécessaire; enfin on l'introduit dans on tube fermé par un bout, on le comprime et on le fond*

Proportiôos réagnaanteti Proportioiu produites.

I d'iodure=î' '°*® t5i7,5 i d'îôde i537,5

lyV^'^ 4«9,9 , ^e iulfalè = 5' ^'^P^'^ ^'^'^

a d'acide «iU«riqiie rdsl . • • • toûs,a ( i d'aoîdio^ S9i,t

1 d'acide Milfiireiix. • • • • . 401» i

3ot9^ En a$omesf

Kia + a8O« = I^+K0,Sd«4.8O».

Nous pensons que l'on pourrait substituer avec avantage au procédé que nous venons d'indiquer, celui qui a été recommandé par M. Wollaston, et qui ne difiSre du précédent qu'en ce que l'on intrpduit dans la cornue une certaine quantité de bi-ozide de manganèse, aussitôt que l'effervescence qui se manifeste d'abord est passée : cet oxide cédant très facilement une partie de son oxigène au potassium, l'opération se termine en peu de temps.

M. Soubeiran, ayant observé qu'il se forme toujours de l'acide iodhydrique dans le premier des procédés que nous venons de décrire , et du cblorure d'iode dans le second, a proposé, pour éviter de perdre de l'iode, de transformer d'abord les iodures des eaux-mères de soude de varech.

(i) Ontre Tiodure dé fntainihitti, les eaux-mèret de soude de Varech , ^ue ron vend à Paris, contiennent des azotates de potasse el do soude et des chlorures de potassium et de sodium. Or, comme Tacide sulfurique , en décomposant ces deux derniers genres de sels ^ met en liberté de l'acide azotique et de r^.cîdé cbtorliydrfque , il doit se produire par ràction réciproque dé ceuxci j de l'eàa, un dégageaient de clAàté et de g&i acide hyp6-aifoti({ùé:iiirài obsek-ve-t-ou ittfs isêéz fàriie eUenrtsbdike et des vapeurs nitSiantes.

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en lodure de cuivre, insoluble : pour cela il verse dans la liqueur une dissolution de sulfate de cuivre et en précipite ainsi la moitié de l'iode 5 puis il décante la liqueur , y réunit lesi eaux dont il se sert pour laver le précipité , y ajoute une nouvelle quantité de sulfate de cuivre, et du fer eu limaille: celui-'ci , s'emparant de l'oxigène et de l'acide sulfurique de ce sel, met le cuivre à nu , qui achève de s'unir à l'autre moitié de l'iode. Alors pour séparer l'iodore de l'excès de limaille, il suffit d'agiter les matières dans l'eau et de décanter, La limaille se dépose tout- à -coup, Tiodure au contraire reste en suspension pendant quelque temps. L'iodure de cuivre est ensuite mêlé avec deux fois son poids de bi-oxide de manganèse et avec assez d'acide sulfuriqne pour faire pâte. Le mélange est introduit dans une cornue et chauffé. Bientôt l'iode est mis en liberté et se vaporise, etc. On peut même n'employer que de l'oxide de manganèse; mais dans ce cas il faut chauffer fortement et opérer dans une cornue de grès : le cuivre s'oxide , et l'iode se dégage, etc. (Joum, pharm.j xiii ,4^1')

116. Usages. — L'iode s'emploie dans les laboratoire^ pour plusieurs préparations, et pour reconnaître l'amidon, qui forme une belle couleur bleue en s'uïiissant à lui. Comme médicament, M. Coindet s'en est servi le premier avec succès contre les goitres, soit en dissolution dans l'alcool, soit à l'état de simple iodure de potassium ou de bi-iodure du même métal ^ c'est depuis cette époque que l'on a observé que la plupart des eaux minérales , auxquelles on attribue la vertu de guérir cette excroissance , contiennent de l'iode.

Suivant M. Orfila, ce corps détermine l'ulcération de la membrane mu(}ueitse et la mort, à là dose d'un gros à tm gros et demi.

Falsification. — M « Chevallier rapporte qu'on faUifik l'iode en y mêlant du charbon minéral 5 pour découvrir }a fraude , il proposé l'alcool qui dissout l'iode : mais pourquoi lie pas distiller une ^tite partie dti Boiélange dans une Gomue? le charbon seid né se vaporis'eta pas.

I7f Métalloïdes.

lodures de carbone.

117, Deuto-îodnre. — C'est en yersant peu-à-peu im une dissolution alcoolique d'iode ^ de la potasse caustiqne^ dissoute elle-même dans l'alcool , et agitant le mélange, que l'on prépare le per-îodure de carbone : dès que lacoBleur de la solution d'iode , qui est d'un brun foncé , disparaît, il faut cesser d'ajouter de l'alcali, L'iodure se dépoff en partie. Pour obtenir celui qui reste dans la liqueur, il suffit de la concentrer doucement et de la laisser refroidir. Bientôt l'iodure apparaît sous forme de paillettes jaunâtres, que l'on réunit aux cristaux qui se sont déposés d'abord et qu'on purifie en les dissolvant de nouveau dans Palcool et faisant évaporer convenablement la nouvelle dissolution.

Que se passe-4-il dans l'opération? Suivant M. Mitsoh» lich, qui regarde, avec tous les chimistes , l'alcool conuneim composé d'un volume de bi -carbure d'hydrogène, et d'ua volume de vapeur d'eau, ce seraient les deux élémens du bi-carbure d'hydrogène qui se combineraient, l'hydrogène avec l'oxigène de l'oxide alcalin , et le carbone aTCC une partie de l'iode. De là, par conséquent, production d'eau , d'iodure de potassium qui reste dissous, et d'iodure de carbone.

Le per-iodure de carbone, qui est toujours sous forme d'écaillés jaunâtres, a une odeur aromatique, forte, safranéiî. Sa saveur est sucrée, sa densité plus grande que celle de l'eau. Soumis à l'action du feu, il se sublime et se décompose lorsque la chaleur est trop forte. L'eau ne le dissout point. Ses dissolvaus sont l'alcool et l'éther. Le chlore en opère rapidement la décomposition. M. Sérullas le regarde comme formé de 4 atomes de carbone et de 3 atomes d'iode = C* P.

1 18. Proto-iodure. — Le proto-iodure diffère du précédent encequ'ile«tliquide,etqu'ilserait composé, d'après M. Sérullas d'un atome d'iode et de deux atomes de carbone, ws

IODE. lYS

C* I. D'ailleurs il est l^èrement colord en jaune, plus dense que l'eau ^ très volatil \ son odetu: est pénétrante , éthérée ; sa saveur, sucrée. L'eau en dissout une petite quantité; exposé H l'air , il devient rouge , ensuite brun , ce qu'on croit £tre du à un peu d'iode mis en liberté. Le chlore en opère rapidement la décomposition.

On le prépare en dbtillant un mélange intime de parties c'gales de bi-chlorure de mercure et de per-iodure de carl)one , dans une cornue de verre dont le col plonge dans l'eau. Bientôt le nouveau corps se produit et se rassemble au fond de l'eau sous l'apparence d'une huile. Comme il contient un peu de chlorure d'iode , pour le purifier il faut le laver, d'abord avec une dissolution alcaline qui sépare la petite quantité de chlorure d'iode qu'il contient , puis avec de l'eau.

Il parait que dans cette opération le bi-chlorure agit sur le per-iodure en enlevant une portion de l'iode par le chlore et peut-être aussi par le mercure, dont il est composé. (Sérullas jinn, de Ckini.et de Phjrs^^ xx, i63; xxii, i^si, 222*, xxv, 3 11; XXXIX, 225. Mitscherlich, xxxvii, 84*)

lodures de pliosphore.

119. Le phosphore et l'iode se combinent en diverses proportions; la combinaison a toujours lieu avec dégagement de calorique et sans dégagement de lumière ; elle se fait facilement dans un petit tube de verre placé au-r.; ssus de quelques charbons incandescens. La seule précaution à prendre , c'est d'employer les matières bien sèches. M. Gay- Lussac, qui a fait une étude particulière de l'iodure de phosphore ( Ann. de Chim.j tom. xci, p. 9), a observé que l'on obtient :

I® Avec I de phosphore et 8 d'iode , un composé d'un rouge orangé brun,' fusible à 100** environ, volatil à une température plus élevée , qui, mis en contact avec l'eau , la décompose et donne du gaz pliosphure d'hydrogène qui se

iT4 MÉTAtLOtDES.

dégage^ des flocons de phosphore qui se déposent, de l'acide phosphoreux , et de l'acide iodhydriq[ae qui reste en dissolution ;

2® Avec I de phosphore et i6 d*iode , une matière d'un gris noir, cristallisée, fusible à ng^, capable de décomposer l'eau comme la précédente , et de donner lieu seulement à de l'acide phosphoreux et à de l'acide iodhydrique incolore 5

3" Avec I de phosphore et 24 d'iode, une matière noire, fusible en partie à 46**, décomposant l'eau avec une vive chaleur , et se transformant alors en acide phosphoreux et en acide iodhydrique ioduré , lequel est toujours coloré en brun-jaunâtre.

lodure de soufre.

120. Le soufre s'unit facilement à l'iode, mais avec bien moins d'énergie que le phosphore. Une douce chaleur est nécessaire pour opérer la combinaison; l'iodure qui en résulte est rayonné et brillant conmie celui d'antimoine. 11 se décompose facilement : à peine l'expose-t-on à une température un peu plus élevée que celle à laquelle il se forme, que l'iode s'en sépare.

Dans ces derniers temps, on a proposé l'emploi de l'iodure de soufre, en médecine. C'est une mauvaise manière de se servir d'un médicament aussi énergique que l'est Tiode ; car l'instabilité des élémens de l'iodure de soufre le rend fort variable dans ses proportions.

Chlorures d'iode.

1 20 bis. On peut distinguer deux combinaisons de chlore et d'iode : le proto - cliorure et le per - chlorure d'iode. On les obtient directement tous deux, en mettant l'iode en contact avec le chlore sec. On projette l'iode dana un flacon plein de chlore \ la température s'élève un peu cït les deux corps se combinent* Il se fonne d'abord un prodf^it liipiide

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d'un rouge brun foncé; c'est le proto-chlorure d'iode. Adais si le cl^ore est en excès, on obtient un produit solide, crristallin, d'un jaune pâle; c'est le per-chlorure d'iode. Il faut donc produire le premier sous l'influence d'un excès d'iode qu'on pourrait peut-être en séparer par une douce distillation. Le second s'obtient toujours, sous l'influence d'un excès de chlore que l'on chasse ensuite par un courant d'air sec. Ces deux chlorures ont été étudiés par MM. Gay- Lussac, Dumas et Sénillas.

lai. Proto-Chlorure d^iode* — Liquide rouge-brun, plus pesant que l'eau et ressemblant beaucoup au brome soit par l'aspect, soit par les caractères physiques. Ce composé possède une odeur forte et suffocante; il tache la peau et la corrode ; il est soluble dans l'eau sans altération. L'éther sulfurique, agité avec sa dissolution aqueuse, enlève le chlorure d'iode à l'eau et se colore fortement en rouge-brun. ' Cette dissolution éthérée s'altère peu-à-peu; le chlore se - convertit d'abord en acide chlorhydrique, puis et en der- : nier Heu, l'iode passe à l'état d'acide iodhydrique. On ne connaît pas la composition du proto- chlorure d'iode.

121 bis. Per-chlorure diode. Il correspond incontestablement à l'acide iodique et contient, en conséquence

I at iode 789,75 4x,63

6 at. chlore. • 1 106,6a 58,37

Le per-chlorure d'iode est solide, cristallin, blanc-jaunatre, très volatil , d'une odeur irritante; il excite le larmoiement , et cause une impression vive et suffocante, quand on le respire.

Dissous dans ime petite quantité d'eau, il s'altère à peine , de sorte qu'au moyen de l'éther , on peut l'extraire en grande partie de cette dissolution aqueuse. Quand, au contraire , on le dissout dans une grande quan-? tité d'eau , il la décompose et se convertit entièrement en acide chlorhydrique et acide iodique» Ea ajoutaut de.

1 76 IIÈTALLOIDES.

l'acîde suKurîque, qui donne de la stabilité à Peau , (mp[^ vient cette décomposition et on peut même reproduire V per-chlorure d'iode dans une dissolution qui renferme le acides chlorhydrique et iodique tout formés.

Dissous dans l'cther, le per-cUorure d'iode se transforae peu-à-peu, en acide chlorhydrique et proto-chlorure, et finalement en acides chlorhydrique et iodhydrique.

Quand on le traite d'abord par l'eau qui le convertit a acides chlorhydrique et iodique , puis par l'alcool,^ s'empare du premier, on obtient, pour rtSsidu, de l'acUe iodique pur.

Les alcalis peuvent former avec le per-chlorure d'iode diverses combinaisons qui seront étudiées avec les iodates \ ma notons ici qu'un alcali en excès donne toujours naissance ù un chlorure et à un iodate. Une se forme de combinaisoi particulière, qu'autant que le chlorure d'iode est eu exoèi.

Le proto-chlorure d'iode se comporte avec les akab d'une manière analogue ^ car il donne par l'addition pio* gressive d'une base, de l'iode libre, un chlorure et un iodate. Avec la base en excès , l'iode lui-même se change eniodiue et iodate, en sorte qu'on a en définitive, un chlorure, va iodure et un iodate.

Ces chlorures traités par les métaux donnent , à~la-fois, en général, du chlorure et de l'iodure métallique, (^/i/i. di Ch. et de Ph.y t. xliv, p. 2725 1. xlv, p. Sq et 190. ^nn. de Ch. t. xGi, p. 48»)

Bromures (tiode.

122. Il parait que l'iode est susceptible de se combinar en deux proportions avec le brome \ que l'action a lieu & la température ordinaire *, que le proto-brômure est solide^ et que le deuto-brômure forme un liquide miscible à l'eau, et qu'alors, par les alcalis, il se transforme en bromure trèi soluble et en iodate presque insoluble. (Balard,^/?ii. Chim. etPhj's.j XXXII, 372.)

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