‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 50 sur 117 · BROME · texte numérisé non relu

BROME

parties de brome sur une partie de per-iodurc de carbone. L'action est instantanée, il y a développement de beaucoup de chaleur, on entend, au moment du contact, un bruit semblable à celui d'un fer incandescent qu'on plonge dans l'eau; il se forme un bromure d'iode et un bromure de carbone , que l'on doit mettre en contact avec de l'eau alca* lisée par la potasse, jusqu'à ce que de l'iode qui apparaît d'abord soit dissous, Alom il faut réunir le bromure dans un verre long et étroit, et l'abandonner à lui-même pendant quelque temps. Une matière blanche, qui ne parait être que de l'iodate de potasse, se rassemble à la surface. Le bromure doit être enlevé avec une pipette ; mais comme il contient toujours une petite quantité d'iodure qui échappe à l'action du brome, on le fera séjourner sous une eau légèrement alcalisée; le proto-iodure se décomposera en même temps qu'un peu de bromure qui , étant prédominant, restera enfin pur.

On conçoit qu'indépendamment du bromure de car* bone et de l'iodate de potasse, il pourrait se former des iodure et bromure de potassium, et même du brômate de potasse.

Le bromure de carbone est un liquide incolore, dont l'odeur est éthérée et la saveur très sucrée ; il se solidifie à o°; sa volatilité est grande, a^ solubilité dans l'eau, faible; un papier, qui en est imbibé et que l'on chauffe à la flamme de l'alcool , donne des vapeurs roussâtres; ce qui prouve que le bromure est décomposé.

Placé sous l'eau, il se colore peu-à-peu; sans doute qu'alors ime petite quantité de brome devient libre. (Sérullas , jirm, de Chim. et de Phys. , xxxiv, 97 et xxxix, 225.)

Bromures de phosphore.

1 10. Lesbrômures de phosphore s'obtiennent en mettant le brome en contact avec le phosphore, dans un flacon rempli de gaz carbonique; la réaction est subite et accompagnée de calorique et de lumière. Deux produits preTm^eiiXTL«\«s«xicft\

lOA MÉTAUjOIDES.

l'un, licpiîde, qui occupe la partie inférieure : c'est le protobromure de phosphore; l'autre, solide et cristallin, qui s'aV tache à la paroi supérieure du vase : c'est le deuto-brômurf.

Proto-bromwe* Liquide à la température ordinaire, 3 couscrve cet c-tat jusqu'à — la". Mis en contact avec l'air, il y répand des vapeurs blanches très piquantes. Il peut dissoudre du phosphore et acquérir ainsi la propriété d'enflammer le papier. Le brome le transforme en deuto-brâmnre. Le chlore le décompose en s'unissant au phosphore et mettant le brome en liberté.

Son action sur Peau est très grande; il se produit tont-t* coup de l'acide phosphoreux et de l'acide brômhjdrimie quise dégage à l'état de gaz, s'il n'y a que peu d'eau.

Deuto^romure. Ce bromure est liquide à la température ordinaire, jaime, plus dense que l'eàu, d'une odeur très piquante, susceptible de cristalliser en rhomboïdes. CharfEê peu-à-peu, il se résout en un liquide rouge qui, bientôt, entre en ébullition et produit des vapeurs de la même couleur, lesquelles se condensent en aiguilles sur les parois du go) de la cornue.

\\ se comporte avec l'air comme le proto-bromure.

Dans son contact avec l'eau, il y a production de chaletar, d'acide brômhydrique et d'adde phosphorique.

Le chlore en dégage le brome, l'iode est sans action sur hi .

Bromure de soufre, \

III. Le soufre sublimé se dissout dans le brome etd^nme naissance à un liquide d'un aspect huileux, d'une teinte rougcAtro, susceptible de répandre comme le chlortire àt soufre, au contact de l'air, des vapeurs blanches dont l'odeur rappelle celle de ce composé.

A la température ordinaire, l'eau agit lentement sur le bromure de soufre 5 mais à la température de l'ébullitiôn, il se prddiiit une légère détonation et îl se forme de l'acide btômkjdriqttc ^ dé Tacide swlfurique et de Tacidé sutfh^-

J^ÊÊÊÊÊÊÊk

BROME. 16t

er Le chlore décompose le bromure de soufre, en s^tiiiissant ►. au soufre et mettant le brome en liberté. (Balard, Ann. de r Chim» et dePkfs.^ x%xn, ^jS.)

Chlorure de brome,

1 12. Ce corps est liquide, moins coloré que le brome, et d'une odeur excessivement pénétrante \ il répand des vapeurs d'un jaune foncé qui provoquent subitement les larmes. Sa saveur est excessivement désagréable. Il détermine la combustion des métaux et peut se dissoudre dans l'eau sans se décomposer. On le prépare en faisant passer un courant de chloré dans du brome liquide , jusqu'à ce que celui-» ci refuse de le dissoudre.

A&TIGLE ly.

Iode y iodureê de carbone j de phosphore , de soufre^ chlorurés

d^ iode y bromures d^iode. (t)

Iode.

Il 3. L'îode a été découvert en i8i3 par M. Courtois; mais c'est à M. Oay-Lussac que nous devons la connaissance de la plupart de ses propriétés : en effet , il eb a écrit l'histoire presque complété d'après ses expériences, et a prouvé^ le premier, que ce nouveau corps avait une grande analogie avec le chlore et pouvait être regardé comme simple. {Arm** de Chim. f t. xcu)

Propriétés physiques. — L'iode est solide à la température ordinaire. Sa forme est lamelleuse , son éclat métallique, sa ténacité très faible, sa couleur bleuitre, ce qui lui donnei l'apparence de la plombagine ou du carbure de fer. Sa pesanteur spécifique est de 4^gi6 k la température de i6'',5, V

(i) f^eyiez iodïire (Tbydro^é, art. Acides m&dUoïiiiipitu

168 MÉIALLOIDES.

et son poids atomique de 789,73. Il aune odeur analogueî celle dn chlore ou plutôt du chlorure de soufre* Il possède à un haut degré les propriétés électriques du gaz oxigène *• aussi lorsqu'on soumet une dissolution d'acide iodhjdriqoe (hydrogène iodé) à l'action de la pile, l'iode se porte-t-3 du côté positif, et l'hydrogène du côté négatif.

Appliqué sur la peau, il la colore en jaune : cette couleor disparaît à mesure qu'il se gazéifie.

Propriétés chimiques, — L'iode entre en fusion à 107*, et en ébullition à environ i^S" : cependant, en raison de a tension, il se vaporise dans l'eau bouillante. Sa Yapevr, dont la densité a été trouvée de 8,716 par expérience, est toujours d'un beau violet : c'est ce qu'il est facile de proufcr en le chauffant d'une manière quelconque, soit comme nous venons de le dire, soit dans un ballon, ou en le projetant sur des charbons incandescens. Voilà pourquoi M. Ga^- Lussac a proposé de lui donner le nom qu*il porte , nom tiré de itaènq , violaceuSy qui ressemble à la violette*

On ne saurait le combiner avec l'oxigène à l'état gazeux; mais il s'unit avec l'oxigène à l'état de gaz naissant, et forme un acide que nous appelons acide iodique.

Son affinité pour l'hydrogène est très grande , moindre cependant que celles du brome et surtout du chlore et du fluor ; il l'enlève à un grand nombre de corps , et l'absoibe à l'état gazeux lorsque la température est élevée : de la résulte, dans tous les cas , un produit fort remarquable y un nouvel acide formé seulement d'hydrogène et d'iode : nous le désignerons par le nom diacide iodkydriquej pour le distinguer du précédent, qui est composé d'iode et d'oxigëne.

Parmi les autres métalloïdes, il s'unit encore avec le carhonc f le phosphore , le soufre, le chlore , l'azote et avec lirresquc tous les métaux : ces divers composés ne seront ffXflminés que par la suite.

f 1 4'Etat naturel. — ^L'iode, découvert d'abord dans le plus f^tfiiiil fiombrc àes/ucus qui croissent sur le bord de la mer, a ^i iirou^É depuis , I** ^ans les éponges, par M. Fife(^iiii.

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