AIE ATMOSPHÉRIQUE. S
3a suivante est sans réplique : que l'on expose huit à dix llitres d'eau de chaux à l'air dans une terrine; que l'on agite la dissolution de temps en temps, pour briser les pellicules qui se formeront à sa surface, et, en vingt-quatre heures, l'on -obtiendra un dépôt de carbonate de chaux assez considéral>le pour qu'il soit possible d'en retirer une quantité très ^sensible de gaz carbonique : or, ce gaz ne peut être fourni 2Mur le bocal ni par l'eau de chaux, qui n'en contiennent pdint : donc il provient de l'air.
i47- La nature des principes constituans de l'air étant constatée, il faut maintenant en déterminer la proportion. On peut déterminer celle du gaz oxigène et du gaz azote par tous les corps qui sont capables d'absorber l'oxigène à l'état liquide ou solide^ et de ne point agir sur l'azote; mais ceux qu'on emploie avec le plus de succès sont le phosphore, et surtout l'hydrogène. Déjà nous avons décrit l'analyse de l'air par le dernier de ces deux corps (i35); elle est très simple : elle consiste à prendre un eudiomètre à eau ou à mercure; à y introduire une certaine quantité d'air et un excès de gaz hydrogène; à faire passer une étincelle électrique à travers le mélange, et à mesurer le résidu : en retranchant celui-ci du volume du mélange, on en conclut l'absorption; et cette absorption, divisée par 3, donne pour quotient la quantité d'oxigène, qui, retranchée elle-même du volume d'air sur lequel on opère, donne la quantité d'azote*
On doit également faire usage du phosphore, comme nous l'avons exposé en traitant de l'action du phosphore sur l'air : en conséquence, mettez le phosphore en contact avec une certaine quantité d'air, soit à chaud (141)9 ^oit à froid (i38). Dans le premier cas, opérez sur l'eau outsur le merciu:e; mais dans le second, n'opérez que sur le mercure, parce que l'expérience étant d'assez longue durée, il serait possible que l'eau laissât dégager une portion de l'azote qu'elle tient en dissolution.
L'emploi de ces moyens prou ve que partout ^ àla svvcC^'CAi A^«è
t. Sixiènie Edition. \\
t'iO MÉTALLOIDCS.
la terre, comme dans Ips rc^gions âevëes, le volume dugssQ^ gène est au volume du gaz azote dans Tair, conuneai esti^ Tandis qu^on trouve toujours les mêmes quantités dW gèiio et d'azote dans Vair, du moins dans celui qui esta mouvement, on y trouve au contraire des quantités de vipcui*s très variables , en raison deà lieux plus ou rnoôi humides qu'il parcourt, et de la température plus ou uns t'lev(?e à laquelle il est c:sposd. Par conséquent, l'âir estimnient saturé d'eau. Ce n'est , pour ainsi dire, que dans k temps de pluie ou de brouillard qu'il est dans cet état : ina peut-il prescpie toujours en recevoir une nonrelle quantité, surtout en été. L'hygromètre, sur lequel Saussure et Dch otlt fait tant de recherches, indique bien les points extrCmfi de sécheresse et d'humidité de l'air; il fait aussi comnltR si l'air d'un lieu est plus humide que celui d'un autre, taà\ il n'indique point les quantités de vapeur contenue ixn \ l'air, parce que l'on ne connaît pas bien encore le rapport qu'il y a entre ces quantités, la marche de l'hygromètre et celle du thermomètre. M. Gay-Lussac, à la vërité, k cobmcncé im travail qui a pour objet cette détermination prf^ cise : malheureusement, il n'a encore publié que les TÙétats qu'il a obtenus pour la température de i o** centésimun* Ces résultats se trouvent sous forme de table dans le i** fc quatre volumes du Traité de physiçue deM. Biot, p. 532 et 533. On doit se rappeler d'ailleurs que dans tous les cas où l'air est saturé de vapeur, rien n'est plus facile que de déterminer le poids de celle-ci par le calcul (i3t,); de sorte que s'il était possible de refroidir assez l'air pour k saturer de vapeur, et de saisir le degré auquel arriverait c(^tte saturation, toutes les diiEcultés seraient levées : c'est VA.} que l'on obtient d'une manière approximative, en mctlanl del'éther dans un petit vase cylindrique d'argent, poK extérieurement, y plongeant le réservoir d'un thermomètre fràs sensible et observant l'appareil avec soin. L'éther se vaporiseia, le vase se refroidira sensiblement comme l'éther, et Ton vcrrabientôt la surface polîese couvrir d'un léger nuage.
AIR ATiisbèiMfiiitQtîE. M)
^'^tlrlé Aè^t|tf mdiitjîieiti kltrérnïoùiêtre e^ c« ihbM^t, et ■ rbn tfd X9Mat;lûi*a tjue l*aîtcontîélit nne qiibititité àe Vapfe» ' tèlie TÇàli x$è dfegrf il lèn serait satiiré (hygromètre 'dte
rtettfel).
Quoîqfù'îl Hé fbiTÔi'é à chaque instant, au sein des ânJ- ~nmi&9 et pai^ la combustion des matières yegétalies, beaucoup de<g'az 'caibo^ic^è qui passe dans l'atmosphère', il existe à peine un millième de Ce ga^d ails l'air atmoèphërique : ic*test que tes vëgétaux ont la propriété de le déco*ïposer, comme nous le verrons par la suite j de is'en a]f)proptiét lé éârbôûe, 1et d'en rendre l'oxigène libre, du moins 'éh grande partie : phéhomêne dés plus remarquables, <Jùi nous permet de ctohce voir comment la proportion des éléhïèns de l'atmosphèite ne change point. Mais puisqtie l'atïttb&pbère contient ùUte si petite quantité d'acide carbonique, pour l'apprécier, il faut opérer Sur un volume d'air t;onsidérable. M. Thenard est le prcthiér quîj en i8ia, ait eïnJ)loyé iiii procédé susceptible d'exactitude. Ce pridfcédé consisté à se procurer un grahd ballon à robinet, dont la câpàbîté soit bien connue : a^rès avoir introduU dans ce ballon une solution aqueuse de baryte (protoxide de barium saturée de carbonate de barite), ou le ferme et on le secoue pendant cinq à six minutes; au bout de ce temps, on y fait le vide le plus exactement possible ^ A l'aide d'un tuyau de cuir ou de plomb, terminé ^ar Un robinet d'une part, îet de l'autre par une petite dôche (Voy. Composition de Téàu)'^ le vide étant fait, on remplit ïe ballon d'air en le m^ettanteii communication avec l'atmospbère ^ on le ferme, on le secoue de nouveau, et ainsi de suite vingt-cinq à trente fois.
A chaque fois, la baryte s'empare de l'acide carbonique de l'air Aii ballon , et forme du carbonate de baryte insoluble 5 de sorte que le carbonate de baryte formée qu'on sait être composé de 22,4^ d'acide carbo^ nique et de 779 S9 de baryte, r^résente l'aicîd.^ caiY\^^\Âr^
«if MiTAIlXXDBS.
que de toQtle volomed'air sur lequel se fait Fopéntioiu (ij Cette etpérience a été faite au mois de déoëmlire tSii, par un assez beau jour y dans un ballon de g^ySg^fOtk Fair pris au baut d'une petite montagne, loin d*un Ea babîté. 3r3^*"'yo8 de solution de baryte y ont été toiA; l'air a été renouvelé trente fob; et toute réaction faite, a s'est trouvé avoir opéré sur a88 ''^9347 d'air, à la tempénture de ia%5,etsous la pression de 0*976, on 8ur357^"^953i n en est résulté o»"" ,966 de carbonate on €/^*^y%i6 f»* cide carbonique ; d'où il suit que l'air contiendrait — ^ i son poids d'acide carbonique.
En rapportant cette eiq>érience dans la première éditkii M. Tbenard disait : « Cette quantité d'acide carboniqv « me paraît si petite, que je crains qu'on n'ait point iài « assez long-temps la solution de baryte avec l'air, et qal « soit resté dans celui-ci une portion d'acide carboniqim' L'expérience doit être répétée*
C'est ce qu'a fait M. Tb. de Saussure en la variant i Tit' fini, et en modifiant légèrement la manière d'opérer : voiô au reste comment M. Tb. de Saussure expérimente : 3 emploie un ballon de verre de 35 k 45 litres de cipi-
(t) Une partie da carbonate de tiaryte reste en suspensioa dans la liiiev eiraulre &*alt«cke aux parob dn ballon. Ponr obtenir la première^ on nm^ Iqueur dans un flacon aTec l'eau dont on s'est senri pour laver le hiSht ^ r«a bouche le flacon. Le carbonate se dépose coBoplèlemesil dana fi de quelques jours : alors on décante la liqueur, qui est très clair« • aoi fane de Teau à plusieurs reprises sur le dépôt, on la décante covaeli 1 première lorsqu'elle est très limpide; enfin Ton fait sécber le carlMuiete 1 une capsule, el on le pèse.
Pmur obtenir la seconde, on verse une petite quantité d'acide dikiMfr que bible dans le balloa; on le proanène sur ses parois de manière à dMS» dre tout le carbonate. GeU étant fût, on verse la dissolution dat^ m fgft, on lave le ballon et Ton réunit les eaux de lavage à cette disMlofion ; pas on y ajoute une dissolution de carbonate de soude pur, et l'on fiût li^inTHi- d | même rapprocher la liqueur. Par ce moyen on reforme tout le carbonate de hryte qu*on rraît décomposé par Tacide chlorhydrique; il te précipite; on le Favé MT dècmtatîov f m le sèche a t «m le pèse comme le preoûcr.
ASA ATMOSPHÉRIQUIL tIS
cite^ muni d'une douille en cuivre qui est maintenue par on mastic mou et incapable de rien cëder soit à l'eau ^ 4K>it à Facide cUorbydrique froid et étendu d'eau. Ce mastic est formé de poix" résine, d'ocre rouge fortement calcioiëe y d'un peu de cire et d'un peu de suif. Le ballon peut i Volonté se fermer au moyen d'un robinet ou d'un boucbon A vis dont la tête carrée permet de le visser, à l'aide d'une clef.
On fait le vide dans le ballon , et on le place dans le lieu de l'observation. On ouvre le robinet et on laisse pénétrer Tair lentement. Au bout de quelque temps on note l'état du l>aromètre, celui de l'hygromètre, et on prend la température de l'air ambiant et celle de l'air intérieur du ballon. Si l'observation se fait en plein air, on note en outre l'état <lu ciel, on tient compte du vent, et en général de toutes les circonstances qui peuvent introduire quelque variation dans les résultats.
On introduit dans le ballon au moyen d'un entonnoir à long col, loo grammes d'eau de baryte, contenant i gramme de baryte et saturée de carbonate de baryte. Cette dernière précaution est indispensable, car le carbonate de baryte naissant se dissout sensiblement dans l'eau. On ferme ensuite le ballon au moyen du bouchon à vis.
On agite le ballon pendant une heure, en ayant soin que le liquide ne monte pas jusqu'au mastic. Ou bien encore , on laisse l'air et la liqueur en contact , pendant sept ou huit jours, en ayant soin de remuer tous les jours le «ballon, pendant quelques minutes. M. Th. de Saussure a fait sur cette dernière méthode ime observation importante et curieuse. Un séjour plus prolongé causerait une erreur fort grande, par suite de la production du bi-oxide de barium qui se dépose mêlé avec le carbonate de baryte.
L'action de l'air sur l'eau de baryte produit du carbonate de baryte dont une partie reste en suspension, et dont l'autre s'attache aux parois du ballon. On agite le ballon et on verse rapidement la liqueur trouble dans un flacon fermant à l'émeri.
Le ballon est lavé à sept reprises, et di^cjne fçsiSx ^^ ^o gr. d'eau saturée de carbonate de bary^.. IjeB^iajel lavage sont réunies dans un second flacon..
A mesure qu'elles s'édairdssent , on s'en sert poi^kicf le dépôt du premier flacon , qui doit l'être d'aiUeun aini que celui du second avec une sui&sante quantité d'oi toujours raturée de carbonate de baryte. . Enfin, onlave le ballon avec une liqueurfonuée d'unepir tie d'acide cblorbydrique liquide et de quinze parUes 4'^^ poi|F dissoudre le carbonate de baryte adhérent. Qn veni la liqueur sur le précipité recueilli dai^ le premier et le second flacon, et on lave chacun de ces vases sept fois avec 5o grammes d'eau pure. Bieu entendu que les mêmes eauxJi lavs^ge passent successivement d'un vase à Vautre.
Toutes les dissolutions réunies sont concentré^ parl'énporalion, jusqu'au volume de Sogram. environ, et alors oi verse le résidu dans le premier flacon qui renferme la presque totalité du carbonate de baryte .Celui-ci se dissout bientôt
La liqueur claire est précipitée par lo grammes d'une solution de sulfate de soude, contenant un vingtième de sel anhydre. Au bout de 24 heures on décante l'eau sunur géante et on lave trois fois le précipité, par décantation.
Le sulfate de baryte obtenu est desséché au bain-nu^e, puis chauffé aurouge. On peut le peser, çoit après la sùnpli dessiccation aubain-marie, soit après la calcination au roug& Dansle premier cas, 100 parties de sulfate représentent 81, 4' de carbonate ; dans le second , elles en représentent 84*
C'est par le procédé fort pénible que l'on vient de lire que M. Th. de Saussure a obtenu les importans résultats (f» nqus allons résumer.
1° Dans une prairie située à Chambeisy, près de Genèvd à 16 mètres au-dessus du lac, et à 388 mètres au-dessus du niveau de la mer, 1 0,000 parties d'air, ont donnd 4)^5 d'acide carbonique , par une moyenne de io4 observation* de jour ou de nuit çt dans des saisons très variées. Les nom* bres extrêmes ont été 5,74 et 3,i5.
AIR AXMOSPUâaïQUE. M9
La Ipçalité est sèche,, découverte, aérëe et ps^r Qonsépient propre à ce genre d'pbservatioi^. L'air a toujours été irb h quatre pieds, au*des§us du soK lirais, ainsi qjie l'ol^ i^rve M. Th. de Saussure, trois années d'observations ne ^ffisentpas pour éta}>lir upe moyenne exacte ,. et \e i^^i^ at qui précède se basç sur des faits qui n'ont été ol^seryéf [u'en 1827, 1828 et 1829.
2° Les pluies diminuent la proportion d'acide carl;>Qni- [ue contenu dans l'air. En tiraversant l'atmosphère , l'eau se harge d'acide carbonique et l'entraîne avec çlle dax^ le ol. Voici les exemples cités par M. Th. de Saussure , lej^ >bservations étant fait^ à midi :
Acide carbonique pour Pluk. uvodadUr.
1S28 10 inillimètres 4,79