OBSERVA- TIONS
L'acide sulfurique employé marquait 66® à Taréoraètre de Baunié, on avait 1,844 de pesanteur spécifique.
On a toujours opéré à 12® du thermomètre de Réaumur, ou à i5® centigrades.
247 • L'acide sulfuricjiie étendu d'eau peut toujours être ramené par l'ébullîtion à son plus grand degré de concentration, n est sans action sur Foxigène , sur l'air et sur tous les métalloïdes simples, ou du moins il faudrait qu'il ne fût que très peu étendu, et que la température fût élevée pour pouvoir être décomposé par le bore , le charbon , le phosphore et le soufre : alors il acidifierait tous ces corps , et passerait à l'état de gaz sulfureux (289 et suiv.).
L'acide sulfurique s'unit avec l'acide azoteux et l'eau pour former un composé cristallin qui joue un grand rôle dans la fabrication de l'acide sulfurique, ( Voir la fabrication de r acide sulfurique* )
248. Etat* — Plusieurs naturalistes prétendent que l'acide sulfurique existe libre dans les contrées volcaniques , ou du moins qu'il y est en solution dans l'eau : ils citent comme exemple le Rio- Vinagre j au volcan de Puracé^ dans le Popayan , le lac du mont Idienne , à Java. Le professeur Baldassari dit aussi l'avoir trouvé près Santa-Fiora, aux environs de Sienne, dans des grottes de la petite montagne volcanique nommée Zoccolino. M. Pictet assure également en avoir vu distillant de Ja vpâte d'une çtoUe 'çt^^ dJ fe^vs. ^xt
Svfirfe. Pour moî , je doute qa'oB acide aussi piussuft se lencontre à l'état de pureté dans la nature ; je aids pIutAt porté à croire qu'on a pris pour acide libre un sulfate acide : c'est ce que tend à confirmer l'analyse de l'eau damo-Fh nagre qui a été faite par M, Boussingault* U en a retiré : acide sulfurique o,ooiio^ acide chlorhydrique 0,00091; alumine 0,00040; chaux 0,0001 3; soude 0,00012^ silioe 0,00023 ; plus des traces de magnésie et d'oxide de fer (Ann de Chim. et de Phys. , li , 107). Quoi qu'il en soit , il . est certain qu'on rencontre souvent l'acide sulfurique combiné avec certaifis oxides métalliques, particulièrement avec la chaux, la baryte, la strontiane, la potasse, la soude, la magnésie , l'alumine , l'oxide de fer*
249. Préparation. — Cette préparation est fondée sur les produits qui résultent de l'action réciproque du bi-oxide d'azote , de l'air dont l'oxigène transforme ce biK>xide en acide hypo-azotique, du gaz acide sulfureux et de l'eau. Le gaz acide hypo-azotique sec n'a aucune action sur le gaz cide sulfureux également sec; mais si l'on met ces gaz en contact avec une très petite quantité d'eau dans un vase convenable , tous ces corps agissent subitement les uns sur les autres : le gaz acide hypo-azotique cède ime portion de son oxigène à l'acide sulfureux , et de là résultent de l'acide azoteux et de l'acide sulfurique , lesquels, se combinant avec l'eau , forment une multitude de flocons blancs qui tombent sur les parois du ballon et s'y attachent sous forme d'aiguilles cristallines. Si l'on verse de l'eau sur ces petits cristaux , elle dissout l'acide sulfurique , détruit sa réaction sur l'acide azoteux ; de sorte que celui-ci qui ne peut exister par lui-même, se transforme en bi-oxide gazeux d'azote et en gaz acide hypo-azotique qui se dégagent: seulement il se produit en même temps par la réaction de l'eau sur une partie de l'acide hypo-azotique une petite quantité d'acide azotique ( Yoir V action de Veau sur racide hypO'a:^otique^s U suit de là qu'au moyen d'une très petite
ACaDE SULFURiQtJB, 557
gîftfide quantité d'acide sulfureux en arîde sulfurique ^ pourvu toutefois cjne ce gaz acide soit mêlé avec au moins la mioitié de son volume de gaz oxigène (aSy). C'est ce qu'on peut démontrer de la manière suivante : on prend un ballon à robinet d'environ 5 litres; on y fait le vide; ensuite on l'adapte à une clocbe à robinet , graduée et pleine de mercure : au moyen de cette cloche, on fait passer dans le ballon 3o décilitres de gaz acide sulfureux , puis i5 décilitres de gaz oxigène , et enfin 5 décilitres de bi-oxide d'azote ; cela fait, on ferme le ballon , on l'enlève , on le rouvre un instant pour y verser une quantité d'eau capable seulement d'en humecter les parois; alors la petite quantité de gaz acide hypo-azotique qui s'était formée avant l'introduction de l'eau , et qui rendait tout le ballon rouge , disparaît , et donne lieu , en agissant sur une certaine quantité d'acide sulfureux, aux flocons dont nous avons parlé précédemment. Lorsqu'ils sont entièrement déposés et réunis en cristaux aiguillés ou étoiles , on ouvre le ballon un instant, et l'on y verse environ i centilitre d'eau qu'on promène sur toute la surface : tout-à-coup il y a effervescence due à du bi-oxide d'azote et à de l'acide hypo-azotique qui se dégagent. Le bi-oxide , rencontrant du gaz oxigène dans le ballon , devient acide hypo-azotique , lequel , rencontrant de l'acide sulfureux, reproduit les phénomènes déjà décrits , en sorte que le ballon paraît alternativement rouge, plein de flocons, et transparent comme l'air. Tous ces phénomènes se reproduisent un certain nombre de fois , selon que la quantité de bi-oxide d'azote et d'acide hypo-azotique est plus ou moins grande. Lorsque les vapeurs rouges qui se forment ne disparaissent plus et sont transparentes, on peut conclure que tout l'acide sulfureux est changé en acide sulfurique que l'on trouve au fond du ballon, en dissolution dans l'eau.
MM. Désormes et Clément , auteurs d'un mémoire remarquable sur la théorie de la production de l'acide sulfurique , avaient pensé d'abord que les cristaux qui se forment pendant ççttç iirodiiction, étaientun cpmç<:^é d'a.ci<k
528 IfÉTALLOIDES OXIGÉNIÎS .
sulfurique, de bi-oxide d'azote et d'eau(i). M. Gay-Lussae les regarda ensuite comme devant contenir de l'acide bypoazotique au lieu de bi-oxide d'azote (2) ; mais il suit des recbercbes de M. William Henry (3), de M. Bussy (4) , et de M. Gaultier de Claubry (5) , qu'ils renferment non de l'acide bypo - azotique , mais de l'acide azoteux. Suivant M. Henry, ils résultent de :
5 at. d'acide sulfurique sec=5 X 5oi,i6
5 at. d*eau = 5 X ii2>47
I at. d'acide azoteux = 477*03
Et suivant M. Gaultier, de 5 atomes d'acide sulfurique, 2 atomes d'acide azoteux, 4 atomes d'eau*
Que l'on fasse passer dans un tube gradué, plein de mercure, d'abord une grande quantité d'acide sulfurique très concentré, puis du bi-oxide d'azote et le quart de son volume de gaz oxigène : des vapeurs rouges apparaissent toutà-coup, et il se forme presque aussitôt des cristaux , mais qui se dissolvent dans l'acide sulfurique à mesure que celuici s'élève dans le tube par la condensation du mélange gazeux. L'absorption est complète; elle ne le serait pas si le bioxide d'azote et l'oxigène étaient dans un autre rapport que 4 à I. Or, comme l'acide azoteux résulte précisément de 4 vol. de bi-oxide d'azote et de i vol. d'oxigène , il est évident que les cristaux contiennent cet acide , et non du bioxide d'azote ou de l'acide bypo-'azotique. D'ailleurs le bi- ' oxide d'azote ne les produit pas dans son contact avec l'acide sulfurique , et l'acide hypo-azotlque ne les produit, lorsqu'on le mêle à l'acide sulfurique , qu'au bout d'un certain temps et qu'en donnant naissance à de l'acide azotique. Quoi qu'il en soit, il va devenir facile d'entendre comment on fait l'acide sulfurique dans les fabriques.
(x) Annales de chimie, t. lix, p. 829,
(a) Annales de chinde et de physique ^ t. xxvii, p. xi3.
(3) Journal de pharmacie j t. xiii, p. ii3.
(4) Ibid. , t. xvf , p. 49i«
(5) Annales de chinûe et de physique ^ t. xlv, p. 284.
ACmB SULPURIQUE. 3M
2k5o« On chauffe ensemble , dans une grande cliambre de plomb dont le sol est couvert d'eau , un mélange de 8 parties de soufre et de i partie d'azotate de potasse (i)« L'acide azotique de ce sel cède une portion d'oxigène à du soufre , et l'on obtient ainsi du sulfate de potasse , corps solide et fixe, et du bi-oxide d'azote qui se dégage et passe à l'état Ae gaz acide bypo-azotique en se combinant avec l'oxigène de l'air 5 mais, comme il y a beaucoup plus de soufre qu'il n'en faut pour opérer la décomposition de l'azotate de potasse , il se forme beaucoup de gaz acide sulfuxeux par la combinaison du gaz oxigène de l'air avec ce corps combustible : ainsi toutes les conditions nécessaires pour la formation de l'acide sulfurique se trouvent donc réunies , puisque le gaz acide bypo-azotique , le gaz acide sulfureux 9 l'eau et l'air sont en contact.
Proportions riagiiMoiei. Proportioni produites.
I de soufre • • aoi,i z de bi-oxide d'azote ^77,0
( id'ac i ' ^*"®*** ^^^'^ î I d'ac i ï<ïeso"fr**oï»'
idenitre/ ' | 3 d*oxig..3oo,o x suivit./ ' ( 3 d*oxig . . 3oo,o
( z de potasse ..... 589,9 ( i de potasse. 589,9
£n atomes,
S + KO, A2 05=KO,SO*+aAO.
(i) L'azolate de potasse est remplacé aujourd'hui par Tazotale de soude dans la plupart des fabriques : il est économique , parce qu*il contient plus diacide azotique , et qu*il coûte moins que celui de potasse.
Les chambres de plomb se composent de lames de plomb soudées lies unes aux autres, et attachées à une charpente extérieure qui a la forme de la diambre, par des agrafes ou bandes de plomb soudées, d*une part, à ces lames, et clouées, de l'autre, à cette charpente. Les chambres de plomb varient en grandeur: elles ont souvent 9 à 10 mètres de longueur et de largeur, et 5 à 6 mètres de hauteur. Quelles que soient, au reste, les dimensions qu^on adopte pour une chambre de plomb , il faut Tisoler de telle manière qu'on puisse en visiter toutes les parties, les câtés , le dessus et le dessous, pour être à même de boucher les trous qui pourraient s'y former; à cet effet, on l'établit snr des parallélipipèdes en pierre, à environ a mètres au-dessus du sol, et à-peu-près & la même dislance des murailles et du toit. On peut pénétrer dans
sm uÈtAS3MMB oneanis.
ly oir l'on Toct que pour Aécotnfoser 6 1'*^'% 36 jkmbc il n'en faut que x de soufre, et que par conséqoat presque totalité du soufre s'unit avec Pozigène de Tairpn faire de l'acide sulfureux , et en dernier résultat de Fi sulfurique*
n paraît que certains fabriquans , au lieu d'ajouter soufre au nitrë pour se procurer du bi-oxide d'azote et ji suite de l'acide hypo-azotique traitent l'amidon parPadl azotique. Indépendamment de ces gaz qu'ils font reoi dans la cbambre de plomb , en quantité conyenable, ibck tiennent de l'acide oxalique qu'ils liyrent avec ayanta^i commerce, (i)
la chambre par une porte pratiquée sur Fun de sea côtés. Ijb soXtàiAh légèrement incliné pour pouvoir retirer fiieilement l'acide.
Il y a plusieurs manières de brûler le soufre dans les chambres; fl meilleure parait être la suivante: près d*un des côtés de la chambre, di quelques décimètres de son fond , on dispose horizontalement une plaqua fonte munie d*un rebord, sur un fourneau qui, partant du sol , traverse Itii de la chambre, et dont la cheminée n*a aucune communication avec oStc c^est sur celte plaque qu'on place le mélange de nitre et de soufre ; on l'y (Mf par uue trappe faisaut partie de la paroi latérale de la chambre , et s'appafi inféricuremeut sur la plaque elle-même : le mélange étant ainsi placé, chambre fermée, et son sol recouvert d'eau , on fait du feu peu-à-peu dan fourneau; bientôt le soufre s'enflamme et donne lieu aux produits dont v avons parlé. Lorsque la combustion est achevée, ce qu*on voit par unp carreau adapté à la trappe , on lève celle-ci ; on retire le sulfate de polastf dessus la plaque; on le remplace par un mélange de nitre et de soufre; renouvelle l'air dans la chambre, en ouvrant la porte et une soupape sik sur le côté opposé à la trappe; puis, après avoir refermé la trappe i lap et la soupape, on remet du feu dans le fourneau; on fait ainsi brûler uouveaux mélanges jusqu'à ce que l'acide suit à environ 40» de l'aréoMi de Baume, en ayant soin de ne pas mettre sur la plaque plus de soufirv l'air n'en peut consumer : alors on relire l'acide de la chambre au moya robinets, ou au moyen d'un siphon plongeant dans une petite cavité fl ricure qui communique avec l'intérieur de la chambre , et qui est pltf comme les robinets, à la partie la plus basse du sol; on fait rendre cet ai dans des chaudières en plomb , pour le soumettre aux opérations que l'on décrire. Plusieurs fabricaus sont dans l'usage de projeter de temps en ta de l'eau eo vapeur dans la chambre ; il paRÎt c^w*ih f*ei| trQ^TQHt bÎM
iiSr. libwqtfônj retire Tàcide 3!es c^ienibres dépTom&« il est bien loin d'être pur; il contient, i** beaucoup d'eau 5 a* un peu d'acide sulfureux qui a ëcbappé à l'action de Vacide bypo-asotique ; 3** un peu d'acide azotique provenant de Faction de Peau sur l'acide hypo-azotîque et l'oxî- • gène de l'air ; 4** «^ peu de sulfate de plomb dû à ce que le plomb est oxidë par Facide hypo-azotique , et à ce que cet «yxide se combine avec Facide sulfurique •, 5° une petite quantité de sulfate de peroxide de fer, provenant de ce que le soufre qu'on emploie renferme un peu de sulfure de fer et que ce sulfure , converti en sulfate par le grillage, est entraîne d'une manière notable par les gaz ( Bussy et Lecanu, j4nn. de Chim. et de Pkjrs.jXXXy 20). Il faut le séparer dé la plupart de ces corps , et surtout de la majeure partie de Feau, pour le rendre propre aux usages auxquels on le consacre dans le commerce : on y parvient de la manière suivante : on le porte dans des cbaudières en plomb , où on le fait cbaufFer jusqu'à ce ^'il marque environ 55** degrés de Faéromètre de Baume ; on en dégage ainsi beaucoup d'eau et tout Facide sulfureux ; alors on l'introduit dans des cornues de verre lutées ou dans des cornues de grès ; on place ces cornues sur des barres de fer dans un fourneau rond , et assez grand pour en recevoir plusieurs , en les rangeant circulairement; on les recouvre de terre, de briques et de tessons arrangés en forme de dôme 5 on adapte à leur col un récipient 5 par la chaleur , on volatilise une nouvelle quantité d'eau , tout Facide azotique, un peu d'acide sulfurique , de sorte que l'acide sulfurique se concentre de plus en plus en même temps qu'il se purifie. Lorsqu'il est parvenu à 66°^ on suspend le feu , on retire les cornues en brisant lé dôme du fourneau 5 Facide est versé dans des^ vases qu'on tient fermés, et où tout le sulfate de fer qui s'y trouve étant devenu insoluble par l'effet de la concentration, §e dépose en poudre blanche ; après quoi on le décante et on Fexpédie pour le commerce dans de grosses bouteilles çg]R4ç§ 4? Y^W Yçrt , qu'on appelle 4(¥f^^j^W^9 ^ €^
S33 BfÉTAiXOmES OXIGÉBnSs.
qu'on bouche avec de k terre cuite et un pea de ton glaise* (i)
Dans cet état, l'acide est propre i toutes les opératki des arts^ mais il n'est pas propre à toutes les opération cbimie, parce qu'il contient encore le sidfate deplomb,^ même des sels provenant de l'eau introduite dans lacWioli de plomb. On l'obtient pur en le distillant ; tout ce qui et acide passe dans le récipient et s'y condense ; les sels resM dans la cornue. Pour cela , on met i ou 2 kilogrammes d*» cide sulfurique dans une cornue de verre; on place cett cornue dans un fourneau à réverbère, et l'on en fait rendiel col dans un ballon tubulé ; ensuite l'on chauffe peu-à-pf la cornue , de manière à la porter à environ Soo** de chi leur : alors l'acide entre en ébullition , et vient se condei ser , sous forme de vapeurs épaisses , dans le ballon. Ce distillation demande à être conduite avec soin , à causée soubresauts auxquels elle donne presque toujours lieu, qu'on évite en partie en introduisant dans la cornue à à trois petits fragmens de verre hérissés de pointes. Il i bien se garder de faire usage de bouchons : l'acide les cl bonnerait et se noircirait.
252. Usages. — L'acide sulfurique est l'acide dont usages sont les plus nombreux : on s'en sert, i® pour obt presque tous les autres acides , soit dans les laboratoires, dans les artsj 2° pour extraire la soude ^usel marin; 3° 1 faire de l'alun et du sulfate de fer , lorsque ces sels chers et l'acide à bon marché ; 4** pour dissoudre l'ind gonfler les peaux dans le tanage; 5'' pour faire l'éther furique, le sublimé corrosif , le mercure doux, extrai phosphore, le chlore , etc.; 6** enfin c'est un des réî que le chimiste emploie le plus souvent. ^
(i) Dans la plupart des fabriques, au lieu de cornues de verre oa d qui sont sujettes à se casser, Ton emploie de grands Tases distillatoires < tine. Ceux-ci n'exigent aucune précaution , et offrent des avantages tel bientôt Ton en fera généralement usage.
Acide hypo^sulfîaiquè.
ïi53 . L'acide hypo-sulfurique , découvert par MM. Welter et Gay-Lussac, il y a quelcjues années , ne saurait être obtenu sans eau* C'est un composé liquide , sans couleur , sans odeur, même dans son plus grand état de concentration, qui rougit la teinture de tournesol, et dont la saveur est franchement acide. Placé dans le vide , sous le récipient de la machine pneumatique , avec de l'acide sulfurique , il se concentre sans se vaporiser et sans subir d'altération, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à la densité de i, 347; mais alors il commence à se transformer en acide sulfureux qui s'exhale , et en acide sulfurique qui reste dans la liqueur. Lorsqu'il est très délayé et qu'on le soumet à l'action de la chaleur, il n'abandonne d'abord que de l'eau; ce n'est que quand il en contient beaucoup moins, qu'il éprouve le même genre de décomposition que dans un espace vide d'air: la chaleur du bain-marie suffit même pour l'opérer.
Le gaz oxigène , l'air atmosphérique , le chlore , l'acide azotique concentré et le sulfate rouge de manganèse , n'en changent point la nature à froid.
Mis en contact avec le zinc, il le dissout, et de là résultent un dégagement de gaz hydrogène et un hypo-sulfate : c'est donc par l'oxigène de l'eau de l'acide que le zinc est oxidé. Enfin l'acide hypo-sulfurique sature complètement les bases et forme dés sels solubles avec la baryte ou le protoxide de barium, la strontiane ou le protoxide de strontium, la chaux ou le protoxide de calcium, et le protoxide de plomb. Ces sels sont très stables à une basse température , tandis qu'au contraire , à une température élevée, ils laissent dégager beaucoup d'acide sulfureux et passent à l'état de sulfates neutres.
254» Composition. — L'acide hypo-sulfurique est formé de 100,1 8 de soufre et de laS d'oxigène, non compris l'eau, indispensable à l'union de ses élémens. MM. Welter et
&I MTAùonw pfjstaxÈs.
Gay-Lussac sont arrivés à ce résultat par Fanalysedell} sulfate de baryte : il n'en sera cpiesdon que dans le volume. Sa formule atomique est S^ O^. Mais telle est la composition de l'acide hypo-aulfnriqoey 3i évident qu'on pourrait le considérer conmie mi de I proportion ou i atome d'acide sulfureux ss 4ûii de I proportion ou i atome d'acide sulfuriqoe =: 5oi,i sa facile transformation en ces deux acides autorise jusqu'à un certain point cette opî]iicMi.(i)
255. Etat naturel , préparation. -*- L'acide h] que ne s'est point encore trouvé dans la nature. Pour t'înir, il faut faire passer du gaz acide sulfureux de Taction du charbon sur l'acide sulfurique , dans de Ti qui tient en suspension du bi-ozide de manganèse dii( mcrce, réduit en poudre très fine^ il se produit champ et à froid une dissolution parfaitement composée d'hypo-sulfate et d'un peu desulfatedei de manganèse^ d'où il suit que ^ par l'acide sulforeniit bî-oxide est ramené à un moindre degré d'oxidatka.! réaction , dans le cas où il ne se ferait que de l'hyj aurait lieu conune il suit :
Proportiool réagiMantei.
« diacide sulfureux. . . =z:a^4oi,i
, ., 1 idcprotoxid. 455,7
*^ Il doxisène.. zoo,o
nU|KNI]
1 1 depr
de sel < ,,
protoside.,.*..!
Csiacsnl^**.!
i I «rcudgèncii
Sllli
que
pluâ
'deb
del:
que
rer]
bou
Iîr,i
solu
cris
met
pou
pli( tiq
pu la
( I a oxigene.
En atomes, • S 0« + Md O^rs Mn O, S^ 0«.
Lorsqu'on s'est procuré une liqueur suffisamment i gée d'hypo-sulfate, l'on y verse peu-à-peu de la baryte i poudre 5 l'on en favorise l'action par la chaleur et l'i lion, et l'on eu ajoute un petit excès, facile à ri parle papier de curcuma, qui de jaime devient roiuceJ baryte précipite tout l'oxide de manganèse en s'i
(i) Fqy, pour plus de dûuIU, U Mémoire des aiilefin» Aam^ de ekm, «<
aux acides sulfurique, et hypo-sulfurîque*, mais comme le sulfate de baryte est complètement insoluble, il s'ensuit que la liqiieur filtrée ne doit plus contenir, et ne contient plus en effet que de lliypo-sulfate de baryte , plus l'excès élè baryte. L'opération amenée à ce point, on enlève l'excès oe baryte en établissant un courant de gaz acide carbonicjne à travers la dissolution , et la filtrant ensuite pour sépa • xer le carbonate qui se dépose sous forme de flocons : il est lx>n toutefois , avant de la jeter sur le filtre , de la faire bouillir, afin d'en dégager du gaz carbonique qui poiurait rendre solublc une petite quantité de ce sel. Enfin il faut faire cristalliser l'hypo-sulfate , le redissoudre dans l'eau, et y mettre la quantité d'acide sulfurique seulement nécessaire pour la précipitation de la base , en s'y prenant comme nous l'avons dit au sujet delà préparation de l'acide bypophospboreux (221); on concentre au5si l'acide hypo-sulfurique, comme celui-ci, sous le récipient de la machine pneumatique , en ayant soin de cesser l'évaporation lorsque la densité approche de i,347.
La production de l'acide sulfurique dans la réaction de l'acide sulfureux et du bi-oxide de manganèse, dépend de deux causes: 1^ de la tempëraturequipeuts'ëlever jusqu'à 5o*^ , si le dégagement de l'acide snlftjreuz est trop rapide; a** de ce que le bi-oxide de manganèse renferme quelque'* fois de l'hydrate de sesquioxide, lequel ne produit a^ec l'acide sulfureux, que du sulfate et du sidfite (i). Suivant le docteur Heeren, la baryte ne précipiterait pas complètement le manganèse. C'est pourquoi il emploie de préférence le sulfure de barymn qui d'ailleurs est plus éco<^ nomique. U en met un petit excès qu'il décompose par un courant de gaz carbonique ^ il chaufie , filtre , et adiève l'o* pération en faisant cristalliser Thypo-sulfate cconme il vient d'être dit.
(i) Afm. dj ekrm. et dephp^^ U XL, p« 3o,
sse utTAUùmÉs axiùtfSSÉs.
Acide hypo^sul/ureux»
a 56. n en est de cet acide comme de l'acide li que, Il n'existe qu'en combinaison avec les bases saJ à peine l'en sppare-t-onpar l'acide sulfurique, l'acide hydrique, etc., qu'il se transforme en soufre et en sulfureux. Il est composé de ioo,58 de soufre et de doià gène , ce qui donne en proportions ou en atomes i de que élément. Observons que de mêmie que l'on peut der l'acide bypo-sulfurique comme un composé de i portion d'acide sulfureux et de i proportion d'acide rique , de même , et par la même raison , on peut Gonsi^ rer l'acide bypo-sulfureux comme formé de i proportii d'acide sulfureux et de i proportion de soufre.
ARTICLE vu.
Oxide de sélénium , acide sélénieux , acide sélémqiie.
Oxide de sclénium.
387. n paraît que l'oxide de sélénium est gazeux, su couleur, sans action sur la teinture de tournesol 5. qu'il une odeur analogue à celle des choux pouris 5 qu'il est tri peusoluble dans l'eau*, que néanmoins il commimiques( odeur à ce liquide sans lui donner la propriété d'être tro blé par l'acide sulfhydrique , qu'il ne s'unit point aux aie lis 5 qu'il n'existe point dans la nature 5 qu'on le prodoi en même temps qu'un peu d'acide sélénieux , en chau faut le sélénium dans un vase plein d'air ou de gazoxigèn mais qu'on ne peut l'isoler de l'oxigène ou de Tazote ai lequel il se trouve mêlé. Remplissez de mercure une doc courbe 5 faites-y passer du gaz oxigène , et portez ensu dans la partie courbe de la cloche un petit morceau de si. nîum avec une tige de for 5 alors chauffez le sélénium à flamme de la lampe, il brûlera pendant quelque temps ai