‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 91 sur 117 · I. Sixième Editi'n · texte numérisé non relu

I. Sixième Editi'n

L'atîlde azotique ccmcentré agit égaleflaent à ehand sur l'iode : de là de Tacide iodiqae cpii se iféimît em pondre blâi&ohe acufond delà oomue et de l'acide 4i]rpo-azoliqiM qui se dégage. C'est mâme par œ procé4<S que l'on prépare l'aoide iodiquc (268).

Presque aucun des métalloïdes composes ne décompose Tacide azotique à la température ordinaire. La plupart, an contraire ; le décomposent à l'aide de la chideiar : il en réaulte des produits dont il est facile de prévoir la nature, en raison de l'action que l'acide azotique exerce: sur les élémens de ces corps.

289. L'eau se combine avec l'acide azotique en toates proportions et eh donnant lieu à un dégagement à^ calorique* 176 grammes d'eau et 236 grammes d'acide, dont la densité est de 1,4899 en dégagent asses, au mo* ment de leur union, pour laire monter le thermomètre de 20« à 48".

Combiné avec l'eau , l'acide azotique 'forme un liquide transparent et sans couleur , fumant s'il n'en contient que la cinquième partie de son poids , cessant de l'être s'il en contient la moifié ou plus , d'autant moins pesant qu'il en contient davantage; moins volatil qu'il ne Pest lui-même*, indécomposable par la lumière atMlessons d'une certaine densité; et susceptible d'un grand degré de concentration par la cbaleur.

L'action de l'acide azotique sur les corps combustibles, lorsqu'il n'est pas trop (étendu d'eau, ressemble beauooap à celle qu'il exerce sur ces corps lorsqu'il est concentré ; elle n'en diffère, à quelques exceptions près, qu'en ce qu'étant moins vive , il doit se dégager moins de calorique au mo* ment où elle a lieu, d'où il suit que le corps combustible doit tendre à enlever moins d'oxigène à l'acide. Ce ne serait qu'autant qu'on rendrait les températures ^ales de part et d'autre qu'alors les résultats de décomposition pow^ raient devenir sensiblement les mêmes, (f^* raction de Tacide azotique concentre.)

Le& ëïEDep^nsJi noter sfiot les sulvanleà \ i^ l'acicle azo-» tlque étendu «l'eaji n'attaque bien le bore et le phospbore qu'à l'aide de la chaleur, tandis que l'adde asK^que conc^entré les attaque à la température ordjjiaire* o? Lorsqu'on met en contact l'acide azotique étendu d'eau avec les mé-^ taux de la première section , il n'y a presque point d'acide clécomposé : l'eau l'est pour ainsi dire s^ule^ le contraire a lieu dans le cas où l'acide est concentré. 3® Le paUadiiun est d.issous par l'acide azotique concentré ; il ne l'est pas par l^acîde azotique étendu d'eau. 4"* L'acide azo^que concentxé paraît agir sur presque tous les combustibles composés non métalliques ^ mais il n'est pas certain que l'aciide azod-» .<jue étendu d'eau possède cette propriété.

J'ai essayé de déterminer la quantité d'eau que contient l'acide azotique à différons degrés de concentration, et je crois que l'on peut regarder les résultats' suivaos comme «ipprocbant de la vérité. Les expériences ont été faites à I4 température de 19^

Densité de Tacide. Acide réel. Cau.

ugo. L'acide sulfurique concentré produit avec Paèîde azotique des phénomènes dignes de remarque. Ayant <:1piauffé doucement un mélange d'une partie de oelui-ci avec quatre de l'autre, j'ai observé que bieiitôt il en résultait un dégageaient de gaz oxigène et d'abondantes sapeurs rouges ^ et que l'acide sulfurique , à la fin de l'opé-^ ration , se trouvait affaibli. Cet acide s'empare donc de l'eau de l'acide azotique, et le met ainsi dans le cas de se décomposer avec la plus grande fs^cilité. Que conclure de là? que l'acide azotique ne peut exister sans eau, puisque si on l'en prive sans lui offrir en môme temps un corps auquel il puisse s*unir > ses principes 9e séparent*

S7d métalloïdes oxigénés.

391. Lorsqu'on fait passer da gaz cMorbydricjQe àtn- Ters Pacide azotique , tout rhydrogène du premier se oqdbine avec une partie de l'oxigène du se<K>nd ; et de U résol' tent, même à la température ordinaire, de l'eau, du cUore et del'acide hypo-azotique. Le chlore et surtout Tacideb^ po-azotique restent en partie dissous dans l'acide azotique qui n'est point encore décomposé, et dans l'eau qu'il cmtient; ils colorent successivement la liqueur en jaune êtes jaune-rougeatre.

L'état sous lequel on emploie l'acide dilorhydriqne. n'influe pas sur les phénomènes ; il s'en produirait de scffiblables quand bien même cet acide serait liquide : aussi, en mêlant parties égales d'acîde azotique et d'acîde chkM^' hydrique liquide et concentré, le mélange devient promptement jaune : il prend une couleur plus intense par lad»leur, et laisse dégager alors de l'acide hypo-azotique «t beaucoup de chlore. L'on pourrait même par ce moyen se procurer une certaine quantité de celui-ci : il sûffinil pour cela d'introduire le mélange dans une fiole , et d'adapter au col de celte fiole un tube recourbé qui s'engagerait sous des flacons pleins d'eau; en élevant unpenk température , le chlore et l'acide hypo-azotique se dégageraient, l'acide serait absorbé par l'eau, et le chlore, qwj est peu soluble , resterait pur dans les flacons.

U est facile de calculer d'après ce qui précède , les pwportions dans lesquelles il faut mêler l'acide azotique H l'acide chlorhydrique pour qu'ils se décomposent complèt^ ment. En eilet , l'acide azotique est formé de i voIunK d'azote et de a vol. et demi d'oxîgène; l'acide hypo-azotique l'est de i vol. d'azote et de 2 vol. d'oxiefène; l'adi cliiorhydrique de demi-voL de chlore et de demi-vol. d'hydrogène. Mais puisque l'acide azotique passe à l'état d'adA hypo-azotique, et que l'oxigène absorbe le double de son vol d'hydrogène, il faut donc deux volumes d'acide chlorhydrique pour di'composcr une quantité d'acide azotique représentée par i voK ^Uis a vol. et demi dW

ÀQDE AZOTIQUE. « 87S

gène ; ou, d'après la pesanteur spécifique de ces gaz, l'acide ^ chlorh jd^ique supposé sec doit être à l'acide azotique sup* : posé sec aussi dans le rapport en poids de a,4943 à 3,7281 •

Le mélange de l'acide azotique avec l'acide chlorhydrique, en différentes proportions, est ce que l'on appelait autrefois eau régale , parce que l'on s'en servait pour dissou-* ^ dre l'or ou le roi des métaux; il a pris ensuite le nom (V acide nîtrO'itmriatique ^ et d'acide hydro-chloro-mirique ^ lorsque l'acide cblorliydrique s'appelait acide muriatique ou hydro^ <:hlorique^ et l'acide azotique, acide nitrique^ Mais ces noms ont l'inconvénient de ne pas indiquer clairement la nature de Veau régale : par cette raison, nous conserverons Tancienne dénomination.

L'eau régale attaque le bore, le carbone, lepbospbore, le soufre , le sélénium , l'iode , enfin tous les corps sur lesquels l'acide hypo-àzotique et le chlore peuvent avoir de Taction. Elle attaque également presque tous les métaux et tous les composés dont il font partie. C'est donc l'un des agens les plus énergiques que l'on connaisse : voilà pourquoi les chimistes l'emploient si souvent.

•j 9 2. L'action de l'acide azotique sur lebi-oxide d'azotemérite de fixer toute notre attention. Que l'on dispose plusieurs llaçons tubulés les uns à la suite des autres^ que l'on mette de l'acide à 1,1 5 de densité dans le premier, à i,3a dans le second, à i,4i dans le troisième , enfin de l'acide très concentré dans le dernier , et que l'on fasse passer un courant de bi-oxide d'azote à travers ces divers acides pendant plusieurs jours : le premier en absorbera à peine et restera blanc ^ le second en absorbera une quantité très sensible, et deviendra vert 5 le ti'oisième plus que le second, et prendra une couleur jaune \ le dernier en absorbera une très grande quantité et passera au brun foncé. Que l'on soumette ensuite ces différens acides ainsi modifiés à luie douce chaleur, tous se transformeront en acide hypo-azotique qui se dégagera sous forme de vapeur rouge, et en acide azotique plus ou moins concentré qui restera à l'état liquide dans

S74 MÉTALLmDIS OVOtSfÈS.

le Tase ^istfllatoire; et l'on oboenrera qvek qnantitéd^actJt hypo-âKOtîqpie sera d'autant plus grande qo^ j ama en phis de b>-oxîde d'azote absorba. Enfin, que Pon verse pen-âhpeù de l'ean dans l'acide azotiqne concentré et satoré de bi-oxide d'azote , l'acide, de brun foncé, deriendta successivement orangé , vert , bien et incolore , en laissant dégager des vapeurs longes; ponr le ramener ensuite dn bleu au vert et du vert au jaune , il suffira d'y ajouter de l'acide sulfurique ou de l'acide azotique concentré qui en augmentera la densité. Ne semble-t-il point, d'après cela, que ces différens acides colorés sontdes dissolutions phis ou moins denses d'acide bypo-azotique on debi-oxide d'azote dans l'acide azotique. (f^;-^z ce qui est dit, à ce sujet, n^ 3oo.)

293. Etat, — L'acide azotique n'a point encore été trouvé libre dans la nature; il n'y existe que combiné avec la potasse, le soude , la cbaux et la magnésie.

294. Préparation . — L'acide azotique s'extrait de l'azotate dépotasse ounitre, en traitant ce selpar l'acide sulfurique à une température élevée. L'acide sulfurique s'empare de la potasse , forme du sulfate acide de potasse fixe , tandis que l'acide azotique se dégage sous forme de vapeurs qu'on reçoit dans des récîpiens. Pour faire cette expérience dans les laboratoires, on prend une cornue de verre; on y introduit 6 parties de nitre et 4 parties d'acide sulfurique du commerce. Celui-ci doit être porté par un tube jusque dans la panse de la cornue ; car si on le faisait couler le long du col, il en resterait toujours une certaine quantité adhérente aux parois de ce col, laqu^^lle, par la disposition de l'appareil, se mêlerait à l'acide azotique et l'altérerait. La capacité de la cornue doit être au moins moitié plus grande que le volume de l'acide et du sel qu'elle contient. On pose cette cornue à feu nu sur un fourneau muni de son laboratoire, et on en reçoit le col dans une allonge qui se rend dans un '•écîpient tubulé, à la tubulure duquel on adapte un tubede

été h \iQvXe i mç^vo à rçcueiUir les §as, Qn lute hm

àiCBÛiB, ÀZOUQIIB. S7B

tiMifteslès joitotnres de rappareil , et Ton (ait peu^i^peu du feu sons U, oomue y 4e manière à faire entrer le mâange en fuaicMi, et & l'entretenir toujours fonda ( pL xtii, fig. i )• Plusieurs phâiomènes dont on doit faire mention se présentent : on voit d'abord apparaître ime l^ère vapeur rouge qui est du gaz acide hypo-azotique ; ensuite le mé^ lange entre en fusion ^ la vapeur rouge se dissipe bientôt , et est remplacée par des vapeurs blanches , qui ne sont que de l'acide asotique : celles-ci continuent ù se dégager pendant long-temps ^ mais , à la fin de l'opération , il se forme de nouveau des vapeurs rouges plus abondantes que jamais; la matière se soulève , et tend à passer dans le col de la cornue«' C'est à ce dernier signe que l'on reconnaît que l'opération est faite : alors on retire le feu , et on laisse refroidir les vases. Il est facile de se rendre compte de ces divers phénomènes.

Lorsque l'acide sulfurique vient d'être versé sur le nitre, et que l'on commence à chauffer le mélange , il n'y a d'abord que très peu d'acide mis en liberté 5 cet acide se trouvant en contact avec beaucoup d'acide sulfurique concentré doit se décomposer en partie ( 290 ) : de là des vapeurs rouges. Mais quelque temps après, le nitre entre en fusion et le contact devient intime; de toutes parts l'adde sulfurique est absorbé par la potasse, base du sel; l'eau, qui fait environ la cinquième partie du poids de l'acide, se s^)are; en s'unissant à l'acide azotique , elle suffît pour maintenir les élémens de celui-ci réunis : dès-lors plus de vapeurs rouges, et apparition seulement de vapeurs blanches. Enfin il arrive une époque à laquelle il n'y a plus assez d'eau pour s'opposer à la décomposition de l'acide azotique , d'autant plus que la température va sans cesse en «'élevant; voilà pourquoi les vapeurs rouges, après avoir disparu, se reproduisent, deviennent très intenses, et continuent d'apparaître jusqu'à la fin de l'opération. Par conséquent si, au lieu d'acide sulfurique concentré^ l'on employait de l'acide sul* fviri^e étendu d'e«iv | il ue devrait plus se fonuev de tu^

376 MÉTALLOÏDES OXIGÉNÉS.

peurs rutilantes; et c'est en effet ce que prouve rexpânenr. il est vrai que souvent le nitre dont oa fait usage esta d'un peu de sel marin, que œ sel est décomposa, et qaeM acide, en agissant sur l'acide azotique, produit duchlored de l'acide hypo-azotique, mais en c|uantité pour ainsi ( insensible.

De laSo grammes de nitre fondu , traités par les den tiers de leur poids d'acide sulfurique privé d'eau le ph possible , j'ai retiré 5io granmies d'acide très concentre. Avec 1800 grammes de nitre également fondu et 1800 dV cide sulfurique du commerce, j'ai obtenu 1020 gnmms d'un acide qui était presque aussi concentré que le précèdent : par conséquent ces dernières proportions valentmiea que les autres.

ProportioDi rtagÎMantef. «* ^ Proportioaa prodviCM.

X (le nilre=î ' ^'^^' ^^^' ^''»** ' ^'*^ '^^ \ ^^ ®®'^ «^ *'•'• 1 1 de potasse «89,9 tique = iea ean x ou iX"*»*

a d'acide sul- (en acide réel a X ^o x , x la d'ac. sulfii-

fiirique=; ( en eau 3 X 1 1 ai4 s bi-f ulfate -i rique on . %y(S9t,i

[ I de potasse. 5Hé

Quoi qu'il en soit, l'acide extrait par le procédé qu'on vicni de |décrire contient en dissolution de l'acide hypo-azotiqiK qui le rend jaune , un peu de chlore et quelquefois même un peu d'acide sulfurique. Pour le purifier , on le distiBe de nouveau dans un appareil semblable au précédent, aprè» y avoir ajouté un petit excès d'azotate d'argent , fcqod forme du chlorure et du sulfate d'argent. Les premièia portions qui passent sont l'acide hypo-azotique : on les ïé* pare avec soin, et alors la liqueur, de jaune qu'elle était, doit être devenue blanche 5 celles qui passent ensuite sort formées d'acide azotique pur : elles doivent être reçufi dans des vases bien propres. On continue ainsi la distillation jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus de liqueur datf la cornue. Il n'est pas rare que dans cette distillation il T ù^ des soubresauts : on les évite par quelques fils de platine*

L'acide azotique doit ctre a 12s des flacons boir

ACIDE AZOnQUE, S7Y

ckéfl à l'émeri et dans l'obscurité , la lumière le décomposant et agissant sur lui comme une haute température Quant au sulfate acide de potasse qui reste dans la cornue où la décomposition de l'azotate a été faite , on ne peut le retirer qu'en le dissolvant dans l'eau, parce qu'il est sous forme solide et en masse fondue. A cet effet, on met de l'eau dans la cornue, et on la renouvelle de temps en temps , ou bien on renverse la cornue en la disposant de manière que la panse soit au-dessus de son col, et l'on en fait plonger le col dans [l'eau, après l'avoir elle-môme remplie de ce liquide : dans ce cas, à mesure que l'eau se charge de sel , elle devient plus pesante , elle tombe, et est remplacée par celle qui n'en est point ou qui en est moins chargée, de sorte que tout le sel se dissoutpeu-à-peu.C'estaussidel'azotatede potasse que l'on extrait l'acide azotique pour le besoin des arts. Cette opération se faisait autrefois en calcinant ce sel avec de l'argile dans des espèces de cornues en grès appelées cuiues ; aujourd'hui elle se fait comme dans les laboratoires, c'est-à-dire, en décomposant l'azotate par l'acide sulfurique : seulement, au lieu de cornues de verre, Ton se serten fabrique de cylindres de fonte. Les cylindres sont disposés horizontalement à travers un fourneau; on les recouvre intérieurement d'azotate dans toute leur longueur; deux plaques de fonte, percées chacune d^un trou , en bouchent les deux extrémités ; par l'une, l'on verse l'acide sulfurique, et par l'autre, au moyen d'un conduit de grès, on recueille l'acide azotique dans des récipiens. Le sulfate de potasse qui se forme et qui reste dans les cylindres se retire après chaque opération : il est vrai que les cylindres sont attaqués, mais point assez, à beaucoup près, pour qu'il n'y ait pas une grande économie à opérer de cette manière.

agS. Usages. — L'acide azotique est employé pour dissoudre un grand nombre de métaux ; on s'en sert avec succès pour détruire les verrues 5 c'est un des meilleurs réactifs que possède le chimiste , et dont il fait un perpétue^ usage.

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