‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 95 sur 117 · I. Sixième édition · texte numérisé non relu

I. Sixième édition

SM ÀCIDV8 uiXÂJUUbmUgSÊS.

drique avec Pair, l'on fait brûler ce gaz conchepar en l'introduisant dans une ëprouvette et y plongent bougie allumée , parce qu'alors l'oxigène de l'air esti <Te préférence par l'hydrogène.

309. Parmi les métalloïdes, le chlore , le br6mfi etil sont les seuls corps qui puissent opérer la décompositio&J gaz suif hydrique , du moins k la température oi Ils l'opèrent tous trois en raison de leur grande aflSnit^] l'hydrogène. Le chlore possède surtout cette pro] un degré bien remarquable : à peine le contact a-t-fll que l'action se manifeste. Que l'on remplisse d'eam éprouTctte; que l'on y fasse passer ensuite la moitié dei volume de gaz sulihydrique et qu'on y introduise 1 chlQre bulleà buUe^ron verra du soufre se précipiterai stantsurl^ parois du vase, et les gaz disparaître. Voilà] quoi, par une fumigation de chlore, l'on peut purifier toiV à-cqup l'air d'une salle que dugaz suif hydrique rend ii

Quoique l'iode agisse moins fortement sur le gaz so)flf driqu^ que le chlore, il le décompose facilement à la tel pérature ordinaire , surtout par l'intermède de l'eaa. l effet, lorsqu'on met de Fiode en poudre dans l'eau que l'on y fait passer uu courant de gaz sulfhydrkp il en résulte de l'acide iodhydrique qui se dissoi et du soufre qui se dépose. Ce procédé peut même étree ployé pour préparer l'acide iodhydrique.

L'action du brome sur l'acide suif hydrique , ressen beaucoup à celle de l'iode et à celle du chlore : il y a ] duction d'acide brômhydrique et dépôt de soufre.

3 10. L'eau à 1 1*^, et sous la pression de 76 oentim. dis pr^ de 3 fois son volume de gaz suif hydrique , et'const ainsil'acide aulfhydrique liquide qui posisède des propri analogues à celle du gaz sulfhydrique , et que Ton enq quelquefois comme réactif. Rien de plus facile d'aitti que sa préparation en se servant de l'appareil de Wbuif

nfaut mettre dans la cornue ou dans le balknii i p de sulfure d'antimoine en poudre^ 4{Mtie« çl*iiô4ffiC)

)i jpânqne {>re8que fumant, et chauffer ygèrement le mélange : bientôt il se produira beaucoup de^az sulfhjdrique cpii viendra se rendre dans les flacons pleins d'eau. Le premier devra contenir un peu d'eau alcaline, afin d'absorber l'acide chlrjrhydrique qui pourrait ôtre entraîné j les deui^ suivans seront presque pleins d'eau ; dans le dernier , il sera bon de mettre , comme dans le premier , une dissolution de potasse , mais beaucoup plus forte : elle retiendra la portion diacide sulfhydrique échappée à l'action de l'eau. Par ce moyen , l'on obtiendra de l'acide pur dans les flacons intermédiaires , sans courir le danger d'être incommodé. Cet acide doit être conservé dans des vases bien bouchés et même renversés. Cependant, quelque chose que l'on fasse , il s'en dépose toujours un peu de soufre.

L'acide sulfhydrique liquide estincolore. Son odeur et sa saveur sont les mêmes que celles des œufs putréfiés. U rougit faiblement la teinture de tournesol. Placé dans le vide ou soumis à l'ébuUition , tout l'acide qu'il contient ne tarde point à se dégager ; il éprouve aussi peu-à-peu de semblables altérations lorsqu'on l'expose à l'air.

3ii. Plusieurs acides, par Toxigëne qu'ils contiennent, peuvent s'emparer , à la température ordinaire , de l'hydrogène du gaz sulfhydrique; savoir : les acides iodique, bromique, chlorique, azotique, hypo-azotique , sulfureux, sulfuriqne. Les deux premiers exercent leur action instantanément; l'acide hypo-azotique est également dans ce cas ; il en est aussi de même de l'acide sulfureux par l'intermède d'une certaine quantité d'eau , car les gaz sulfureux et sulfhydrique secs ne se décomposent qu'au bout d'un certain temps , et ces mêmes acides cessent de se décomposer, comme l'a observé M. BcrthoUet, lorsqu'ils sont dissous dans une grande quantité d'eau ; l'acide azotique n^agit bien sur l'acide sulfhydrique , du moins à la température ordinaire ) qu'autant qu'il est concentré. Quant à l'acide sttlfurique » son action , d'après M. Vogel , ne s'exerce bien non plus qa*autautq[a'il est diu$ un grand état deooncen«^

5M AQDES MÉTÀUjOIBlQnES.

tration , et que dans un espace de temps assez oonsîdénUi dans tous les cas , l'hydrogène du gaz salfhydrique seei bine avec Toxigènc de Tautre acide ^ et le radical de A ô devient libre ainsi que le soufre du premier.

3 12. Etat natiireL — L'acide suif hydrique se troinei petite quantité dans les eaux minérales sulfureuses, tJ que celles de Barrège, d'Aix-la-Ghapelle, etc.; eQes reçoivent les propriétés qui les font rechercher. H se (oc constamment à la suite de mauvaises digestions, et part enfin où le soufre très divisé est en contact avccl'bjdrog à l'état de gaz naissant : aussi existe- t-il dans les œufspc ris, le rencontre-t-on dans la vase des marais, dans celle canaux où séjourne l'eau de la mer, fait-il partie des di lions animales. C'est même la présence de ce gaz das! fosses d'aisances qui en rend la vidange si souvent dangcn

3i3. PreparcUion. — Le gaz suif hydrique se prépai traitant , à l'aide de la chaleur , le sulfure d'antimoiiK une solution de gaz acide cblorfaydrique dans l'eau, h avoir réduit le sulfure d'antimoine en poudre , on le ^ dans un petit matras avec cinq à six fois son poids d'j chlorbydrique concentré \ on adapte au col du matras le moyen d'un bouchon, deux tubes dont l'un à boule, pre à verser l'acide (pi. m, fig. 6 ), et l'autre propre i cueillir le gaz \ on place le matras sur un fourneau , et cliauffe légèrement *, bientôt le gaz suif hydrique se dé{ on le recueille en engageant l'extrémité du dernier tube des flacons pleins d'eau ou de mercure , et on recoi qu'il est pur parla propriété qu'il a de se dissoudre con tement dans l'eau. Lorsque le dégagement se ralentit ajoute de nouvel acide par le tube à . boule ; dans Uni cas, les plus grandes précautions doivent être prises ne pas en respirer : on ne doit jamais perdre de vue son action sur l'économie animale est des plus délét D'ailleurs , la théorie de ce qui se passe dans cette opén est très simple : il se forme , outre le gaz suif hydrique protochlorure d'antimoine qui reste en disscdution

ACIDE SULFHTDRIQUE. 389

Pexoès d'acide cUorhydrîque. Par conséquent celui-<n est en partie décomposé 5 son hydrogène se combine avec le soufredu sulfure , tandis que son chlore se combine avec l'antimoine de ce sulfure.

Proportjom riagimnlet. Proportieof produites.

i de sulfure z= i ' •"tjn'W"*- ^37.6 i acide suif- ( i hyd «,4

f 1 soufre. • • . aoz,i bydnque. c i «outre. ••••.. 9oi,c

I d'ac chlorhy-c chlore 44a,6 ^i chlore 449,6

driqueréel= \ hydrogène . . i a,4 (aotimoine 537,5

£n atomes:

Sb» S' + 6 H Ch=: 3 H» S + a SbCh».

Usages. — En médecine, l'acide suif hydrique s'administre sous forme de bains , témoins les eaux minérales sulfureuses. M. Thenard l'a employé avec succès pour détruire les animaux qui terrent oU qui se retirent dans des cavités plusoumoins profondes (^/t/i. de Chim. etdePhys.^ t. xlix, p. 4^7 )• D'ailleurs on n'en fait usage que dans les labora- < toires, comme réactif : on s'en sert particulièrement, en dissolution dans l'eau , pour reconnaître la présence des oxides métalliques , et les séparer les uns des autres.

Acide sélénhydrique ou acide hydro-^élénique ; hydrogène

fit • / seleme.

3i4« Le meilleur procédé que l'on puisse employer pour se procurer l'acide sélénhydrique , d'après M. Berzelius , consiste à traiter le sélénîurede fer par l'acide chlorhydrique \\cpx\Ae{^Ann. de Chim. et de Phjrs*^ t. ix, p. 243). L'opération doit être faite absolument comme celle qui a pour objet la préparation de l'acide suif hydrique et la théorie est la même : seulement, comme le gaz sélénhydrique est plus soluble dans l'eau que le gaz suif hydrique , il faut le recueillir sur le mercure.

Le gaz sélénhydrique est sans couleur. Il rougit le tournesol* Sa densité n'a point été déteri^inée par expérience.

SM ACIDES MÉTAUjOmiQCTS.

Son odeur ressemble d'abord à celle da gax snUhydr^n maisbientôtla sensation cbange^ il en sncoède uneantRf est toat à-la- fois piquante y astringente et douIoureuKjU yeux deviennent presque tout de suite rouges et enflamiMi et Todorat disparaît entièrement. Une bulle de lagrossti d*un petitpois suiEtpour produire ces effets : du moins, c'fli cequeM. Berzeliu^ a «éprouvé sur lui-même^ à telpointqil pouvait mettre impunément sous son nez de ranmioiiia(|B très concentrée, et qu'il n'a commencé à recouvrerlafacdk de sentir qu'au bout de cinq ou six beures. Un rbume tiii fort se d cclara en même temps et le fit souffirir pendi* quinze jours. M. Berzelius rapporte, en outre, qu'ajd cté dans le cas , quelque tempe après qu'il fut guéri, deie pirer une nouvelle quantité de gaz sélénié , toujours eitff mement petite , il éprouva les mêmes effets, à la vérité d'an manière beaucoup moins marquée, parce que le gaz ââ mêlé d'air (i); mais qu'il fut attaqué , au bout d^une isd beure , d'une toux sècbe et très pénible , qui persista ki{ temps, qui fut accompagnée enfin d'une expectoration Jtf le goût était entièrement analogue à celui des vapeurs d'v> solution bouillante de sublimé corrosif, et dont il nei débarrassa que par l'usage d'un vésicatoire sur la pci triue. De là M* Berzelius conclut que , de tous les inorganiques, l'acide sélénbydrique doit être celui r«ctiou sur l'économie animale est la plus forte.

ii'fuu dissout le gaz sélénbydrique^ mais on ne sait poil «Iniis quelles proportions. Cependant il paraît qu'elle « »l»fliM bc beaucoup plus que de gaz sulfbydrique : aussin* I t'Ilf. im'iiiie faible odeur, dans le cas où elle n'en contifl •!'••' I»» moitié de son volume. La solution a une saveur 1k |»'»H«|iii>^ rougit le tournesol et donne à la peau une coub l»iiiiM« mf„„ ne pg^t enlever pr de simples lotions* 0

(0 II provrrmit d'un appareil qui fermait ma) , et qui Itiamt défff tenu»» 0 «uir^ Uvi h^\^ ^^ ]^ g^Q^^r ^^^^ ^ d'épi»^t^

ACIDB FLUORHTDRIQTJB. 991

•it kieblcxf e lorsque l'eau dont on se sert pour dissouclre lé %BSt est bien purgée d'air. Mais lorsque Teau est aérée , ou lorsque la solution est exposée au contact de l'air, l'acide sélénliydrique se décompose peu-à-peu; il absorbe l'oxigène 9 et laisse déposer le sélénium. Voilà pourquoi la solution, d'incolore , commence par devenir rougeâtre dans les touches Supérieures. Ce phénomène se produit rapidement en imprégnant un papier de la liqueur et le tenant exposé à l'air : bientôt le papier prend une couleur rougeitre.

L'acide azotique , versé en petite quantité dans une solu^ lion d'acide sélénhydrique , n'altère en aucune manière eelui-ci.

Enfin cette solution trouble presque toutes les dissohl-^ lions salines des quatre dernières sections. Delà réstdte de l'eau et des séléniures métalliques. Les précipités sont, en général , noirs ou bruns , et prennent le brillant des métaui en les frottant avec une hématite polie. Quelques-uns seulement font exception : ce sont ceux de zinc, de manganèse^ de cérium; ils ont une couleur de chair.

n est composé de loo de sélénium et de 2,5o6 d'hydrogène , ce qui donne :

in proportions, i de sélénium 494,58 -|- i d^bydrogène 19,47 En atomes x id. îd, -|^ 3 d*hydrogèùe t^f^i

^onc psids-afom. de Tacide sélénhydrique Se H^r=: 5d7,o5

Acide fluorhjrdrique ou acide hydrqftuoriqUé.

3 1 5. Historique. — L'acide fluorhydrique , découvert par Schéele en 1771 9 a été obtenu pur, pour la première fois , par MM. Gay-Lussac et Thenard. Leurs recherches dont nous allons extraire presque tout ce que nous allons dire sur cet acide , se trouvent consignées dans le detExièoœ volume des Recherches phjrsicO'ckimiques.

3 16. Composition. — Jusqu'ici cet acide n'a point été décomposé de manière à isoler ses principes eonstituans.' Ii|ai9 tout nous porte à croi^ que i volume de vapeur fluor-

AGIDSS MéTALLCmXQITBS.

hydrique est composé de -; voliiiiie de gas et 7 volume de fluor, car les acides brAmliydriqK, k drique et chlorhydrique , auxquels on peut lecoo^aicri formés de 7 volume de chaque principe. De U 3 ert! de calculer, au moyen de l'analyse des flunres mél la densité de la vapeur et le poids de l'atome de fluor.

3 16 bu. L'acide fluorhy drique est liquide et Uaqi rougit très fortement la teinture de tournesol; son est très piquante et très pénétrante; sa saveur estii portable; c'est de tous les corps le plus corrosif; il agit 1 le tissu animal avec une énergie extrême ; & peine l'i appliqué sur la peau que déjà elle est désorganisée; forte douleur se fait bientôt sentir; les parties voisines k\ point touché deviennent blanches et douloureuses, etfe ment une ampoule épaisse qui se remplit de pus. Qioil bien même la quantité d'acide serait très petite et ipoK visible , ces phénomènes auraient encore lieu : aak"] ment ils ne seraient produits que dans l'espace de qadns heures.

On n'a point encore pu prendre la pesanteur spéâtel de l'acide fluorhydrique.

L'acide fluorhydrique ne se congèle point par nnfmUtl 4o°. Il parait qu'il bout à une basse température ^ probibk* ment aunlessous de 3o° : il se réduit ainsi en gaa( quind^ vient liquide par le refroidissement.

H n'a aucune action sur le gaz oxigène. Lorsqu'on le iB0t| en contact avec l'air, il se vaporise , donne naissance idfi fumées blanches très épaisses, dues à la condiinûsoB | hquide qui se fait entre la vapeur acideetla vapeur aqueuse 1 de l'air. '

Les métalloïdes sont sans action sur l'acide fluorhydn*' que , soit à froid , soit à chaud.

317. L'acide fluorhydrique se combine avec l'eau 0 toutes proportions : au moment où la combinaison a Eeii} il y a tant de chaleur dégagée, que chaque goutte d'aci^ qui tombe dans Vçà\i produit un bniit semblable à oeU

ACIDB FLUORHTDRIQUB. 39S

d*iin fer rouge qu'on y plongerait; par conséquent, si l'on taièlait tout-à-coup quelques grammes d'acide et d'eau , le mâange serait projeté à grande distance.

L'acide fluorhydrique , en se combinant avec l'eau , perd une partie de son action sur la peau ; il devient moins caus- . tique y il cesse d^ètre fumant , si la quantité d'eau est assez grande, etc. : du reste, il se comporte avec les corps combustibles comme quand il est concentré, si ce n'est qu'il attaque moins vivement ceux avec lesquels il peut se com«* biner.

La meilleure manière de le préparer consiste k mettre de l'eau dans le récipient où il doit être recueilli.

3 1 8. Cet acide réagit tout-à*coup sur la silice d'une part et sur l'acide borique de l'autre : il en résulte de l'eau , et deux nouveaux gaz acides que nous étudierons avec soin plus bas.

Enfin les dernières recbercbes de M. Berzelius nous apprenneût qu'il forme avec l'acide titanique , l'acide colombique , l'acide tungstique et l'acide molybdique , des composés acides très remarquables par leur solubilité dans l'eau et les propriétés qu'ils ont de s'unir aux bases salifiables. {Fojr* les fluorures.)

Etat. — L'acide fluorbydrique ne se trouve dans la nature, ni libre , ni combiné. H est évident en effet que les substances que l'on a connues jusqu'ici sous les noms de JbuUes de chaux ^ d^ alumine , de silice ^ de soude ^ de cérium et d^jrttriaj ne sont que des fluures métalliques : on n'en saurait douter du moins pour ceux de chaux, de soude et de

cérium.

319. Préparation. — L'acide fluorbydrique s'obtient en traitant, à l'aide de la chaleur, le fluure de calcium par l'acide sulfurique concentré : l'eau de celui-ci est décomposée , l'hydrogène s'unit au fluor, et l'oxigène au calcium : de là du sulfate de chaux solide et fixe, et de l'acide fluorhydrique qui se dégage sous forme de gaz et se condense dans les récipiens. Cette opération île peut se faire dans dc^

SM AGDoss mkiAjjuoiamgom.

Yaae» de verre, parce que Pacide fluorlijdxi^iie a laptos^ priétc de les attaquer; elle doit nécessairement être faite dans des vases de plomb. Ces vases consistent dans «ne cornue composée de deux pièces, jéBj entrant à frottement l'une dans Tautre , pour pouvoir en retirer facilement k résidu après Topéoition, et en un récipient Cd^une forme particulière {f^oy. pi. i, 6g. 28 et 29). On prend du fluure de calcium bien pur, et surtout exempt d'acide silidque ou de silice; on le pile , on le tamise, on le met dans la partie inférieure ^ de la cornue , et on le délaie dans 3 7 fois son poids d'acide sulfurique concentré ou récemment porté àl'ébullition. Ensuite on adapte la partie supérieure B kht partie inférieure ^; on place la cornue sur un fourneau; on en fait rendre le col dans le tube de plomb renflé vers sa partie moyenne , entouré de glace et terminé par une très petite ouverture; on lute la jointure de la panse avec de la terre, et la joiùture du col avec du lut gras ; on chauffe peu-à-peu de manière à ne pas fondre le plomb , et bientôt on entend une véritable ébullition due à l'acide fluorliydrique qui passe dans le récipient , et qui s'y condense tout entier. L'opération est terminée quand , en retirant le col du récipient et le refroidissant , il ne se rassemble plus de liquide à son extrémité. Il faut opérer aumoins sur 100 grammes de fluure de calcium pour avoir une quantité un peu remarquable d'acide fluorhydrique. D'après ce que nous avons dit de son action sur les organes des animaux , l'on doit être convaincu qu'il faut prendre toute espèce de précautions pour ne point être atteint par sa vapeur en le préparant.

On ne peut conserver l'acide fluorhydrique que dans des vases métalliques et à l'abri du contact de l'air , parce qu'il se vaporise facilement et qu'il attaque tous les corps autres que les métaux : encore agit-il sur un grand nombre de ceux-ci. Les vases qui doivent être préférés pour la conservation de Tacide fluorhydrique sont ceux d'argent, dont le bouchon devra être rodé ou poU avec un Xçès ^prand soin;

AUDE FLUORHTDlUQtJB» 398.

les vases de plottib le laisseraient échapper sous forme de vapeuis, car on ne pourrait les fermer qu'imparfaitement avec les bouclions métalliques qu'on y adapterait^ ces sortes de vases ne conviennent que pour l'acide fluorhydrique étendu d'eau.

3 20. Usages. — L'acide fluorhydrique est un réactif très utile aux chimistes : ils s'en servent pour dissoudre la silice, les acides tungstique, colombique, molybdique, titanique, et même, par l'intermède de Tacide azotique, le titane métallique. On l'e;mploie aussi dans les arts pour graver sur le verre. Pour cela , on fait fondre ensemble trois parties de cire et ime partie de térébenthine., et l'on coule, sur le verre qu'on veut graver, une couche de ce mastic d'environ un demi-millimètre d'épaisseur. Lorsque cette couche est solidifiée et refroidie , on y grave avec un burin le dessin qu'on veut avoir, faisant en sorte que les traits pénètrent jusqu'à la surface du verre 5 puis l'on remplit ces traits d'acîde fluorhydrique étendu de cinq à six fois son poids d'eau , ou on les expose à la vapeur de cet acide en mettant une partie de fluure de calcium et 2 parties d'acide sulfurique dans une boîte de plomb , que l'on chauffe légèrement et que l'on recouvre avec la pièce à graver. Dans les deux cas , et surtout dans le dernier , l'acide ne tarde point à attaquer et dépoKr le verre. Alors on enlève le mastic , et on achève les traits du dessin par les moyens ordinaires. Cette manière d'opérer offre deux grands avantages , une exécution plus prompte et plus parfaite. Quoique l'action de l'acide en vapeur soit plus rapide que celle de l'acîde liquide', il est plus commode de se servir de celui-ci.

Acide chlorhydrUfie ou hydro-ddorique.

321. L'acide chlorhydrique , connu successivement sous les noms ïi^ esprit de sel, diacide marin j à* acide muriatiqrie, parait avoir été obtenu d'abord par Glauber. Soumis ensuite à diverses épreuves par plusieurs chimistes, il fut

896 ACIDES MÉTALLOIDIQUES.

examiné, dans ces derniers temps, par M. Henry (£{eiR. de chim.j t. i), M. Berthollet (Mém. JCArcueilj t. n], MM. Gay-Lussac etThcnard {Recherches physico-chimiques^ t. Il), par M. Davy {Elém. de chim. philos. ^ t. i), et par M* Berzelîus {Ânn.de Chim.). Jusqu'à l'époque des recherches de MM. Gay-Lussac et Thenard , on avait regardé l'acide du sel marin comme un oxacide formé d'un corps combustible et d'oxigène : ce sont eux qui, les premiers, ont fait voir par un grand nombre d'expériences , que cet acide pouvait être considéré conmie composé de ^ volume d'hydrogène et de { volume de chlore.

322. Composition. — L'acide chlorhydrique est évidemment composé de parties égales en volume d'hydrogène et de chlore dans l'état de condensation où ces deux gaz se trouvent naturellement, puisqu'en combinant un volume d'hydrogène et un volume de chlore, il en résulte deux volumes de gaz chlorhydrique (89) : aussi la densité de cet acide est égale à la moitié de la somme de celles du cblore et de l'hydrogène, c'est-à-dire à 1,2474* Sa compo* sitioù est :

£n prop.. I d*bydrogèQ6 12,479 -^tàe chlore 449,65o .^jiu^ En atomes s dliydrogène 6,339 -j- i de chlore aai,3a5

Donc poids atom. de l'acide H Ch = 937,564

SaS. Propriétés. — L'acide chlorhydrique est un gaz incolore, produisant des fumées blanches dans l'atmosphère, rougissant fortement la teinture de tournesol, éteignant les corps en combustion , dont la pesanteur spécifique est de 1,247, ^^ ^^^^ l'odeur est si forte et si piquante qu'on ne saurait le respirer sans danger, même en petite quantité.

324« Un froid de 5o° le condense sans le faire changer d'état; mais s'il est comprimé en même temps que refroidi, il se liquéfie promptement. Une pression équivalente à un certain nombre d'atmosphères , pression qu'on détermine en décomposant le sel marin ou le sel ammoniac par l'acide sulfurique, dans un tube courbé etscellé kses deuxextrémi-*

ADDË CHLORTttDRlQÙE. SdT

tés y suffit même seule pour opérer ce changement d'état ( j^nn. de C/iim* et de Pays. , xxiv, 3^6 )• Exposé dans un tube de porcelaine à la plus forte chaleur, il n'éprouve point d'altération ; il en est de même lorsqu'on le met en contact, à une température quelconcjue, avec l'oxigène ou l'air : il n'agit sur ces gaz qu'en s'emparant de la vapeur d'eau qu'ils peuvent contenir et en formant avec elle , à la température ordinaire , un liquide qui apparaît sous forme de fumées épaisses.

3a5. Lorsqu'on fait passer un courant d'étincelles électriques par des conducteurs en platine ou en or, à travers le gaz chlorhydrique , une portion de ce gaz se décompose et se transforme en gaz hydrogène et en chlore; et, cependant, lorsqu'on fait passer une étincelle électrique à travers un mélange de parties égales de chlore et d'hydrogène, ce mélange s'enflamme tout-à-coup : il ne s'enflammerait point évidemment s'il contenait une certaine quantité de gaz chlorhydrique. (Henry.)

326. L'acide chlorhydrique n'a aucune action, soit à froid, soit à chaud, sur les métalloïdes. Nous ne citerons pour exemple que le carbone. Après avoir introduit du sel marin dans une cornue de verre tubulée , vous la placerez sur la grille d'un fourneau ; à sa tubulure vous adapterez un tube en S, et à son col un tube droit qui se rendra dans un tube de porcelaine : celui-ci , dont le milieu devra être rempli de charbon fortement calciné , traverisera un fourneau à réverbère et se terminera par un autre tube propre à recueillir le gaz. Par le tube en S vous verserez peu-à-peu de l'acide sulfurique concentré dans la cornue pour produire de l'acide chlorhydrique, et vous porterez aussi peu-à-peu le tube de porcelaine jusqu'au rouge : vous obtiendrez d'abord un mélange de gaz chlorhydrique et de gaz inflammable ; mais celui-ci , dû sans doute, soit au charbon, soit à l'eau des bouchons et des luts, ira sans cesse en diminuant, de manière qu'au bout d'une heure il s'en formera à peine.

337, Tln'eti est pas de l'actîou de l'acldé' clilorbydiiqt^ sur les métaux comme de son action sur les métalloïdes-, il est décomposé, même à la température ordinaire , par un certain nombre d'entre eux , surtout par les métaux alcalins : delà un chlorure et un dégagement de gaz hydrogène, comme on le verra dans l'histoire générale des métaux, en traitant des phénomènes qu'ils produisent dans leur contact avec les acides.

328. L'eau a tant d'affinité pour le gaz chlorhydriqne «jue, à la température de 20*^ et sous la pression de 76 centimètres, elle en dissout quatre cent soixante-^atre fois son volume, on, ce qui est la même chose , les 0,75 de son poids de ce gaz : aussi l'eau dans laquelle on débouche un flacon plein de cet acide s'y élance-t-elle comme dans le

^ vide; on procède à cette expérience de la même manière que si le vase était plein d'ammoniaque. La glace elle-même possède la propriété d'absorber le gaz chlorhydriqne avec assez de rapidité*, car si l'on introduit un petit fragment de glace dans une éprouvette pleine de ce gaz et placée sur le mercure , l'on verra la glace fondre et déterminer en peu de temps l'ascension du mercure jusqu'au haut de l'éprou* vette.(f^o^. plus bas les propriétés de l'acide chlorhy driqu e liquide. )

329. L'acide chlorhydrique liquide s'obtient endécompo- ^^ sant le sel marin par l'acide sulfurique, et en faisant passer, à

travers l'eau , le gaz chlorhydrique qui provient de cette décomposition. A cet effet, on emploie l'appareil représenté pi. III, fig. 6. On met dans un ballon une certaine quantité de sel marin fondu (i); on place ce ballon à feu nu, ou par le moyen d'un bain de sable, sur un fbujrneau ^ on le surmonte d'un tube à boule , et on le met en communication avec les flacons F, F y F\ F"j munis de tubes de sû-

(i) On foit fondre le-sd ntrtn en Teiposant » ètoa mi qreofçl de 9essei à une température touge; ou le coule et eosaile ou ie comcïise eu fra^«eat« far ce laujea^ l'u|^'c;r«itbik ^ Ull uùsuuk. et esl ^us focUe à ooaduiM»

AdftE CHtÔRHtDîltQUÉ. SSft

reté« et contenant au plus les deux tiers de leur volume d^eau (1)5 alors on verse peu-à-peu par le tube à houle, dans le ballon , autant d'acide sulfurique dtendu du tiers de son poids d*eau qu'on a employé de sel ; puis on élève graduellement la température du mélange, de tellesorteque le dégagement du gaz cblprbydrique qui çomn^nce à avoir lieu, mAme à la température ordinaire , ne soit ni trop lent ni trop rapide. Ce gaz, après avoir chassé l'air du ballon, 9e rend d'abord dans l'eau du premier flacon , se combine et tombe avec elle sous forme de stries , l'échauffé , la sature , en augmente beaucoup le volume, et s'y dissout en quantité d'autsint plus grande qu'elle est plus froide; puis passe soils forme de bulles à travers, et arrive dans l'eau du second ^ avec laquelle il produit de semblables phénomènes, etc. En agissant sur trois à quatre kilogrammes de sel , l'opération ne peut se foire qu'en plusieurs heures 5 on juge qu'elle est terminée lorsque, malgré l'élévation de température, le dégagement du gaz n'est presque plus sensible. A cette époque , il fout verser de l'eau bouillante dans le ballon , afin que la matière ne s'attache point à ses parois, et qu'on puisse la retirer facilement; ensuite on démonte l'appareil, et on verse l'acide dans des flacons à l'émeri. D'un kilogramme de sel on peut extraire assez d'acide pour saturer environ 700 grammes d'eau à la température et à la pression ordinaires. (2)

L'acide chlorhydrique liquide et concentré est blanc, très caustique , d'une odeur insupportable ; il rougit fortement la teinture de tournesol; saturé de gaz à 23^, sous la pression de 783 millimètres, il pèse spécifiquement 1,208, d'après mes expériences.

(i) l\ vaut mieux ne faire plonger les tubes que de quelques oiiUiaièlvea 4|i|i Vmu ; lu {tfeisî^ «st vmfu^ grtn^e et la dîsBotatîoii s» <ail loia a^m (ûeo.

(9) Ol^ e^pv^ «!>»> s pour le bfMÙa 4^ «1&» V^ckHe ç))lQrh^i<||i8 lî(|iiide •n trailaiil le sf l marin par Tacide sulfuriqtte» mais en se servant d*un ap|^ ceil partk^ler^

^ métalloïdes oxioiEris.

De 4<> grammes de sel on retire facilement plmeun litres de gaz acide chlorhydriqoe»

PtaportioM réi^wMBiei. Prttportions pr»i«itw,

. :i^ VI S chlore 44^*^ x ^'ac. chlor* ( i de chlore. •/• 44^,6

i sodium. ^90,9 hydrique =: ( i d hjdrogeae. ia,4

i d'ac. sulfuriq. \ > d'aride réeL 5oi,i i de sul- j i d*acide 5oi,(

hydraté. . = ( x d'eau 1 ia,4 late= \ i d'oK. de aodiiui. . Sgo^

i347>o iî47|0

£a atomes :

NaCh^ + H^ 0,SO*=aHCh + NaO,S05.

332. Usages. — L'acide chlorhydrlque est employé pour îaire en grand le proto-chlorure d'étain. Mêlé à l'acide azotique, il constitue Veau régale j avec laquelle on dissout l'or et le platine. L'on commence à s'en servir pour préparer k cUore dans Les fabriques. C'est l'un des réactifs dont les , cliimistes font le pluLS souvent usage.

Acide brômkydrique,

333. Cet acide est gazeux., incolore^ sa saveur est très caustique , son odeur piquante et suffocante ^ sa densité est 2,^3 1 , ou égale à la moitié de celle du gaz hydrogène et de la vapeur de brome. Il éteint les corps en combustion et rougit fortement la teinture de tournesol. Son poids atomique est de 495,3898.

Propriétés chimiques. — Exposé à une haute température, il n'éprouve aucune altération, mâme sous l'influence du gaz oxîgène. Mis en contact avec l'air, il répand des vapeurs blanches, à la manière du gaz chlorhydrique. Parmi les métalloïdes , le chlore seul le décompose ^ il s'empare de l'hydrogène et met le brème en liberté. Plusieurs métaux en opèrent aussi la décomposition; mais alors c'est le brome qui est absorbé et c'est Thydrogène qui devient libre*

L'action qu'il exerce sur le phosphure d'hydrogène est la même que celle de l'acide iodhydriquej il s'y unit et forme uu composé susceptible de cristalliser en cubes, (Sérullas Ânn^ Chim. et Phys^ xlviii j 9 i •)

AGUIE BHOMHYDaïQUE. MS

Le gazbrAmhydrique est tfès soluble dans Peau ; il en résulte une dissolution caustique qui a la plus grande analogie avec l'acide chlorhydrique liquide , et qui dissout des quantité^ très notables de brômc.

Préparation. — Le gaz brômhydrique se prépare comme le gaz iodhydrique 9 en mettant en contact le brome , le phosphore et l'eau 3 seulement au lieu de recueillir le produit gazeux dans des éprouvettes remplies d'air , on le recueille dans des éprouvettes pleines de mercure (^. cicide iodhydrique). On pourrait aussi l'obtenir en traitant le bromure de potassium par l'acide sulfurique 9 tout comme on obtient le gaz chlorbydrique par la réaction de l'acide sulfuriqiie sur le chlorure de sodium^ mais, d'une part, le bromure de potassium contenant souvent un peu de chlorure de sodium, l'acide brômhydrique se trouverait mêlé d'acide chlorhydrique \ et d'autre part , il y aurait une petite partie de l'acide sulfurique décomposée et production d'acide sulfureux, d'eau eX de vapeur de brome.

Composition. — ^Le gaz brômhydrique s'analyse de même que le gaz chlorhydrique et se trouve composé ainsi que lui , d'un demi-volume d'hydrogèisie et d'un demi-volume de vapeur de brome.

Acide iodhydrique ou hydriodique^

334* C'est M. Gay-Lussac qui, le premier , nous a fait connaître la nature de l'acide iodhydrique, et c'est à lui aussi que nous devons la connaissance de presque toutes ses propriétés.

C'est un gaz sans couleur , très sapide , d'une odeur ti^ès piquante , qui rougit fortement la teinture de tournesol, qui éteint subitement les corps en combustion , qui répand des vapeurs blanches dans l'air , et dont la densité est de 494^88.

335. Uuc chaleur rouge décompose eu partie le gaz iodhydrique : elle le décompose complètciuent lorsqu'il est

404 Métalloïdes oxigénés.

mèlë à Foxigène; ilse forme alors del'eau , et l'Iode devient libre.

Mis en contact avec le cUore , il cède son hydrogène à ce gaz, qui passe à l'état d'acide cblorhydrique, et à l'instant même apparaissent de belles vapeurs violettes qui se précipitent peu-à-peu : telle cst^ussi l'action du brome sur lui.

336. Lorsque l'on fait passer du gaz proto-pbospbure ou sesqui-pbospbure d'hydrogène dans une éprouvette pleine de mercure , et qu'on y introduit ensuite du gaz iodhydrique , ces gaz se combinent à l'instant même , et donnent lieu à des cristaux blancs. La combinaison du gaz iodhydrique avec le gaz phosphure d'hydrogène a été observée pour la première fois par M. Dulong ( Mémoires dArcueil^ t. m. , pag. 4S0 ) j et examinée depuis par M. Houtou - Labillardière. ( Journal de Pharmacie tom. III, pag. 4^4*)

L'iodhydrate de proto-phosphure d'hydrogène cristallise en cubes, se volatilise àunedoucechaleursanssefondrenise décomposer. L'eau , l'alcool , les acides par l'eau qu'ils contiennent, la plupart des bases par leur affinité pour l'acide iodhydrique , en dégagent avec effervescence le proto-phosphure d'hydrogène. Si donc on met l'iodhydrate en contact avec le gaz ammoniac , il y aura tout-à-coup dégagement de proto-phosphure d'hydrogène comme avec la potasse , la soude , etc. •, mais de plus , l'on verra que le volume du proto-phosphure dégagé sera absolument égal à celui du gaz ammoniac absorbé. Enfin le mercure , l'oxigène , l'air , les gaz carbonique , suif hydrique et iodhydrique ne l'altèrent qu'autant qu'ils sont humides.

L'iodhydrate de sesqui-phosphure d'hydrogène présente à-peu-près les mêmes propriétés que le précédent. Toutefois il est facile de le distinguer , parce que l'eau en dégage du proto-phosphure avec précipitation de phosphore , que le gaz ammoniac n'en sépare que la moitié de son volume de proto-phosphure en produisant un dépôt de phosphore comme l'eau.

ACipE lODHYDRIQUE. 405

La proportion de leurs principes constituans se déduit aisément des phénomènes qu'il nous présente avec le gaz ammoniac. Puisque de Tiodhydrate de proto-phospliurc d'hydrogène , décomposé par le gaz ammoniac , il se dégage autant de proto-phosphure qu'il y a d'anunoniac absorbé , il faut que cet iodhydrate soit formé de parties ^ales de ces gaz en volume : car l'on sait que le gaz iodhydrique absorbe un volume d'ammoniaque égalausien; et

Îmisque de l'iodhydrate de sesqui-phosphure d'hydrogène, e gaz ammoniac absorbé ne dégage que la moitié de son' Yolume de gaz proto-phosphure , il faut que cet iodhydrate résulte delà combinaison de deux volumes degaziodhydrîque et d'un volume de sesqui-phosphure d'hydrogène ; car il est bien prouvé que celui-ci n'éprouve ni condensation ni raréfaction en passant à l'état de proto-phosphure : teUes sont en effet les conséquences que M. Houtou-Labillardièrea tirées d'expériences qui lui sont propres.

3.37. — Plusieurs chimistes pensent qu'il existe un iodhydrate de carbone : ce qu'il y a de certain , c'est que M. Faraday a observé qu'en exposant aux rayons solaires du bicarbure gazeux d*hydrogène avec de l'iode , en diverses proportions , il se produit, au bout de quelque temps , des cristaux incolores dus à la combinaison de ces deux corps , sans apparence d'acide libre. Une dissolution de potasse enlève l'excès d'iode que le nouveau composé pourrait retenir. Ce composé est solide , blanc , cristallin , friable , plus dense que l'acide sulfurique concentré , mauvais conducteur de l'électricité. Sa saveur est douce , et son odeur aromatique. On peut le fondre et le sublimer sans l'altérer; on le voit alors s'attacher à la partie supérieure des vases , en plaques ou eh aiguilles ou en prismes transparens : ce n'est qu'à une température élevée qu'il se décompose. L'eau, les acides , les alcalis ne le dissolvent pas ; il est soluble au contraire dans l'alcool et l'éther. Pour le brûler , il faut le placer au milieu de la flamme de la lampe à esprit-de-vin : des vapeurs d'iode et d'acide iodhydrique ,

406 MÉTALLOIDfeft OUÛÉlfÉS.

et sans doute de l^eau et de Facide carbomq[ae9 Sont le résultat de cette combustion. Enfin , quoicpie insoluble dans les alcalis j il cède , mais lentement , à l'action décomposante qu'exerce sur lui une dissolution de potasse. (Ann» de Chim. et de Phys. , xviii , 48»)

Ce composé est-il bien un iodbydrate de carbone? ue serait-il pas un iodure de bi-carbure d'hydrogène? Cette dernière opinion s'accorde beaucoup mieux avec l'idée qu'on s'est formée du produit de l'action du chlore sur le bi-carbure d'hydrogène (53). En efiet, il existe les plus grands rapports entre les propriétés de l'iode et celles du chlore : tous deux doivent former des produits analogues ^avec le carbure d'hydrogène. Si donc l'on r^arde le nouveau corps dont nous venons de parler conmie de l'iodhydrate de carbone , il faudrait regarder comme un chlorhydrate de carbone le liquide que nous avons désigné par le nom de chlorure de bi-carbure d'hydrogène, et qui résulté de parties égales en volume de bi-carbure gazeux d'hydrogène et de chlore (53). Or cette sorte de composition est contraire à ce que nous savons ; car i volume de chlore ne peut absorber que la moitié de l'hydrogène contenu dans I volume de bi-carbure gazeux 5 d'où il suit que le chlorure de bi-carbure hydrogéné ne saurait être considéré comme un chlorhydrate de carbone*, donc , etc.

Une autre hypothèse pourrait être faite : ce serait d'admettre que le chlorure de bi-carbure hydrogéné est un composé d'acide chlorhydrique et de quadri-carbure d'hydrogène. Cette hypothèse représente très bien les phénomènes , comme on va le voir , et nous semble préférable à toute autre.

I vol. de bi-carbure égale 5 ^ ^°î' f «*" hydrogène;

° (a vol. de vapeur de carbone.

Un volume de chlore uni à un volume d'hydrogène produit 2 voliunes de gaz chlorhydrique ou hydrogène chloré. Mais en enlevant à i volume de bi-carbure gazeux d'hy-

ACms lODHTDRIQtJB. 407

drogène i vohmie d'hydrogène, Tantre volume d'hydrogène qui reste oomhinéaux deux volumes de vapeur de carbone forme 7 voL du quadri-carbure d'hydrogène de Dalton. On voit donc que le composé serait représenté par 2 volumes d'acide chlorhydrique et par ce ^ voL de quadricarbure d'hydrogètae , ou si l'on veut par le quadri-carbure d'hydrogène de Faraday. La môme théorie pourrait être admise sans doute pour expliquer les phénomènes qui dépendent de 1 action de l'iode sur le bi-carbure d'hydrogène.

Quoi qu'il en soit, il paraît que le composé, dont on doit la découverte à M. Faraday , se forme dans plusieurs circonstances.

338. Les acides chlorhydrique, sulfhydrique, sulfureux, n'altèrent pas l'acide iodhydriquej mais les acides sulfurique et azotique concentrés s'emparent de son hydrogène par une partie de leur oxigène , et de là résulte un dépôt d'iode, de l'eau , du gaz sulfureux ou du bi-oxide d'azote. Les acides chlorique , iodique , le décomposent aussi. Les dissolutions de fer très oxidé en précipitent également l'iode. Il forme dans l'acétate de plomb un beau précipité jaune, dans la dissolution de mercure bi-oxidé un précipité rouge , et dans la dissolution d'argent im précipité blanc , insoluble dans l'ammoniaque : ces précipités sont de véritables iodures.

339. Le potassium , le sodium , le zinc , le fer , le mercure et beaucoup d'autres métaux, en opèrent également la décomposition , même à la température ordinaire 5 l'iode s'unit à ces métaux, et l'hydrogène se dégage. Il est à remarquer qu'un volume de ce gaz donne toujours un demi-volume d'hydrogène.

340. L'eau absorbe rapidement le gaz iodhydrique; aussi peut-elle en dissoudre une grande quantité. Quand elle en est saturée , elle a beaucoup de densité , et répand dans l'air des fumées épaisses. Pour l'avoir dans cet état j il faut verser de Veau sur une iodure de phosphore fait avec

408 MÉTALLOÏDES OXIGÉfléS.

une partie de phosphore et 8 parties d'iode, distiller h liqueur et changer le récipient vers la fin de la distillation : l'acide que l'on obtient alors est très concentré, tandis que celui qui passe en premier lieu n'est pour ainsi dire que de l'eau. Il est encore une autre manière fort commode de préparer l'acide iodhydrique liquide : c'est de mettre l'iode dans l'eau, de faire passer, à travers, un courant de gaz sulfhydrique qui, comme nous l'avons vn, cède son hydrogène à l'iode (Sog) ; de chauffer la liqueur pour dégager l'excès de gaz sulfhydrique et de la filtrer pour en séparer le soufre. Mais l'acide ainsi préparé n'est pas fumant : il ne le devient q ï'er y dissolvant une nouvelle quantité de gaz iodhydrique.

L'acide iodhydrique faible se concentre par la chaleur comme l'acide sulfurique : aussi n'est- "^e qu'à environ laS" qu'il commence à distiller ; jusque-là il ne s'en dégage presque que de l'eauj parvenue à 1 28°, la température est stationnaire; l'acide bout, et sa densité qui ne varie plus , est de i ,7.

L'acide iodhydrique se colore , à la température ordinaire , parle contact de l'air , en rouge plus ou moins brunj il se colore également à cliaud , de manière qu'il n'est blanc qu'autant qu'il a été mis dans des flacons bien bouchés et qu'il n'a point été soumis à la distillation. La couleur qu'il prend est due à une certaine quantité d'iode qu'il tient en dissolution , et qui provient d'un peu d'acide iodhydrique dont Thydrogène s'unit à Toxigène.

L'acide sulfurique concentré, l'acide azotique, l'acide hypo-azotique, l'acide chlorique, l'acide chlorique oxigéné, l'acide bromique, le chlore et le brome s'emparent tout-àcoup de l'hydrogène de l'acide iodhydrique, et l'iode se dépose ou apparaît sous forme de vapeurs pourpres : il ne faut verser le chlore que peu-à-peu ; car , lorsqu'on le met en excès , l'iode est dissous avant d'être précipité.

L'acide iodhydrique n'est altéré ni par l'acide sulfureux, ni par l'acide sulfliydrlque.

Les^oxides qui dégagent le chlore de l'acide chlorhy-

ACIDE lODHTDRIQtJE. 409

drique agissent sur lui d'une manière remarquable ; ils en séparent uneportiond'iode, et forment d'ailleurs un iodure. 341 • Composition. — Le gaz iodhy drique contenant la moitié de son volume de gaz hydrogène , il est probable que l'autre demi-volume est de la vapeur d'iode , d'autant plus qu'il y a la plus grande analogie entre l'iode et le ' chlore y et que i volume de gaz chlorhydrique , est formé de 7 volume de chlore et de 7 volume d'hydrogène. Or la densité du gaz iodhydrique étant de 494^88, il est évident qu'il doit être formé de 100 d'iode et de 0,788 d'hydrogène (Gay-Lussac, \/^/i/i. de Chim.^ U xci), ceqiii donne : *^ .

Enprop. X d*hydrog. ta,43g -iç- 1 d'iode t537,56!i Enatom. i d*hydrog. 6,^39 -|- i d'iode 768,781 =HI.

342. Préparation*'— JJxra des meilleurs procédés que l'on connaisse pour le préparer consiste à introduire dans une très petite comué de verre, du phosphure d'iode fait avec 8 parties d'iode et une de phosphore, à l'humecter légèrement, et à chauffer peu- à -peu ce mélange : l'eau est décomposée, son oxigène se porte sur )e phosphore, et«on hydrogène sur l'iode 5 il en résulte de l'acide phosphoreux fixe , et un grand dégagement de gaz iodhydrique que l'on recueille par le moyen d'un tube dans un flacon long , étroit et plein d'air , en s'y prenant de la même manière que pour obtenir le chlore sec (89). Il faut bien se garder de le recueillir sur le mercure , puisque celui-ci le décompose 5 il faut aussi avoir la précaution d'employer im phosphure d'iode qui ne contienne pas plus d'un neuvième de son poids de phosphore , car sans cela il se produirait un peu de phosphure d'hydrogène.

On peut encore, au lieu d'une cornue , prendre un tube d'un centimètre de diamètre environ , fermé à la lampe par une de ses extrémités, y introduire le phosphure d'iode ou l'iode et le phosphore , en les superposant et les entremêlant de petites couches de verre pulvérisé grossièrement

410 BiÉTAUMDlS OXIGtliÉS.

et humecté, et recueillir le gaz comme noas venon» d« dire. Ce mode d'opération est même plus facile que le précédent , parce que les vases contiennent moins d'air atmosphérique y et que le dégagement du gaz peut être modéré à volonté.

ProportioDi réagÎMantc*. Proportiom prodnitat.

3 d'iode =3 X « 537,56a 3 d*ac. iod- r 3 d*iode. . .3 X i537,56a

a de phosphore . . .=«X i9^>< bydriq. ={ 3 d*hydroç.3 X '^»4

a j»p«„ S 3 d'oxig. . 3oo,o a d*ac.pho»- ( a de phosp. a X ^9^»'

'"' î 3 d*bydrg.3^ ia,4 phoreax.|3d'oxigèoe. 3oo,o

En atomes:

6 I-f a P-f- 3 H'Ozs 6 HI+ P^O».

On peut encore se procurer le gaz iodhydrique parfaitement pur en chauffant doucement parties égales d'iode et d'acide hypo-phosphorique concentré jusqu'au point de laisser dégager le gaz phosphure d'hydrogène. L'opération s'exécute facilement dans l'un des deux appareils qui viennent d'être décrits. (F. d'Arcet, Arm. de Chim. et de Phjrs,^ vol. XXXVIII, pag. 120.)

État naturel. — L'acide iodhydrique n'a point encore été trouvé dans la nature. La matière qui existe dans les fucus et dans les éponges et qu'on avait regardée comme de l'iodhydrate de potasse, n'est que de l'iodure de potassium. i^Atm.de Chim. etPhys, xiii, 298.)

▲&TIGLE II.

Acides Jluo^boriquej ckloroborique.

Acide fluo-borlque ou fluorure de bore.

343. Histor.,^ propriétés physiq. — Ce gax découvert et étudié par MM. Gay-Lussac et Thenard ( Recherches physico'chim.j a" vol.), examiné ensuite par MM. Humphiy- Davy et John Davy ( Ann. de Chim. , t. lxxxvi), est sans couleur; son odeur est piquante, et se rapproche de celle de l'acide chlorhydrique 5 on ne saurait le respirer sans être

FLUOEURB DE BORE. 4f 1

raffbqaé^ il éteint les corps en combustion; il rougit très fortement la teinture de tournesol; sa pesanteur spécifique est de 2,371.

Composition. — Est-il composé d'acide fluorhydrique et d'acide borique , comme on l'a cru d'abord ? C'est impossi^^ ble; il l'est évidemment de fluor et de bore. En eflfet, on peut l'obtenir en calcinant ensemble, dans un canon de fusil fermé par un bout , un mélange de spatb fluor et d'acide borique vitrifié. Or , le résidu de la calcination est un borate calcaire ; mais le calcium n'a pu évidemment s'oxider que par l'oxîgène d'une partie de l'acide borique; du bore est donc mis à nu. D'une autre part, du fluor doit devenir libre, il doit s'unir au bore , et de là le gaz produit. Ce gaz est un acide dans lequel le fluor joue le même rôle que le chlore, l'iode, etc., dans les acides chlorhydrique , iodhydrique : aussi, pour nous conformer au langage reçu, au lieu de l'appeler ^dCLfluoboré^ l'appellerons-nous gaz fluo-borique.

Prop. chint. — Le gaz fluo-borique n'a aucune espèce d'action sur le verre ; il en a , au contraire , une très grande sur les matières végétales et animales ; il les attaque avec autant de force que l'acide sulfurique concentré , et parait agir sur ces matières en s'emparant de leur hydrogène et de leur oxigène; il les charbonne, cependant on peut le toucher sans être brûlé.

Exposé à l'action d'une très haute tempéi*ature , il ne se décompose point ; il se condense par le froid sans changer d'état. Lorsqu'on le met en contact avec le gaz oxigène ou l'air , soit à froid , soit à chaud , il n'éprouve aucune sorte d'altération : seulement il s'empare , à la température ordinaire, de l'humidité que ces gaz peuvent contenir, se liquéfie, et donne naissance à des vapeurs extrêmement épaisses. Il se comporte de la même manière avec tous les gaz où se trouve de l'eau hygrométrique ; pour peu qu'ils en contiennent , il y produit des vapeurs très sensibles : on peut donc l'employer avec beaucoup de succès pour savoir 61 un gaz est sec ou humide*

413 BIÉTALLOIDES OXIGÂSTËS.

344* C'est le gaz le plussoluble dansl'ean; Use dissoutdans la 700^ partie de son volume de ce liquide , à la température et à la pression ordinaires. C'est pourquoi , lorsqu'on débouche un flacon plein de gaz fluo-borique pur dans l'eau, celle-ci s'élance avec une très grande force jusqu'au haut du vase , et le remplit instantanément.

La glace elle-même absorbe promptement le gaz fluo-borique. On procède à cette expérience comme à l'absorption du gaz ammoniac.

La préparation dé l'acide fluo-borique liquide se fait en mettant dans une cornue de verre les matières propres à produire le gaz fluo-borique, et en conduisant le gaz par un tube au fond d'une petite éprouvetteàpied dans laquelle on verse, immédiatement après l'introduction du tube et successivement, 3o à 40 grammes de mercure et la quantité d'eau que l'on veut unir à l'acide : l'éprouvette doit être fermée avec un bouchon à travers lequel passent d'une part le tube conducteur du gaz , et d'autre part un tube long et droit destiné à établir une communication entre la partie vide de l'éprouvette et l'air atmosphérique. Cette disposition d'appareil rend l'expérience facile. Si l'on supprimait le mercure , l'eau étant alors en contact avec le gaz , remonterait souvent jusque dans la cornue , en raison de sa grande force dissolvante : à la vérité, l'on pourrait se servir d'un tube de sûreté à boule ; mais alors ce tube fournirait beaucoup d'air qui gênerait l'absorption. Si l'on ne fermait point l'éprouvette , l'on perdrait , surtout à la fin de l'opération , une quantité assez considérable de gaz, et d'ailleurs le liquide répandrait dans l'air environnant des vapeurs épaisses et piquantes. Enfin , si l'on n'établissait pas de communication entre l'intérieur de l'éprouvette et l'atmosphère , il y aurait à craindre, surtout lorsque l'expérience serait presque terminée , que les luts ne fussent rompus par l'effort que feraient les gaz , dont l'action sur l'eau serait beaucoup moindre que d'abord.

En absorbant le gaz fluo-borique, l'eau s'échaxiffe consi-

ÏLVO&URE DE BORE. 4lS

durablement, et augmente beaucoup de volume. Quand elle est saturée de ce gaz , elle est limpide , très fumante et des plus caustiques. On retire, par la cbaleur , environ la cincpiième partie de ce qu'elle en contient; et quelque cbose qu'on fasse ensuite, il est impossible d'en retirer davantage. Alors elle ressemble à de l'acide sulfurique concentré; elle en a la causticité et l'aspect; comme lui, elle n'entre en ébullition qu'à une température bien supérieui*e à celle de l'eau bouillante, et se condense tout entière en stries, quoiqu'elle contienne encore beaucoup de gaz.

Elle se comporte avec les corps combustibles à-peu-près de la même manière que celle qui est saturée d'acide cblorbydriquc.

Sans doute que le gaz fluo-borique , en se dissolvant dans l'eau, la décompose : il en résulte de l'acide fluorbydrique et de l'acide borique ; et si par la chaleur Ton retire ensuite de la liqueur saturée une certaine quantité de gaz, c'est qu'il s'en régénère par l'union de l'oxigène d'une partie de l'oxacide avec l'hydrogène d'une partie de l'hydracide.

345. Etat naturel^ préparation^ etc. — Le gaz fluo-bori-* que n'existe dans la nature ni libre ni combiné ; on l'obtient en traitant , à l'aide de la chaleur , un mélange de fluure de calcium et d'acide borique par l'acide sulfurique. (John Davy.)

On prend une partie d'acide borique vitrifié et deux par- I ties de fluure de calcium pur ; après les avoir réduits en poudre dans im mortier de fer ou de laiton , on les mêle intimement dans une fiole avec 1 2 parties au moins d'acide sulfurique concentré ; puis on adapte un tube recourbé au col de la fiole ; on la place , par le moyen d'une grille , sur un fourneau , et on la chauiFe peu-à-peu ; bientôt le gaz fluo-borique se produit, chasse l'air, et apparaît sous forme de vapeurs très épaisses ; on le recueille sur le mercure : il n'est pur que quand l'eau peut l'absorber entièrement et subitement. Au lieu d'une fiole de verre, il vaudrait mieux employer, pour le préparer, une cornue ou

iU métalloïdes oxigémés.

un petit mfttras de plomb : on n'aurait point à eraindfe U formatioad'un peu de gaz fluo-silicique. Dans cette opâralion , l'acide borique est décomposé ; son oxigène s'iuiit aa calcium, et son radical au fluor : de là le gaz fluo-borique ou bore, et de la chaux qui se combinant avec l'acide sulfurique produit du sulfkte calcaire. L'eau de ce dernier acide est nécessairement mise en liberté , et voilà pourquoi on n'obtient de gaz fluo-borique qu'autant qu'on emploie un grand excès d'acide sulfurique •

Acide chloro^orique ou chlorure de bore.

346- Le chlorure de bore peut s'obtenir en plaçant le bore dans un tube de verre horizontal , y faisant passer du chlore pur et sec que l'on produit conmae il a été dit précédeinment, et chauffant le bore lorsque le tube est plein de chlore. Le chlorure se forme promptement avec dégagement de lumière , et le gaz qui en résulte doit être reçu dans une éprouvette pleine de mercure : celui-ci absorbe l'excès de chlore et bientôt le gaz chloro-borique reste pur.

On peut, conune l'a fait M.' Despretz, substituer le borure de fer au bore.

On peut encore se servir d'un mélange intime d'acide borique et de charbon bien calciné ; maïs alors le gaz est toujours mêlé d'oxidc de carbone , de chlore et d'acide chlorhydrique , et l'opération doit être faite à une haute température dans un tube de porcelaine muni d'une allonge à l'extrémité de laquelle est adapté le tube recourbé qui doit servir à recueillir le gaz. Le tube recourbé doit même être large, afin qu'il ne s'engorge point par le dépôt d'une certaine quantité d'acide borique , etc.

Le chlorure de bore est gazeux , incolore , d'une odeur 1res piquante, très acide; sa densité est de plus de 3,942* Il éteint les corps en combustion. La chaleur n'en opère pas la décomposition. A moins 20°, sous la pression ordinaii'e, il ne se liquéfie pas. Mis çn contact avec l'eau, il s'y dissout

CHLOfiS DE BOAS. 41B

tout-4-coup et abondamment : anssi rëpand-il des yapenrs blanches dans l'air «Probablement <pie l'eau est décomposée et f|u'il se forme de l'acide cUorbydriqae et de l'acide borique ; car la dissolution du chlorure de bore y ëvaporëe , laisse toujours de l'acide borique pour rësidu.

On voit donc qu'il a beaucoup d'analogie avec le gaz fluo-borique : seulement les vapeurs qu'il forme au contact de l'air sont moins épaisses , et il n'a pas comme celuici la propriété de noircir les matières organiques avec les-* quelles on le met en contact.

Le chlorure de bore est formé de :

I at. de bore« • 67,99 3 at. de chlore. 663,97

Donc poids alom. du chloruraMe bore B Ch? = 73 1,96.

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