‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 103 sur 143 · GÉNÉRALITÉS SUR I^'ÈCLAIRAGE AU GAZ · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR I^'ÈCLAIRAGE AU GAZ

Une matière organique sotimise à l'actioil d'Une température élevée, se décompose en charbon et en substances voletiles ou gafteuses plus ^u moins combustibles , dont ia flamme est quelquefois très éclairante*

C'est à Lebon , ingénieur français, que sont dues les premières expériences sur l'éclairage au gaz.

Lebon imagina, ea 1 785, de distiller le bois en vase clos pour en iretirer d'une part du charbon et de l'acide aeétique, et de l'autre des gaz qu'il fit servir à l'éclairage.

Il démontra que la houille était plu» propre qu^ le bois h la fabrication

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du gas d'éclairage; malgré cette observation, il $e passa 25 ans avant que le gaz de la houille reçût une application industrielle.

Les premières usines de gaz de houille ont été établies en Angleterre parMardooh*

On a cherché à remplacer la houille par dés résines , des huiles grassesi des huiles de schistes, par des mélanges de goudrons et de vapeur d'eau exposés à mie température rouge sur des surfaces de coke. Ces divers procédés n'ont pu soutenir la ccmcurrence avec la distillation de la houille | la houille est en effet une matière abçndante, d'un prix peu élevé, et qui donne deux produits , dont l'un est le gaz même de l'éclairage , et l'autre le c(dte , c'est-à-^ire un des meilleurs combustibles que l'on connaisse.

Toutefois on fabrique encore aujourd'hui dans quelques usines un gaz d'éclairage avec des huiles ou des résines , ou en faisant passer un m^ lange de goudron et de vapeur d'eau sur du coke chauffé au rouge. ( 6aa SelUgue.)

Le gaz d'huile et de résine est plus éclairant que 'celui de la houille. Il doit cette propriété à la présence d'une proportion beaucoup plus grande d'hydrogène bicarboné et de divers carbures d'hydrogène volatils. Il ne contient pas d'ailleurs d'hydrogène sulfuré , de sulfure de caitone , oit d'ammoniaque qui se trouvent ordinairement dans le gaz de houille mal épuré.

La distillation de la houille fournit des gaz dont la composition viuie avec la température à laquelle la houille a été exposée.

Au cctfnmencement de la distillation, le gaz est trèsridie en hydrogène bicarboné et par conséquent très éclairant; la proportion de ce gaz diminue à mesure que l'opération s'avance, et à la fin les gaz contienn^t tme quantité considérable d'hydrogène et d'oxidede carbone qui sont peu éclairants.

En analysant un gaz de houille dans la première heure de la distilla*' tion, on a trouvé dans ce gaz 13 p. 100 d'faydrogèie bicarboné ; après 5 hefures , le gaz n'en contenait plus que 8 p. 100 , et après 10 heures , il était mêlé à 60 centièmes d'hydrogène .

La densité des gaz après la première heure était de 0^620; après 5 heures elle était de 0,50 ; vers la fin de l'expérience, après 10 heures de calcination , cette densité n'était plus que de 0,3/i5.

Voici, d'après M. Henry, la composition d'un gaz de Ixmne qualité, provenant d'une usine d'Angleterre et analysé avant d'avoir été épuré.

Hydrogène bfearèoné. « • . • ft Hydrogène pcotocarboné ... 72 Oxide de carbone. .«•••• 13 Add« carboniqiM. •»•»••& Acide snifhydriqtie 3

2kk ÉCLAIRAGE AQ €AZ.

Le gaz contient toujours en dissolution des vapeurs combustibles qui augmentent son pouvoir éclairant. Ces^ vapeurs, qui ne se cond^asent pas entièrement dans les épurateurs et dans les tuyaux de conduite du gaz, sont principalement formées de divers carbures d*hydrogène, parmi lesquels on a surtout signalé la benzine.

L'azote contenu dans toutes les houilles passe dans leur distillation à rétat d'ammoniaque; une très petite partie seulem^it se transforme en composés cyaniques. D'après M. Jacqtiemyns^ 1 hectolitre d'eau de con-t densation du gaz produit avec les sels de fer 750 granmies environ de bleu de Prusse.

Le soufre, dont la plus grande partie est contenue dans les houilles à l'état de pyrite, ^ transforme pendant la distillation en acide sulfhydrique. Cet acide est facilanent absorbé par la chaux des épurateurs. On constate la pureté du gaz en l'essayant avec un papier imprégné d'acétate de plomb, qui reste incolore quand le gaz est pur, et qui noircit lorsque le gaz contient de l'acide sulfhydrique.

Le sulfure de carbcme ne se forme qu'en proportion très faible et se condense sans doute dans les produits liquides; il est rare qu'il s'en rencontre dans le gaz de houille.

M. D'Arcet a proposé de purifier le gaz en le faisant passer sur de l'acide sulfurique faible, du sulfate de fer ou du plâtre.

M. Penot a conseillé l'emploi du sulfate de plomb dans l'épuration du gaz. M. Mallet a obtenu des résultats satisfaisants, en substituant aux sub* stances précédentes, le chlorure de manganèse provenant des fabriques de chlore- Le gaz épuré, par ce dernier procédé ne retient plus d'ammo* niaque, ni d'acide Sulfhydrique. L'anunonÎJique se retrouve tout entière à l'état de chlorhydrate.

Indépendamment des gaz précédents, il se forme pendant la distillation de la houille des composés très divers , tels que la naphthaline , la parar . naphthaline, la benzine, des alcalis végétaux d'une nature particulière, etc., etc., qui se condensent, soit dans les goudrons, soit dans ies eaux ammoniacales.

L'éclairage par le gaz extrait de la houille est aujourd'hui l'objet d'une exjploitation considérable. Nous allons indiquer sommairement les détails de cette fabrication .

Les compagnies exploitent, en général , les houilles dites demi-grasses, que l'on préfère aux houilles grasses qui sont d'une distillation difficile, et donnent d'ailleurs du goudron en grande abondance. Les houilles maigres donnent un coke qui ne s'agglomère pas facilement, et fournissent d'ailleurs peu de gaz (pi. 15, fig. 1).

Les bassins houillers d'Anzin^ de Douchy, de Commentry et de Mons alimentent les usines du nord de la France , ainsi que celles de la haute et de la basse Seine. Le flenu de Mons se rapproche beaucoup du cannel-

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