‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 2 sur 143 · NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

La chimie ayant de nombreux rapports avec la physique, il noué paraît utile d'indiqua* les liens ou les différences qui existent entre ces deux sciences. L'appréciation exacte des phénomènes qui appartiennent à la physique ou à la chimie suffira pour préciser l'objet même d|ela science qui nous occupe.

On donne le nom de corps à toute étenduç limitée et impénétrable qui afifecte les organes de nos sens.

Lorsque deux corps sont amenés au contact, les phénomènes simulta^ -nés qui se manifestent peuvent être du ressort de la physique ou de celui de la chimie.

Le phénomène chimique est caractérisé par une altératicm dans lacom-* position des corps, accompagnée le plus souvent de dégagement de chaleur, de lumière et d'électricité.

Si on laisse dans l'air humide une lame de fer, elle se tamit, se couvre de rouille , son poids augmente notablement; le fer, s'unissant à la fois à l'oxigène et à l'eau contenus dans l'air, perd la plupart de ses pnçriétés; cette altération essentielle du fer constitue le phénomène chimique.

Hais si, dans leur contact, les corps, tout en acquérant quelque p»ropriété nouvelle, ne subissent que des modifications passagères qui n'altèrent pas leur composition; qu'un morceau dé résine, par exemple, frotté avec une étoffe de laine , attire à lui les corps légers , cette nouvelle propriété communiquée par le frottement , n'altérant en rien la nature de la substance, comtàixieXe phénomène physique.

Il arrive dans beaucoup de cas que les corps , en réagissant les uns sur les autres , présentent simultanément un ens^nble de phénomènes qui se trouvent être à la fois et chimiques et physiques.

Ainsi le phosphore brûlant dans l'oxigène se change en une substance acide très soluble , appelée acide phosphorique ^ et produit en même temps un vif dégagement de chaleur, de lumière et d'électricité.

Le chimiste s'empare de l'acide phosphorique pour examiner ses propriétés, ses combinaisons avec les autres corps, et déterminer la proportion exacte de ses éléments.

II NOTICJWS PRELIMINAIRES.

Le physicien, au conp^e, porte son attention sur la chaleur, la luûiiére et rélectricité-^ui se sont produites pendant la combustion du phosphore. y'^^

On voit d^jK^que la physique et la chimie ont entre elles des rapprochemenjs-^^ents , mai» qu*i} est toujours facile d» déteroiinôr les phénomèjaes (|ui appartiennent il Tune ou à Pautt^ de ces déuH jsdefnces.

Pour tracer Thlstoire complète d'un corps et le caractériser, ce qui est lé but spécial de la chimie, il faut déterminer trois ordres de propriétés générales, que l'on nomme j^^szç't^s, chimiques et organoleptiqups. .

Les propriétés physiques sont : la couleur, l'éclat, l'opacité, la transparence, la dureté, la sonorité, et, dans un rang plus important, la densité, la forme cristalline , la solubilité , le'ïeïillë (fe ftKteïi et d*ébu11ition.

Les, propriétés chimiques sont celles qui constatent les modifications^ essentielles que les corps éprouvent en se combinant avec d'autres corps; ainsi, les réactions que le fer exerce sur l'oxigène, le chlore^ le soufre, les acides, etc., constituent lespropriétés chimiques <lu fer.

Les propriétés organoieptiques résultent des diverses impreswons que les corps exercent sur le toucher, l'odorat, le goût et sur les organes intérieurs d'un être vivairt.

M. Chevreul a particuli^ment appelé l'attention des chimia^^ troisième ordre de propriétés qu'il a si justement séparé dés physiques et chimiques. '■'' ^7

Après avoir fait connaître les propriétés qui servent à caractéfeser les j corps, nous indiquerons les deux classes dans lesquelles on est convenu / delesrang^. /

La prem^re classe comprend les corps simples i et la $econde les corp$ composés, ' •%

Le corps simple est celui dont on ne peut retirer ]%u*^me seule substaace; le soufre, par exemple, de quelque manière qu'on le traite, ne donnœa jamais que du soufre.

Le corps composé est celui dont on sépare deux ou plusieurs subttances douées chacune de propriétés différentes. Si l'on chauffe l'oxide^e mercure , on en retire de l'oxigène et du niereure ; l'oxide de mercure est donc un corps composé.

Quand on a examiné l'^isemble des propriétés chimiques, physiques et organoieptiques d'un corps, et reconnu qu'il est simple ou composé, on peut déterminer à quelle espèce il appartient.

C'est encore à M. Chevreul que l'on doit k définition de l'espèce en dûmie. Néus la r^roduisons textudleinent:

a Dans les corps simples, l'e^^^èce est une collection d'êtres simples )> «[ai sont identiques -par leurs propriétés.

y Dans les..corps^ composés, l'espèce est une coUectkm d'êtres^ iden- » tiques par la nature, les proportions et l'arrangement des éléments. »

L'exatQ^ cN propHétés des porps fait reeonnakre quUtaf lont produits por des particules infiouDent petites que Ym a nomoiées mçléculei. ou atomes,

(^a cQpstitùtiott d^uBO molécule varie suivit la mtnv^ mtme det cc«çs dopt elle dérive.

La molécule d' w C(H*ps simple est formée de parties i^milairofri la molécule d'uQ porps composé (contient autant de particules de différentes natures qu^ Ym distingue de corps simples dans le «c^rps c^m^ppsé. Amsi lu molécule de To^^de de mercure est fonnée d'une molécule d'oxigène et d'une molécule d^ mercupe.

Il importe m^ntemmt de faire connaître les différentes forces qui détermipppt Fagrégation des molécules dans les corps ^ples et les corps composés.

On sait que les ooips se présentent mm trois états , Bolid^^ liqwie e| gùzetuc*

Un très grand non^e de icorps peuvent afifecter ce« trois états i ainsi Teau, r^ide carbonique, l'acide acétique, le soufre, sont «connus à l'état solide, liquide et gazeux.

D'autres, cwupe Ip platin^ parmi le$ métaux, et la cii» parmi les corps Qi^niqiies , ne sont comms qu'à l'état splide et liquide.

Quelques uns, comme le ci^?bpne, la chauKy le ligneux^ na peuvent affecter que l'état solide.

D'autres, enfin , comme l'oxigène, l'hydrogène et l'azote, conservent t(mjaurs l'état gazeux.

La chaleur, le froid, la compression, les dissolvants, sont fréquemment employés pour modifier l'état d'agrégaUon 4es c(Hps.

La force qui réunit les molécules des corps solides et liquides a reçu le tioïdl de cohésion. La cohésion est très grande dans les corps solides, faible dans les liquides et nulle dans les corps gazeux.

La chaleur tend tpujoi^^ à détruire la force de cohésion; aussi détermine-t-elle souvent la fusion et même la volatilisation des corps solides.

La force qui réunit les cprps simples pour constituer la molécule du corps composé a été nommée affinité; c'est elle qui , dans l'oxidede mercure, réunit l'oxigène au mercure.

L'affinité jpue un grand rôle dans les phénomènes chimiques ; c'est par elle que se détamrin^t les con^iiiaistoAs des (k)rps et un grand nombre de décompositions.

Toi^tBs tes causes qui tendent à détruire la cohésion , telles que la chaleur, la dissolution ^9^^ un liquide, tendent également à augmenter l'affinité ; aussi un grand nombre de corps ne peuvent41s s^unir entre eux que sûus l'infiuaice de li^ chaleur ou celle des dissolvants.

Nous compléterons les notions préliminaires relatives à la constitution des corps, m définissant la combinaison et le méifmge.

\yf NOTIONS miLtMINAIABS.

La combinaison chimique est caractérisée par une modification profonde des corps qui se combinent, par le changement de leur odeur, de leur couleur, de leur saveur , enfin par Thomogénéité complète de la masse produite par la ccxnbinaison. Elle est ordinairement accompagnée d'un changement de température, d'une émission de lumière ou d'électricité. Ainsi, lorsqu'on chauffe un mélange de cuivre et de soufre, la chaleur déterminant aijfôsitdt l'affinité du soufre pour le cuivre, on observe un vif dégagement de chaleur et de lumière; il se forme un corps noir h(HBogène, le sulfure de cuivre^ qui diffère essentiellement et dû soufre et du cuivre. Dans ce cas une combinaison chimique s'est opérée.

Dan$ le mélange^ au contraire, les corps n'éprouvent pas de modification sensible , point de changement de températul^, point de dégagement de lumière. Si le mélange est formé de matières solides, on y distingue des substances différentes au moyen de la loupe ou même à l'œil nu ; et à l'aide de procédés mécaniques, tels que l'agitation dans un liquide, la décantation rapide du liquide, ou par l'em^yloi de ca^tains dissolvants, on peut toujours opérer entre les différents corps une séparation qui sert à caractériser le mélange.

Nous ne pousserons pas plus loin ces considérations générales; il nous a suffi de rassembler ici les principes qui doivent faciliter l'étude des phénomènes chimiques. Nous exposerons maintenant lés principales règles de la nomenclature.

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