‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 38 sur 143 · CHLORE. 4 S · texte numérisé non relu

CHLORE. 4 S

Le chlore a pour Thydrogène une grande affinité. L'action de ces delix gaz Tun sur l'autre ne se manifeste pas tant qu'on les conserve à l'abri de la lumière et à la température ordinaire : soimiis à l'influence de Félectricité , de la chaleur ou de la radiation solaire, ces deux gaz se combinent immédiatement en faisant entendre une détonation violente.

Leur combinaison produit dé l'acide chlorhydrique, qui résulte de l'union de volumes égau^ de chlore et d'hydrogène sans condensation : ainsi 2 vohimes de chlore et 2 volunies d'hydrogène donnent h volumes d'acide chlorhydrique.

A la lumière diffuse, le chlore et l'hydrogène s'unisseiit lentement et sans détonation. Mais leur mélange se conserve indéfiniment dans un lieu obscur.

Tous les rayons Iimiineux ne déterminent pas l'union du chlore avec l'hydrogène ; les rayons violets ont seuls cette faculté : aussi peut-on exposer à la lumi^e directe un mélange de chlore et d'hydrogène contenu dans des vases colorés en rouge , en jaune ou en vert , sans qu'il y ait combinaison. Le chlore agit non seulement sur l'hydrogène libre,. mais encore sur un très grand nombre de composés hydrogénés. Ainsi , lorsqu'on fait passer du chlore humide dans un tube de porcelaine chauffé au rouge , l'eau se déconipose et il se forme de l'acide chlorhydrique et de l'oxigène.

Sous l'influence de la radiation solaire et de la chaleur , le, chlore peut donc enlever de l'hydrogène à l'eau pour former de l'acide chlorhydrique. n agit de la même manière sur certaines matières organiques et s'empare de leur hydrogène. Cette réaction du chlore devient surtout évidente lorsqu'elle s'exerce sur une matière colorante.

Aucune matière colorante de nature organique ne rési$te à l'action du chlore ; la teinture de tournesol, l'indigo , l'encre , sont détruits pat, le chlore : cette propriété a été appliquée par Berthollet au blanchiment des toiles de coton et de lin. .

Lorsque le chlore agit sur une matière colorante , on peut admettre que l'hydrogène est enlevé; mais il arrive aussi quelquefois que le chlore détermine l'oxidation des matières soumises à son action. Le chlore décompose alors l'eau pour former de l'acide chlorhydricpie, et l'oxigène se trouvant à l'état naissant se porte sur la matière colorante pour la détruire ou la modifier. Lé chlore pourra donc être employé tantôt comme un agentd'oxidation, tantôt comme un agent de déshydrogénation.

Un corps hydrogéné , après avoir été soumis à l'action du chlore , retient souvent du chlore au nombre de ses éléments, et l'hydrogène qui s'est combiné avec le chlore pour former de l'acide chlorhydrique se trouve remplacé par une quantité équivalente de chlore. Ce phénomène porte le nom de SubstittUton et sera examiné avec détail dans la

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chimie organique. (Yoir \e& Géi(iéralité9 ^ (e$ maêièrfsi argasti^s.)

L*affinité du chlore pour rhydrpgè^e e^^plique sou action sur les miasme$ et }e3 substanpq§ fé^(les.

L'ode^^r quQ ^épafl^eut pertaines sub^tapcfi^ eu putréfeetîon est due à la présence d'uuq coq^binaiso^ d'hydrogè^ifi eide soufre , appelée Aeide sul /hydrique , que le chlore décompose.

Le chlore est donc employa pour désipfecl^ le» substances qui dégagent de Tacid^ sulfbydricjue. Cet acide étf^pt en outre émineounent délé^ tère V on se sert du chlore pour combattre les asphyxies produites par Tacide sulfbydrique.

Le chlore n'agit pfts seulement sur le$ substances hydrogénées ; il se çombipe epcorq avpc plu^ieuçç corps s^^^pl^ç, tel3 que rarsenic, Tantimoine, le potassium, etc. , qui s'enflamment lorsqu'on les projette dans des flacons repipliç de chlorp-

U^ fil de cuivre chauffé à $QP extrémité , q^e Xoifs plppge dansunilacon contenant du chlore gazeux , y brûle cpfupléteipejnt en se U'ansformant eu chlorure de cuiyre.

Le chlore se retire de l'acide chlorhydrique ou dès c|ilorures ; nous décrirons d'abord sa préparation au moyen de Vacide chlorhydrique.

L'acide chlorhydrique est formé d'un équivalent de chlore et d'un équivalent d'hydrogène : sa formule est HCl.

Tous les corps qui en réagissant sur cet acide tendent à s'emparer de l'hydrogène, mettent le chlore en liberté : on emploie ordinairement le peroxide de manganèse pour préparer le chlore.

En faisant réagir sur deux équivalents d'acide chlorhydrique un équivalent de peroxide de manganèse , les deux équivalents d'hydrogène de l'acide se combinent avec deux équivalents d'oxigène de l'oxide pour former de l'eau, et deux équivalents de chlore se trouvent mis en liberté ; un seul de ces équivalents se dégage, et l'autre se porte sur le manganèse pour constituer du chlorure de manganèse.

Cette réaction se représente par la formule suivante :

Mnp2 -j- 2|iq = Mnq + 2Hp -{- Cl.

î-orssqu*Qn se prppose de retirer le chlore d'un chlorure, on opère ordinaireuieut sur le chlorure de sodium.

Le chlorure de sodium que l'on soumet à l'action de l'acide sulfurique hydraté, se transformé dans ce cas en sulfate de soude et en acide chlorhydrique:

Naa 4- S03, no == KaO, SQ« + HGl.

Si cet acide éhlorhydrique est en présence du peroxide de manganèse, il pourra, comme nous l'avons dit pn'védemmenf , dégager du chlore :

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ïHci + Mno« =^3Hp + ma + a On comprend donc qu'ua wélange de sel marin , d'acide sulfuriquc et de perpxidede manganèse produise lin dégagement de chlore.

On peutégalem£intadiaettre que, danà la réaction précédente, la moitié de Toxigène du bi-oxide de mangapèse se pmle directement sur le sodium : Mad + 2S03^ HO + Mn02 :^ KaO, SOa + MnO, S03 + Cl + 2H0. Le chlore peut être obtenu à Tétat gazeux ou en dissolution. Pour préparer le chlore ga^ux , on en^loie Tapp^^eil suivant (pi. 4,

A repr^iite un ballon contei^ap^ le mék^e q^\ pyftçl^i^ le çWore ; le col du ballon porte un bouchon percé (le deux trous ; 4«ns Tim s'eqgag^ le \ul^ 3 par lequel o(n ii^trqdvHt Tacidequi dé^ermipe la réaction; dans l'autre ouverture du bouchon se t^-ouve ]in tuJî^C, courbé à âugle droit, qiii coipipunique i^ iin tube D contenant uue ^uh^t^^nce desséchante ( le chloruçe de calcium) de^^inée à absorber r^umidité qu'entralp^tpujours le chlore ; le tube E vientse rendre dans le flaconF : Jecl^lorequise dégage pay \çi tut)e E déplac^ peu à peq Tair ^w flacon F ^^ W^\^ i^ sa grande densité. On reconnaît que le flacon est plein de chlore , liWQ^^ ce corps sort en abondance par Touverture G. Si on retirait rapidement le flacon, Tair s'y précipiterait e\ r^pipHrait le vide laissé par le tube ; pour éviter c«t inconvénient , on descend peu à peu le flacon en retirant successivement les supports H, I, J^ sans interrompre le dégagement de chlore. Dans r£q)pareil précédent, on interpose souvent entre le tube G et lé tube D un flacon vide K , destiné à retenir une partie de l'humidité entraînée par le gaz.

On peut encore préparer le chlore gazeux en recevant le gaz dans l'eau salée qui en dissout moina que l'eau pure; mais alors le chlore est toujours humide^ et il se pçrd une certaine quantité de gaz qui reste en dissolution dans l'eau.

Il est impossible de recueillir Ifr chlore sur le mercure, parce qu'il attaque ce métal, mtoe à la température ordinaire.

La dissolution de chlore se prépare dans un appareil appelé appareil deWolf(pL5,8g. 1).

A représente un ballon dans lequel le chlore se forme; B, G, D sont d^ flacons C(mtenaiit de l'eau distillée dans laquelle le chlore doit se dissoudre; K représente une éprouvette qui contient une dissolution alcaline destinée à absorder l'excès de chlore qui ne reste pas en dissolution dans l'eau; F, G, H sont des tubes de sûreté qui doivent empêcher l'absorption let laisser rentrer l'air dans les flacons , s'il se faisait une diminution de pression dans l'intérieur "de l'appareil. I est un tube en S qui sert à introduire l'acide chlorhydrique dans le ballon A, où se trx)uve le peroxide de manganèse ; J, K, L, M, sont des tubes qui établissent une communication entre le ballon et les flacons condensateurs.

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