‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 43 sur 143 · FLUOR · texte numérisé non relu

FLUOR

Il existe dans le spath-Quor un ocnrps simple, appelé lefliïorou Phtore, qui n'a pas enc(H*eété dégagé jusqu'à présent de ses comtHnaislons.

Cependant quelques chimistes, et particulièrement M. Louyet, ont annoncé avoir retiré le tlxte^ des fluorures d'argent et de merct^e en traitant ces corps par le chlore ou par Tiode dans des vases. de spath-fluor; mais ce fait n*est peut-être pas suffisamment constaté.

Toutefois l'analogie de l'acide fluorhydrique avec l^s acides chlorbydrique, bromhydrique, iodhydrique, et Tisomorpl^isme des fluorures avec les chlorures, bromures et iodures, permettent de croire que le fluor une fois isolé se rangera à côté du chlore, du br(»ne et de l'iode. Les expéri^[ices intéressantes que M. Louyet a publiées récemment sur les fluorures tendent encore à confirmer ce rapprochement.

ÈÊÊiÈMmtmrth

Le soufre est très répandu dans la nature; il se trouve à l'état natif dans les terrains volcaniques et combiné à la plupart des métaux avec lei^uels il forme les sulfures. lî Centre dans la composition du plâtre , des sulfates de bartte, de strontiane, etc. Uni à l'hydrogène, il fait partie d'un grand nortibre d'eaux minérales. On le rencontré aussi dans certaines substances animales, quelques huiles essentielles, etc.

Les phift beaux échantillotis de soufre natif viémient de Sicile, où on

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les trouve en cristaux dérivaiit d^e l'oclaèdi^ et disséminés sur <lu sulfate de strontiane.

Propriété.

Le soufre est un corps solide à la température ordinaire, insipide, iiwdore, acquérant par le frottement une odeur caractéristique, mauvais conducteur delà chaleur et de rélectrierté. Il est insdubledanaFeau, à peine soluble dans Taicool et l'éther.

Le soufre est très friable : un bâton de soufre que Ton tient'à la main, se brise en produisant un craqutanent particulier qui résulte de la dilatation inégale des molécules.

de corps prend pj»* le frottement l'électricité résineuse ou uégative. Sa densitéest représentée par le nombre 2, 08 7. "

Le soufre entre en fusion à la température de 110° et -en ébullition à &6Ô". Sa volatilité pertnet de le d^rrasser par la distillation des sub*stances étrangères qu'il peut contenir.

Sa densité de vapeur est de t>',61^ ; elle a été dét^mitoée par M. Dumas, (jui de plus à constaté les modifteatrons que subit le soufre en ti*e son point de fusion et son point de volatilisation.

Le soufre f<mdu à 110*» a l'aspect d'un liquide jaune fluide, et donne, par le- refroidfêsenient, du soufre à l'état solide et coloré en Jaune, tel qu'il était avant la fusion.

En étets^nt graduellement la température du soufre, on reconnaît qu'entre 140*» et 150* il prend une temte d'un jaunie foncé, à 190*» une teinte orangée, et que sa coiisi^nce est devenue visqueuse; à 260**, il devient brun : à cette température, sa viscosité est teHe que le ballon dans lequel s'est opérée la ftisionpeutétrerenversé sansquélesoufreser^nde.

En continuant à chauffer le soufre et à en élever la tcmp^ture, oii le voit reprendre quelque fluidité. Si, à ce moment, ort le refroidit brusquement en le plongeant dans l'eau froide, il reste pâteux , transpli^ rent, conserve sa couleur brune etpr^d une élasticité eamparable à celle du caoutchouc, ce qui permet de l'étiïer m longs fils. Il faut un certain temps pour que le soufre mou reprenne sa couleur jaune et sa dureté primitives. .

Il résulte des expériences de M. Regnauk que le soufre mou pos^ sède une capacité calorifique plus grande que celle du soufre ordinaire. Lorsqu'on le pointe à lOO®, il revient beaucoup plus rapidmient à son état normal que lorsqu'on l'abimdonne à lui-tnéofê à la température or^ dmaire, et dégage une certaine quantité de chaleur en changeant de chaleur spécifique.

Ainsi, quand on porte du soufre mou dans une étuve maintenue à 98", im thermomètre dont le réservoir est enveloppé par ce soufre, s'élève bientôt jusqu'à 110^. Cette tepipérature reste stationimire pendant deux à trois minutes et redescéiMl ensuite à 98**.

On peut rendre ^iDore évidente ht chaleitr latente du sou&'e raou en le plongeant dans de Feau dont la température est un peu mférieuiie à* lOô". La chaleur qu'abandonne le soufre devient bientôt assez grande pour foire entrer Ppau m pteine ébullitio». Le soufre retiré de pertaines cooibinaisons peut se préa^nter à i'ét^t sptideou àTétat^niou; ainsi M « Selqai s'eai assuré que T^ui régale ^pare du sulfure de cuivi:^, du^ soufre mou et de couleur citrine.

Le soufre cristallisa faeUam^t et présente la propriété singulière d^ffecter deux^ formes incompatibles. L'tine de ces formes est l'octaèdre allongé à base rhomboïdale, elle appartient au quatrièniç système cristallin | l'autre esl le prisme oblique à base rhembeïdale, et i^Ure dans le cinquième système cristallin, v -

La propriété que possède te soufre de cristalliser sous deux formes In- COia[)patible^.^ ét^ observée pour 1^ premièrB fois par M^ Mit^herlic^.

On obtient le soufre sous la première de qes fcffipes , ç'estrà-dûre en octaèdres âllongé^^ en ledissolvant dans ceilsdn&liquide^, etpartieulièr^ment ém$ le sulfure de carbone, et laissant la dissolution s'évapcnrer lebtero^tf .

Il se dépose alors des eristaorx tran^[>arents, iualténtbies à V^ir, entièrement semblables à œux. qu'on encontre di^ns la nature. Mais lorsqu'on fond le soufre et qu'on le laisse refroidir lentema^,.il cristal-lise en longues aiguilles prismatiques, dont la formo est, incompatible avec celle du soufre que l'on a^fait cristalliser à la température ordinaire dans uîï dissolvant. Ces cristaux,, conserva pepdfint quekpii& Xemf^y s^ modifient spontanément, perdent leur transparence, devienpjent très friables, et se cbangen^t en une multitude jie petits octaèdres allwgés qui app^tienn^t au quatrième système cristallin, et ne diffèrent qu^ par tour opaçité^ias^cristaux de soufre natif. . . ,

« Cette prc^riété explique l'opacité que {présente tcMijoursi Ip soufre après s^ fuskm^t son re&oi^ssement.^ou& verrons qu^^qi^oisdes corps simples ou ^ooi^f^po^ afCéçt^^ deux ou plusieurs ^rmeç ififTérentes M inQon^)atibles ^tre elles : c'est à cette prof^iété que l'on a doïmé le oom, de rfi-r pf^rphismecM éepolymorphisme.

Le soufre possède une grande affinité pour l'oxigène. ïl brûle dans ce ga» ou dansl*airà unôtemf^rature d'^virpn 15^0*, en produisant une belie tlaaj^ma bleue et une odeur piquante^ caractéristique, qui est cielle des allu-^ mettes qu'on ^aflamme. Le [uroduit de €e|te combustion est l'aevie^ulfu^^c reuxj qui se trouve toujours mêlé d'une très petite quanti^ d'acide sulftirique. , ,

Le soufre brûle avec vivacité, lorsqu'après l'avoir allumé dans l'air, on le porte dans up grand flecbn ^empli^ d'oxigène ; ,

11 se combine directement avec l'hydrogène pour former un acide connu souple nc^ A'aeid^ mlfh^driqm; mais ce n'est jamais ainsi qu'on obtient cet acide, car le soufr^.et J'iiydrogène ne s'unissent facilegient

qu'à l'état u^i^sa^tt c'est-inlirB au moment Cfji ils sortent d'utie combinaise«, .

LesQufre s'unit aussi au chlore, a)ii brome, à Tiode et à la plupart des iQétau}(;^ Quelques métauic, <soiiviia le f^r, le curvre, l'argent, peuvent floém^ s'enflammer di^s la vapeut* de semfre , et 7 iMrftler aveo autant dé vivaeité que dans l'oxigèna ou dans le ohloré.

Exlractloii da êouitt.

Le soufre employé dans l'industrie est entrait ordiuairiament de terraifia appelés solfatares , qui le contiennent à l'état natif.

te soufre est tiré en grande partie de la ^le, qui produit aanuellement environ $0 millipns de kilogrammos^ de soufre, he& im** nerais de Sicile sont fort riches et renferment de 30 à 5P pour tAO de soufre.

Ou extrait Je soufre par distillation o^i par simple liquation , lorsque la mine est très riche.

Le soufre a besoin , pour ^tre purifié complètement , de deux distillations successives^ . .

La preiuière distillation se fait, à la solfetare de Ppuzïoles, pres.de Na^ pies , dans de grands pots de terre de la capacité de 20 litres^ représentés par les lettres A; A (pL 5, fig. 2), On les range (tes deux cOtés d'un fourneau de galère, de manière que la panse soit entièreiuent plongée dans la maçonnerie. . . .

Les pots A, A communiquent au moyien des (uyaux B, B avec les pots extérieurs C, C, qui portent eux-mêmes des robinet^ par lesquels lé soufr9 fondu doityécouler. . ,

On n'gbtient d'abord que du soufre brut qui a entrahié environ $ À 6 p. 100 de matières étrangères. Pour le purifiei% on le soumet à ui|e nouvelle distillation. ,

Cette secoî^de opération s'exécute dans un. appareil dont on doit le^ dispositions principales à M. Michel^ habite ipanufacturier^ do Mm*sei)te ^ cet appareil consiste en uuq grand^ chaudière ou un cylindre en fonte de plusieurs centimètres d'épaisçeur pquvant contenir 5 à ôOOkilogjr. d^ soufre, et coiçraunjq^ant avec, uu^ chanjbre de condensation.

Le soufre n'est introduit d^ns ,1a cprnue quVprèç avoir étp pf énlnblcy ment fondu; il est à supposer que par cette premiè?^ fusion pn dél^r*^ rasse te soufre de certaines substances organiques contenues souvent dans le soufre brut, et qui en se décomposant par la chaleur donnent naissance à de l'acide sulfbydrique, qui forme av0c l'air contenu dand la chanrf)ye des mélanges détonants.

La marche dC; ce fourneau est très simple : en chauffant la diaudière qui conttent te soufre bru.t, on déterniine }a volatilisation du soufre qui se condense sur les paroiç d^ bi ^ch^mbre sous la forme d'une poudre

24 SOUFKK.

légèi'e que l'on noinnii^Flew' de soufre et qui se maintient à l'étal pulvérulent tant que les murs restent à une température intérieure à f OS*'. ËB prolongeant l'opération , la teriipérature des parois de la cbônAre s'élève et la fleur de soufre entre en fusion. On recueille alors le soufre fcmdu dans un appareil ijui te laisse cduler ensuite dans uù monte ^n bois de forme conique ; tersque ce moute est pMn de soufre , on le plonge dans Teau froide, et en donnant ui^ léger coup sur une tige qui bouche l'extrémité inférieure du moule, on fait sortir le bâton de soufre qui prend alm*s le nom déso«^re èncflmon.

Pour obtenir la fleur de soufre , l'opération doit être conduite avec l^tein* : on rentretièrit au contraire avec activité pendaitt plusieurs jours pour obtenir du soufre fondu (pi. 6, fig. 1 ).

Là fleur de soufre ainsi obtenue contient constamment de Vâcide sulfureux et souvent de l'acide sulfurique ; elle rougit là teinture fie tournesol : pour k purifier on doit la laver à Ueau chaude et la faire sécher à une douce chaleur.

On retire aussi lé soufre en distillant certains sulfures, et particulière^ ment te bisulfure de fer (pyrite martiale), à l'aide d'un procédé usité depuis longtemps en Saxe et eii Hongrie, qui a été introduit en France par M. Dartigues.

La distillation se fait dans des tuyaux eh terre réfractaire ou en fonte, maçonnés horiiotitalement dans des fouimeaux de galères. Le sôtifre est condensé dans un récipient de fonte recouvert d'une lame de ploiùb.

La pyrite peut donner ainsi jusqu'à 20 à 23 p. 100^ de soufre , et laisse uii résidu (pyrite magnétique) qui, par son exposition à l'air, se transforme facilement en sulfate de fer, que l'on eipploie dans les arts. Le soufre obtenu par ce procédé, a m^e couleur verte due à une certaine quantité de sulfure de fer qui a été entraîné .pendant la distillation ; pour le purifier, on te fait fondre et on le laisse refroidir lentement dans des tonneaux , ce qui permet au sulfure de fer de se déposer; on prend la partie supérieure, let on la soumet à une àeniière distillation.

Lorsqu'oh veut préparer le soufre pur dans les laboratoires , on soumet le soufre du commerce, et particulièrement te soufre en canon, àTaction de la chaleur dans une cohme en verre qu'on met en comipunicatiori avec un récipient égalènient en verre.' Cette distillation ne présente audme difficulté, et fournît du soufre très pur.

llsupres ûu sQipfire.

Lesoufre ades usages nombreux dans rindustriéiïl est employé souvent pour faire des moules et des médailles ou pour prendre dés empreintes.'

Mélangé avec le charbon et te nitre , il constitue la poudre à tirer.

Transformé parla combustion en acide sulfureux, il sert au blanchiment de la laine et deift soie, à la préparation de l'acide sulfurique, etc.

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