A + 5" — AO
A 4- iO- — /i/i,5 —
Id6 AGIPC CARBOmoUB.
L'acide c&rix)Di(iue présente , d'après M. Thilorier, le phénomètie extraordinaire d'un liquide plus dilatable que les gaz.
On avait pensé à une certaine époque qu'il serait possible d'employer Tacide carbonique liquide pour produire avec une faible élévation de température une force motrice considérable ; mais les essais qui ont été faits dans cette direction n'ont pas donné les résultats que l'on espérait.
L'acide carbonique, en passant subitement de l'état solide à l'état gâ-zeux, produit un froid extraordinaire évalué environ à 100" au-dessous de zéro. En faisant arriver un jet d'acide carbonique liquide dans une tK)uteille ordinaire, ou dans une boîte métallique représentée (pL il, fig. S\ on voit le vase se remplir presque entièrement d'une matière floconneuse, blanche comme de la neige, qui est de l'acide carbonique solide produit sous l'influence du refroidissement considérable que ce glaz a subi en passant de l'état liquide à l'état gazeux.
Lorsque cette expérience est faite à la température de 8° à 10*, le tiers environ de l'acide liquide est congelé; à ^", on mx obtient, selon M. Tbilorier, dix fois moins environ qu'à O^,
Il est donc important^ pour préparer l'acide carbonique solide, d'opérer autant que possible à une basse température.
ACID£ GABBONIQUB SOLIDE.
L'acide carbonique étant solidifié par le procédé que nous venons d'iildi<|uer, se maintient longtemps à l'air libre, sans qu'il soit nécessaire de le soumettre à aucune pression.
L'acide carbonique solide se trouve à la température de 90® au-dessous de zéro, et pourtant ne produit pas sur les organes un effet frigorifique aussi considérable qu'on pourrait le penser, ce qui tient sans doute à sa porosité, et surtout à l'atmosphère gazeuse qui l'environne. On augmente l'intensité du froid en mêlant l'acide carbonique solide à l'éther. Ce mélange peut solidifier en quelques secondes quatre foison poids de mercure. Le mercure solidifié a l'apparence du plomb : H. Thilorier a pu en faire des pièces de monnaie, des médailles , etc. , et conserver ces objets ' pendant un temps assez long en les entourant d'un mélange d'éther et d'acide carbonique solide.
L'effet produit sur les organes par l'acide carbonique solide , et surtout par un mélange de cet acide et d'éther, est comparable à celui d'une brûlure. Les fluides de l'économie sont solidifiés, le sang se coagule et se durcit complètement : une vive inflammation ne tarde pas à se manifester dans l'organe soumis à l'influence de ce froid excessif.
Le mélaùge d'acide carbonique solide. et d'éther peut être emidoyé pour liquéfier le chlore, le protoxide d'azote, l'hydrogène sulfuré, l'acide sulfureux, etc., etc. Le cyanogène peut sou» cettd influence seliqoé-* fier, et même se solidifier.
▲CipX CàABONIQUE. 1^7
M. Faraday a augmenté encore le froid que Ton peut produire avec un mélange d'acide carbonique solide et d'éther, en plaçant ce mélange sous le récipient d'une machine pneumatique; si Ton y maintient constamment le vide, la température s'abaisse à un tel point que l'acide carbonique n'est pas plus volatil que l'eau à la température de 30".
En plaçant dans un pareil bain des tubes en verre ou en cuivre, dans lesquels des gaz peuvent être comprimés jusqu'à 40 atmosphères au moyen de pompes foulantes, M. Faraday a obtenu des liquéfactions et des solidifications de gaz qui n'auraient pu se produire par d'autres méthodes.
Nous indiquerons ici les différentes liquéfactions ou solidifications de gaz que M* Faraday a opérées par cette méthode.
Vhydrogène bicarboné s'est condensé en un liquide incolore.
Vacide iodhydrique a donné d'abord un liquide, et ensuite un corps solide.
L'acide bnmhydrique a produit aussi un liquide, et s'est ensuite solidifié.
Le fluorure de silicium s'est liquéfié sans se solidifier ensuite.
L'acide chlorhydrique s'est liquéfié sans se solidifier.
L'acide sulfureux s'est liquéfié et solidifié ensuite.
L'acide suif hydrique s'est liquéfié et solidifié ensuite.
L* acide carbonique s'est liquéfié et solidifié ensuite en une masse blanche et tràlisparente comme le cristal.
L'acide hypochlorique s'est solidifié en produisant une masse cristal-line rouge orangé.
Le protoxide d'azote a été liquéfié d'abord, et ensuite solidifié. Le protoxide d'azote liquide produit en s'évaporant, d'après M. Faraday, un froid beaucoup plus grand que l'acide carbonique liquide.
En efiet, lorsqu'on met dans du protoxide d'azote liquéfié un tube qui contient un mélange d'éther et d'acide carbonique solide, qui, eu s'évaporant, peut, comme on le smt, solidifier le mercure^ ce mélange fait à l'instant même bouillir le protoxide d'azote liquide, comme le ferait un vase rempli d'un liquide chaud.
Le cyanogène a été liquéfié et solidifié.
L'ammoniaque a été liquéfié et solidifié.
Le chlore a été liquéfié et solidifié.
L'hydrogène arséniqué a été liquéfié et solidifié.
L'alcool est devenu épais comme l'huile, mais ne s'est pas solidifié.
Le bi^xide d'azote et Voxide de carbone n'ont donné aucun signe de
liquéfiaction.
GompoilttOB de raeMe car1tonl«ae.
Le charbon pur, en brûlant dans l'air ou dans l'oxigène, donne scn propre volume d'acide carbonique.
19è AGIM CARBOMIQUE.
Si donc on retranché de la densité de Tacidé carbonique 1,5290, la densité de Toxigèhe 1,1057 , le reste, 0,/i253 représentera le poids du carbone uni à 1,1057 d*oxigène dans l,5290d'acide Carbonique.
A Taidede ces nombres, on peut, par une proportion, trouver là composition en centièmes de Facide carbonique.
1,5290 : 0.W33 :: loo : i
On a ainsi :
Carbone » 27,68 Oxigène *= 73,32
Toutefois ce mode de détermination ne présente pas le même degré d*exactitude que celui que MM. Dumas et Stas ont proposé il y a peu d*années.
Ces chimistes ont fixé d*une manière précise la composition de l'acide carbonique en brûlant du carbone parfaitement pur dans Toxigène , et en pesant Tacide carbonique qui résultait de cet^ combustion.
Leurs expériences ont été faites :
1° Sur du graphite naturel ;
2'» Sur du graphite artificiel extrait d'une masse ferrugineuse , provenant d'un haut-fourneau ;
3** Sur dû diamant.
Le graphite , avant d'être brûlé , avait été préalablement purifié par la potasse, l'eau régale , le chlore sec , et laissait après la combusticm des traces de cendres dont il a été tenu compte.
L'appareil de combustion de MM. Dumas et Stas se compose d'un tube de porcelaine contenant le carbone placé dans une nacelle de platine.
On fait arriver par une des extrémités du tube un courant d'oxigène parfaitement pur et sec ; l'autre extrémité du tube de porcelaine contient de l'oxide de cuivre chauffe au rouge et destiné à décomposer l'oxide de carbone qui se forme toujours pendant la combustion du (^rbone , même en présence d'un excès considérable d'oxigène; et enfin l'acide carbonique est absorbé dans une série de tubes contenant de la potasse solide, de petits fragments de pierre ponce humectée de dissolution concentrée de potasse.
Pour dessécher les gaz , on les fait passer dans des tubes pleins de fragments de pierre ponce humectée d'acide sulfurique.
Quelque rapide que soit un courant d'oxigène dirigé sur du carbone pur (graphite ou diamant) , placé dans un tube de porcelaine incandescent, l'acide carbonique , ainsi que nous l'avons déjà dit , ne se fi>rnie jamais sans être accompagné d'une proportion notable d'oxide de carbone. Si ce dernier gaz n'était pas converti ultérieurement en acide carbonique, il passerait à travers les tubes sàn§ être absorbé. Il est dohfe
kClM JWQMZONKHII. 10»
néœssAirs de port^ Toiide de cuivre au rouge ayant de commencer la combustion du carbone , et de le maintenir à celte température pendant toute la durée de Texpérience. L'oxide de carbone, en passant sur l'oxide de cuivre rouge, se change entièrement en acide carbonique (CO + CuO =^Cu+CO«).
Après avoir dirigé lentement sur le carbone un volume d'oxigène triple ou quadruple de celui qui est nécessaire à sa combustion, ce qu'on peut toujours reconnaître approximativement, on laisse tomber le feu , et Ton fait circuler dans Tapppareil un courant d'air pour chasser Toxigène , dont les dissolutions sont saturées, et qui remplit tous les tubes. Cet air, en passant sur la potasse et l'acide sulfurique, s'y dépouille de son humidité et de son acide carbonique.
La pesée des tubes fait connaître directement la quantité d'adde carbonique fourni par un poids connu de charbon pur.
Il résulte des analyses faites par MM. Dumas et Stas , que dans l'acide carbcmique l'oxigène s'unit au caii)one très exactement dans le rapport de 8 à 3; donc l'acide carbonique contient :
Carbone. . . =« 27,27 Oxigène. . . « 72,73
L'acide carbcmique est donc formé de deux équivalents d'oxigène =* 200 et de un équivalent de carbone = 75. La formule CO^ représente deux volumes de cet acide ou un équivalent.
Nous ne ferons que signaler ici trois composés oxigênês du carbone, les acides rhodizonique , croconique, mellitique, qui sont beaucoup moins importants que l'oxide de carbone et l'acide carbonique.
ACIDE RHODIZONIQUE. C'O^âHO.
L'acide rhodizonique ne se produit pas directement en unissant le carbone à l'oxigène.
Lorsqu'on chauffe du potassium dans de l'oxide de carbone, ce gaz est absorbé par le métal et il se forme en même temps un dépôt de charbon.
En jetant dans l'eau la masse qui résulte de cette réaction , il se produit une effervesôence assez vive due au dégagement d'un ceirbure d'hydrogène gazeux , et l'on voit la liqueur prendre alors une couleur rouge due à la présence du rhodizonate de potasse CW,3K0.
Dans la préparation du potassium par la piéthode de Brutiner, on obtient toujours une grande quantité d'une masse noirâtre, semblable à cdle qui s'est produite par l'acUon directe de l'oxide de carbone sur le potassium , et qui , dans son contact avec l'eau , se change aussi en rho« cKaMiato d« potiise.
20Ô ACIDK GROOOlflQUI.
La composition du corps noir qui se forme dans la réacticm de Toxide de carbone sur le potasrium n*est pas encore connue.
Propriété».
L'acide rhodizonique est solide , incolore ; cristallise en aiguilles Qnes[; sa saveilr est aigrelette et astringente ; il rougit le tournesol , supporte une température de 100" sans s'altérer, et se dissout dans Veau, l'alcool et Téther.
Tous les rhodizonates sont colorés en rouge. Les rhodizonates en dis«
solution dans Teau sont décomposés par Tébullition en croconates et
ûxalates.