‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricoleChapitre 10 sur 322 · K0 * K0,I05 + 6KL · texte numérisé non relu

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La dissolution de ces deux sels est évaporée à siccité, et le résidu soumis à une température rouge, qui décompose Tiodate en oxigène et en iodure de potassium. Pour empêcher que le résidu ne contienne de la potasse libre, et ne laisse dégager de Tiode, M. Freundt conseille d'ajouter un peu de diarbon au mélange d'iodure et d'iodate. On reprend le résidu par de Teau ou mieux par de Talcool à 95*" centésimaux, qui dissout riodure ; on filtre ensuite la dissolution avant de Tévaporer.

H. Baup a indiqué un procédé de préparation de l'iodure de potassium qui consiste à faire chauffer de Tiodc avec un léger excès de fer en présence de Teau, et à décomposer par le carbonate de potasse l'iodure de fer qui s'est formé. Il se précipite du carbonate de fer qu'on sépare par la filtration, et il ne reste plus qu'à faire cristalliser l'iodure de potassium en concentrant la dissolution.

L'iodure de potassium contient quelquefois de l'iodate de potasse : sa dissolution se trouble alors par l'acide sulfureux : K0,10* + 5S0' = 1 + !iSœ+KO,SO^

L'iodure de potassium , appelé souvent hydriodate de polasse , est employé en médecine , particulièrement dans le traitement des maladies scrofùleuses. U sert aussi en photographie.

L'iodure de potassium qu'on trouve dans le commerce est quelquefois falsifié avec du chlorure de potassium. On reconnaît la présence de ce dernier sel, en précipitant la dissolution d'iodure supposé impur, par un léger excès d'azotate de palladium qui forme un iodure de palladiuminsoluble. La liqueur, filtrée et réunie aux eaux de lavagedu précipité, est traitée par de l'azotate d'argent qui précipite le chlore à l'état de chlorure d'argent insoluble.

Lorsqu'on distille avec de l'acide sùlfurique l'iodure de potassium, préalablement mêlé à une. petite quantité de bichromate de potasse, et qu'on reçoit les produits dans une dissolution de potasse, la lessive reste incolore lorsque ce sel e^t pur, et se colore en jaune s'il est mêlé à du chlorure de potassium.

I^ présence des chlorures peut encoi^ être' reconnue dans l'iodure de

14 FLuoauas me FOTASsum.

potassium en précipitant sa dissolution par de Tasotâte d'argent ammoniacal. L'iodure d'argent est seul précipité; la liqueur filtrée, et saturée par uu excès d'acide azotique, laisse déposer le cblorure d'argent dont la proportion fait connaître la quantité de chlorure de potassium qui se trouvait dans l'iodure.

L'iodure de potassium est quelquefois aussi altéré par du carbonate de potasse, ou même par de la potasse caustique.

Pour constater la présence de la potasse libre dans Tiodure de potassium, on introduit dans ce sel une petite quantité d'iode qui se dissout sans coloration, si l'iodure contient de la potasse. Pour reconnaître le carbonate de potasse dans un iodure, on mêle l'iodure avec du lait de chaux, on filtre la liqueur et on y ajoute de l'iode qui se dissout sans produire de coloration.

Comme l'iodure de potassimn exempt de potasse se colore en brun eu dissolvant de l'iode, l'iode employé pour constater la présence de la potasse libi*e dans l'iodure de potassium doit toujours être ajouté en très petite quantité.

On apprécie d'une manière approximative la quantité d'alcali ou de carbonate alcalin contenu dans un iodure;, au moyen de l'acide sulfu-^ rique normal, que Ion ajoute dans la dissolution de l'iodure, jusqu'à ce que la liqueur devienne neutre.

On oHistate la présence du bromure de potassium dans l'iodure en décomposant ce sel par l'eau de chlore. L'iode est déplacé d'abord, et le brome se sépare en dernier lieu : en agitant, dans un tube, le mélange avec de l'éther, on remarque à la partie supà*ieupe une couche d'un jaune orangé , produite par la dissolution de brome dans l'éther.

FLUORUfiE DE POTASSIUM. KFl.

Le fluorure de potassium est blanc, sa réaction est alcaline, sa saveur est acre et caustique ; il est déliquescent, et cristallise en cubes ou en prismes rectangulaires à quatre pans qui sont ordinairement anhydres; toutefois le fluorure de potassium paraît avoir une certaine affinité pour l'eau, et donne, à une basse température, des cristaux qui sont hydratés.

Il est indécomposable par la chaleur ; sa dissolution ne peut être évaporée dans des vases de verre ou de porcelaine, qui se trouveraient rapidement attaqués.

On obtient le fluorure de potassium en saturant exactement l'acide fluorhydrique avec du carbonate de potasse.

Le fluorure de potassium se combine à l'acide fluorhydrique, et forme un composé cristallisant en larges tables carrées dont la formule est KF1,HFI.

CYANUBK M POTASfiiPM. 15

CTANURE DE POTASSIUM. KCy*

Le cyanure de potassium est une des substances les plus vénéneuses que Ton connaisse. Il cristallise en cubes ou en cristaux dérivant du cabe, comme le chlorure de potassium avec lequel il est isomorphe ; ses cristauz sont toujours anhydres.

Le cyanure de potassium répand à Tair une légère odeur prussique, due à la décomposition lente que Thumidité et Tacide carbonique de l'air lui font éprouver. Il supporte une température rouge sans se décomposer, et peut éprouver la fusion ignée. Cependant sous l'influence d'une chaleur blanche longtemps soutenue, le cyanure de potassium laisse dégager de Fazote et se décompose. Le résidu de cette calcination paratt être un carbure de potassium ; il produit en effet avec Veau un dégagement d'hydrogène , et de la potasse caustique.

Le cyanure de potassium présente une réaction fortement alcaline. Il est très soluble dans l'eau , presque insoluble dans l'alcool anhydre : aussi ce dernier liquide précipite-t-il le cyanure de potassium d une dissolution aqueuse concentrée. L'alcool à 78 centièmes en dissout une petite quantité, et sa faculté dissolvante augmente à mesure qu'on retend d'eau.

La dissolution aqueuse du cyanure de potassium, abandonnée à ellemême dans un vase ouvert, se décompose peu à peu, laisse dégager de l'acide cyanhydrique, et finit par se convertir complètement en carbonate de potasse. Lorsqu'on fait bouillir cette dissolution, elle se change lentement en ammoniaque et en formiate de potasse (Pelouze). Le cyanure de potassium, soumis à l'influence des corps oxidante, se

transforme en cyanate de potasse.

Il réduit par la voie sèche un grand nombre d'oxides métalliques ;

M. Liebig le considère comme un des agents de réduction les plus puissants que possède la chimie .

Le cyanure de potassium peut dissoudre la plupart des oxides et des

cyanures métalliques. Cette propriété est utilisée pour l'application des

néUux par la voie électro-chimique.

Le cyanure de potassium est quelquefois employé en médecine, au lieu

d'acide cyanhydrique. Ses propriétés toxiques en font un médicament

tiès actif, qu'on doit toujours employer avec prudence.

Le cyanure de potassium s'obtient, 1* en unissant directement le cyanogène au.potassium et diauf&nt ces deux corps dans une cloche courbe sur le mercure ; 2" en calcinant les substances azotées, telles que la fibrine, la gélatine, eic., avec du carbonate dejpotasse; Z^ en faisant arriver de Vacide cyanhydrique dans une dissolution alcoolique de potasse ; /i* en

16 SULFU&B DE POTASSIUM.

calcinant au rouge le cyanoferrure de potassium d^ns une cornue de porcelaine ou de grès. Fe,2K,(C2Az)^ = 2(Kfi^Az) + ¥éC? + Az— . Tantôt le cyanure de potassium qui se forme dans cette décomposition est disséminé dans la masse du carbure de fer produit par la déccnnposition du cyanoferrure; tantôt il se réunit au fond de la conme, où on le trouve, après le refroidissement, sous forme d'une masse blanche cristalline. Lorsque le cyanure de pbtassium est mélangé au caiture de fer, on traite la masse par l'eau, qui dissout le cyanure alcalin et laisse le carbure de fer insoluble ; la liqueur est alors évaporée à sec. On a proposé^ pour éviter de perdre le cyanogène uni au fer dans le cyanoferrure de potassium , de calciner ce composé avec du carbonate de potasse. On peut fondre dans un creuset couvert un mélange de 8 parties de cyanoferrure de potassium, 3 parties de tartre grillé , et une partie de charbon. La matière, refroidie et traitée par l'eau, cède à ce liquide une quantité considérable de cyanure de potassium. L'addition du chaibon a pour but d'empêcher la formation du cyanate de potasse.

5' On obtient directement le cyanure de potassium, comme l'a démontré M. Desfosses, en faisant aiTiver de l'air atmosphérique sur un mélange de carbonate de potasse et de charbon. Cette réaction est utilisée actuellement pour produire en grand le cyanure de potassium.

Le cyanure de potassium se forme quelquefois dans les hauts -fourneaux ; on le trouve principalement près des tuyères.

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