CHAUX HYDRAULIQUE ARTIFICIELLE
H. Vicat a été amené par ses travaux sur la chaux hydraulique à créer la fabrication de la chaux hydrauUque artificielle. D'après cet habile ingénieur, on peut obtenir des chaux hydrauliques artificielles en calcinant des mélanges de carbonate de chaux et d'argile.
On prépare la chaux hydraulique artificielle, dans les environs de Paris, en délayant dans de Teau un mélange d'une partie d'argile de Passy et de quatre parties de craie ; ces matières sont mêlées par une meule verti« cale qui tourne dans une auge circulaire ; on en forme une bouillie qu'on laisse ensuite écouler dans des bassins de maçonnerie. Il se produit bientôt un dépôt avec lequel on forme de petites briques qui sont d'abord séchées à l'air et soumises à une caldnation modérée. La chaux hydraulique ainsi préparée ne foisonne que des deux tiers de son volume quand on la met dans l'eau ; tandis que la chaux grasse, dans son contact avec l'eau , triple environ de volume ; elle se dissout complètement dans les acides comme les chaux hydi*auliques naturelles de bonne qualité.
Les quaUtés des chaux hydrauliques artificielles de M. Vicat sont constatées maintenant par des expériences faites en grand ; car ces chaux ont été employées dans toutes les constructions hydrauliques du canal Saint- Martin.
H. Vicat, en enrichissant l'industrie d*un excellent procédé pour la préparation des chaux hydrauliques artificielles, a prouvé en même temps que la France possédait dans un grand nombre /le localités des calcaires argileux qui pouvaient fournir par lem* calcination des chaux hydrauliques de bonne qualité.
M. Arago a démontré, en s'appuyant sur des faits incontestables, que depuis 1820 les travaux de M. Vicat avaient valu à l'État des économies considérables. Des écluses qui ne pouvaient être solidement fondées que sur des grillages en charpente avec épuisements, et dont les constructions exigeaient l'emploi des pierres de taille , sont faites maintenant avec de petits matériaux ; les épuisements , les bàtardeaux ont été supprimés. Une écluse qui coûtait quelquefois 200,000 francs a pu être faite au prix de UO ou 50,000 francs. Des éconcnnies non moins considérables ont été réalisées sur la construction des barrages, des ponts en pierres, etc.