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BLEU DE PRUSSE

Le protocyanure et le sesquicyanure de fer peuvent se combiner entre eux en plusieurs proportions , et s'unir ensuite à de l'oxide de fèr ouàdescyanuresdoublespour former des combinaisons bleues, auxquelles on donne le nom de Bleus de Prusse.

Le bleu de Prusse a été découvert en 1710 par un fabricant de Berlin, nommé Diesbach ; mais le procédé de préparation du bleu de Prusse n'a été publié qu'en 172&, par Woodward, chimiste anglais.

On a proposé plusieurs procédés pour préparer le bleu de Prusse; celui dont on se sert le plus souvent consiste à traiter par le cyanoferrure de potassium un sel de fer au maximum légèrement acide : oh obtient un précipité bleu, amorphe, insoluble dans l'eau et dans l'alcool, qui prend par la dessiccation un reflet métallique d'un rouge cuivré ; ce précipité , bien lavé et séché à une température douce, constitue le bleu de Prusse ordinaire.

Au lieu d'employer le sulfate ou l'azotate de peroxide de fer, M. Liebig conseille de précipiter par le cyanoferrure de potassium le sulfate de protoxide de fer, et de traiter le précipité d'abord par l'hypochlorite de chaux, et ensuite par l'acide chlorhydrique faible ; le bleu, après avoir été lavé, est d'une nuance pure et très belle.

Les proportions suivantes sont celles qui psï^aissent donner le meilleur résultat :

10 parties de cyanoferrure de potassium ;

11 parties de sulfate de proioxido de fer;

1 partie \ de chlorure de cliaux dissous dans 100 p. d>an. 5 parties d'acide chlorhydrique dans 100 p. d*eau.

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Le bleu de Prusse le plus pur, desséché dans le vide , a pour composi- Uon : (FeCy)3,(FeîCy»)ï,9HO.

Les formules suivantes représentent la production du bleu de Prusse au moyen du pm*chlorure de fer et du sulfate de sesqui-oxide de fer : 2(Fe«C15) 4.3(K«Cy3Fc) = 6KC1 + (FeCy)3,(Fe^y3)» ; 2(Fe202^,3S03) + 3(K^y«Fe) « 6(KO,S03) + (PeCy)3,(Fe^y3)ï.

Pour obtenir du bleu de Prusse pur, on doit prendre des dissolutions de fer rendues préalablement acides.

Vers 200 degrés , le bleu de Prusse abandonne de Feau, du cyanhydrate et du carbonate d'ammoniaque, un peu de cyanogène, et laisse pour résidu du carbure et du paracyanure de fer. M. Chevreul a remarqué que si Ton chauffe le bleu de Prusse dans le vide à une température modérée, il se dégage du cyanogène, et il reste un résidu de ppotocyanure de fer. Lorsque le bleu de Prusse est bien sec, il brûle à Tairpar le contact d'un corps enflammé, et laisse un résidu de sesqui-oxide de fer. La cendre du bleu de Prusse du commerce est toujours alcaline.

L'acide azotique décompose complètement lé bleu de Prusse ;^ Tacide sulfurique concentré le transforme en une masse blanche et gélatineuse, dont on peut le retirer sans qu'il ail subi d'altération ; l'acide chlorhydrique concentré et froid en sépare de l'acide hydroferrocyanique. L'hydrogène sulfuré, le fer et le zinc réduisent le bleu de Prusse à l'état de protocyanure de fer.

Le bleu de Prusse est décomposé par les alcalis , les oxides alcalineterreux et par l'ammoniaque : il forme avec ces bases du sesqui-oxide de fer qui se précipite, et des cyanoferrures qu'on peut obtenir en cristaux, en concentrant la dissolution. La réaction est représentée par l'équation suivante, dans laquelle MO est l'oxide mis en contact avec le bleu de Prusse :

(F€Cy)3,(Fe2Cy3)î + 6M0 «= 2¥eHfi + (M^Cy^Fe)».

BIca (le Prussp. 3 cq. de cyanorerrure.

On obtient ainsi les sels suivants :

CyànoferFare de potassiam K2Cy8Fe,3HO;

— desodiam * Na^y3Fe,12HO ;

— debarium Ba^y5Fe,6HO;

— destronlium St^y^Fe;

— de calcium Cà^Of^Fe.iWO ;

— de magnésium Mg»Cy5Fe,10HO ;

Hydroferrocyanate d'ammoniaque . . (AzH^HCy)^FeCy,flO.

Ce dernier composé se prépare en mettant le bleu de Prusse en contact avec l'ammoniaque liquide , et en concentrant ensuite la dissolution dans la machine pneumatique.

On trouve quelquefois dans le commerce uu bleu de Prusse qui donne,

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lorsqu'on le décompose par la potasse , un cyanoferrure de potassium qui cristallise en petits cristaux verts. La barite et l'ammoniaque produisent également des cristaux verts, qui se distinguent des composés jaunes ordinaires par plusieurs propriétés. Ces composés sont probablement isomériques avec les sels jaunes ; ùh ne connaît pas , du reste , le moyen de produire d'une manière certaine les eyanoferrures alcalins de la modification verte.

L'oxide de mercure que Ton fait bouillir avec^da Teau et du bleu de Prusse donne naissanoeà du cyanure de mercure, qu'on peut faire cristalliser en concentrant la dissolution filtrée, et à un précipité dont k composition n'a pas encore été déterminée. Cette propriété est quelque^ fois appliquée à la préparation du cyanure de mercure.

D*a{Nrës M. HonUiiers, ]$ blou de Prusse se combine avec 3 équivalents d'ammoniaque, et forme un composé bleu, très stal;^le, qui a pour formule (raCy)',(FeH2y^)*,(ArfI*)^,9UO. Cette combinaisqn se prépare en ver^ sant dans une dissolution de cyanoferrure de potassium une dissolution deprotocJilorure de ferdaiis l'an^noniaque liquide en excès. Le précip^, d'abord blanc, est abandonné au contact de l'air où il s'oxide et bleuit ; on Iç met ensuite en contact pendant quelques heures, entre 60 et 80% avec une dissolution de tartrate d'ammoniaque qui dissout le sesqui-oxide de fer avûc laquelle bleu de Prusse ammoniacal se trouvait mêlé. Le blea de Prusse est soluble, même à froid, dans le tartrate d'ammoniaque, tandis que le bleu de Prusse ammoniacal de U. Montbiers est au contraire insoluble dans ce sel.

Le bleu de Prusse se dissout dans l'acide oxalique ; cette propriété eal utilisée pour lapr^;>aration d'une encre bleue. Pour préparer cette encre, on purifie d'abord le bleu de Prusse du commerce par l'acide chlorhydrique faible, on lave le résidu, et on le mêle avec le sixième environ de son poids d'acide oxalique; le mélange, étendu d'eau et filtré , donne une encre d'un très beau bleu.

On doit à M. Chevreul une observation très intéressante sur le bleu de Prusse; ce chimiste a reconnu que le bleu de Prusse appliqué sur une étofie, et exposé à la radiation solaire , ^ décolore complètement en perdant du cyanogène, et que soumis ensuite dans l'obscurité à l'influence de l'air , il peut absorber de l'oxigène et reprencfa^ sa coloration première. M. Chevreul a pu obtenir ainsi à plusieurs reprises , avec une môme quantité de bleu de Prusse, des colorations et des décolorations alternatives.

UB corps dont nous venons de donner les principales propriétés est le bleu de Prusse ordinaire.

Il nous reste à parier maintenant de quelques composés bleus qui diffèrent du bleu de Prusse par leur composition.

Le Weu de Prusse peut se combiner à un équivalent de sesqui-oxide de

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