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II

Il décompose l'eau à la tempéralure ordinaire et s'empare de son oxigëne; ainsi, lorsqu'on jette un globule de potassium dans un vase rempli d'eau, on le voit tourner sur lui-même avec rapidité, et devenir incandescent ; il se combine alors avec l'oxigènc de l'eau, pour former de la potasse qui reste en dissolution , tandis que l'hydrogène de l'eau est mis à nu et devient libre.

La réaction du potassium sur l'eau développant une température très élevée , l'hydrogène s'enflamme au contact de l'air et reproduit de l'eau.

Pour coiistaler la production de l'hydrogène dans l'expérience précédente , on introduit une petite quantité d'eau dans un tube rempli de mercure et on y fait passer un globule de potassium. Dès que ce métal est en contact avec l'eau, la réaction se détermine; l'hydrogène en se dégageant déprime la colonne de mercure contenue dans le tube , et en quelques instants le tube se trouve rempli d'hjdrogène.

Le potassium a aussi une grande affinité pour le chlore, il s'enflamme lorsqu'on l'introduit dans ce gaz.

L'afTmité du potassium pour l'oxigène et pour le chlore est souvent utilisée pour enlever l'oxigène et le chlore à un grand nombre de combinaisons ; elle a permis d'isoler plusieurs corps simples, tels que le silicium, le bore, l'aluminium , le magnésium, etc.

Le potassium se combine avec la plupart des métalloïdes.

Préparation.

Davy isola le potassium, en soumettant l'hydrate de potasse à l'action d'une forte pile. Il pratiqua une cavité dans un fragment de potasse hydratée , et la remplit de mercure ; il plaça le fragment de potasse sur une plaque métalUque qu'il fit communiquer avec le pôle positif d'une pile de 150 couples, tandis que le pôle négatif de la pile communiquait avec le mercure.

La potasse hydratée fut décomposée, sous l'influence du courant électrique ; l'oxigène de l'oxide et l'oxigène de l'eau se rendirent au pôle positif , tandis que le potassium et l'hydrogène se portèrent au pôle négatif.

Le potassium trouvant du mercure au pôle négatif, forma avec ce dernier métal un amalgame ; en soumettant cet amalgame à la distillation dans une petite cornue de verre , le mercure se volatilisa et le potassium resta dans la cornue à l'état de pureté.

Cette expérience ne doime jamais que de petites quantités de potassium : aussi prépare-t-on toujours ce métal en réduisant la potasse par le fer, ou en décomposant le carbonate de potasse, au moyen du charbon.

Nous décrirons d'abord le mode de préparation du potassium, au moyen de l'hydrate de potasse et du fer , que l'on doit à MM. Gay-Lussac et Thenard (pi. 18, fig. 1).

On prend un canon de fusil CÂB qui est recourbé comme le représ^te la figure; et on le recouvre dans la partie CÂ d'une couche d'un lut réfractaire.

On le remplit, de C en A, de tournure de fer bien décapée; on le place sur un fourneau à réverbère et Ton met dans la partie AB des fragaaents d'hydrate de potasse ; à l'extrémité B, est adapté un tube de verre D qui plonge dans le mercure, et l'on fait communiquer l'extrémité C avec un récipient eu cuivre G formé de deux pièces qui s'élargissent et entrent Tune dans l'autre.

Ce récipient porte à son extrémité un tube de verre F, destiné h laisser dégager les gaz. Comme cette opération exige une température très élevée, on fait arriver la tuyère d'un bon soufflet dans le cendrier du fourneau.

Lorsque l'appareil est ainsi disposé, on fait rougir la partie CA du canon de fusil, en mettant d'abord de A en B un linge mouillé afin d'éviter la fusion de la potasse. Quand le canon de fusil est arrivé à ime température rouge, on enlève le linge mouillé et l'on place quelques charbons sur la grille G. L'hydrate de potasse entre en fusion , s'écoule dans la partie CA, y rencontre de la tournure de fer portée au rouge, et se décompose. Il se dégage de l'hydrogène provenant de la décomposition de l'eau de l'hydrate de potasse ; le l'ar absorbe l'oxigène de l'eau et de l'oxide de potassium, tandis que le potassium mis à nu se volatilise et se condense dans le récipient.

Le potassium doit être retiré du récipient, au moyen d'une tige de ffer et placé dans un caAure d'hydrogène liquide qili le préserve de l'oxidalioD. On emploie ordinairement comme liquide préservateur de l'huîle de pétrole rectifiée.

Pendant l'opération, les gaz doivent se dégager par le tube F. S'il se faisait une obstruction dans l'appareil, les gaz s'échapperaient par le tube D qui sert de tube de sûreté.

iOO grammes d'hydrate dépotasse produisent environ 25 grammes de potassium parfaitement pur.

Noos décrirons maintenant un autre procédé, qui est dû à M. Brun ner, et qui fournit une plus grande quantité de potassium.

Le procédé de M. Brunner consiste à décomposer dans un vase en fer, le carbonate dépotasse par le charbon, qui réduit complètement la potasse et transforme l'acide carbonique du carbonate en oxide de carbone. ï^e potassium distille et se condense dans un récipient refroidi contenant de l'huile de naphte*.

L'appareil est disposé de la manière suivante (pi. 18, fig. 8} : on introduit dans une bouteille en fer forgé A , qu'on choisit parmi celles qui her\-ent à transporter le mercure, 500 grammes d'un mélange de 1 partie de charbon et de /i parties de carbonate de potasse provenant de la calci-

nation du tartre. On visse au col de cette cornue un canon de fusil B de 30 centimètres de longueur, qui communique avec un récipient en cuivre C, rempli d'huile de naphte et disposé de telle manière que Ton puisse , avec une tige D, déboucher le canon du fusil et Tempécher de s'obstruer.

L'appareil est placé dans un fourneau qui se charge en F et dont le tirage se détennine par la cheminée G.

On commence par chaufTer fortement la cornue en fer et on n'adapte le récipient que lorsque les vapeurs de potassium commencent à se dégager. Souvent même on enflamme l'huile de naphte contenue dans le récipient pour absorber l'oxigène de l'air qu'il renferme et éviter l'oxidation du potassium.

Le potassium ainsi obtenu n'est pas pur, il contient toujours du charbon. Pour le purifier on le distille dans un vase de fer ou dans une cornue de verre réfractaire recouverte d'un lut terreux; les vapeurs sont condensées dans l'huile de naphte.

Cette opération dure environ trois heures et donne de 30 à 40 grammes de potassmm ; elle est d'une exécution plus facile que la précédente, mais elle donne un métal moins pur.

COMBINAISWS DU POTASSUJAI AVEC L'OXIGÈNE.

Le potassium se combine avec l'oxigène en trois pi*oportions, et forme trois oxides qui ont pour formule : — K^i — KO — KO^ — .

Le sous-oxide et le peroxide de potassium sont sans intérêt ; il n'en est pas de même de l'oxide KO qui à l'état d'hydrate constitue la potasse qui est une des bases les plus importantes.

S0(JS-0X1D£ DB POTASSIUM. K^O.

Ce sous-oxiJe s'obtient eu exposant à l'air humide des plaques de potassium présentant une grande surface. On peut encore le préparer en chauffant à la température de 300" un mélange de potassium et de potasse.

Lorsqu'on met cet oxide eu contact avec l'eau , il la décompose sans inflammation, et dégage deux fois moins d'hydrogène que le potassium pur :

Le sous-oxide de potassium s'enflamme à la température de 25 à 30" , et se transforme en un mélange de potasse et de peroxide de potassium.

PUTASS£. 5

PEROXIDE DE POTASSIUM. KOs.

On prq)are cet oxide :

i"" En chauffant du potassium dans un excès d'oxigène, connue l'ont démontré MM. Thenard et Gay-Lussac.

T En exposant la potasse portée préalablement à une température élevée, à rinfluence de Toxigène de Vair ou des corps oxidants.

Cet oxide est verdàtre , d'une texture cristalline.

II est décomposé par Teau qui le transforme en potasse en dégageant de Voxigène :

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