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CUIVRE

Le cuivre est connu de toute antiquité. Il se trouve à l'état natif et cristallisé sous des formes différentes qui dérivent du cube; mais le plus souvent, il est en masses amorphes, en fragments, en feuillets ou en grains. Le cuivre est d'un brun rouge très éclatant ; il acquiert une odeur désagréable par le frottement entre les doigts ; il est très malléable et très ductile; le cuivre occupe le troisième rang parmi les métaux pour la malléabilité, et le cinquième pour la ductilité ; il est plus dur que l'or et que l'argent. Après le fer, c'est le plus tenace de tous les métaux ; un fîl de

IL 3/ï

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ouivre de S milliraètres de diamètre exige im poids de !37 kilogrammes pour se rompre.

La densité du cuivre fondu est de 8,780; celle du cuivre étiré en fils est de 8,96. Le cuivre entre en fusion à la température de 27" du pyromètre, ce qui correspond environ à 788^ centigrades* Il cristallise par te refroidissement en rhomboèdres , tandis que par voie humide il cristaUifie en cubes.

Le cuivre porté à une température très élevée se volatilise sensiblement et produit des vapeurs qui donnent à la flamme une belle couleur verte ; il n'est pas cependant très volatil. M. Berthier ayant chauffé pendant longtemps ce métal à la température d'un four à porcelaine, reconnut qu'il n'aivait perdu que 1/2 p. 100 de son poids.

Le cuivre a peu d'affinité pour l'oxigène; il se conserve indéfiniment sBXk» altération dans l'air et l'oxigène secs . Mais lorsqu'on le maintient dans l'air humide, il se recouvre d'une couche verte que l'on nomme improprement vert de griSy et qui est un hydrocarbonate de cuivre.

Quand on chauffe le cuivre à l'air, à une température peu élevée , il se forme à la sulrfece du métal une couche rougeâtre de protoxide de cuivre. Si l'on prolonge l'action de l'oxigène , le protoxide de cuivre se change m bi^xide qui est noir.

Le cuivre ne décompose l'eau qu'avec une extrême lenteur , et seulement à une température très élevée ; il ne la décompose pas à froid, même sotis l'influence des acides les plus énergiques.

L'acide azotique attaque le cuivre, et produit de l'azotate de bi-oxide de cuivre et du deutoxide d'azote.

L'acide sulftirique étendu n'agit pas sur le cuivre ; mais si l'acide est concentré , et qu'on élève la température , il se forme du sulfate de cuivre et de l'acide sulfureux. Lorsqu'on mouille des feuilles de cuivre avec de l'acide sulfurique étendu, et qu'on les expose à l'air, il se produit du sulfate de cuivre. Nous rappellerons que M. Gay-Lussac a proposé d'analyser l'air atmosphérique au moyen d'une lame de cuivre humectée d'acide sulfurique étendu.

L'acide chlorhydrique attaquée le cuivre assez difficilement, et seulement lorsque ce métal ^t divisé ; il se produit du protochlorure de cuivre.

L'eau régale dissout le cuivre rapidement.

Les acides organiques déterminent en peu de temps l'oxidation du cuivre ; les huiles grasses et les graisses agissent de la même manière.

L'ammoniaque dissout le cuivre sous rintluence de l'oxigène de Tair ; il se forme du deutoxide de cuivre, qui entre en dissoljution dans l'ammoniaque, et la colore en bleu.

On peut fondre du nitre dans un vase de cuivre sans l'attaquer sensiblement ; cependant, à une température rouge, le cuivre est oxidé par le nitre.

PROTOXIDË DI CtnTRK. 531

Les dissolutions étendues de sel marin dissolvent très rapidement le cuivre ; celles qui sout concentrées ne l'attaquent pas sensiblement.

Le soufre, le phosphore, l'arsenic, le chlore, le brome et la plupart des métaux s'unissent directement au cuivre. Quelques unes de ces combinaisons se font avec dégagement de chaleur et de lumière. Une tl*ès petite quantité de phosphore où d'arsenic suffit pour blanchir le cuivre , et le rendre dur et cassant.

Le c{u*bone ne 3'unit pas en proportions définies avec le cuivre. Ce métal, tenu longtemps en fusion dans un creuset brasqué, n'augmente pas sensiblement de poids.

Le cuivre se combine avec l'oxigène dans les rapports suivants :

Protoxide de cuivre, . . . Cu^ ;

Deutoxide de enivre . . . CuO ;

Oxide intermédiaire • . • Ca*0»= (Ca*0)2,CuO;

Peroxide de cuivre. . . . CuCy;

Adde cvivriqoe • . . . ^ Non analysé.

PBOTOXIDE DE CUIVRE. Cu^O.

Le protoxide de cuivre anhydre est d'un rouge rosé, inaltérable k l'air et très fusible ; chauffé au contact de l'air, il se change rapidement eh bi-oxide. Les acides étendus le décomposent en cuivre métallique et en bi-oxide de cuivre; l'acide azotique forme, avec le protoxide de cuivre, de l'azotate de cuivre , en dégageant des vapeurs rutilantes. L'acide chlorhydrique concentré le dissout sans le décomposer.

Cet oxide est soluble dans l'ammoniaque ; si cette dissolution a été faite à l'abri de l'air, elle est incolore; mais elle bleuit sous Finfluence de la plus petite quantité d'oxigène, et le protoxide se change en deutoxide de cuivre; si l'on introduit une lame de cuivre dans !a dis^ solution bleue , la liqueur redevient incolore , parce que le cuivre enlève au bi-oxide la moitié de son oxigène et le ramène à l'état de protoxide.

Le protoxide de cuivre donne avec les fondants un verre d'un beau rougo rubis, qui , par le contact de l'air, passe rapidement au vert. Cette dernière teinte est due au bi-oxide de cuivre qui prend naissance.

Le protoxide de cuivre peut se combiner avec Teau, et former un hydrate jaune qui a pour formule (CuK))*,HO. A l'état d'hydrate , le protoxide de cuivre se dissout dans les acides et forme des sels de protoxide de cuivre.

On peut préparer le protoxide de cuivre par différentes méthodes :

!• En chauffant au rouge sombre une lame de cuivre , au contact de l'air ; il se forme à la surface de ce métal une couche épaisse de protoxide que l'on détache facilement en plongeant dons l'eau froide le

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cuivre lorsqu'il est encore rouge. Le protoxide de cuivre préparé par cette méthode est toujours mêlé de bi-K>xide;

2** On produit du protoxide de cuivre, d'après MM. Liebig etWœhler, en calcinant au rouge, dans un creuset couvert, un mélange de carbonate de soude sec et de protochlorure de cuivre ; il se forme du chlorure de sodium que Ton enlève par les lavages et du protoxide de cuivre ;

8° On prépare encore le protoxide de cuivre anhydre et cristallisé, en faisant bouillir de Tacétate de cuivre avec du sucre, qui réagit sur Je deutoxide de cuivre et le réduit à Tétat de protoxide. Le tartrate double de cuivre et de potasse laisse aussi déposer du protoxide de cuivre , lorsqu'on le fait bouillir avec du glucose ;

U^ On obtient du protoxide de cuivre en calcinant 5 parties de deutoxide de cuivre avec U parties de limaille de cuivre ;

5° L'hydrate de protoxide de cuivre se prépare en décomposant par la potasse le protochlorure de cuivre.

Le protoxide de cuivre se rencontre dans la nature; on lui donne le ïïom d'oxidule de cuivre. Il est d'un rouge cochenille, et quelquefois d'un gris métalloïde , d'un éclat vitreux , le plus souvent opaque , quelquefois translucide et même transparent. Il cristallise sous des formes qui dérivent de l'octaèdre régulier. Sa densité est de 5,60. On le trouve à Chessy (Rhône) et dans les monts Altaï.

DEUTOXIDE DE CCIYRE. GuO.

Le deutoxide de cuivre est brun foncé presque noir ; il condense facilement l'humidité de l'air ; porté à la température d'un rouge vif, il se décompose partiellement et se transforme en oxide de cuivre intermédiaire.

L'hydrogène le réduit facilement et avec incandescence par une faible élévation de température.

Chauffé avec les matières organiques , il les brûle et les transforme complètement en acide carbonique et en eau ; c'est sur cette propriété qu'est fondée l'analyse élémentaire des matières organiques.

Le bi-oxide de cuivre colore les fondants en vert ; on utilise cette propriété dans la fabrication des verres colorés.

Il peut se combiner par voie sèche avec les alcalis, et former une masse bleue ou verte , qui est décomposée par l'eau. En fondant le bi-oxide de cuivre dans un creuset d'argent , avec quatre ou cinq fois son poids de potasse, abandonnant la masse à un refroidissement lent, et la traitant par î'eau qui dissout la potasse, M. Becquerel a obtenu des tétraèdres de bi-oxide de cuivre , doués de l'éclat métallique.

Le deutoxide de cuivre forme avec l'eau un hydrate qui a pour for-

PEROXIDE DE CUIVUE. 533

mule : CuO,HO , et que Ton obtient en versant un excès de potasse ou de soude caustique dans un sel de cuivre.

Cet hydrate est d'un beau bleu , très peu stable ; une légère ébulUtion suffit pour le décomposer et le transformer en oxide brun anhydre. Il se dissout en grande quantité dans Tammoniaque^ surtout à la faveur d'un sel ammoniacal , et particulièrement du carbonate d'ammoniaque , en produisant une liqueur d'un beau bleu que l'on nomme bleu céleste,

MM. Malaguti et Sarzeau ont obtenu une combinaison définie de bioxide de cuivre, d'ammoniaque et d'eau, représentée par la formule CuO, (AzH')2,/iH0, en traitant du chromate de cuivre basique par un grand excès d'ammoniaque. Ce conaposé se présente sous la forme de longues aiguilles prismatiques bleues , déliquescentes , qui se décomposent facilement sous l'influence de l'air et de l'eau. M. Kane a décrit une autre combinaison d'oxide de cuivre et d'ammoniaque qui aurait pour formule : (CuO)\(AzH3)2,6HO.

Les dissolutions concentrées et froides de potasse ou de soude peuvent dissoudre l'hydrate de deutoxide de cuivre ; elles forment une liqueur bleue, qui par la chaleur se décompose et laisse déposer de Toxide anhydre .

Préparation.

On prépare en général le bi-oxide de cuivre destiné aux analyses organiques , en calcinant l'azotate de cuivre ; il est alors en poudre noire d'une grande ténuité. On le forme aussi , 1** en grillant dans une moufle de la tournure ou des lanaes de cuivre ; 2" en distillant l'acétate de cuivre et en chaufiant à l'air le résidu de cette distillation.

Le deutoxide de cuivre se trouve dans la nature ; on lui donne le nom de cuivre oosidé noir. Il se présente en masses grenues noires , tachant les doigts. Ce minéral n'est jamais très abondant.

OXIDE DE CUIVRE INTERMÉDIAIRE. (Cu*0)2,CuO.

Cet oxide a été préparé par MM. Favre et Maumené, en calcinant au rouge le deutoxide de cuivre, qui perd par la calcination les 8/100 de son poids.

L'oxide de cuivre intermédiaire ne forme pas de sels particuliers ; traité par les acides , il donne des mélanges de sels de protoxide et de deutoxide de cuivre.

PEROXIDE DE CUIVRE. CuO\

On doit la découverte de cet oxide à M. Thenard , qui Ta obtenu en arrosant d'eau oxigénée l'hydrate de deutoxide de cuivre. Le peroxide de cuivre est d'un brun jaune, très peu stable; la chaleur

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