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SULFATES DE MERCURE

L'acide sulfurique concentré attaque le mercure sous l'influence de la chaleur, dégage de l'acide sulfureux, et forme, suivant la proportion de métal, un sel de protoxide ou un sel de deutoxide.

SULFATE DE PROTOXIDE DE MERCURE. Hg*0,SO*.

On prépare ce sel en chauffant le mercure en excès avec l'acide sulfurique ; l'acide doit être porté à une température peu élevée pour éviter la production du sulfate de bi-oxide de mercure.

Ce sel exige pour se dissoudre 500 p. d'eau froide et 300 p. d'eau bouillante. Il cristallise en prismesjblancs volumineux ; il est décomposé, sous l'influence d'une petite cpiantité d'alcali, en un sous-sel gris qui est mso* lubie.

SULFATE DE DEUTOXIDE DE MERCURE. HgO,SO'.

Ce sel se prépare en faisant bouillir 5 p. d'acide sulfurique avec U p. de mercure.

Il cristallise en aiguilles blanches qui attirent l'humidité; il est décomposé par l'eau froide, et donne naissance à un sel jaune tribasique qui a pour formule : (HgO)',SO', et que l'on nomme turbith minéral.

Une dissolution d'acide sulfhydrique versée dans un excès de sulfate de mercure , y produit un précipité blanc, floconneux , formé de sulfate et de sulfure de mercure : (HgO)*,S03,HgS. Un excès d'hydrogène sulfuré donne naissance à du sulfure noir de mercure : (HgS).

Le sulfate neutre de bi-oxide de mercure, HgO,SO^, traité par un excès d'ammoniaque caustique , produit une poudre blanche , légère ( ^ur6t7A ammoniacal), qui est formée d'un équivalent d'amidure de mercure et d'un équivalent de sulfate tribasique de mercure HgAzff,(HgO)',S05 : ce corps est le sulfate de la base ammonio-mercurique. Les alcalis caustiques ne le décomposent pas, mais le monosulfure de potassium l'attaque facilement.

M. Millon a constaté qu'il peut se former par l'action de l'ammoniaque sur le sulfate de mercure, indépendamment du turbith ammoniacal, trois sels cristallisables qui ont pour formules :

(HgO),S03,A2H3; (HgO)»,S03,AzH3; {HgO)3,S03,AzH».

Ces trois sels sont décomposés par l'eau.

CHROMATES ET GIRBOINATES DE ffÇqpUp.

L'acide chromique forme avec le deutoxide de mercure 4eu^ ^s basiques insolubles, qui ont pouif formules» : (HgÇ|)\Cji|^ pt (HgO)*,CrO?.

Le chromate Iribasiqueest amorphe, insoluble, d'un rouge brun foncé. On l'obtient en versant l'ar^otate de mercure (tons une solution de bichromate de potasse.

Le chromate quadribasique se forme par une ébullitiou prolongée de T-oxide rouge de mercure avec le bichromate de potasse.

Les sels de deutoxide de mercure, précipités par le carbonate neutre de potasse, donnent up sel quadribasique, (HgO)<,C02. Les bicarbonates alcalins produisent un sel tribasique , (HgO)^,CO'. Ces carbonates cortggpondeht doue par leur composition aux deux chron^ates.

FULMINATE DE MERCURE. POUDRE D'HOWARD. (HgO)^,3CyO.

Ce 8(4^t la produit principal de l'action de ralcool sur Faaotate loide de mercure, tl ae {broie également lorsqu'on décompose ostt dksohition de fulminate d'argent par le mercure.

Pour préparer le fulminate de nqçrcure, qq fait dissot^re 1 p. de mercure dans 42 p. d'acide azotique à 38 ou kO" de Baume, et on ajoute peu à peu à la dissolution 11p. d'alcool à 85 ou 88* centésimaux. On entretient le mélange à l'ébullition, dont on modère la trop grande vivacité, en ajoutant de temps en temps une petite quantité d'alcool mis en réserve. Ouand la dissolution commence à se troubler et à dégager d'abondantes vapeurs blanches, on cesse de chauffer, et on abandonne la liqueur à çjlemême, il se dépose par le refroidissement de petits cristaux d'un blanc jaunâtre qui sont ordinairement employés dans cet état pour faire des amorces fulminantes , mais qu'on peut obtenir en belles aiguilles incolores , en les dissolvant dans l'eau bouillante, et abandonnant de nouveau leur dissolution à elle-même. Un kilog. de mercure produit en fabrique 1000 à 1200 gr. de fulminate (1).

Pendant la réaction de l'azotate acide de mercure sur l'alcool , il se forme de l'acide carbonique , du bi-oxide d'azote et de l'acide hypo-azotique, des éthers acétique, formique, azoteux, et peut-être de l'éther azotique, de l'aldéhyde, des acides formique, acétique, oxalique.

Les produits volatils qui contiennent une grande quantité tl'alcool échappé à la réaction, sont condensés avec soin. On peut les décomposer par de l'hydrate de chaux qui régénère de l'alcool, et les faire ren-

(1) A Montreuil, dans la capsulerie du gouvernement, chaque opération se fait avec 300 gr. de mercure , 3180 gr. d'acide azotique à 40<>, et à peu près 2 litres •! demi d'alcool à 90^ centésimaux^.

FULMlNAtS M IIBRCURE. Ol5

trer directement dans )a fcibrication du falmlnate de mercnre , ou s'en servir au lieu d'alcool , pour décomposer la dissolution acide d'azotate de mercure.

Le fulminate de mercure est inodore, d'une saveur styptique et métallique, sans action sur les réactifs colorés. Frotté légèrement contre un corps dur, il détone avec violence ; aussi ne doit-on le toucher qu'avec des cartes ou des baguettes de bois. Humecté avec 5 parties d'eau, il détone encore par le choc du fer contre le fer, mais la partie frappée brûle seule et sans flamme.

Le fulminate de mercure est ime des poudres les plus brisantes oue Ton connaisse. Aucune arme ne pourrait résister à son action ; elles seraient toutes brisées , ou mises hors de service , au bout de peu de temps.

MM. Gay-Lussac , Aubert et Pélissier, qui ont examiné avec le plus grand soin les propriétés des fulminates d'argent et de mercilre , ont reconnu que si l'on place l'une contre l'autre sur du papier, ou même l'une sur l'autre , une traînée de fulminate de mercure et une trahiée de poudre à tirer, et qu'on mette le feu au fulminate, la poudre à tirer sera dispersée , et on la retrouvera presque en entier. Si Yo\i met au contraire le feu à la poudre à tirer, dès que rinilanunatioxi sçca parvenue au fulminate , ce corps dispersera instantanément la reste de la poudre , avant que l'inflammation ait pu l'atteindre. Ces observations démontrent qu^ la combustion du fulminate de mercure est phis rapide que celle de la poudre. Un mélange intime de fulminate et de pulvérin brûle , au contraire, en totalité.

Le fulminate de mercure est employé en grande quantité pour la fo brication des amorces ou capsules fulminantes.

Pour faire ces capsules, on commence pfir l^ver avec soin le fulminate et on, le broyé , lorsqu'il est encore mêlé à beaucoup d'eau ; on le passç à travers un tamis , pour le séparer des corps étrangers qu'il pourrait contenir accidentellement. On le laisse ensuite égoutter, et quand il ne contient plus que 20 p. 100 d'eau environ, on le mêle avec les û/lO de son poids de nitre ou de pulverin , en broyant ce mélange sur une table de marbre avec une molette de bois de gaïac.

L'addition du salpêtre au fulminate de mercure présente plusieurs avantages incontestables. Elle augmente la flamme de l'amorce et empêche 1(1 combustion d'être instantanée : elle atténue la violence de l'explosion du fulminate, qui briserait rapidement les cheminées des fusils : la présence du nitre ou du pulverin diminue en outre le danger du gcenage et du séchage de la poudre fulminante.

On introduit le mélange fulminant dans les capsules en cuivre, ^u moyen de dispositions ingénieuses qui permettent de charger à la fois^ un nombre considérable de capsules.

616 IIULGAMBS D*KTAiN.

Le poids de la charge de mille capsules destinées aux fusils d'infanterie est de &0 grammes; chaque anu^rce contint donc kO milligrammes environ de mélange. Cette quantité est moitié moindre pour les amorces des fusils de chasse, qui sont beaucoup plus petites.

Les capsules des fusils de munition sont recouvertes d'une couche mince de vernis qui les préserve de Fhumidité. Ce vernis est formé de 500 grammes de gomme laque par kilogramme d'alcool à 9t\''.

Les capsules au fuhninate de mercure , généralement employées aujourd'hui , doivent être préférées suilout pour la conservation des armes, à celles qui sont faites avec un mélange de chlœrate de potasse, de soufre et de charbon. Ces dernières crassent i]^ucoup les armes , et ont une action corrosive sur le fer.

La pyroxyline mêlée à la poudre , ou mieux au chlorate de potasse, donne des amorces fulminantes de très bonne qualité.

La mannite azotique s'enflamme par la percussion , et peut servir également , d'après M Sobrero , à la fabrication des amorces fulminantes.

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