POUDRE DE CHASSE FIT^E
On a recours aux procédés suivants pour fabriquer la poudre de chasse fine par le procédé des meules.
1" On pulvérise le charbon et le soufre dans des tonnes en fer ou en bois , contenant 120 kilogrammes de gobilles en bronze d'un diamètre de 6 à 7 millimètres.
POODM A TUER. 45
Le chaiiwn est introduit le premier par charges de 21 kilogrammes , et trituré seul pendant huit à douze heures. On y ajoute ^suite 15 kilogrammes de soufre qu'on fait tourner avec le charbon pendant quatre heures;
T On prend 6 kilogrammes de ce mélange binaire et 20 kilogrammes de salpêtre, que Ton met avec 60 kilogrammes de gobilles, d'environ 5 millimètres de grosseur dans une tonne en cuir. La trituration du mélange ternaire s'opère dans l'espace de dou7^ heures à la vitesse de 20 à 25 toiu*s par minute;
3* Au sortir de la tonne , ce mélange est arrosé de 1 à 2 p. 100 d'eau ^ puis porté sous des meul^ en fonte, garnies d'un anneau en bronze, du poids de 25,000 kilogrammes , que l'on nomme meules légères^ par comparaison avec les meules pesantes qui servent pour la poudre royale. Le bassin dans lequel tournent les meules est en bois; on le charge à la fois de 50 kilogrammes de mélange que l'on triture pendant deux heures. En ralentissant la marche des meules à la fin de la trituration , on forme des galettes qui contiennent 2 à 3 p. 100 d'humidité;
h* On réduit ces galettes en grains au moyen d'une machine qui imprime le mouvement à 8 tamis montés sur un même chftssis, et qui grèue environ 80 kilogrammes de galettes par heure;
5» Le lissage a heu dans des tonnes en bois , divisées en 3 ou & compartiments par des cloisons transversales, et pouvant renfermer chacune 100 ou 150 kilognunmes de poudre. Les grains se frottant sur eux-mêmes et sur les parois de la tonne , acquièrent , dans l'espace de vingt-quatre heures, la dureté et le lustre suffisants ;
6* Le séchage s'opère, soit par l'exposition au soleil , soit sur une sécherie artificielle , étabUe dans le système que nous avons déjà décrit précédemment.
PODDEE DB CHASSE SUPERFim.
La matière qui entre dans la composition de la poudre de chasse superfine, subit d'abord les mêmes manipulations que dans les opérations précédentes, jusqu'à la formation des galettes sous les meules. Mais , en s(Hiant de l'usine à meules, elle n'est pas immédiatement grenée en superfine. On commence par la passer au travers d'un grenoir à canon , et on recueille ensemble le grain et le poussier pour leur faire subir une nouvelle trituration de quatre heures dans les tonnes en cuir.
Au bout de ce temps, on arrose le mélange comme la première fois , et on le place de nouveau pendant deux heures sous les meules.
On opère ensuite un second grenage dans un tamis de la série de chasse. Les produits de cette opération passent alors , grain et poussier, entre des cylindres qu'on nomme laminoirs, et se forment en galette plus dure et plus homogène que la précédente .
46 POODtl A TULn.
C'est de cette gaietta que se tire eufin U poudre superfine par uo troisièine et dernier grenage. Le grain de cette poudre est plus fin que celui de la poudre de chasse ordinaire ; il a besoin d'être liaié de trente-«ix à quarante-huit heures.
PODDRB BOTÂLE.
La poudre royale produite au moyen des meules peut s'obtenir par la même série de manipulations que la poudre superfine. On choisit le charbon avec un soin tout particulier parmi les morceaux les plus roux. On prolonge la durée de la trituration binaire de seize à vingt heures, celle de la première trituration ternaire de douze à quinze heures , et celle de la seconde de quatre à six heures.
La meilleure poudre royale se prépare par le moyen des meules pesantes comme au Boucbet et à Esquerdes. Chaque moulin est composé de deux meules en fonte , du poids de 5 à 6 mille kilogrammes chacune. Le bassin sur lequel elles roulent est également en fonte. On y met les 3 corps composants dans les proportions suivantes :
Nitre 16 k.
Soufre 2
Charbon. . . . 2,80 Total. . . . 20,80 On a préalablement pulvérisé le soufre pendant une heure, et le charbon pendant une heure et demie , et on fait passer ces deux corps au travers d'un tamis pour en séparer les substances étrangères qui pourraient s'y trouver mêlées accidentellement.
On humecte les 3 matières réunies, avec un kilogranmie d'eau ; et après les avoir étendues sur la piste, on fait marcher le$ meules à la vitesse de 10 tours par minute. L'arrosage doit avoir lieu d'une manière presque continue pédant toute la durée de la trituration qui est de trois heures seulement, et se fait au moyen d'un arrosoir mécanique qui laisse jaillir l'eau en pluie très fine. La proportion d'eau dépensée varie avec l'état de l'atmosphère , et peut aller jusqu'à 10 kilogranmies.
En ralentissant le mouvement des meules au bout des cinq lieures, on forme des galettes plus épaisses et plus dures que celle du laminoir.
Les galettes sont grenées avec une poudre encore plus petite que celle de la poudre superfine, et le lissage exige une durée de quarante-huit à soixante heures.
POUSSIERS.
Le tamisage et l'époussetage séparent des grains de poudre, le fin grain Bfifelé poussier : celui qui provient du tamisage s'appelle poussier vert , parce qu'il est humide; oelui qui provient de l'^ussetage est le poussier sec»
Ces divers poussiers rentrent dans la fabrication. Les poussiers de
POUDRE A TIRBR. 47
guerre 8011 tr^Mittus aux pilons pendant trois heures. On fait un arrosage et un rechange : l'arrosage est plus fort pour le poussier sec que pour le poussier vert.
Les poussiers de chasse sont triturés de nouveau aux mélangeoirt^ et passent «osuite par les mêmes manipulations que la compontim. La poudre de mine ne donne pas de poussier.
PROGBiNB RËVOLIiTIONNAïaS.
Ce procédé, qui a été proposé pour sufSre aux besoins extraordinaires des guerres de la Révolution , avait sur les autres l'avantage de fournir de la poudre très rapidement.
Dans ce procédé , le nitre était pulvérisé seul dans des tonneaux avec des billes en bronze, le charbon et le soufre étaient pulvérisés ensemble par le môme moyen ; et les trois substances se trouvaient mélangées dans des tonneaux avec des billes d'étain. Le mélange était ensuite introduit dans des cases séparées les unes des autres par des toiles mouillées, et était soumis à la presse. L'eau pénétrait dans la masse et Thumectait également.
La poudre était ensuite grenée par les procédés ordinaires.
PROCtoé DE BSBMB. (POUDBE liONDB.)
Dans ce procédé , les trois matières sont arrosées avec de Teau ; elles sont battues dans des mortiers de boi^ moins grands que ceux qui sont employés en France, et ne contiennent que 6 à 7 kilogrammes de mélange. Les batteries ne sont pas à pilons , mais à martinets, semblables à ceux des anciennes papeteries.
En sortant des batteries , la matière est en petits morceaux, de la grosseur d'une noix. On achève de la réduire en grains par une méthode qui présente une grande analogie avec celle qui sert en France à grener les poudres fabriquées par le procédé des pilons. Pour donner aux grains la forme ronde , on introduit la poudre dans des espèces de sacs ou manchons en grosse toile de fil et coton, traversés par un axe qui leur donne un mouvement de rotation sur une table circulaire garnie de liteaux en manière de rayons. Une heure et demie suffit pour arrondir le grain , et lui donner déjà un commencement de lissage.
Ce procédé a été mis en pratique en France, mais la quantité de grain
rond que produit la machine suisse est si faible, que si elle peut suffire au
travail trte borné des poudreries de la Suisse, elle devient insuffisante
dans une fabrication beaucoup plus développée. Le procédé qui est
employé en France pour faire de la poudre de mine à grain rond est bien
plus avantageux.