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On pèse donc lsr,ii5 de cet alliage , on l'introduit dans un flacon à l'émeri de 2 décilitres environ ; on le di^ut au bain-marie dans 5 ou 6 centimètres cubes d'acide azotique pur à 32* B ; on chasse avec un soufflet terminé par un tube de verre les vapeurs nitreuses dont l'atmosphère du flacon est remplie, et ou introduit dans le flacon, au moyen de la pipette , 100 centimètres cubes de liqueur normale.
On agile vivement le flacon pendant 2 ou 3 minutes , avec la main ou au moyen d'un agitateur (pi. 23, fig. 11), qui permet de remuer plusieurs flacons à la fois : la liqueur devient alors claire, et le précipité de chlo-* rure d'argent tombe rapidement au fond du flacon.
On prend une petite pipette sur laquelle sont marqués deux traits , correspondant à 1 et à 2 centimètres cubes, et qui est graduée comme celle d'un décilitre , de telle sorte qu'il ne faut compter que le liquide qui tombe d'un jet continu. La goutte que la capillarité retient à l'extrémité rffilée de la pipette n'est pas comprise dans la graduation , ainsi que la quantité de liquide qui mouille la paroi du verre. Cette graduation permet de multiplier les mesures des liqueurs titrées sans qu'il soit utile de laver et de sécher les pipettes après chaque opération.
La liqueur étant éclaircie par l'agitation , on mesure un centimètre cube de liqueur salée décime dans la petite pipette , et on la laisse tomber dans le flacon où l'on a déjà introduit un décilitre de liqueur normale salée. S'il reste encore de l'argent à précipiter , on le reconnaît au nuage blanc qui se forme dans la liqueur ; on agite de nouveau et on verse dans la liqueur éclaircie un second centimètre cube de dissolution décime.
Supposons qu'après avoir ajouté trois centimètres oubes de liqueur décime, et avoir observé trois fois un nuage blanc, l'addition d'un quatrième centimètre cube ne produise plus de précipité ; il est évident que ce quatrième centimètre cube, n'ayant déterminé aucun trouble, ne doit pas être compté; le troisième a formé un précipité ; mais a-t-il été
652 SS6AI d'un ÀLLU6K DE CUIVRE ET D' ARGENT.
employé entièrement ou seulement en partie? quelle est la fraction qui a servi ? Cette question ne pouvant être décidée , on admet que la moitié seulement du troisième centimètre cube de liqueur décime a été utile; Terreur résultant de cette mesure arbitraire ne s'élèvera pas au-delà d'un demi-millième , puisque un centimètre cube de liqueur décime de sel marin correspond à 1 milligramme d'argait.
En résumé, l'argent contenu dans 1,115 d'alliage a été précipité : !• par un décilitre de liqueur normale qui représente 1 gramme d'argent pur; 2° par 2,5 centimètres cubes de liqueur décime salée représentant 2,5 milligrammes d'argent. La quantité d'alliage soumise à l'analyse contient donc isi^jOOO + 0««',0025 = 1,0025 d'argent. Pour avoir le titre de l'alliage, on pose donc la proportion suivante : 1,115 : 1,0025 :: looo : x
La pièce de monnaie était donc au titre de ^^^.
Nous avons vu que les liqueurs décimes de sel marin et d'argent se détruisent lorsqu'on les mêle à volume égal. Si l'alliage , essayé sous le poids indiqué ci-dessus , après avoir été précipité par un décilitre de liqueur normale, ne se troublait pas avec un millième de liqueur décime de sel marin , on neutraliserait d'abord ce millième par un centi- Udètrecube de liqueur décime d'argent.
La liqueur éclaircie par l'agitation se trouverait ainsi ramenée à ce qu'elle était après son mélange avec le décilitre de liqueur normale. On y introduirait successivement autant de centimètres cubes de liqueur décime d'argent qu'il en faudrait pour arriver à n'avoir plus de nuage. Supposons qu'il ait fallu employer U centimètres cubes de liqueur dé- ^cime d'azotate d'argent , le dernier centimètre cube n'ayant pas servi , on l'efface , et l'on prend la moitié du troisième. Les IR'^,115 d'alliage doivent donc contenir 1,000 — 0,0025 d'argent, ou 08^9975; pour avoir le titre de l'alliage , on établira la proportion suivante : 1,115 : 0,9975 :: looo : x
Une pareille monnaie serait hors des limites légales, puisque son titre serait de S9li millièmes.
Nous avons supposé que la liqueur normale salée pouvait toujours précipiter exactement un gramme d'argent par décilitre; mais nous n'avons pas tenu compte des variations de température qui amènent une augmentation ou une diminutiondevolurae du liquide, etconséquemment un affaiblissement ou une concentration de la liqueur normale.
Ces dilatations ou ces contractions correspondent à des changements dans le titre de la liqueur salée, dont les coefficients se trouvent indiqués dans une table dressée par M. Gay-Lussac. Toutefois, il est préférable d'examiner l'état de la liqueur normale lorsqu'on se propose de
ISSAI D'DN alliage DB CUITRB ET D*ARGBNT. 653
faire un essai. A cet effet, on dissout dans Tacide azotique i gramme d'argent à 1000 millièmes qu'on précipite par 1 décilitre de liqueur normale, et on examine ensuite Tétat de la liqueur en procédant avec le sel marin décime ou avec Tazotate d'argent, conmies'il s'agissait d'une analyse. Supposons que la température s'étant élevée, et que la liqueur normale de sel marin s'étant trouvée trop faible , on ait besoin , pour achever la précipitation, d'un demi-centimètre cube de dissolution décime salée ; c'est que la liqueur normale est trop faible d'un demi-millième. Si au contraire il fallait, indépendamment de la liqueur normale, pour précipiter complètement le gramme d'argent fin, un millième de dissolution décime d'argent ; c'est que la liqueur normale serait trop forte d'un millième, puisqu'elle auraitpu précipiter 1»%000 + 0«%001 d'argent. Dans le premier cas, il faudrait retrancher un demi-millième de tous les titres; dans le deuxième, il faudrait les^ élever d'un millième.
Des divers métaux qui accompagnent l'argent dans les alliages du commerce, le mercure est le seul qui s'oppose à leur analyse par la voie humide; il absorbe une certaine quantité de chlore, et le titre que l'on obtient est donc toujours trop élevé.
Lorsque le mercure se rencontre dans les lingots d'argent, il est toujours facile de reconnaître sa présence ; le mercure empêche en effet le chlorure d'argent de se colorer à la lumière, et s'oppose aussi à l'éclaircissement des liqueurs. Si la proportion est au-dessous d'un millième , le mercure peut être constaté en dissolvant quelques grammes de l'alliage dans l'acide azotique , et en versant dans la dissolution une quantité de sel marin qui se trouve en proportion insuffisante pour précipiter tout l'argent. Le mercure se précipite et se concentre dans les premières portions de chlorure d'argent qui ne se colore plus sous l'influence de la lumière.
M. Levol a donné le moyen d'éviter les inconvénients qui résultent de la présence du mercure dans les essais d'argent par la voie humide.
La prise d'essai étant dissoute à la manière ordinaire dans l'acide azotique, on y verse successivement 25 centimètres cubes d'ammoniaque caustique , et un décilitre de liqueur normale; puis on sursature l'excès d'anunoniaque par 20 centimètres cubes d'acide acétique, et l'on continue l'opération comme de coutume.
M. Gay-Lussac a vérifié l'exactitude des résultats annoncés par M. Levol, et a démontré que l'acétate de soude peut être substitué à l'ammoniaque et à l'acide acétique. Il est à supposer que lorsqu'une liqueur où l'on précipite l'argent contient , au lieu d'acide azotique libre , de l'acide acétique , le mercure n'agit plus sur les chlorures alcalins, et sa présence cesse d'être nuisible dans les essais par voie humide.
Lorsqu'on sait d'avance qu'un alliage d'argent contient du mercure , il est plus simple d'ajouter à la dissolution azotique de l'acétate de soude, comme le recommande M. Gay-Lussac; mais quand on a reconnu la
65^ FABR1C4TI(»« DBS MONNAIES IT DKS MiftAILLI&.
présence du mercure seulement au moment où Ton exécute Tanalyse de l'alliage, remploi de Tammoniaque caustique et de l'acide acétique donne encore mi résultat exact dans le cas où Ton se trouverait dans l'impossibilité, faute de matière, de répéter l'analyse de Talliage.
Il arrive quelquefois que Vargent est mêlé à du sulfure d'argent ; ce composé, bien que dissous dans une {Mroportion considérable de métal, résiste à l'action de l'acide azotique.
Il est toujours facile de reconnaître la présence du sulfure d'argent , parce qu'au moment de la dissolution de l'alliage dans l'acide azotique , le résidu ne se dépose pas en flocons noirs, volumineux, comme l'or, mais se divise en un précipité brun, grisâtre, fin, difficile à rassembler. Il font alors ajouter à la dissolution azotique de l'alliage. Sou 10 centimètres cubes d'acide sulforique concentré, et maintenir ce mélange pendant environ un quart d'heure dans un bainnfnarie d'eau bouillante : le sulfure d'argent entre peu à peu en dissolution , et l'analyse se fait à la manière ordinaire.
Les lingots d'argent contiennent quelquefois du palladium ou du nickel. Ces métaux donnent, en se dissolvant dans l'acide azotique, des dissolutions colorées, mais leur présence n'altère en rien l'exactitude des essais par voie humide.
BSSAI A LA GOUTTE.
Nous avons dit que les lingots à bas titre n'étaient pas homogènes , et que les {iquatiops qui se produisent n^ôme dans des alliages très riches en argent, amenaient des variations de titres qui pouvaient s'élever jusqu'à 100 millièmes. Ainsi, dans les lingots dont le titre est à 500 millièmes environ , les parties supérieures contiennent souvent 30, 40 et 50 millièmes d'argent de plus que le$ parties centrales. Ces sortes d'alliages ne peuvent donc être analysés avec exactitude sans une prise d'essai particulière. Il faut les fondre dans un creuset de terre surmonté de son couvercle, et en présence d'une petite quantité de charbon en poudre pour empêcher le cuivre de s'oxi^er ; on brasse la masse liquide avec une tige en fer recouverte d'un lut de terre et terminée en forme de cuillère, et l'on prend une petite quantité d'alliage qu'on réduit en grenaille en la coulant dans de l'eau. Ces petites grenailles représentent la composition moyenne de l'alliage, et on les analyse à la manière ordinaire. Cette prise d'essai a reçu le nom d'essai à la goutte.