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FABRICATION DES MONNAIES ET DBS MEDAILLES

La fabrication des monnaies comprend deux séries d'opératicms bien distinctes :

FABBICATiOlf MIS HONVÀllS BT DBS IfÉBAILLIS. 655

lo La fusion des métaux , la coulée de l'alliage , le laminage, le découpage, l'ajustage, les recuits, le machinage et le blanchiment;

2° Le frappage des pièces.

L'argent qui sert à la fabrication des monnaies provient pour la plus grande partie des ateliers d'affinage. Cependant on convertit aussi en espèces monétaires les piastres américaines qui ne sont pas aurifères.

Après avoir déterminé le titre des lingots d'argent, et calculé la quantité de cuivre qu'il faut ajouter à ces lingots pour obteiiir un alliage au titre de ^^y on introduit l'argent et le cuivre dans un grand creuset de fer forgé qui peut contenir 80Q k. d'alliage.

Ce creuset est chauffé avec du bois bien sec, et porté à une température d'i|n rouge vif.

Les matières recouvertes de poussif»* de charbon entrent peu à peu en fusion ; on les brasse à plusieurs reprises avec un instrument en fer enduit de terre à poêle.

Lorsque cette masse est bien mêlée et suffisamment chaude, on en prend, avec une cuillère en fer, une goutte , c'est-à-dire une petite quantité , qu'on coule dans une très petite lingotière.

On soumet immédiatement à l'essai ce petit lingot dont le poids est de 15 à 25 grammes, et l'on corrige, s'il y a lieu , le titre de la masse entière contenue dans le creuset, en y ajoutant, soit du cuivre, soit de l'argent fin , ou un alliage d'une composition connue.

Lorsque la masse a été portée à une température convenable, et qu'elle est homogène, on procède à la coulée. On puise dans le creuset la matière liquide avec des poches en fer, qui sont des espèces de grandes cuillères, couvertes de terre argileuse, avec lesquelles on remplit les Imgotières.

Chaque lingotière se compose de deux mâchoires en fonte très épaisse, qui sont mobiles, et se joignent ou s'écartent à volonté; l^une de ces mâchoires porte deux canai|x, longs de (^5 à 50 centimètres, et dont la profondeur et la largeur varient avec les pièces que l'on veut fabriquer.

Le poids des lamesi destinées à être converties en pièces de 5 francs est d'environ 1 kil.

Depuis quelque temps ou a essayé , avec succès , de couler des lames plus épaisses du poids de 1500 gr., et M. Dierickx, directeur de la Monnaie de Paris, a imaginé un système de coulage fort ingénieux, à l'aide duquel un seul ouvrier peut tour à tour ouvrir et fermer quatre séries de lingotières, formant un ensemble de 12 lingotières ; de sorte qu'en moins d'une heure et demie, les 800 kil. d'alliage monétaire sont coulés en lames.

Les lames portent des barbes ou toiles qu'on enlève rapidement avec une cisaille circulaire ou ébarboir.

Les lames ébarbées sont réunies en paquets et recuites au rouge sombre pendant 15 à 20 minutes, dans un four à sole tournante, disposé de ma-

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nière à y laisser entrer le moins d'air possible. Ces lames étant retirées du four et refroidies, on les passe plusieurs fois au laminoir; et quand elles commenœnt à devenir raides et élastiques, on les recuit une seconde fois.

Après ce double recuit et un grand nombre de passes au laminoir, les lames, dont la longueur a plus que triplé sans que leur largeur se soit sensiblement accrue, ont acquis une épaisseur convenable.

On les soumet à Taotiou d'un emporte-pièce ou découpoir^ et on les débite en flans. Ces flans sont pesés un à un , grattée avec un instrument particulier lorsqu'ils sont trop lourds, pesés de nouveau , et soumis au machinage.

L'opération du machinage, qui consiste à relever les bords des flans, a surtout pour but de faire mieux ressortir la bordure des pièces au monnayage.

Les flans machinés doivent subir, avant d'être frappés, un nouveau recuit. Pendant qu'ils sont rouges, ou les immerge dans un vase contenant un mélange d'eau et d'acide sulfurique, marquant 5 degrés à l'aréomètre. Cette eau acidulée enlève le cuivre oiidé de la surface des flans, et met à nu l'argent presque pur qui est alors d'un blanc mat.

Les flans , lavés à plusieurs reprises, et desséchés dans une bassine en cuivre, à double fond, où l'on fait circuler de la vapeur d'eau, n'ont plus à subir qu'une opération qui a pour but de leur donner l'arapreinte.

Les flans sont convertis en pièces de monnaies par l'empreinte qu'ils reçoivent, soit par la percussion avec des balanciers, soit par la pression à l'aide des presses monétaires. Sur l'un ou sur l'autre de ces instruments, sont montés des coins et une virole pleine ou brisée qui se divise en trois morceaux, suivant les espèces qu'on fabrique; ces coins et ces 'viroles sont disposés de manière à donner, d'un seul et même coup, les emfNreintes des surfaces et de la tranche de chaque pièce.

Les pièces, après avoir reçu les empreintes, peuvent être rejetées et rapportées à la fonte pour trois causes qui sont :

1* Le défaut de titre, quand la tolérance est dépassée, c'estrà-dire, quand l'argent ou l'or ne sont pas compris dans les limites légales;

2* L'inégalité des poids entre les pièces , quoique sur une pesée de 20 kil. la tolérance du poids ait été trouvée dans les limites;

Z° Le défaut de pureté des surfaces, les empreintes imparfaites , etc.

Les presses monétaires, établies à la Moimaie de Paris par M . Thonnelier, ont complètement remplacé les anciens balanciers beaucoup moins parfaits sous tous les rapports.

Cinq de ces nouvelles presses, employées au monnayage des pièces de 5 fr., peuvent produire 5 à 600,000 fr. par jour. C'est à peu près la quantité de monnaie que l'on fabrique.

Les Ivresses monétaires peuvent au besoin fabriquer :

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